Cet article fait partie du compte-rendu de la rencontre « Accompagnement à la scolarité » , qui s’est déroulée les 8 et 9 décembre 2007 à l’université Paris 5. 

 

METHODOLOGIE DE PROJET

 

Un projet repose sur 3 étapes :
1-  IDEE
2-  EQUIPE
3-  ORGANISATION

 

1. Réunir le groupe de base autour de l’idée commune
Quels objectifs ? Comment faire progresser les étudiants les plus faibles ? Organiser un tutorat, des sorties culturelles, un soutien particulier sur des matières ?
Quel public visé ? Etudiants, jeunes de quartiers défavorisés, classes de collèges, lycéens, écoliers ?
Il est important de formaliser ce projet de base, duquel découle un programme sur l’année. Les paroles s’envolent, les écrits restent. De ces discussions, découle tout : combien d’enfants seront accompagnés, et donc combien de bénévoles faudra-t-il, etc..

 

2. Etoffer l’équipe
Une fois le projet de base bien établi, il faudra certainement étoffer l’équipe ! C’est la phase du « recrutement » de bénévoles.
Il ne faut pas hésiter à créer des animations en lien avec ce qu’on est et le projet que l’on porte, de manière visible pour les étudiants. Pour que ce recrutement soit efficace et que les personnes adhèrent toute l’année au projet, il est nécessaire de fédérer les personnes intéressées. Cela signifie que chacun doit prendre une part du projet. De plus, les moments informels sont importants, comme des discussions autour d’un café, par petits groupes…

 

3. Ajuster l’organisation
L’organisation se fonde sur l’idée, mais évolue aussi en fonction de l’équipe. Si 30 personnes sont recrutées mais ne sont pas disponibles les jours d’intervention prévus, il faudra revoir l’organisation.

Reconstruire ensemble le projet permet de donner du sens au projet, et son appropriation par l’ensemble de l’équipe. Il vaut parfois mieux construire le projet pendant 6 mois pour garantir un bon fonctionnement pérenne que de le préparer rapidement pour le faire démarrer au plus vite.

 

Dans toute organisation, il faut un responsable. Celui-ci est garant du bon fonctionnement du projet. Il faut donc toujours faire la séparation entre les liens personnels et la fonction occupée dans l’association.
Il est important d’être cohérent dans le projet. Il faut se poser toutes les questions, et pourquoi pas « écrire » un scénario pour tout prévoir.

 

Mener à bien un projet d’accompagnement à la scolarité passe souvent par des partenariats, avec des lycées, collèges, écoles, associations de quartier, centre social, MJC… pour toucher le public visé. Rencontrez les acteurs et créez votre réseau !

Echanges sur la méthodologie de projet

 

Les locaux : où mener son activité ? Les associations étudiantes souffrent d’un manque de crédibilité. Certaines entrées existent néanmoins pour utiliser un local. L’Université, le CROUS, peuvent être des interlocuteurs de choix. Le partenariat avec une autre association permet plus facilement d’obtenir un local, ou de le partager si l’association partenaire en possède déjà un.

 

Quelle crédibilité pour une association nouvelle ? _ L’association Guyan’or fait part de son expérience : passer des partenariats avec d’autres associations déjà implantées est positif. Pour ce qui est du financement, ils privilégient l’auto-financement par l’organisation de soirées. L’idée maîtresse est avant tout de se créer un réseau quand on est nouveau.

 

On note que des dispositifs existent pour l’accompagnement à la scolarité que l’on peut qualifier de « classique » (dirigé vers les moins de 18 ans – voir partie suivante). Il en existe beaucoup moins pour l’accompagnement entre étudiants, si ce n’est les activités de tutorat.

 

Et quand on n’a pas de local ?
La question Internet est abordée. Peut-on approcher les familles par le biais d’internet, commencer des séances ainsi, avant de se rendre au domicile ? Il est souligné que cette approche « internet » peut rendre méfiant. De plus, l’utilisation d’Internet est globalement inadéquate à la démarche d’accompagnement à la scolarité. En effet, tout dépend de l’approche : si le but recherché est la réussite d’exercices, cela peut se faire à distance, avec des corrections par internet. Mais la démarche de l’accompagnement à la scolarité est différente : il ne s’agit pas d’être une béquille permanente, mais d’apprendre à marcher.
Le besoin de contact réel est présent dans cette dernière méthode.
Si l’association ne dispose pas de local, une rencontre doit avoir lieu, le plus souvent au domicile familial, qui réunit les parents, l’enfant et le (la) bénévole. L’intérêt d’une rencontre avec les parents seuls en amont est aussi souligné.

 

Comment se faire connaître des parents ?
Faut-il distribuer des flyers ? Pour l’ACBCL, les parents viennent d’eux-mêmes. Il faut se faire connaître auprès des partenaires cités plus haut, qui sont en contact avec les enfants, sans oublier les établissements scolaires eux-mêmes.

 

Le « contrat »
Insistons sur le fait que pour bien mener son action tout au long de l’année, et être crédible dans cette action, il est très important que l’association fixe le cadre, une sorte de contrat, entre les parents, l’enfant et l’association. Par exemple, l’ACBCL impose une fréquence de deux fois par semaine. Si l’enfant est trop peu présent, c’est la fin de l’accompagnement.


