Deux ans auront suffi aux membres de Te U’i Mata pour créer leur journal et leur propre prix littéraire. Au-delà de l’engagement étudiant, c’est bien l’amour des mots qui anime depuis le premier jour ce remuant collectif tahitien.


La plume est agile, souvent incisive. Une abondance de photos, des sujets accrocheurs. Même la rubrique people est au rendez-vous. Savamment saupoudrés, quelques encarts publicitaires viennent compléter le tableau. L’illusion est parfaite. Il n’y a guère que le nom, Te U’i Mata, littéralement la voix des étudiants, pour révéler la véritable nature du dernier né de la presse tahitienne. Car c’est bien de journal étudiant dont il est ici question.

 

A l’origine du projet, une jeune pousse associative issue de l’université de la Polynésie Française. Une dizaine d’agités du stylo qui sévit depuis près de deux ans sur le campus tahitien. A la fois réceptacle et porte-voix des opinions estudiantines du moment, Te U’i Mata séduit par la qualité de ses enquêtes tout autant que par sa liberté de ton. En effet, outre les incontournables rubriques sur le surf ou le folklore local, le journal ose aborder des sujets plus graves, comme les enjeux de la prévention en matière de santé à l’université ou encore la difficile question des sectes. Pour le plus grand bonheur des étudiants, si l’on en juge par la vitesse à laquelle s’arrache chaque numéro.

 

Toujours plus.

2003 : nouvelle année, nouveau challenge. Non contents d’accaparer la scène médiatique de leur université, les membres de Te U’i Mata décident de lancer leur propre prix littéraire. Un peu à l’image du Goncourt des lycéens, ce Prix des étudiants est attribué par un jury exclusivement issu des diverses filières que compte l’université. Exigeants, les jurés ne retiennent au final que quatre ouvrages, parmi une sélection effectuée en collaboration avec les principales maisons d’édition locales.

 

Les objectifs du prix sont multiples, comme le rappelle Mareva Lechat, la directrice de la rédaction du journal : « On espère qu’il permettra de valoriser la lecture sur le campus et qu’il contribuera à promouvoir les auteurs publiés en Polynésie ». De même, les organisateurs souhaitent susciter le goût de l’écriture et, pourquoi pas, faire naître des vocations chez les jeunes du fenua.

 

Heureuse lauréate de l’édition 2003 pour son roman Moana Blues, Anne – Catherine Blanc conte l’intégration d’un popa’a (comprenez « peau blanche ») à une culture différente de la sienne. Le livre est désormais en librairie agrémenté d’une jaquette « Prix des étudiants 2003 ».

 

A leur mesure, c’est non seulement l’envie de lire mais également un désir de découverte et de transmission qui anime les membres de Te U’i Mata. Succès de la première édition oblige, rendez-vous est d’ores et déjà pris en mai prochain pour le nouveau cru d’un « Prix des Etudiants » qui promet de devenir, aux côtés du Salon du Livre polynésien, l’un des événements majeurs du printemps littéraire tahitien.

 

En savoir plus :
Association Te U’i Mata
Université de la Polynésie française
www.upf.pf, rubrique Vie Etudiante

 

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