Ancienne déléguée générale du réseau Animafac et actuellement secrétaire nationale de la Ligue de l’enseignement, Nadia Bellaoui est devenue en juillet dernier présidente de la Conférence Permanente des Coordinations Associatives, la CPCA. Elle revient pour nous sur le rôle et les missions de cet organisme chargé de promouvoir la liberté d’association et la vie associative.


Animafac : peux-tu, dans un premier temps, nous rappeler le rôle de la CPCA ?


Le premier rôle de la CPCA est de défendre les intérêts des associations dans l’interlocution avec les pouvoirs publics. Ces derniers interviennent sur le sujet associatif de plusieurs manières, en particulier sur les modalités de financement des associations (par exemple la subvention ou la commande publique) ou encore la question de la fiscalité associative.

 

Le rôle de la CPCA, c’est donc d’abord d’agir pour défendre les associations par rapport à des mesures gouvernementales qui pourraient les déstabiliser. Ensuite, au fur et à mesure que la CPCA a mûri, l’enjeu a également été d’incarner la diversité de la vie associative, d’avoir une adresse vis-à-vis de l’opinion pour contribuer à ce que les Français soient plus nombreux à s’engager bénévolement dans une association. Nous avons dans ce sens mené différentes opérations comme par exemple la campagne « Que serait la vie sans les associations ? ». C’est quelque chose que nous aimerions développer davantage. Nous sommes en effet convaincus que nos premiers alliés aujourd’hui, ce sont bien les Français eux-mêmes qui plébiscitent les associations et veulent leur voir jouer un rôle important.

 

Quelles sont les principales actions menées par la CPCA tout au long de l’année ?


La CPCA se veut le principal acteur du dialogue civil entre l’Etat, et plus largement la puissance publique, et les associations. Nous avons donc un énorme travail de porte-parolat et d’expertise des dossiers, comme par exemple sur la question des emplois d’avenir dernièrement. La CPCA a exposé les difficultés du monde associatif à se lancer dans un dispositif d’insertion durable de jeunes peu qualifiés si les moyens de leur tutorat et de leur formation n’étaient pas réunis.

 

C’est cette sensibilisation du gouvernement à notre réalité qui nous a conduit à signer le 30 octobre, avec le Premier ministre, une lettre d’engagement précisant dans quelles conditions les associations peuvent s’engager dans ce dispositif.

 

Prenons un autre exemple avec la loi sur l’Economie Sociale et Solidaire qui est en préparation : elle est l’occasion de faire valoir les nombreux sujets d’ordre législatif qui n’ont pas trouvé de concrétisation depuis de longues années. Ce sont bien souvent des sujets très concrets.

 

Mais le rôle de la CPCA ne s’arrête pas à cette contribution à l’élaboration de lois. Nous nous apprêtons, par exemple, à assurer le secrétariat exécutif du collectif interassociatif naissant pour l’année européenne de la citoyenneté active en 2013. La CPCA et les CPCA régionales organisent aussi de nombreuses journées d’information, de débats ou de formations sur les enjeux de la vie associative.

 

Que peut apporter la CPCA aux associations de jeunes et en particulier aux associations du réseau Animafac ?


D’abord, la CPCA doit faire en sorte qu’il soit plus facile aujourd’hui de s’engager. Que par exemple, nous prenions en compte la nécessité de formations pour des responsables bénévoles qui connaissent un fort turnover ; que nous prenions en compte la nécessité pour les étudiants que leurs initiatives puissent s’exprimer pleinement et, s’il le faut, trouver des modalités dérogatoires au droit commun. C’est le cas, par exemple, des junior-entreprises qui disposent de conditions fiscales particulières. Ce devrait être le cas aussi de cette revendication ancienne de permettre aux exécutifs de vos associations d’être indemnisés sur un temps court de manière à pouvoir assumer réellement la responsabilité de l’association sans remettre en cause le caractère non lucratif de la structure. Voilà autant de sujets sur lesquels la CPCA a vocation à se faire le porte-voix, l’amplificateur de vos préoccupations.

 

Ensuite, il y a un enjeu tout particulier entre la CPCA et des structures comme Animafac, qui porte sur le renouvellement de la vie associative. Nous avons besoin que des jeunes responsables associatifs s’investissent en notre sein et soient visibles.

 

Dernière petite question : en tant qu’ancienne déléguée générale du réseau, as-tu un message à faire passer aux associations qui composent aujourd’hui Animafac ?


Tenez bon sur les principes qui fondent la culture d’Animafac : le pluralisme, la diversité des points de vue, et une volonté d’être utile à la société et pas seulement au petit monde des étudiants. Ca commence d’ailleurs à porter ses fruits ! On comprend mieux aujourd’hui ce que c’est que l’expérience associative étudiante et un certain nombre de vos aspirations sont à l’agenda de grandes organisations associatives. Vos expérimentations comme La Fabrique citoyenne par exemple, nourissent les travaux du secteur.

 

Pour plus d’information sur la CPCA, connectez-vous sur son site officiel : http://cpca.asso.fr/

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