Financer ou punir ? Une semaine après la victoire du Hamas aux élections législatives en Palestine, les puissances du Quartette (Union européenne, Etats-Unis, Nations-Unies et Russie) envisagent toujours de suspendre le financement de l’Autorité palestinienne, si le Hamas ne renonce pas à la violence. Une menace qui, si elle était mise à exécution, plongerait la société palestinienne dans le chaos.

 

Raz-de-marée, tsunami, séisme. En élisant majoritairement des députés du Hamas, classé comme  » terroriste «  par l’Union européenne, les Palestiniens ont placé la communauté internationale face à un dilemme. Doit-elle respecter les résultats d’une élection libre, ou s’opposer à ce qui pourrait menacer la paix ?

 

On pourrait poser une question plus pertinente. Que signifie ce vote ? Les Palestiniens se sont-ils prononcés en faveur de la lutte armée ou contre le Fatah ? Le vote sanction est l’option la plus vraisemblable et si ce raz-de marée traduit quelque chose, c’est l’exaspération du peuple palestinien à l’encontre de la corruption du Fatah et des trop faibles avancées de Mahmoud Abbas.

 

Le président fait également pression sur le Hamas pour qu’il renonce à la violence, se désarme, et reconnaisse Israël avant de former un gouvernement, dans le délai de deux à trois mois imposé par les pays de l’Union européenne. Faute de quoi, l’Autorité palestinienne se trouverait amputée de ses plus importants revenus : 600 millions de dollars annuels de l’Union européenne et 400 millions de dollars des Etats-Unis, destinés à financer des infrastructures, écoles, hopitaux… Pourtant, aucun gouvernement ne pourra gouverner sans le soutien du Hamas.

 

Discuter. Les leaders du Hamas ont clairement fait savoir qu’ils ne changeraient pas un programme pour lequel ils ont été démocratiquement élus. En revanche, le potentiel Premier ministre Ismaël Hamiyeh a évoqué la possibilité d’une trêve pour discuter avec Israël : une occasion que les donateurs internationaux devraient saisir pour responsabiliser les Palestiniens, éviter le chaos et la propagation d’un sentiment d’animosité à l’encontre de l’Occident, deux éléments qui conduisent inévitablement au terrorisme.

 

La collaboration financière et politique avec les dirigeants que se sont choisis les palestiniens est la voie la plus sûre pour favoriser l’émergence d’un projet politique non basé sur la violence. La poursuite des financements revient pour la communauté internationale non pas à cautionner un discours radical, mais à dire :  » En aidant le gouvernement, nous respectons le choix des Palestiniens. A vous de nous montrer que nous ne nous sommes pas trompés « .

 

La communauté internationale doit donner une chance au prochain gouvernement palestinien, d’autant plus si celui-ci est, comme l’a souhaité Ismaël Hamiyeh, un gouvernement de coalition. C’est la seule façon d’éviter l’impasse dans laquelle serait placée l’Autorité palestinienne, et donc le Proche-Orient.

 

Soyons sociaux
Réagir c'est agir