Discrimination positive, testing, polémiques autour des statistiques ethniques,… La question des discriminations a pris une place prépondérante dans le débat politique français ces dernières années. La fin de l’année 2009 aura d’ailleurs été marquée par le retour au premier plan du CV anonyme, et la relance par Valérie Pécresse de la campagne de lutte contre l’homophobie dans les établissements d’enseignement supérieur. Une bonne nouvelle, dans le sens où cela met en lumière des phénomènes jusque là très largement occultés.
Flagrantes ou insidieuses, les discriminations, qui peuvent être définies comme une inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi (comme l’origine, le sexe, le handicap etc.), dans un domaine visé par la loi (comme l’emploi, le logement, etc.), sont présentes dans tous les domaines de notre vie quotidienne. Peut-être sommes nous discriminés sans vraiment le savoir, ou à l’inverse sommes nous discriminants par ignorance ?
Mettre en lumière ce que sont les discriminations, connaître les acteurs qui luttent quotidiennement contre et  leurs actions, nous vous invitons à le découvrir dans ce dossier.

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Les discriminations, on en voit tous les jours. Peut-être même sommes nous discriminés sans vraiment le savoir, ou à l’inverse sommes nous discriminants par ignorance. Flagrantes ou insidieuses, les discriminations sont présentes dans tous les domaines de notre vie quotidienne. Retour sur la problématique des discriminations et ses acteurs.   

Bien sûr il y a les textes qui, de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen à l’article 1er de la Constitution française, récusent les discriminations – ou du moins certaines d’entre elles1. Bien sûr, il y a les discours politiques, qui, à l’unisson, dénoncent toutes les formes de discrimination comme autant d’entailles au pacte républicain. Mais les disparités au sein de la société n’en demeurent pas moins bien réelles.
De fait, l’écart entre les textes et la réalité est peu flatteur pour la France. Prenons l’exemple du handicap, devenu en 2008, selon la HALDE, le critère de discrimination le plus important derrière l’origine. Si, légalement, le quota de travailleurs handicapés doit atteindre les 6% dans les entreprises de plus de 20 salariés, dans les faits, seulement 2,8% des employés de ces entreprises sont des personnes handicapées. La discrimination à l’emploi est d’ailleurs le premier domaine concerné par les discriminations. En termes de chiffre, 1 salarié sur 4 se dit victime de discriminations. Ces chiffres, basés sur une enquête commune de la Halde et de l’OIT (Organisation internationale du travail)2 relative à la perception des discriminations, révèlent même une augmentation du phénomène. Jean François Trogrlic, directeur de l’OIT en France observe que « dans le privé, l’origine ethnique est la première cause de discrimination citée (35%) devant l’âge, l’apparence physique (30%) et les convictions politiques et syndicales (25%) ».
Les discriminations peuvent toucher tout le monde, mais les personnes fragiles socialement le sont généralement encore plus. C’est notamment le cas des séniors ou des jeunes fils et filles d’immigrés, qui peinent à percer dans le milieu du travail, comme bloqués par un « plafond de verre », titre éponyme du film de Yamina Benguigui sur le sujet. La réalisatrice et adjointe au Maire de Paris en charge des droits de l’Homme et de la lutte contre les discriminations montre, à travers des portraits de jeunes issus des banlieues et les témoignages d’experts, les difficultés de ces jeunes et les préjugés auxquels ils font face chaque jour. En fait de plafond de verre, il s’agirait plutôt d’un plafond de plomb quand on sait que les chiffres du chômage des jeunes diplômés issus de l’immigration sont trois fois plus élevés que ceux de la moyenne nationale.

Pourtant, la lutte contre les discriminations est une préoccupation des pouvoirs publics assez récente. Si quelques textes posent les bases de l’égalité entre les hommes (constitution de 1958 ; loi relative à l’informatique et aux libertés de 1978), ce n’est vraiment que dans les années 1990-2000 qu’une véritable politique publique de lutte contre les discriminations se met en place. Cela est rarement évoqué, mais l’Union Européenne, dans ce domaine comme dans d’autres, a joué un rôle moteur. La lutte contre les discriminations est en effet devenue une compétence communautaire en 1999. En 2000, l’UE édicte deux directives importantes (la directive RACE et la directive Emploi) que les Etats doivent intégrer dans leur droit national. La directive RACE a pour objet de lutter contre les discriminations raciales ou ethniques. Ce texte exige notamment la mise en place, dans chaque Etat de l’Union, d’un organisme indépendant chargé de combattre la discrimination fondée sur « la race » ou « l’origine ethnique ». La directive Emploi complète la directive RACE de telle sorte que, pour le monde du travail, l’ensemble des directives européennes permet à ce jour de couvrir tous les mobiles de discrimination.
Ces deux directives sont transposées en France dans la loi du 16 novembre 2001, qui fait écho à la prise de conscience grandissante des pouvoirs publics sur la question des discriminations. La lutte contre les discriminations est d’ailleurs déclarée grande cause nationale en 2002. Une haute autorité chargée de combattre les discriminations, la HALDE, voit le jour trois ans plus tard.

