Samedi après-midi


Intervenant :
Saeed Paivandi Saeed PAIVANDI, Maître de conférences de Sciences de l’éducation à l’Université Paris 8

L’intervention de M. Paivandi portait surtout sur les résultats de l’enquête sur les Profils et les Conditions de vie des étudiants étrangers en France réalisée il y a quelques mois auprès de 10 universités françaises choisies selon des critères bien spécifiques. Les résultats de cette enquête seront publiés prochainement..
L’OVE a déjà réalisé en 2003 un rapport sur « Les étudiants étrangers en France : l’état des savoirs » et cette deuxième enquête est une des rares enquêtes qui touche les différents secteurs de l’enseignement supérieur et l’ensemble des étudiants étrangers quels que soient leur nationalité, leur niveau ou discipline d’études.
Souvent ce sont les étudiants étrangers eux-mêmes qui réalisent des recherches concernant la vie des étudiants étrangers en France mais ces recherches restent méconnues et peu diffusées.
Aujourd’hui il y a de plus en plus d’enquêtes concernant le sujet étant donné l’importance de la mobilité internationale dans le marché mondial, ainsi qu’une mobilisation des pouvoirs publics face aux enjeux politiques, économiques et universitaires de la mobilité.

Nous constatons pourtant qu’il n’y a pas jusqu’à maintenant une véritable politique d’accueil des étudiants étrangers en France même si elle occupait pendant plusieurs décennies la deuxième place parmi les pays d’accueil des étudiants étrangers dans le monde avec une forte présence d’étudiants originaires des trois pays du Maghreb et des pays africains.
La situation des étudiants étrangers an France varie selon leur statut : boursier ou non, européens en programme d’échange (Erasmus…) ou non, accueilli par sa famille ou non, etc.
Huit étudiants sur dix ne bénéficient pas d’un accueil institutionnalisé et les débats gouvernementaux ne concernent que 20% des étudiants accueillis pas les institutions. La politique plus ou moins volontariste de chaque établissement et le pays d’origine de l’étudiant jouent des rôles importants concernant l’accueil (par exemple : les étudiants marocains ont souvent de la famille en France pour les accueillir, ce qui n’est pas le cas des étudiants originaires des pays de l’Europe de l’Est ou du Moyen Orient).
En tous cas les trois quarts des étudiants disent avoir rencontré des difficultés lors de leur arrivée en France et dans l’ensemble, les étudiants étrangers ne sont pas très satisfaits des conditions générales de leurs études.

Les difficultés rencontrées portent surtout sur :


– La diffusion de l’information (même l’information la plus banale concernant le repérage des lieux universitaires).
– L’information sur la vie de l’établissement, l’emploi du temps et l’organisation des cours, et l’information pédagogique sur l’orientation et les débouchés professionnels n’est pas claire pour les étudiants étrangers (qui parfois n’arrivent à comprendre le sens des sigles et abréviations utilisés : TP, TD, etc.).
– Les démarches administratives (manque d’accueil spécifique pour les étudiants étrangers qui sont traités comme les Français malgré les problèmes linguistiques et culturels).
– L’environnement humain et les relations interpersonnelles qui satisfont très moyennement les étudiants étrangers. Ces derniers parlent de non disponibilité des enseignants et vivent parfois mal le contact avec le personnel administratif qui n’est pas formé à l’accueil des étudiants étrangers.
– L’information liée à la vie quotidienne et les premières démarches à accomplir restent très compliquées (compte à la banque, titre de séjour, CAF, inscription à l’université, logement, etc….).
– Les relais, les guichets uniques et les structures d’accueil jouent un rôle important mais leur impact n’est pas toujours et partout suffisant. Le rôle positif des associations est à souligner.
– Manque d’une préparation adéquate en amont (sites Internet, affichage etc.).

Débat avec la salle


Qui sont les étudiants étrangers ?
Les étudiants étrangers recensés dans les établissements supérieurs ne sont pas tous en situation de mobilité. Une distinction est faite entre étudiants  » étrangers résidents  » (venus en France au moins deux ans avant l’inscription à l’université – un tiers avec un bac français) et  » étrangers en situation de mobilité  » (deux tiers en France).

Quel est l’impacts des rapports réalisés sur les étudiants étrangers sur les politiques d’accueil en France?
On a pu voir la création en 2003 d’un Conseil national pour le développement de la mobilité internationale des étudiants. On observe cependant un retard de l’université française en matière d’accueil (manque de moyens humains et financiers).
La politique française est d’accueillir moins mais mieux, en sélectionnant les meilleurs étudiants selon :
– leur parcours,
– leur projet,
– leurs connaissances linguistiques.

La présence des conventions signées avec les différents pays peut aussi joue un rôle important.

– Est-ce qu’on écoute ce que les étudiants étrangers ont à dire concernant leur accueil ?
Aujourd’hui on peut dire qu’au moins on donne la parole aux étudiants étrangers et aux associations. Ce n’était pas le cas il y a quelques années. Il reste néanmoins beaucoup à faire surtout dans le contexte international actuel.

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