Est-ce que les parents doivent payer ?
Faire payer peut symboliser un engagement de la part de la famille, qui veillera à ce que l’enfant soit présent. Une association fait payer une cotisation de 20€. Mais la question de la réalité économique étant bien présente, beaucoup d’associations ne font pas payer, mais insistent sur l’engagement en sanctionnant par exemple 2 absences par un arrêt de l’accompagnement de l’enfant. Car l’accompagnement à la scolarité n’est pas une aide ponctuelle, mais bel et bien une action de long terme, sur plusieurs mois, idéalement toute l’année.

 

Une formation pédagogique pour les bénévoles ?
L’asso grenobloise Contre-Pied souhaite installer une formation pédagogique.
ABLCB explique que tous ses bénévoles sont des étudiants ou des enseignants. Mais ils manquent de méthode quant à l’accompagnement à la scolarité.
Idée : élaborer une fiche, ou guide pratique des grandes choses à aborder dans le cadre de l’accompagnement à la scolarité.
Mais, insistons sur le fait qu’il ne s’agirait que d’un support de discussions, recueil d’indications, l’essentiel des activités et du projet étant à élaborer ensemble, dans le souci permanent et indispensable d’appropriation par l’ensemble de l’équipe.
Maintenir des liens avec les enseignants est important, notamment pour éviter des écueils tels que la dyslexie. Ils peuvent vous donner des indications enrichissantes. Mettre en place des formations mérite du temps : faites appel à des personnes « ressources », comme des enseignants, ou la Ligue de l’Enseignement…
Maintenant que l’on a la méthode pour monter le projet, il faut le mettre en marche ! Petit tour des dispositifs que vous pourriez croiser en chemin…


LE QUI FAIT QUOI DE L’ACCOMPAGNEMENT A LA SCOLARITE

 

Plusieurs institutions interviennent dans ce domaine :

 

Collectivités locales : de la Mairie au Conseil Régional
-La Mairie possède l’école, dessine la carte scolaire relative à ses écoles, et décide des horaires.
– Le Conseil Général, lui, s’occupe des Collèges (carte scolaire, construction…).
– Le Conseil Régional a pour domaine de compétences les lycées et une partie des Universités.
– L’Intercommunalité n’a pas de compétence en politique éducative, mais permet une certaine cohérence sur son territoire.

 

Etat : Ministères et antennes locales (préfets)
– Les académies sont des grandes divisions régionales (pas forcément calquées sur les régions administratives) dirigées par les recteurs.
– L’ACSE (Agence pour la Cohésion Sociale et l’Egalite des chances) : chargée de la rénovation urbaine, en lien avec le ministère de la ville, et le FASILD. L’ACSE dispose de délégations régionales qui peuvent financer des projets d’Accompagnement à la Scolarité.
– La CAF (Caisse d’Allocations Familiales) : au-delà des prestations sociales, les CAF peuvent subventionner des associations qui aident des enfants et des familles.
– Les CUCS (Contrat Urbain de Cohésion Sociale) : Signé par le préfet avec les communes et EPCI (établissements publics de coopération intercommunale). Ces contrats comportent un volet éducatif qui se présente sous différentes formes :

 

Le CEL (Contrat Educatif Local) : concerne surtout les écoles et collèges. Ils sont plutôt sensibles aux projets d’Accompagnement à la Scolarité. Un coordinateur local a pour mission de mettre en cohérence les actions de financement des activités, selon une politique d’action éducative. Cela permet de cerner la réflexion et la direction des financements, le but du jeu étant de voir si le projet de l’association s’y inscrit.

 

Le CLAS (Contrat Local d’Accompagnement à la Scolarité) : niveau départemental. Action des écoles jusqu’aux lycées. Il cible explicitement les ZEP et distribue des agréments qui permettent d’obtenir des financements plus facilement. Au-delà de l’aspect financier, les coordinateurs CLAS connaissent vraiment le terrain, et se révèlent donc être des personnes ressources indispensables.

 

Le PRE (Projet de Réussite Educative) : on en revient à l’échelle de la ville. Ce programme propose un accompagnement individualisé à des jeunes « fragiles ». Des représentants des parents y ont une place. Le programme analyse et repère les différents acteurs : besoins + solutions proposées (assos, mairie, collège…)

 

Le dispositif « 100 000 pour 100 000 » :
Ce dispositif est plutôt vu comme une opération de communication. Ceux qui le souhaitent peuvent y participer, et des sous peuvent être donnés aux structures. Mais la question des financements reste floue, puisque certains départements le présentent uniquement sous l’angle du bénévolat valorisable (CV…).

EN RESUME :
Il faut faire état de ce qu’on peut obtenir en fonction des organismes demandés.
Voir le territoire d’action en fonction des axes de politique.
Il n’est pas facile de trouver les infos sur les sites des différentes institutions : Regardez directement le « plan du site » !
Toujours s’adapter au contexte local.
Méthodologie de projet

 

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