La HALDE est aujourd’hui l’administration principale en charge des discriminations. Études, campagnes,  recours en justice, elle dispose de nombreux outils de travail mais de peu de recul sur l’évolution des discriminations du fait de sa récente création. Difficulté supplémentaire : le terme de discrimination recouvre des processus sociaux très différents. Quoi de commun, en effet, entre un salarié discriminé en raison de son appartenance syndicale et les difficultés d’insertion professionnelle que rencontrent, plus fréquemment que d’autres, les jeunes issus de l’immigration ? La pertinence de l’action publique pour apporter une réponse globale à ces phénomènes n’en est que plus délicate, et conduit certains intellectuels et politiques à mettre les pieds dans le plat : afin de mieux combattre les discriminations, encore faut-il pouvoir les évaluer  précisément. Dès lors, les statistiques, notamment ethniques, ne seraient-elles pas un outil efficace pour lutter contre les discriminations ?

Évaluer les discriminations : la controverse des statistiques ethniques

Chiffon rouge pour certains, recette miracle pour d’autres, la question des statistiques ethniques donne lieu à des débats passionnés, qui ressurgissent épisodiquement dans l’actualité.
Aux Etats-Unis, il y a déjà bien longtemps que cette question ne choque plus : la première collecte de données ethniques remonte à 1790 ! A l’époque, les seules catégories enregistrées étaient celles de « Blanc » et de « Noir », cette dernière catégorie se sous-divisant en « libre » ou « esclave ». Il n’était alors évidemment pas question de lutter contre les discriminations (!), mais de « contrôler » la composition du parlement. Aujourd’hui, la technique du monitoring ethnique permet  de mesurer régulièrement la progression ou la résorption des inégalités et d’évaluer ainsi l’efficacité  des politiques de lutte contre les discriminations. Faut-il pour autant importer le monitoring en France ?

Le critère ethnique en question

Raisonner en termes de catégories ethniques est pour un certain nombre de  chercheurs et sociologues un non-sens ou un contresens historique. La Ligue des Droits de l’homme, par exemple, n’accepte pas le principe de catégorisation des personnes selon des critères ethno-raciaux, ni même la mention d’ « origine raciale ». En effet, la LDH ne croit pas à l’existence de « races », notion qu’elle considère comme vide de sens.
Pour certains, catégoriser des personnes en fonction de leur prétendue ethnie est une remise en cause du pacte républicain, qui n’est pas sans rappeler les fichiers scélérats établis par la France de Vichy. Sans aller jusque là,  Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherche au CNRS, explique que « le caractère réducteur du critère ethnique se fait au détriment de la pluralité des origines et des appartenances, de la complexité et de l’évolution des trajectoires individuelles. Cela est particulièrement vrai pour la France, dont la conception de la nation repose essentiellement sur le lien politique et la citoyenneté ».  
Sur le point précis de la lutte contre les discriminations, les opposants aux statistiques ethniques affirment que les enquêtes généralistes de l’INSEE, par exemple, comportent suffisamment d’informations (nationalité des parents, voire des grands-parents, prénoms et noms des individus) pour permettre d’approcher les phénomènes de discriminations.
D’autres chercheurs évoquent également le problème de catégorisation dont découle les statistiques ethniques sur deux aspects : les statistiques ethniques obligent les individus à se catégoriser eux-mêmes alors que « la discrimination ethnique est fondée sur une relation de l’autre par rapport à soi et non pas sur une autodétermination » (Alain Blum, directeur de recherche à l’INED). En obligeant les individus à se catégoriser, il y a un risque d’accentuer la surenchère de certains groupes dans leur volonté de reconnaissance, comme cela peut s’exprimer à travers la « guerre des mémoires » (Jacqueline Costa-Lascoux).

Connaître la réalité pour faire changer les choses
Pour ceux qui défendent la mise en place de ces statistiques, elles permettraient une mesure juste des discriminations, mais aussi de la diversité française. Le père fondateur de cette idée est Patrick Simon3, démographe à l’Ined (Institut national d’études démographiques). Pour lui, les arguments selon lesquels les tenants du recours aux statistiques ethniques stigmatiseraient certaines catégories ne sont pas tenables : « c’est justement parce que les discours publics et les pratiques sociales stigmatisent certaines populations que se pose la question des moyens pour les contenir et les conjurer ! »
Dans son sillage, se situe le jeune comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations créé en mars 2009 par Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances, et aujourd’hui dirigé par François Héran, directeur de l’INED. Ce dernier explique qu’il faut sortir du débat portant sur les « statistiques ethniques » et la mesure de la diversité. « On ne morcelle pas la société parce qu’on mesure les inégalités de revenu, de santé ou d’éducation. On ne la divise pas davantage en mesurant l’ampleur des discriminations. Offrir à l’idéal républicain d’égalité des chances la possibilité de se mesurer au réel, ce n’est pas le miner, c’est le conforter ». Pour lui, il s’agit de savoir si des personnes de même sexe et de même âge, d’un milieu social comparable, à qualification donnée, voient leurs chances se réduire du fait d’origines différentes et non pas de faire une fixation sur l’origine en l’isolant du contexte. La mesure de la diversité est d’ailleurs multidimensionnelle : elle replace les origines dans l’ensemble des facteurs qui modifient les chances d’accès aux biens de toutes sortes (éducation, logement, emploi, santé, etc.).
Ce ne sont donc pas les statistiques ethniques qui mettraient en cause les valeurs de la République, mais l’absence de mesures concrètes, laissant les personnes discriminées en marge d’un modèle républicain que l’on ne cesse de proclamer. Convaincu que c’est en connaissant la réalité que l’on peut faire changer les choses, Manuel Valls, député socialiste de l’Essonne, déposera une proposition de loi devant l’assemblée nationale début 2010 afin de rendre légal le recours aux statistiques ethniques. Le débat est donc loin d’être clos.

