Aujourd’hui tout le monde se préoccupe d’environnement. Pourtant, cette problématique n’est devenue centrale que récemment, et notamment lors du sommet de la Terre à Rio en 1992, où l’environnement a été déclaré « bien commun ». ONG, politiques, collectivités territoriales, associations, chacun s’engage à sa mesure mais le chemin à parcourir vers un développement durable et responsable reste encore long. L’occasion de réaliser un portrait de l’association Veracruz, un acteur garanti 100% nature

 

Situation géographique : Région Midi-Pyrénées, Toulouse, Campus de l’université Paul Sabatier. Au milieu des routes, du béton et des salles de cours, se trouve un espace boisé longeant le canal du midi. Petit poumon vert de l’université, ces bois urbains sont également le terrain d’action de l’association étudiante Veracruz qui oeuvre pour la sensibilisation du public universitaire à la Nature et à sa préservation depuis plus de 13 ans.

 

 

Semer les graines du développement durable

Association parfaitement intégrée à la vie universitaire depuis 1996, les objectifs de l’association – sensibilisation de l’ensemble des acteurs de la vie universitaire – n’en sont pas moins une bataille de tous les jours. En effet, « il ne faut pas croire, parce qu’on est sur un terrain ciblé, qui plus est une fac de science, qu’il y a moins de travail de sensibilisation » explique Coline, la présidente de Veracruz.

 

Le Sentier Nature
Copyright Veracruz

Les étudiants, ici comme ailleurs, ne sont pas, par nature, sensibilisés aux questions environnementales et l’association étudiante rencontre des problèmes identiques à toute association travaillant dans le domaine : en effet, si chacun sait qu’il est important d’oeuvrer pour le développement durable, faire les bons gestes au quotidien n’est pas encore un réflexe pour tout le monde. Quel que soit le plan d’action, conférence, cinéma, sortie découverte, les étudiants ne se laissent pas séduire facilement. Veracruz a d’ailleurs tiré les leçons de l’échec d’une de ses opérations pour le tri des déchets. « Il y a quelques années, nous n’avions pas assez communiqué sur le campus. Cette année, nous relançons la campagne et, cette fois-ci, les stickers sont prêts ! »

L‘université Paul Sabatier semble consciente des enjeux et a signé une « charte du développement durable » pour promouvoir notamment le tri des déchets et l’économie d’énergie…Reste maintenant à l’appliquer. Pour Coline, ce n’est pas un manque de volonté mais plutôt les lenteurs de l’administration qui sont en cause car « avant chaque prise de décision, il faut se réunir, proposer le projet, voter au sein de l’association et ensuite en parler à l’administration de l’université. Tout cela prend du temps, et c’est quelquefois un peu frustrant ! ».

 

 

Cultiver ses relations naturellement

Veracruz agit essentiellement sur le campus universitaire Paul Sabatier et entretient de bonnes relations avec l’administration, qui se sont resserrées dès 1997, quand l’association a commencé à gérer le « sentier nature » à l’époque, un espace boisé en friche de 2,2 hectares inutilisé par l’université. « Le terrain appartient toujours à l’université mais c’est l’association qui s’en occupe. C’est un échange de bons procédés » explique Coline. Entretenir de bons rapports avec l’université permet ainsi à l’association d’élargir ses moyens d’action. L’université aide l’association dans le financement de nouveaux outils pour le potager, par exemple, ou en mettant à disposition de Veracruz l’équipe de gestion des espaces verts de l’université.

Sur le campus également, l’association ne néglige aucun contact. La plupart de ses activités sont organisées en partenariat avec d’autres associations toulousaines. La raison est évidente selon Coline « plus on est nombreux et plus on est fort !». Ce précepte s’est révélé particulièrement efficace lors du projet LMSE, Liaison Multimodale Sud Est. Ce projet de construction d’un nouveau pont sur le canal du midi aurait détruit la faune et la flore locale. La réaction conjuguée d’associations de défense de l’environnement, autour notamment de Veracruz, aura permis de mettre en place un trajet alternatif passant sur des voies existantes. Une bonne nouvelle pour pas moins de 5 espèces protégées vivant dans les bois du sentier nature et qui se seraient retrouvées sans logis !

