1/Tour de table :

Il était demandé à chaque participant de définir en quelques mots les notions Communautaire, Intégration ainsi que de préciser leur attentes sur cet atelier.

 

INTEGRATION

COMMUNAUTAIRE

– Pouvoir s’adapter à un milieu qui n’est pas le sien

– Communiquer avec les autres, avec d’autres cultures.

– Intégrer différentes communautés.

– Renvoi à la notion d’adaptation mais on peut s’adapter sans être intégré. Plus précisément on peut s’adapter, accepter mais sans participer. Donc intégration = accepter et participer.

– Participation

– Partage entre les groupes

– Adaptation commune

– Connaître la langue de l’autre pour communiquer.

– S’adapter à son environnement ses comportements, mais on garde ses valeurs, ses croyances.

– Les associations communautaires essaient d’intégrer d’abord à un système (administration, enseignement), c’est la priorité, puis à une culture.

– Ouverture vers les autres

– Echanges

– Il existe différents degrés d’intégration : d’abord à sa famille, à son réseau social, groupe d’amis puis à une nation.

– Participer à quelque chose dans la société française, dans le but de s’adapter.

– Partager une expérience, une idée, une culture.

– « Communautarisme » : même origine, même milieu, même communauté, même région, même religion, même culture, même nationalité.

– Une nation, une religion ou une société qui partage des valeurs, une idéologie, une pensée.

– Un étudiant relève qu’il a entendu parler de « communautaire » pour la première fois à son arrivée en France.

– Un ensemble, un groupe d’individus qui partagent un même comportement. Aussi des groupes différents mais qui se connaissent les uns les autres.

– Enfermement mais pas dans un sens péjoratif, due à la méfiance de l’étranger.

– Partagent les mêmes intérêts. Même objectifs.

– Isolé. Rester dans son cercle

– La société est faite de différentes communautés (tongs, cheveux long etc.), mais une ouverture des communautés pour une intégration, comme si on voyageait sans cesse d’îles en îles.

– On a tendance ici à confondre communautaire et communautarisme.

– Communauté : un groupe spontané partageant les mêmes codes et valeurs, décident de se réunir. Communautarisme : on regarde ce groupe dans un contexte de confrontation avec d’autres communautés.

– « Commun »

– Pas péjoratif, permet de sauvegarder des valeurs, des idéologies, des cultures.

– Communauté symbolique autour de valeur. – Communautaire pas opposer à l’intégration mais permet de donner les armes, la confiance pour se lancer dans la société.

 

 

Les attentes des participants :

– Comment une association peut-elle être communautaire mais aussi permettre l’intégration à commencer par l’intégration des gens dans l’association même ?

– Lier les deux termes, l’objectif d’une association communautaire est d’intégrer, d’intégrer à l’intérieur de l’association et à l’extérieur.

– Quel rôle du local pour arriver à entrer en lien avec les étrangers ? Comment intégrer au mieux les différentes cultures ?

– Faut-t-il opposer les deux types d’association ? Comment faire travailler ensemble les associations ?

– Si création d’une association pour s’occuper d’une nationalité en particulier, il y a un risque de s’isoler de la société française.

– Comment améliorer l’accueil des étudiants internationaux ? On ne peut pas faire sans entraide ?

– Intégration et Communauté vont de paire mais si on pousse l’un des deux à l’extrême alors ça devient négatif : quand on est trop communautaire il est difficile de s’intégrer, quand l’intégration est trop forte alors il existe un risque de perdre son identité.

– Une question de temps ; l’étape association communautaire n’est pas à sauter dans l’intégration d’un individu, mais attention de ne pas tomber dans le risque de l’enfermement qui entraine le communautarisme ?

– Comment travailler avec la langue pour permettre l’intégration ?

– Quelles activités proposer pour permettre l’intégration ?

– Connaître ce qui avait été dit lors des ateliers précédents du chantier AEI.

– Parler des problèmes des associations.

– Voir ce qui se passe ailleurs.

– Voir le lien qu’il existe entre les deux types d’associations, quand on arrive à être communautaire alors il est plus facile d’intégrer.

– Une société = un ensemble de communauté = un ensemble d’individu. Il faut d’abord intégrer l’individu à la communauté puis voir si la communauté est intégrée à la société.

– Une image : un cercle. Quand on parle de communautaire les flèches se dirigent vers l’intérieur du cercle, quand on parle d’intégration les flèches se dirigent vers l’extérieur de cercle.

