Parce que les associations sont des acteurs de la culture démocratique indispensables à un vivre ensemble harmonieux et à des espaces d’apprentissage du civisme. Les associations menées par des étudiants connaissent un vif succès parce que les étudiants y trouvent une réponse à l’envie d’agir dans des structures à taille humaine dont ils peuvent mesurer directement l’impact.

Il nous semble utile de faire ici une petite digression autour de la démocratie. Elle repose bien selon nous sur 3 piliers essentiels : les partis, les syndicats et les associations. Quand nous parlons d’associations étudiantes, nous pensons aux associations à projets. Le syndicalisme étudiant et la représentation étudiante, voire l’engagement politique sont indispensables mais ne se situent pas sur les mêmes plans tandis que les problématiques qui les concernent ne sont pas exactement les mêmes.

Parce que les associations étudiantes sont d’utilité sociale. Elles prennent en charge des maux de la société telles les exclusions, les discriminations, elles œuvrent pour la diversité culturelle, etc. Même l’entraide entre étudiants ou la simple pratique culturelle collective ne doivent pas être considérées comme anecdotiques.

Parce que les campus ne sont pas les lieux les plus épanouissants. Malgré des progrès notables, les campus universitaires restent trop souvent tristes et froids. Ils n’offrent pas toujours des conditions qui permettraient de lutter contre le premier fléau qui touche les étudiants : le mal-être qui constitue entre autre un frein à la réussite universitaire. Or, la vie associative permet de socialiser les étudiants en les intégrant au sein d’un groupe rassemblé autour d’intérêts et de projets collectifs. Elle offre un environnement chaleureux et amical qui pourrait être aussi un espace pour de nouveaux rapports entre enseignants et étudiants, faisant revivre la fameuse mais plutôt mal en point « communauté universitaire ».

Parce que l’association est un autre lieu d’acquisition de compétences. L’expérience associative prépare à la vie professionnelle en permettant de développer savoir-faire et savoir-être, ce qui n’a pas échappé aux recruteurs. Véritables laboratoires d’expérimentation, les associations développent un esprit d’initiative que l’enseignement supérieur peine à insuffler.

Parce que les associations étudiantes peuvent être des acteurs du développement local. En décloisonnant les universités et en les ouvrant vers la ville, les associations leur évitent de devenir des Universités ghetto. Les festivals culturels, le rayonnement des Radios campus, l’intervention sociale des étudiants dans les centres sociaux ou les maisons de quartiers, leurs animations dans les salles de spectacles, les cinémas d’arts et d’essais, etc. sont autant d’occasions de mixer les publics et les territoires.

Au-delà, l’Université doit jouer son rôle de décodeur de la société en étudiant ce phénomène social tout à fait méconnu dans la tradition républicaine que sont les associations. L’association doit devenir un objet de recherche que les chercheurs doivent s’approprier.

Parce qu’une prise de position par l’institution en faveur de l’engagement a un impact certain sur les motivations des étudiants. Ailleurs en Europe, l’impact de la scolarisation sur le bénévolat est plus grande qu’en France : quand l’institution favorise la vie associative, elle se développe davantage ; quand elle la réprouve car elle représente à ses yeux un risque pour les résultats scolaires, les étudiants intègrent ce message et en arrivent à réfréner leur engagement.

 

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