Les forums emplois contribuent à créer des passerelles entre les étudiants et le monde de l’entreprise. De nombreuses associations étudiantes se sont déjà lancées dans ce projet, l’une d’entre elle viendra partager ses bons plans et astuces.

Animatrices – Témoins : Barbara Prud’homme, Luce Dutech de la Fédé Rennes 2

L’objectif de temps d’échanges est de favoriser le débat autour de l’organisation d’un « classique » que beaucoup d’associations étudiantes s’appliquent à mettre en place : l’organisation d’un forum de l’emploi. Comment imaginez-vous un forum de l’emploi ? Quel public visez-vous ? Quelles difficultés peut-on rencontrer ?

Si certaines associations en sont aux prémices sur cette question d’insertion professionnelle, d’autres ont pu faire part d’un certain diagnostic sur cette question
de forum de l’emploi. Si les Juniors entreprises bénéficient le plus souvent d’un réel soutien de l’école (logistique, financements, temps banalisé, démarchage
d’intervenants et de professionnels), les associations dans les universités peinent le plus souvent dès l’organisation, puisqu’ils doivent anticiper longtemps en amont, trouver un temps opportun dans le calendrier, rechercher eux-mêmes les intervenants, et finalement peinent à intéresser le public étudiant, souvent difficile à mobiliser, imprévisible et décevant parfois. D’autres préfèrent co-organiser un événement inter-associatif sur la question. Les tâches sont ainsi réparties, l’organisation allégée et l’événement peut prendre plus d’ampleur.

Ainsi, des problèmes sont spécifiques et inhérents à chaque action : milieu, lieu de formation, association. Mais au-delà, il s’agit à travers de témoignages présentant succès et difficultés, de parvenir à dégager des questionnements communs en amont de chaque événement de ce type.

Le forum de l’emploi de la Fédé Rennes 2

Cette fédération à la particularité de réunir une cinquantaine d’associations agissant dans des champs très différents. Créé il y a 9 ans, cet événement avait d’abord pour finalité de coordonner initiatives multiples sur un même temps d’échange. Des partenariats avec l’université, les assos et les anciens étudiants se sont noués. Du FSDIE au Conseil Général, en passant par Rennes Métropole ou le Conseil Régional de Bretagne, toutes les instances agissant dans le champ de l’insertion professionnelle et de la vie étudiante ont été sollicitées pour la tenue de cet événement. Ainsi, les coûts tels que le transport et le téléphone pouvaient être pris en charge par la Fédé.

Rapidement, des rituels se sont instaurés. Lors de ce forum, on retrouvait :
– Des simulations d’entretiens avec les recruteurs
– Des ateliers pour bâtir son CV et sa lettre de motivation
– Des conférences thématiques, en partenariat avec le SUIO, (ex : l’emploi associatif, l’emploi dans le secteur public)
– Des stands des partenaires de l’emploi (ANPE, APEC, professionnels de l’insertion…)
– Des tables rondes avec des anciens étudiants de Rennes 2, organisées par les
associations de filières.