Le testing comme moyen de contournement
Parce que la loi française interdit le recours aux statistiques ethniques, les acteurs engagés dans la lutte contre les discriminations, au premier rang desquels les associations, utilisent des moyens de contournement comme le testing. Largement utilisé par SOS racisme, cette technique consiste, dans le cas d’une offre d’emploi par exemple, à envoyer plusieurs CV à des employeurs, ces CV ne se distinguant que sur des critères précis (origine, handicap, etc). De cette manière, il est possible de vérifier si un recruteur fait preuve de discrimination.
Le statut juridique du testing a longtemps été incertain, certaines juridictions considérant qu’il avait valeur de preuve en justice, et d’autres non. La cour de cassation, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français, a tranché en validant la légalité des opérations de « testing » pour prouver un fait discriminatoire (arrêt de juin 2002). La loi du 31 mars 2006 sur l’égalité des chances est, depuis, venue légaliser la pratique du testing comme moyen de preuve d’éventuelles discriminations. Attention cependant : le protocole d’enquête adopté pour réaliser le testing doit obéir à plusieurs règles (Pour plus d’infos sur le testing, voir la fiche pratique d’Animafac « faire du testinf en toute légalité » : http://animafac.net/128-faire-du-testing-en-toute-legalite/#« 

Le testing est un moyen d’action coup de poing, surtout lorsqu’il est suivi d’un naming shaming dans les médias, c’est à dire de la publication des noms des organisations discriminantes (boîtes de nuit, entreprises, …). Pour autant, tous les acteurs de la lutte contre les discriminations insistent sur l’importance de l’information et de la sensibilisation du public.

Déconstruire les préjugés par des actions de sensibilisation

En matière de lutte contre les discriminations, la Halde est aujourd’hui incontournable. Preuve de sa notoriété grandissante, mais aussi de l’étendue des discriminations, elle a enregistré une augmentation de 25 % des réclamations entre 2007 et 2008.
La HALDE s’engage tous les ans à pointer une discrimination : en 2009, il s’agit des inégalités homme/femme. Particulièrement active sur les questions d’emploi, de logement, ou d’éducation, elle a, dans tous ces domaines, déjà organisé plusieurs types d’actions : rencontre en région avec des dirigeants de PME pour les sensibiliser aux discriminations et aux sanctions légales, campagne d’information « Louer sans discriminer » relayée par les médias, constitution de groupes de travail pour lutter contre l’homophobie à l’école, etc.
Autre acteur institutionnel particulièrement actif dans la lutte contre les discriminations, l’Acsé, créée en 2006. L’agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances met notamment en place des actions portant sur l’accès aux services publics et mène des programmes de prévention sur la thématique des discriminations en direction des acteurs publics (élus des collectivités) et privés (travailleurs sociaux). Il peut s’agir de la création d’outil de communication, de l’organisation de formations, ou d’aide pour des actions de sensibilisation.

Les assos en première ligne

Indépendamment de ces deux acteurs institutionnels, les associations jouent également un rôle majeur dans la lutte contre les discriminations. Confrontées à la réalité du terrain, elles ont l’avantage d’œuvrer dans tous les domaines où les discriminations sont les plus notables : insertion professionnelle, handicap, accueil des étudiants internationaux, préventions des risques … Leurs modes d’action sont variés, et une grande diversité d’approche est mobilisée pour déconstruire les préjugés et/ou dénoncer et lutter contre les discriminations.