 

 

Un bois dans la ville

Une salamandre tachetée
Copyright Veracruz
Un triton marbré
Copyright Veracruz

La salamandre tachetée, emblème de l’association et son cousin, le triton marbré, font partie de ces espèces protégées. Récemment, la mairie de Toulouse a annoncé son souhait de protéger le sentier nature et les bois environnants (bois de Poussicot et bois de Lespinet) pour les classer en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique). Une avancée non négligeable dans le combat pour la biodiversité mené par l’association, d’autant plus que c’est autour du sentier nature que s’organise la plupart des activités de Veracruz. Parmi ces activités, le potager bio permet aux étudiants qui le souhaitent de venir cultiver un bout de terrain. Une manière de se retrouver à la ville proche de la nature, tout en se régalant en été des fruits et légumes dont on a semé les graines. Par ailleurs, le sentier nature sert également de support pédagogique pour organiser des parcours botaniques avec des classes, en leur faisant découvrir les arbres du sentier et ceux du verger ; ou pour sensibiliser les étudiants de manière ludique en organisant par exemple un…concours de ramassage de déchets. Coline y a participé avant d’intégrer Veracruz. Ce moment reste pour elle « un temps très sympathique où chacun se rend utile dans la joie et la bonne humeur. ». Le record à battre est désormais de 200kg, avis aux amateurs !

Entretenir ce terrain demande du temps et un fort investissement des adhérents et bénévoles. Le nombre d’actifs varie en fonction des années car le turn-over est important, déplore Coline : « c’est comme s’il fallait recommencer à zéro tous les ans, parfois c’est difficile ». Heureusement, il y a un noyau de 10 à 15 actifs qui travaillent dur, sans pour autant oublier d’en profiter en organisant régulièrement des piques-niques bio.

Les activités chez Veracruz s’écoulent au rythme des saisons. « En hiver les activités sont limitées, elles reprennent avec le retour du printemps. Il faut de nouveau semer dans les potagers, s’occuper des ruches, nettoyer les nichoirs etc. » En attendant les beaux jours, l’association poursuit ses activités en intérieur où il y a de nombreuses manifestations à préparer, comme la semaine de l’environnement.

 

 

Une semaine pour tout changer ! 

Four solaire
Copyright Veracruz
Spirale aromatique
Copyright Veracruz

En effet, tous les ans au mois de mars sont organisés sur les différents campus de France expos, conférences, concerts, et activités de sensibilisation aux enjeux environnementaux. Très active sur Toulouse, c’est naturellement Veracruz qui porte, depuis 2 ans déjà, l’organisation de la semaine de l’environnement. Si l’année dernière, « La semaine de l’environnement promettait d’être un succès car le soleil était au rendez-vous, les activités n’ont malheureusement pas résisté aux mouvements de grèves ! » explique Coline. Mais pour les membres de l’association, le bilan reste positif : la journée découverte au sentier nature a particulièrement plu aux visiteurs. Près de 40 visiteurs se sont baladés le long des sentiers, ont découvert la faune et la flore du bois. Et, à la fin de la journée, tout le monde s’est rassemblé pour construire une spirale aromatique, symbole de la biodiversité. Pour les manuels, d’autres ateliers plutôt originaux proposaient de construire un vélo à partir de pièces détachées avec l’association Zinc, ou un four solaire avec des objets de la vie quotidienne. Plus conventionnel mais tout aussi plaisant, les plus gourmands se sont retrouvés autour de goûters bio. Une semaine riche en enseignements tant du point de vue des étudiants que des organisateurs qui planchent déjà sur la prochaine session.

 

Alors, si la nature, les chants d’oiseaux, l’observation d’insectes ou d’amphibiens, vous manquent au milieu du béton et des gazons monotones de l’université Paul Sabatier, venez faire un tour au Sentier Nature !

 

 

 

 

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