Face à l’évident décalage entre l’ouverture des frontières aux étudiants étrangers et les carences constatées en matière de politique d’accueil, une batterie de mesures sera prise courant 2005. Objectif : rendre la France plus attractive, à la fois pour les étudiants français et les étudiants étrangers.

Un séminaire intergouvernemental sur l’attractivité de la France a eu lieu le 7 février 2005, au cours duquel deux objectifs ont été définis par le Conseil National pour la mobilité internationale des étudiants : mieux former et mieux accueillir.

La promotion de l’enseignement supérieur français : un pas vers l’élitisme ?

 

S’il est important pour la France d’accroître sa proportion d’étudiants étrangers et d’améliorer son attractivité, les réformes mises en place pour l’année 2005 cachent difficilement un certain élitisme. L’un des objectifs énoncés lors du séminaire gouvernemental le démontre clairement :  » Mieux accueillir et former davantage en France les meilleurs étudiants étrangers dans les filières économiques et stratégiques « . En effet, un label qualité sera attribué aux programmes d’enseignement français dans les filières à forte composante internationale. Les résultats seront connus internationalement afin d’attirer de nouveaux étudiants.

Dans le même esprit, une  » charte de qualité  » relative aux délocalisations de programmes français à l’international sera rédigée, les programmes français délocalisés à l’étranger constituant un élément essentiel de promotion de l’enseignement supérieur français et de détection des meilleurs étudiants étrangers.

De plus, les  » centres d’études en France « , plate-formes de services organisées par les ambassades pour assurer l’accueil des étudiants étrangers, aident les établissements à recruter les meilleurs étudiants. Ainsi la politique de ces réformes est claire : accueillir les meilleurs étudiants étrangers dans les filières les plus rentables.

Une internationalisation croissante des diplômes


Les établissements d’enseignement supérieur français habilités à délivrer des doctorats sont invités à développer des  » Collèges doctoraux européens (ou internationaux). Ces collèges sont ouverts aux étudiants français et étrangers, qui préparent leur thèse sous une double direction, un directeur de recherche en France et un autre dans une université étrangère. Les étudiants passant leur cursus sur les deux sites, leur accueil sera facilité. Cette création s’inspire du  » Collège doctoral européen  » mis en place depuis 1999 par les Universités de Strasbourg.

Au-delà des critères académiques, ce qui fait la différence dans les critères de sélection d’un pays de la part d’un étudiant étranger est aussi sa qualité d’accueil.

 

La France dans la compétition des meilleurs pays d’accueil


Faciliter l’accueil des étudiants étrangers est essentiel pour les attirer vers nos universités. En novembre 2004 un appel à projet, le Programme incitatif pour la mobilité internationale des étudiants (PIM) a été mis en place afin d’identifier les dispositifs destinés à simplifier le séjour des étudiants étrangers. Les initiatives retenues dans le cadre du PIM entreront en application dès le premier semestre 2005. Certains sites universitaires ont créé par exemple leur propre plate-forme afin de soutenir les étudiants dans leurs démarches matérielles, notamment la recherche d’un logement.

Souvent, les démarches administratives peuvent décourager un étudiant de s’inscrire dans un établissement étranger. La France a décidé d’élargir les possibilités de choix offertes aux candidats en leur permettant de déposer des demandes dans toutes les universités françaises avec un maximum de 3 choix. De plus, les dossiers seront traités plus rapidement, grâce à une amélioration des compétences des agents de consulat. Pour les demandes de titre de séjour, la création de guichets d’accueil au sein des établissements d’enseignement supérieur sera possible. La demande se fera à l’université, la remise effective du titre ayant lieu en préfecture. Les bourses seront ciblées en fonction des filières et de leur caractère stratégique. Celles-ci sont attribuées aux établissements qui font preuve d’un accueil de qualité. Au niveau doctoral, 100 bourses nouvelles  » Eiffel doctorat  » sont crées, destinées aux doctorants étrangers désireux d’effectuer un séjour de recherche en France dans le domaine des science humaines, sociales ou exactes.

Enfin, la maîtrise du français qui pouvait apparaître comme un obstacle au départ vers une université française pour un étranger n’est plus un préalable à l’inscription. Le niveau de la langue sera examiné au contraire, à la fin du séjour, après l’apprentissage de la langue par le biais de programmes linguistiques.

 

La France plus accueillante que ses voisins européens ?

 

Il était temps que la France prenne conscience de son retard en matière d’accueil des étudiants étrangers. Réputée pour son administration cauchemardesque, la France a longtemps été boudée par des étudiants découragés d’avance, un retard qu’elle s’efforce de combler à pas de géant. Mais qu’en est-il au juste de nos voisins européens ?

Nombreux sont les pays qui possèdent une tradition associative au sein des universités. Les associations d’étudiants proposent de nombreux services aux étudiants étrangers afin de faciliter le début de leur séjour, souvent difficile. Cette tradition se trouve en Angleterre où les Students Unions aident les étudiants dans la recherche d’un logement, ainsi qu’en Suède. L’Allemagne offre de nombreux services par le biais de services d’accueil des étudiants étrangers ou du centre des œuvres universitaires semblables à notre Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous).

La majorité des universités étrangères considèrent la maîtrise de la langue locale comme un préalable à l’inscription contrairement à la France qui préfèrera désormais contrôler le niveau de langue à la fin du séjour de l’étudiant. Une mesure logique si l’on considère qu’un séjour à l’étranger sert aussi à apprendre une langue.

La volonté politique de rendre la France plus attractive se fait pressante. Les réformes les plus spectaculaires concernent les conditions d’accueil du pays qui pouvaient faire renoncer certains étudiants à y poursuivre leurs études. Espérons que ces réformes seront réellement mises en place.


 

En savoir plus

– Sur le Conseil national

– Sur l’accueil de la France :
Intervention de Frédéric Dart sur la politique d’accueil des étudiants étrangers en France, rencontre nationale des 26 et 27 février 2005

Comment vivent en France les étudiants étrangers ?

Bonjour l’accueil !

Guide pratique pour les étudiants étrangers

 

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