L’association parisienne PSH (Projet Solidarité Handicap) agit sur la question du handicap. Le credo des étudiants qui l’animent ? Une phrase de Françoise Dolto : « Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences ». Pour mener à bien cette devise, les membres de l’association s’investissent à fond pour améliorer le quotidien des étudiants handicapés sur leur campus. Ils mènent également des actions de sensibilisation, comme la semaine « On dit cap ?», organisée en partenariat avec Fleur de Bitume et le Club Photo, autres associations de l’université Paris-Dauphine. Au programme : ateliers en langue des signes, conférences, une expo « Contre les préjugés » narrant les parcours de vie de 10 personnes confrontées au handicap. L’asso propose également aux participants des mises en situation, qui permettent de percevoir la réalité du handicap : après vous être déplacé en fauteuil dans le campus, vous comprendrez sans doute mieux pourquoi les assos montent au créneau concernant le manque d’accessibilité de la plupart des locaux universitaires !
Changer le regard sur l’autre, s’accepter avec ses différences, c’est également la bataille que mènent des associations de lutte contre l’homophobie, parfois même contre les pouvoirs publics. Ainsi de nombreuses associations LGBT, comme Les oubliés de la mémoire, ont dû batailler – certaines bataillent encore – pour que la déportation des homosexuels lors de la seconde guerre mondiale soit reconnue au même titre que la déportation d’autres populations. En effet, malgré leur demande, les associations LGBT ont longtemps été exclues du protocole des cérémonies officielles organisées en souvenir des victimes de la déportation.
D’autres assos ne luttent pas directement contre les discriminations mais y participent largement à travers des actions interculturelles. C’est le cas des associations à destination des étudiants internationaux qui incarnent une passerelle entre les mondes et les cultures de chacun. Des associations telles que l’AECAL (l’Association des Etudiants de Cultures Africaines de Lyon) organisent régulièrement des rencontres, conférences, et manifestations culturelles où étudiants français et étrangers se découvrent. Le plaisir de se rencontrer au cours des différentes activités culturelles organisées par l’AECAL (pratiques artistiques, théâtre, cinéma, soutien aux étudiants en difficulté, etc) favorise ensuite les échanges entre les étudiants, avec un objectif : changer le regard que l’on peut avoir sur « l’étranger », sur l’autre.

Les actions de lutte contre les discriminations menées par différents acteurs, qu’ils soient institutionnels ou associatifs, sont nombreuses. Mais ces actions s’inscrivent forcément dans un temps long, les préjugés ayant la dent dure.
Pensant accélérer le changement des mentalités, certains préconisent aujourd’hui de rendre plus visibles les populations discriminées, et s’inspirent de ce qu’il se passe outre-atlantique. Après l’épouvantail des statistiques ethniques, il est désormais de plus en plus question de discrimination positive, politique consistant à favoriser, par l’instauration de quotas, les « minorités » faisant l’objet de discriminations systématiques.
En France, le débat reste houleux entre ceux qui refusent une catégorisation des personnes, qui  bafouerait le principe d’égalité de droit4 et ceux qui, contre le mythe d’un Etat et d’une société « neutres », estiment que la discrimination positive permettrait la promotion sociale, économique et politique des groupes discriminés. D’ailleurs, n’existe-t-il pas déjà une loi instaurant un seuil de 6% de travailleurs handicapés dans les entreprises ? Et une loi instaurant la parité hommes/femmes pour les scrutins de liste ?
Alors, pour ou contre la discrimination positive en France ? Existe t-il des alternatives ? Le débat reste ouvert.

 

1) Pourriez-vous présenter l’association Rimbaud ? De quelle manière s’inscrit-elle dans le champ de lutte contre les discriminations ?


Créée en août 2009, l’association Rimbaud est toute jeune car le projet a longuement maturé avant de voir le jour. Notre objectif premier est de venir en aide aux jeunes de 15 à 25 ans rejetés de leur domicile familial en raison de leur orientation sexuelle. Nous nous voyons comme une association « entre deux », entre association sociale et association dite « Lesbienne, Gay, Bi et Trans » (LGBT).

 

Les assos LGBT s’attaquent à l’idéologie et essaient de démolir les causes de l’homophobie. A l’association Rimbaud, nous nous attaquons à ses conséquences Par ailleurs, nous sommes une association LGBTH (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans et Hétéro) : nous accueillons tout le monde, tandis que la majorité des associations LGBT ne sont pas ouvertes aux hétéros. Les hétéros aussi peuvent se questionner à un moment de leur vie sur leur sexualité. L’ouverture que nous avons nous permet d’accueillir toute personne traversant une période de doute.

 

Afin d’être efficace dans nos actions, nos bénévoles reçoivent une formation dispénsée  par des structures agréées par l’Etat., telles que SOS homophobie. Nous avons déjà fait plusieurs ateliers de sensibilisation, notamment dans le cadre d’interventions en milieu scolaire. Nous sommes également partenaires de Filactions sur le festival « Briser le silence contre la violence conjugale ». Voila de quelle manière nous intervenons dans le champ de la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle.

 

 

2) Quelles sont les actions de l’association en matière de lutte contre les discriminations ?


D’ici un ou deux ans, nous mettrons en place un accueil de jour pour les jeunes qui subissent des discriminations : nous leur proposerons des animations de même type que les MJC et les centres sociaux. Aujourd’hui déjà, nous organisons régulièrement des sorties, des temps de détentes, des activités, etc. afin d’aider les jeunes à sortir de leur isolement, de leur permettre de se revaloriser.