– Communauté renvoie plus à un ensemble de personnes, Intégration à des individualités. La question serait alors : peut-on intégrer un groupe, ou l’intégration n’est elle qu’une expérience personnelle ?

– Comment faire que l’intégration permette l’interculturel, construise une société riche de valeurs et de cultures ?

 

Première remarque : Il existe dans nos discours une opposition entre Société et Nation. Quel rapport entre l’une et l’autre ?

 

 

2/ Discussion collective :


 

Les associations communautaires : qu’est-ce-que c’est ?


On repère dans la salle les associations qui se disent communautaires. Exemple de l’association des Gabonais d’Amiens : communautaire mais aucun sens péjoratif pour eux. Ce type d’association est alors vu comme une base, une voie de passage pour entrer en contact avec les autres. Mais il faut nuancer les propos, toutes les associations ne permettent pas ce passage vers les autres, certaines restent centrées sur la communauté.

La communauté est alors soit un lieu de passage, soit un lieu où on reste. On remarque qu’il y a des communautés plus fortes que les autres.

 

 

Quel est le rôle des associations dans l’intégration ?


On pose la question du rôle de l’association dans l’intégration des individus. Ce serait aux associations de créer le lien avec la société, d’organiser des rencontres. Certains nuancent cette idée en précisant que ce travail ne doit pas être fait uniquement par les associations mais que c’est aussi aux individus de se bouger pour aller vers les autres.

Le but premier de l’association serait alors l’aide administrative, une explication du système universitaire.

On rappelle que les étudiants internationaux n’arrivent pas tous en France avec le même « background », ce qui induit des spécificités dans le discours de chacun, dans les valeurs. L’exemple est donné d’un étranger qui n’aurait pas une culture de l’association telle qu’on peut la trouver en France, qui associe cette dernière à une lutte de pouvoir. Le rapport avec le groupe associatif est par conséquent ici différent. Il faut travailler alors à partir de l’imaginaire de chaque étudiant.

Plus tard sera donné l’exemple d’un étudiant originaire d’un pays où il existe une forte identification des groupes ethniques. Son comportement sera alors influencé par sa culture et le rapport qu’il entretien avec sa communauté.

 

 

L’association communautaire, une base de repère rassurante :


Tous s’accordent pour dire que le sentiment premier d’une personne qui arrive dans un pays étranger est la peur de l’inconnu. L’association communautaire permet alors de créer les premiers liens sociaux sur le nouveau territoire. Le rassemblement fait naître un sentiment de sécurité qui donne la confiance en soi nécessaire à tout individu qui est dans une démarche d’intégration. Lorsqu’on est isolé, nous manquons de repères, de personnes à qui s’identifier. L’idée est alors avancée qu’il n’existerait pas d’intégration possible sans une base de repère, sans groupe sociaux sur lesquels s’appuyer. La communauté nous donne des repères qui facilitent l’intégration.

Cet argumentaire donne un rôle primordial aux associations communautaires dans le processus d’intégration des individus. Comme un rappel nous précisons à nouveau que ces associations se doivent de rester ouvertes et de permettre la connaissance d’autres cultures. Mais ce raisonnement poussé à l’extrême nous conduit-il à affirmer que l’intégration ne serait pas possible sans l’aide d’une association ?

 

 

S’intégrer à quoi ? A des communautés Etudiantes ?


Nous recentrons le débat sur l’intégration à la communauté étudiante plutôt qu’à une « Société » peu définie. L’idée est alors mise en avant qu’il existe déjà un esprit communautaire au sein du monde étudiant ou plutôt des esprits communautaires. Des groupes existent en fonction des différences sociales, ethniques, de valeurs. L’étudiant étranger qui arrive se pose donc la question de savoir dans quel groupe s’intégrer ? Il est difficile de se greffer à un groupe quand celui-ci ne partage pas avec les autres groupes. Le problème est alors posé à l’envers, comment s’intégrer aux communautés étudiantes qui sont parfois fermées, et à laquelle ?

 

 

Intégration : démarche collective ou individuelle ?


La question est posée par plusieurs associatifs de savoir si c’est la communauté qui doit s’intégrer ou s’il ne s’agit pas plutôt d’une action individuelle. Lorsqu’on parle alors d’intégrer une communauté nous faisons fausse route, ce sont les individus qui vont s’intégrer à la société. Peut-on intégrer une communauté dans son ensemble ? L’exemple est donné d’un groupe d’étudiants d’une même nationalité qui arrivent ensemble à une soirée interculturelle et qui ne discutent pas avec d’autres personnes au cours de cette soirée. Le groupe reste ici dans une dynamique d’entre soi alors même que la démarche initiale témoignait d’une volonté de s’intégrer. Faudrait-il isoler les individus pour permettre une intégration ? Faut-il s’isoler pour s’intégrer ?

