Dans le monde étudiant, les médias sont généralement financés par leurs établissements qui demandent en retour un droit de regard sur l’information diffusée. De ce fait, les médias étudiants se retrouvent souvent cantonnés à l’actualité étudiante. Fatalité ou volonté journalistique, les médias étudiants peuvent-ils se détacher de l’actualité étudiante ? C’est le thème de ce débat.

Intervenants :
– Olivier Bourhis, délégué général de l’association Jets d’Encre
– Mickael Mauger, président de l’association Fac-here

Le développement du média étudiant :
Intervention de Mickael Mauger de l’association Fac’here (qui édite « Tapis volant »)

Le 1er objectif de l’association est de répondre aux questions des étudiants grâce à une permanence (forum) sur le net : questions au sujet du Crous, des bourses, de toutes les démarches administratives qui concerne l’étudiant. Mais l’association s’est coupée d’une grande partie du public en restant centrée uniquement sur l’Université.

Multiplier les plateformes :
Le journal aujourd’hui (support papier) comporte 5 sections : Vie quotidienne, reportages, détente, sexo… Ils sont passés à 5000 exemplaires et leur association compte 40 à 50 membres. Le fait de changer de support, comme l’éventuel passage à un format magazine (papier glacé) est aussi une
bonne opération de promotion pour les annonceurs (financement par la publicité)

Intervention d’Olivier Bourhis, délégué général de l’association Jets d’Encre.
L’association Jets d’encre (journal étudiant) favorise la mise en réseau : conférences locales et nationales, échange de matériel, évènementiel (festival, concours thématiques..), Nous avons la volonté de faire évoluer le climat dans lequel se trouve les journaux de la presse lycéenne, d’y
réfléchir ensemble.

Les problèmes des médias étudiants : autocensure et pression morale qui pèse sur eux au niveau de l’Université et le FSDIE.
Souvent la question économique arrive trop tôt dans le moment de la construction du journal, alors qu’il faudrait d’abord aller au bout de la réflexion :
Un journal est d’abord un média : un lien entre des personnes qui ont envie d’écrire et des personnes qui ont envie de lire. Bien s’implanter dans son territoire est un gage de succès (ex : le principe de la boîte aux lettres) ainsi que le choix des sujets traités : grandes thématiques ou microévènements, micro-actualités. Ainsi les deux sont en lien : la zone de diffusion va impacter les thématiques d’une radio, si comme Radiolab, elle émet sur les ondes d’une radio régionale (Radio Grenouille) il est vrai que l’actualité étudiante doit être minoritaire, l’actualité de l’école ne s’ouvre pas, n’intéresse pas l’extérieur. Mais attention s’il s’agit d’une radio campus, il ne faut pas non plus se contraindre aux micro-évènements et ne pas hésiter à approfondir des sujets même si on sent une incompréhension au niveau de l’Université. Souvent l’Université ne comprend pas que l’on ne soit pas uniquement un relais de l’information, que l’on ne participe pas à tel forum, que l’on ne soir pas sur tel événement… Mais être étudiant ce n’est pas uniquement le campus, le média doit être une passerelle entre l’université et la cité.

Intéresser le public :
Dans les médias jeunes il est bon aussi d’avoir quelqu’un qui a du recul pour relire les articles c’està-dire de prendre le temps de discuter du contenu : plagiat, articles inintéressants, trop détaillés qui n’intéresse personnes, version dégradée de Libé (c’est le drame de la presse écrite en France, tout le monde recherche les informations au même endroit)… Il faut avoir cette culture interne éditoriale.
Le journal ou l’émission doit en quelque sorte « réinventer l’actualité », se faire sa propre opinion. Il est bon également de chercher des partenariats extérieurs, de monter des programmes avec des étudiants dans d’autres Fac, partager des créneaux horaires : il faut se fédérer entre les fac.

La qualité du contenu et le recrutement au sein de l’association :
La priorité c’est le recrutement. Pour le web on cherchera les qualités rédactionnelles, et pour la radio il s’agira de « décomplexer les gens ». Mais beaucoup viennent et consomment, s’emparent du micro par exemple, mais sans jamais s’engager sur un projet.
Un jeune (média étudiant) est plus consommateur que acteur (théorie de la transformation du militant associatif en « picoreur », consommateur)
Par exemple, dans les rencontres nationales d’Animafac, beaucoup viennent comme consommateur mais ne comprennent pas la notion de partage d’expériences en opposés avec les personnes qui le vivent avec intensité. Il ne faut pas dramatiser, nous ne sommes pas dans une logique non plus de
consommation totale comme dans la société.

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