 

Nous ne sommes pas là pour énoncer des vérités, mais pour amener à réfléchir : faire prendre conscience aux personnes que nous sensibilisons qu’elles sont potentiellement discriminantes est l’objectif recherché, premier pas vers une diminution réelle des actes discriminatoires. Pour cette raison, nous intervenons en milieu scolaire où nous nous efforçons de déconstruire les préjugés. L’un des plus persistants est que « l’homosexualité n’est pas naturelle », alors que nous trouvons dans la nature un grand nombre d’espèces ayant des pratiques homosexuelles. En fait, c’est surtout une question de choix dans ses opinions personnelles que nous nous efforçons de rechercher.

 

La lutte contre les préjugés passe aussi par les professionnels éducatifs et les travailleurs sociaux. C’est pourquoi nous avons également des modules de formation qui leur sont destinés, afin de les sensibiliser aux problématiques LGBT. C’est un travail nécessaire. Je peux d’ailleurs, à titre d’exemple, citer une infirmière que Filiactions a rencontrée lors d’une de leur intervention. Elle avait reçu un élève qui s’était fait malmener – pour ne pas dire lyncher – par d’autres  élèves. L’infirmière lui avait alors rétorqué que son côté efféminé l’exposait de fait à la violence des autres élèves! Ce type de jugement n’est pas tolérable et nous devons nous efforcer d’y remédier. Ces personnes sont les premières à pouvoir sauver des vies, à aider les jeunes à vivre bien, à vivre mieux. Elles doivent être formées.

 

L’un de nos projets était également d’ouvrir une ligne d’écoute, afin d’accompagner les jeunes subissant des discriminations. Or SOS homophobie est déjà très compétente sur ce terrain : nous allonrs donc mettre en place un forum sur internet. C’est en effet sur la toile que l’on rencontre le plus de violences homophobes. 

 

 

3) Que pensez vous des discriminations aujourd’hui ?


Il reste encore beaucoup de boulot. La question des discriminations homophobes est un sujet sensible.Les sujets liés à l’homosexualité qui font actuellement l’actu, tels que le mariage homosexuel ou l’adoption, permettent à certains discours violents de revenir sur le devant de la scène ! D’un point de vue chiffré, il doit y avoir autant de discriminations qu’avant mais, comme on en parle plus, on a l’impression que les pratiques discriminatoires augmentent. Par contre, on a remarqué que les discriminations homophobes sont plus violentes. Le CRIJ du Rhône comptabilise entre 5 et 10 % de jeunes (soit entre 3000 et 6000) rejetés de leur domicile à cause de leur homosexualité, ou plus précisément, à cause de la réaction homophobe de leurs parents!

 

L’homophobie a pour cause la non-information et prend racine dans les représentations sociales du genre. Précisons que le genre est l »e sexe biologique tel qu’il est socialement constitué : en un mot, « les filles aiment le rose, et les garçons le bleu ». Il faut déconstruire les préjugés, se poser la question du choix de la sexualité, alors que ceux qui prétendent que c’est un choix sont taxés d’homophobes par l’essentiel de la communauté LGBT. Cette dernière, en défendant l’idée que la sexualité est déterminée à la naissance, s’expose à des dérives qui peuvent conduire à penser que la sexualité a une origine. Et, par extension , que l’homosexualité est une pathologie. Ce qui reviendrait à dire qu’elle aurait une cause physique ou psychologique, cause qui pourrait être soignée, traitée…

 

 

4) Quels outils l’association Rimbaud pourrait-elle mettre à disposition des associations étudiantes ?

 

La collaboration, l’échange, la discussion et le dialogue sont les « outils » que nous pouvons proposer aux associations étudiantes. Bien que l’association Rimbaud n’ait pas créé d’outils spécifiques, nous utilisons une malle pédagogique à destination des collèges et des lycées dont les assos peuvent très bien se servir  elles aussi. Il s’agit de « Vivre ses différences, comment parler de l’homosexualité » créée par l’association Couleurs Gaies. La mallette est composée de 12 fiches pédagogiques sur les thèmes de la société (ex: vivre sa différence à l’école, vivre sa différence au travail), la famille (ex: les couples, l’homoparentalité), l’individu (ex: les apparences de la différences, subir sa différence), l’histoire (ex : l’homophobie dans l’histoire, influence des mouvements sociaux), qui peuvent être utilisées avec un DVD. Désormais disponible dans plus de 50 départements français, les associations étudiantes peuvent en demander le prêt auprès de l’association instigatrice du projet.

 

Par ailleurs, nous proposons des formations de sensibilisation à la lutte contre les discriminations, la transidentité, les problèmes de prostitution, les MST. Les étudiants peuvent très bien prendre contact avec nous pour y participer. Nous ne refusons jamais la bonne volonté de bénévole !