D’autres arguments abondent dans ce sens. Il serait impossible d’intégrer un groupe, d’une part, parce que le groupe se suffirait à lui-même, d’autre part, il serait plus difficile pour les autres d’approcher les individus qui seraient déjà en groupe. De plus au sein d’un groupe chaque personne est différente. Or la volonté ou la capacité d’un individu à s’intégrer dépendrait de sa personnalité (plus ou moins timide, background etc.).

 

 

 

Différentes dynamiques d’intégration en fonction de la durée et des motivations du séjour :


Une précision est apportée à la question de l’intégration en fonction de la durée du séjour d’un étudiant international et de ses motivations à venir étudier en France. La dynamique n’est pas la même lorsqu’on vient d’abord pour obtenir un diplôme à valoriser dans son pays d’origine que lorsqu’on vient avec la volonté première de découvrir la France. De même, un étudiant qui est là pour 3 mois n’aura pas la même dynamique d’intégration qu’un étudiant qui prévoit de rester plusieurs années.

Certains ne voient pas l’utilité de venir dans un pays s’il n’y a pas de volonté de s’intégrer. Il n’y aurait pu eux aucune utilité à venir dans un pays étranger si c’est uniquement pour rester avec sa communauté d’origine. Cet argument renvoie à la question des objectifs de la mobilité. Pour certains étudiants l’objectif premier est la nécessité, l’existence d’un cursus spécifique dans le pays d’accueil et non la volonté de découvrir un nouveau pays. Cela permet-il de justifier un enfermement dans sa communauté d’origine ?

 

 

Les différentes dimensions de l’intégration :


Pour donner un nouvel angle d’approche au débat on pose la question du rapport entre Intégration et Echanges. Peut-on s’intégrer s’il n’existe pas d’échanges ? Cette question nous renvoie à la dimension culturelle de l’intégration. Nous précisons alors qu’il existe d’autres aspects de l’intégration. Elle ne se fait pas uniquement à travers les échanges culturels, mais aussi à travers le travail, les études et elle peut être aussi sociale. De plus des questions pratiques renvoyant à des modes de vie parfois différents doivent aussi être considérées (comment prendre le métro ? quels prix ? comment téléphoner ? comment avoir des Bourses ? question du manque d’argent ? etc.).

 

 

Il « faut » ou il « serait enrichissant » que tu t’intègres ?


Une remarque essentielle pour la majorité des participants est de préciser que les discours des associations ne doivent pas être dans un impératif d’intégration. C’est-à-dire que l’intégration ne doit pas être considérée comme obligatoire (il faut) mais comme enrichissante. Faciliter et non obliger, les associations seraient là pour aider et promouvoir les aspects positifs de l’intégration. La dérive possible de l’impératif d’intégration serait alors l’intégrisme.

Nous rappelons une fois de plus les dérives possibles d’une trop grande intégration qui pourraient entrainer une perte d’identité. Il faut cependant préciser que s’il ne faut pas obliger quelqu’un à s’attacher à un pays, cette personne devrait au moins s’intégrer au système scolaire et administratif du pays d’accueil.

Une association se pose alors la question de savoir comment travailler sur la motivation, la valorisation du processus d’intégration ? Une réponse est proposée : travailler à cette valorisation dans les deux sens, ceux qui arrivent et ceux qui accueillent.

 

 

L’intégration passe nécessairement par une volonté d’accueil :


Nous interrogeons alors la démarche d’accueil des étudiants « Français » (sous entendu déjà intégrés à la communauté étudiante). Quelle démarche doivent-ils adopter pour permettre cette intégration ? Le ressenti de certains est d’une culture française qui ne serait pas celle de l’accueil contrairement à celle de pays étrangers. Plusieurs contre-exemples viennent contredire ce mythe. Le rapport à l’accueil, la démarche d’aller vers l’autre est considérée comme individuelle et donc personnelle, et ne répondrait pas à une loi dictée par la nationalité ou l’âge.