Mars 2009 : Naissance d’OTAF

D’une façon générale, le concept du forum tel qu’il existait ne satisfaisait plus ni les organisateurs ni les participants. Suite à la session 2008, le bilan était mitigé, la participation était faible et les étudiants souhaitaient plus de temps individualisés. Il fallait donc repenser l’événement…
La session 2009, en cours de gestation, sera l’occasion d’un renouvellement.
Barbara et Luce présentent donc l’état d’avancement de ce prochain événement :
– D’abord le nom : le terme « Forum de l’emploi » est trop générique, pas très accrocheur. Il ne donne pas envie d’y aller ! Malgré tout il faut faire prendre
conscience de l’après-études. Un nom « acronyme » a émergé : ôTAF ! (s’Orienter et Travailler Après la Fac)
– Les attentes des étudiants : premier public visé, au coeur du projet, dont il est difficile de connaître la demande.
– Devant l’offre parfois pléthorique de forums, avec les éternels stands, il faut casser le schéma, trouver une accroche plus « fun »
– Un projet de micro-trottoir est à l’étude avec des interviews d’étudiants sur l’insertion professionnelle. Il serait réalisé par les associations étudiantes et
servirait de support à des temps de débats lors de l’événement
– Pendant une semaine, les organisateurs chercheront à « appâter » les étudiants pour les sensibiliser à cette question. Café, bonbons, et saynètes improvisées sur le mode « théâtre de l’invisible » interpelleront sur une thématique. Ex : Dans le RU, une étudiante décroche son portable : « Quoi ! ? j’suis pas prise ? C’est à cause de mon diplôme ?… ». Des lectures publiques susciteront également l’intérêt du public étudiant.
– Pour la communication, « OTAF » au pochoir sera peint dans toute l’université.
– Contrairement aux écoles qui aménagent le plus souvent des journées banalisées pour ces temps dédiés à l’insertion professionnelle, l’université n’en permet pas. Il faut donc investir les temps du déjeuner (12-14h) ; des pause-sandwichs seront propices aux échanges.
– Côté partenaires, les services universitaires type SUIO sont toujours sollicités pour des temps de débats le samedi, mais également, l’AFIJ ainsi que des
témoignages d’anciens étudiants
– Les intervenants sont plus techniques, globaux et non spécialisés par filière

– Avec ce nouveau concept, le financement est réduit à trois fois rien (côté transport, une seule intervenante viendra de Nantes ; reste seulement les cafés
et les bonbons !)
– Sur le temps d’organisation, la version OTAF a également allégé ce côté. Sous le format initial, le forum était pensé un an avant ; l’idée d’OTAF date de novembre et devrait avoir lieu courant mars. Un temps idéalement concerté avec l’agenda du SUIO et qui donne le temps de contacter les anciens.

Avec ce témoignage, certaines assos se sont reconnues dans les difficultés évoquées :

– Interactions parfois difficiles avec les services universitaires ou scolaires dédiés à l’insertion professionnelle, qui ont parfois l’impression que les associations    « empiètent sur leurs plates-bandes ». Il faut alors user de diplomatie « Nous, associations étudiantes, nous venons en complément de ces services, nous venons avec notre spécificité de jeunes qui s’adressent à d’autres jeunes »

– Difficultés à mobiliser les étudiants. Côté grandes écoles, le coût des formations incite déjà à se questionner sur son orientation à la sortie, même si mener cette réflexion à la sortie du lycée n’est pas aisée, notamment pour les étudiants boursiers, ou ceux qui contractent un prêt pour leurs études supérieures.

 

Motivation des bénévoles et valorisation de l’expérience associative.

Malgré ces freins et difficultés, les bénévoles associatifs sont là, déterminés à agir pour favoriser l’insertion professionnelle de leurs pairs. Car même si le parcours étudiant est souvent sinueux pour beaucoup, les associatifs présents sont attachés à l’idée de démystifier l’enseignement supérieur pour les nouveaux étudiants. Un peu plus tard dans le parcours, certains envisagent même des interviews inversées où c’est l’étudiant qui pose des questions aux employeurs potentiels, anciens étudiants, qui ont fait le déplacement. Côté école d’ingénieurs, ce type de démarche est une fois encore inséré dans le cursus (en première année)
Enfin, si la majorité des présents s’accordent sur la nécessité de leurs actions pour pallier au manque d’informations des étudiants en matière d’informations, ils
reconnaissent parallèlement tout ce que leur investissement associatif leur permet,en terme d’apprentissage et d’acquisition de compétences. Notamment à l’université où les cycles « à la carte » (choix des matière, tel le self-service) permettent de piocher les éléments qui intéressent et laissent la possibilité de s’investir pleinement dans l’associatif en parallèle, véritable cadre d’apprentissage professionnel.

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