 

Nous avons d’ailleurs mis en place un certain nombre d’outils pour valoriser l’expérience qu’auront acquis les bénévoles en travaillant avec nous. Nous mettons à leur disposition un « passeport bénévole » qui est reconnu par le pole emploi dans le cadre d’une VAE (validation d’acquis d’expérience). De plus, nous n’hésitons pas à les valoriser et leur confier des responsabilités. Aussi, les étudiants souhaitant s’investir sont les bienvenus, surtout s’ils sont titulaires d’un BAFA et/ou d’un BAFD ! ;-)

 

 

5) Quels seraient selon vous les moyens de lutter efficacement contre l’homophobie ?


La première chose à faire, et de toute urgence, est de former le personnel pédagogique dans les écoles aux questions liées à l’homophobie. Dans un autre domaine, je pense qu’il faudrait radier les médecins qui prétendent guérir les enfants de leur homosexualité : ces personnes mettent des enfants en danger. Les conséquences liées à une homosexualité mal vécue sont dramatiques : baisse de l’estime de soi, décrochage scolaire, isolement, violences, suicide. Il faut savoir que pour les 130 000 tentatives de suicide de jeunes où l’homosexualité est évoquée, très peu, voire aucun jeune ne bénéficie d’un suivi psychologique. Eric Verdier a montré, dans une étude sur le suicide des jeunes homosexuels, que des psychiatres refusent de voir un lien de cause à effet entre la violence homophobe et les tentatives de suicide. Pourtant, on recense 1 à 3 agressions à caractère homophobe chaque semaine. Un jeune homosexuel entend le terme « Pd », ou une de ses variantes, près de 27 fois par jour et 1 à 2 jeunes se suicident tous les jours ! Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes homosexuels alors que c’est la 2ème chez les jeunes hétéros. Lorsqu’un mineur homosexuel, en pleine construction identitaire, quitte son domicile, il est pris en charge par des centres où il côtoie de jeunes délinquants, puisque dépendant du dispositif de l’ASE (aide social à l’enfance)! Même si c’est mieux que rien, il faut reconnaître que ce n’est pas sa place : un jeune homosexuel n’est pas un délinquant.

 

En France, l’homosexualité n’est pas reconnue. Le planning familial belge a mené une étude  sur l’homosexualité à l’école : « La perception de l’homosexualité chez les jeunes de 13 à 21 ans » : une telle étude est inenvisageable en France! Par ailleurs, on ne parle pas d’homosexualité à l’école : les jeunes homosexuels ne peuvent donc pas s’identifier tà des repères andis que les jeunes hétéros auront l’image des homosexuels véhiculés par les médias.

 

Aux Etats-Unis, les questions de genre forment un champs de pensée, y compris dans le domaine académique : c’est un domaine à part entière. A l’inverse, en France, on ne financerait pas un travail universitaire sur ce thème. Une des rares  Françaises à avoir travaillé ce thème est Elsa Dorlin. Dans son livre « la matrice de la race », elle montre le lien entre les discriminations et les questions de genres. En France, il y a un travail de réflexion à faire, qui n’est pour l’instant mené que par les assos. Il faudrait que les pouvoirs publics et les associations collaborent ensemble pour mettre en place des actions efficaces, dans le domaine de la recherche et du point de vue sociétal.

Créée en 2004, la Halde est une autorité administrative indépendante. Elle aide toute personne à identifier les pratiques discriminatoires, et à les combattre. Elle conseille les personnes qui s’estiment discriminées dans leurs démarches (médiation par exemple), y compris juridiques, et contribue à établir la preuve de la discrimination. Rencontre avec Marylène Courivaud, Directrice de la communication de la HALDE.

1) De quelle manière la Halde travaille t-elle pour  lutter contre les discriminations ?

La premier travail de la Halde est de se faire connaître de tous pour que chacun sache qu’il peut y avoir recours. Les discriminations sont un sujet consensuel, qui concerne une très forte proportion de personnes. Pourtant, certaines discriminations ne sont pas identifiées comme telles. Par exemple dans le domaine de l’égalité homme/femme, les clichés sur les métiers expliqués aux enfants sont encore très fréquents, les petits garçons devenant pilotes de chasse et les petites filles étant plutôt destinées aux métiers d’infirmière ou d’assistante maternelle. Associer l’image d’un genre à un métier, même pour l’expliquer aux enfants c’est déjà de la discrimination et cela risque d’orienter les enfants vers des pratiques discriminatoires à l’avenir.

Tous les ans, nous mettons en lumière une priorité différente comme si au fur et à mesure, on scannait l’ensemble de la société. Nous fonctionnons de cette manière car aujourd’hui, si on veut qu’un sujet ait des répercussions, il faut le prendre en main et lui donner une dimension spéciale. De la même manière, pour qu’une injustice soit combattue, il faut créer un outil qui lui soit dédié, comme c’est le cas de la Halde pconcernant les discriminations.

2) Pourquoi est-ce important de sensibiliser les jeunes aux questions de discrimination ?