Le processus d’intégration se fait des deux côtés : ceux qui arrivent et ceux qui accueillent. Il est toutefois souligné que dans la démarche d’aller les uns vers les autres, c’est aux étudiants internationaux qu’il revient souvent de faire le plus grand pas. Il ne suffit pas d’être uniquement dans l’attente que les personnes de la société d’accueil t’intègrent. Il faut aussi faire une démarche d’adaptation qui permet une intégration.

Il est souvent plus facile pour deux étudiants étrangers d’origines différentes de se rencontrer que de rencontrer des personnes du pays d’accueil, certainement parce qu’ils sont dans une même démarche.

 

 

La stigmatisation et les communautés où l’on nous met :


Le but des actions culturelles que peut mener une association ne serait pas d’intégrer une personne mais d’empêcher la société d’accueil d’enfermer les personnes dans des communautés. Connaître d’autres cultures pour ne pas stigmatiser telle ou telle communauté. Ceci nous renvoie à la remarque suivante : s’il existe des communautés qu’on rejoint de manière volontaire, il existe également des communautés au sein desquelles on nous met. (Exemple d’un Français qui s’est senti assigné dans une communauté lors d’un séjour au Japon, alors qu’il ne l’était pas lors d’un séjour en Suède. Dans cette exemple la couleur de la peau influe sur la réaction de la société d’accueil). Le rôle de certaines associations serait alors de faire le relais entre les actions des associations communautaires, permettre la rencontre et faire connaître.

 

Ceci nous conduit à questionner une dérive parfois rencontrée : est-ce qu’une association dite « d’intégration » ne crée pas finalement une nouvelle communauté. L’exemple est donné des groupe d’étudiants Erasmus qui à travers les actions montées par des associations finissent par rester uniquement dans l’entre soi Européen. La volonté exprimée d’intégration n’empêcherait pas ici à de nouvelles communautés de se créer.

 

Pour tenter de relancer le débat, qui finalement ne donne aucune définition précise de l’intégration, l’animateur nous pose la question suivante : s’intégrer à quoi ? De quoi parle-t-on précisément lorsqu’on parle d’intégration ? Aucune réponse précise n’émerge de cette discussion qui préfère se centrer sur les moyens pour facilité l’intégration.

 

 

 

3/ Quelles proposition ont alors été faites ?

 

? Exemple de l’Alliance Française en Roumanie qui propose des activités culturelles pour les Français auxquelles sont invités des Roumains. Ces actions proposent alors de travailler sur l’inter culturalité en cassant les préjugés. Cet exemple sera nuancé par une critique générale de la pratique des Alliances Françaises qui au travers d’une volonté de valorisation de la culture française ont tendance à créer un entre soi communautaire. Le point de vue est alors inversée de considérer les Français comme communautaristes dans un contexte étranger.

 

 

? Une idée est proposée de réfléchir à la préparation à l’intégration avant le départ, dans le pays d’origine même. Un travail n’est pas toujours fait de présentation du pays d’accueil, de sa culture, des modes de vie, de son système administratif. Comment l’étudiant peut il alors avoir avec lui les armes de l’intégration. Lorsqu’un étudiant prévoit une mobilité dans ses études, il devrait en amont avoir les moyens de se poser la question de l’intégration. Ce qui est fait dans certaines conventions (réunion de préparation au départ, rencontre de personnes ayant vécu l’expérience de mobilité) devrait s’étendre à tout type de mobilité.

 

? Un exemple d’une bonne pratique est celui des soirées d’intégration lancées dans une cité U. Comme la cuisine est commune, elle devient un lieu d’échange avec ses voisins, chaque soir chacun propose de cuisiner un plat original.

 

? Il faudrait aussi transformer les lieux universitaires qui ne sont souvent que des lieux de passages en véritable lieux d’échanges. Investir les espaces collectifs.

 

? Un autre exemple est celui des Tandem, proposé à Lille entre autres pour les étudiants Erasmus. Chaque étudiant qui arrive se voit proposer un binôme qui habite déjà sur le pays et qui l’accompagnera lors de ces premières démarches.

 

 

NB : Etudiant « étrangers » ou « internationaux » : parler de l’un plutôt que l’autre n’est il pas uniquement du « bien-pensé » ? Le terme international permet cependant d’inclure les personnes de nationalité Française dans le groupe.

 

Et une dernière remarque pour le mot de la fin : A force de chercher à vouloir trop s’intégrer on finit par se retrouver tout seul. En cherchant à rencontrer le plus de monde tu es à la fois partout et nulle part… à méditer.

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