Mardi 5 juin, le réseau Entrepreneurs d’avenir et le magazine l’Etudiant organisent le « Grand Oral des Pionniers du développement durable » au CESE. Suite à la publication de l’enquête « Campus d’avenir« , une dizaine de responsables de grandes écoles et d’universités viendront y présenter la nature de leur engagement face à un jury d’experts. Un jury dont fera partie Pauline Reybier. Ancienne présidente du REFEDD et trésorière du réseau Animafac, elle revient pour nous sur la diversité des projets initiés par ces établissements ainsi que sur le rôle du monde associatif étudiant dans l’édification de campus responsables.

 

Lors de ce Grand Oral, tu siègeras notamment aux côtés de spécialistes du développement durable dont Nicolas Hulot. Pour toi, quelle importance revêt la présence du monde associatif étudiant, au travers du REFEDD, lors de cet événement ?

 

Cette présence est importante dans la mesure où le lien entre les étudiants et l’administration des établissements est parfois délicat. C’est justement sur ce terrain que les associations se mobilisent. Elles tentent en effet d’instaurer le dialogue et de pérenniser cette relation entre les étudiants et les instances universitaires. L’étude qui sera évoquée le 5 juin en est une manifestation. Il s’agit ici d’ouvrir le débat et de mettre face à leurs responsabilités des établissements tenus à un devoir d’exemplarité.

 

De plus en plus d’établissements d’enseignement supérieur s’engagent en faveur du développement durable. Comment cela se traduit-il concrètement ?

 

Les formes d’engagement des établissements peuvent être variées. Certaines universités, à l’image de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (Ile-de-France) se lancent dans des démarches poussées les amenant à repenser l’efficacité énergétique de leurs infrastructures. D’autres se concentrent sur des projets plus précis et soutiennent les associations étudiantes présentes sur leur campus. C’est notamment le cas de l’administration d’EUROMED (Marseille) qui a une démarche importante dans ce sens. Les structures ainsi soutenues peuvent monter des projets plus ambitieux et concrets. L’autre champ d’action des établissements concerne la formation et, plus largement, l’intégration de notions de développement durable en son sein.

 

Malgré l’investissement et l’engagement croissant des établissements, y a-t-il des domaines qui restent inexplorés sur les campus ?

 

Inexplorés ? Non. On trouvera toujours un projet ou un engagement original porté par un acteur de la vie universitaire. L’enquête met en avant un certain nombre d’universités très engagées. Lors du Grand Oral du 5 juin, une dizaine de chefs d’établissements viendront présenter leurs projets, exposer la nature de leur démarche en faveur du développement durable et réaffirmer leur engagement dans ce sens.

 

Le principal obstacle à l’exploration de nouvelles pistes réside dans la diversité dans l’enseignement supérieur tant au niveau des universités que des écoles. Bien souvent, ce sont les établissements qui bénéficient des plus gros moyens humains et financiers qui se mobilisent le plus et qui seront, en retour, les plus mis en avant. On a tendance à se satisfaire des exemples de ces structures vraiment performantes en laissant de côté la majorité des acteurs du secteur qui ont encore d’énormes progrès à faire. Et bien que le ministère de l’Enseignement supérieur soit susceptible de donner une impulsion aux projets, il n’est cependant pas en mesure d’influer sur la politique d’universités indépendantes.

 

Quelle doit être la place du monde associatif étudiant dans la promotion du développement durable dans les établissements ?

 

Le tissu associatif croît continuellement et notamment dans le domaine du développement durable. Face à cela, de plus en plus d’étudiants se sentent concernés par cette cause mais ne se sentent pas en capacité d’agir concrètement. Ils ne savent pas comment s’y prendre et n’ont qu’une vue limitée des interlocuteurs présents sur leurs campus. En agissant comme des médiateurs, les initiatives étudiantes sont là pour répondre à ces questions, pour aiguiller, renseigner.

 

Ce mardi 5 juin, une dizaine de directeurs et présidents « d’établissements exemplaires » seront invités à exposer les projets mis en place sur leurs campus et évoquer des pistes de réflexion et de développement de l’éco-responsabilité dans l’enseignement supérieur pour les années à venir. Cet événement est ouvert au public sur inscription obligatoire via ce formulaire.

Soyons sociaux
Réagir c'est agir