Les jeunes doivent d’abord être sensibilisés aux préjugés et aux stéréotypes qui sont les premiers vecteurs de discrimination. Il faut savoir qu’un pourcentage important de jeunes est victime de discrimination sur l’apparence physique, la religion ou l’orientation sexuelle. D’ailleurs, dans les collèges et lycées, la prévention des discriminations liées à l’orientation sexuelle figure parmi les priorités du ministère de l’éducation nationale car les risques accrus de suicide chez les jeunes sont avérés.
Pour la Halde, l’éducation reste un domaine prioritaire. On parle beaucoup de l’égalité des chances, mais c’est un concept qui ne peut devenir réalité que par l’éducation. C’est elle qui donne à chacun une chance d’être égal aux autres.

3) Quelles sont les discriminations qui touchent le plus les jeunes ?

Les jeunes sont particulièrement discriminés, au même titre que les adultes, dans l’accès à l’emploi sur un critère d’origine. Dans la vie quotidienne et pendant les études, les jeunes sont aussi discriminés de manière parfois insidieuse. Nous menons donc de nombreuses actions dans les établissements scolaires en faveur des étudiants handicapés, de la scolarisation des enfants des gens du voyage et dans les nombreux autres domaines touchant de près les problématiques de la jeunesse. Par exemple, concernant l’insertion professionnelle, il arrive que certains stages soient réservés en priorité aux enfants du personnel. C’est une pratique discriminante représentative de l’inégalité des chances, car on connaît très bien l’importance des stages dans un CV. Des pratiques discriminantes ont également été remarquées dans l’accès au logement. Certains étudiants se sont vus refuser une chambre au CROUS sur un critère d’âge, ou encore un agent immobilier a refusé la caution parentale d’un étudiant car ses parents habitent dans les Dom Tom !
Au sein même des établissements scolaires, il arrive que des épreuves soient discriminantes quand une des questions posées se rapporte plus aux convictions personnelles de l’étudiant qu’au sujet traité.
Je pourrais encore citer de nombreux exemples de discrimination mais ce que les jeunes doivent faire, c’est connaître leurs droits. Cela vaut d’ailleurs pour l’ensemble de la société, il faut que les gens sachent qu’être victime n’est pas un statut ! Il y a des lois qu’il faut faire respecter.

4) En 2008, vous avez mis en place une grande campagne de sensibilisation autour de la discrimination dans l’éducation. Pouvez-vous nous expliquer sous quelle forme ?

La Halde a fait de l’éducation une de ses priorités en 2008 afin d’identifer et comprendre les situations de discriminations et d’élaborer les outils pertinents pour lutter contre.
Cette campagne s’est déroulée en 4 temps forts. Déjà en 2007, la Halde avait lancé une opération en collège auprès des 6e avec la réalisation d’un numéro spécial du journal « Mon quotidien » sur la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité. En juillet 2008, nous avons poursuivi l’opération avec Skyrock en ouvrant un blog à destination des collégiens et des lycéens – il faut savoir que les jeunes sont internautes à 90% et sont leaders sur la consultation des blogs – A suivi une campagne d’affichage, un concours de lyrics, et une campagne sur les radios jeunes.
Parallèlement à ces actions en faveur des jeunes, nous avons dialogué avec des professionnels de l’éducation afin de mettre en place des outils de lutte contre les discriminations. La Halde a ainsi pu mener une étude sur les stéréotypes et les préjugés véhiculés dans les manuels scolaires avec un intérêt particulier envers l’image des femmes, des minorités visibles, des personnes en situation de handicap, des homosexuels et des seniors. Elle a également mis en place un module de formation e-learning dédié au personnel éducatif et aux élèves afin de les former de manière ludique à la lutte contre les discriminations. Enfin, la Halde a commandé une enquête sur la scolarisation des jeunes en situation de handicap en milieu scolaire et a souhaité mettre en oeuvre, en partenariat avec l’Ecole supérieure de l’Education nationale (ESEN) des formations spécifiques à destination des équipes pédagogiques de l’ESEN sur les thématiques de la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité.

5) Quelles actions les associations étudiantes peuvent t-elles mettre en place pour lutter contre les discriminations ?

Il faut interpeller les étudiants. Les associations étudiantes peuvent très bien mettre en place de petites campagnes d’affichage dans les resto U. Par exemple, pourquoi ne pas placer des panonceaux sur les tables avec des messages retentissants comme « Avez vous déjà pensé que vous étiez peut-être victime de discrimination ? » ou bien « Face aux discriminations, réagissez ! »
Par ailleurs, nous avons un partenariat avec le CIDJ qui relaye nos informations et nos campagnes. Les associations étudiantes peuvent également se saisir des outils de communication de la Halde comme les dépliants ou les vidéos pour leurs propres supports. Enfin, elles peuvent évidemment saisir la Halde ou le conseiller à des personnes de leur entourage de le faire.

1) Pourriez-vous présenter l’association 1000 VISAGES ? De quelle manière s’inscrit-elle dans le champ de lutte contre les discriminations ?
L’association a été créée en 2006 sur une initiative de jeunes diplômés sortis de grandes écoles afin de diffuser l’accès à la culture pour tous, avec une place importante accordée au cinéma. Les grandes écoles et l’accès à la culture sont souvent réservés à une élite. 1000 VISAGES a pour ambition de faire un cinéma à l’image de la France d’aujourd’hui, c’est-à-dire représentative des 1000 visages de la France.
A travers nos actions, nous souhaitons que des jeunes accèdent plus facilement à la culture, en leur permettant notamment de côtoyer des professeurs venus d’écoles d’excellences et qu’ils n’auraient pas forcément rencontré dans un autre contexte. Nous voulons mélanger les équipes, mettre les gens en réseau. En 2007, nous avons réalisé un spot citoyen « Voter, ce n’est pas seulement un devoir, c’est aussi un pouvoir » avec des jeunes de banlieues et des personnalités renommées comme Pierre Richard ou Lorant Deutsch. Ce spot a eu un rayonnement important et a été diffusé sur les chaînes hertziennes et câblées. Ces actions peuvent déboucher pour les jeunes vers une insertion dans le milieu professionnel, et certains d’entre eux peuvent même y trouver leur voie.

2) Comment percevez-vous les discriminations aujourd’hui ?
Je pense qu’avec la crise, il y a encore plus de discriminations, surtout pour les personnes qui sont déjà discriminées dans leur quotidien, comme les jeunes de banlieue. Mais ces formes de discriminations sont en partie cachées par les quelques actions qui ont été mises en place ces derniers temps, comme la grande campagne contre l’homophobie. Ces actions sont importantes ; pourtant ce ne sont que quelques arbres qui cachent la forêt.
Il y a quand même du positif dans les actions menées contre les discriminations. Par exemple, le Centre national du cinéma et de l’image animée (le CNC) a mis en place un programme « image de la diversité » qui permet à des jeunes de la cité d’obtenir une aide financière pour réaliser leurs projets.
Il faut savoir que le milieu culturel présente une image très ouverte et intellectuelle mais dans les faits, c’est un milieu difficile où il faut savoir frapper aux bonnes portes.

3) Quelles sont les réactions du public envers vos actions ?
Nous avons réalisé un court métrage : « Ma poubelle géante », avec des jeunes et des professionnels, dont le propos est l’histoire d’un jeune qui a du mal à trouver du boulot.
Projeter ce film permet à des personnes discriminées de se voir en tant qu’individus et cela les réconforte.
Le film a notamment été projeté dans les grandes écoles HEC, Sciences Po. Il apporte aux spectateurs un rapport plus physique, plus concret avec la discrimination. Le film touche les gens un peu comme si on leur proposait un instant de vivre la vie d’une personne discriminée. Alors que, souvent, les personnes discriminantes le sont par ignorance.

4) Quelles sont les actions que vous menez pour lutter contre les discriminations ?
Autour du film « Ma poubelle géante », nous avons eu l’occasion d’organiser des cocktails avec des jeunes de missions locales et des entreprises pour leur permettre de se rencontrer, un forum consacré aux métiers du cinéma où des jeunes pouvaient s’entretenir avec des professionnels du cinéma, mais aussi des réunions de jeunes de l’ANPE et des pépinières d’entreprise autour de débats, de déjeuners etc…L’association approche les mairies, les collèges, les lycées, les missions locales, les antennes jeunesse pour organiser des projections, des débats, des rencontres et reçoit un bon accueil. Nous organisons également des formations « devant derrière la caméra ». Le principe étant qu’un groupe de jeune parte en voyage dans le sud de la France pour y réaliser un film. Encore une fois, la notion de réseau est importante car, à cette occasion, les jeunes côtoient des professionnels et ont ainsi l’occasion de se créer un réseau.
A l’avenir, nous avons pour ambition de transformer l’association en une classe préparatoire aux grandes écoles de cinéma. 1000 VISAGES est en quelque sorte un pont entre les jeunes des quartiers,  les institutions et le milieu professionnel.

5) Quelles actions les associations étudiantes peuvent-elles mettre en place selon vous pour lutter contre les discriminations ?
Le film « Ma poubelle géante » est disponible pour tous, sur demande, via notre site internet. Les associations étudiantes peuvent donc tout à fait organiser, par exemple, une projection du film « Ma poubelle géante » en présence d’une personne de la Halde et d’un parcours de réussite, c’est-à-dire une personne qui, à un moment de sa vie, a fait face aux discriminations
Dans une entreprise pour sensibiliser les DRH, qui souvent ne sont pas forcément mieux informés que les autres, la projection du film peut leur permettre de mettre un visage sur les discriminations.
Dans une grande école, nous avons par exemple diffusé le film et organisé un débat avec un sociologue à Science Po pour réfléchir à des solutions, aux démarches possibles.

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