Avec la constitution des nouvelles équipes régionales, une occasion à ne pas manquer s’offre à la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA). Les conseils régionaux semblent en effet avoir pris une dimension politique accrue, appuyée notamment par le débat qui se poursuit sur la décentralisation mais aussi par la personnalisation et la médiatisation de dernières élections.

Devenue presque monocolore, l’Association des régions de France (ARF) souhaite en outre se démarquer du libéralisme revendiqué jusqu’alors par le gouvernement. Elle souligne son ambition pour une nouvelle étape démocratique et sa considération pour le monde associatif.

La CPCA a l’occasion de proposer un plan global, présentant des engagements réciproques dans une logique de partenariat pluriannuel. Inspirées par les productions antérieures de la CPCA mais aussi par les réflexions propres conduite par Animafac, nous avons le plaisir de suggérer quelques idées afin de nourrir ce qui pourrait être discuté par les CPCA régionales puis transmis à l’association des régions de France.

Promouvoir la démocratie locale et participative

– Encourager les consultations permanentes des citoyens :
La démocratie réclame en effet une transparence continue, que favorisent l’organisation régulière de comptes-rendus de mandat, la mise en place de conseils locaux ou thématiques, la tenue d’enquêtes publiques sur tout sujet d’importances voire l’innovation judicieuse que représentent les conférences de consensus ou jury citoyens.

Les conseils régionaux s’engagent à multiplier ce type d’initiatives, que le monde associatif s’efforcera de vivifier par ses contributions.

– Promouvoir le bénévolat :
La démocratie participative dépasse de beaucoup les consultations locales ou thématiques. Elle construit son dynamisme sur toute la palette des formes de participation des citoyens à la vie sociale. Face au déficit de liens politiques qui caractérise notre société et devant les risques que représente l’individualisme sans borne, institutions et associations se doivent de multiplier les espaces d’engagement et de les populariser auprès du plus grand nombre.

Les conseils régionaux proposent de favoriser le développement du bénévolat par la mobilisation de nouveaux moyens financiers et médiatiques, mais aussi par une évolution de la manière de conduire les politiques publiques ; le monde associatif souhaite améliorer l’accueil en son sein des nouveaux bénévoles et mettre en œuvre des programmes d’activité répondant mieux à leurs attentes, compétences et disponibilités.

– Favoriser la capitalisation d’expériences au sein des associations :
La vitalité du monde associatif permet la multiplication de savoir-faire, d’expériences d’innovations et de propositions utiles. Leur pleine exploitation réclame cependant une reconnaissance accrue et une réelle capacité d’évaluation interne et publique, qui passe d’abord par l’échange et la rencontre.

Les conseils régionaux reconnaissent les potentialités du monde associatif et les encouragent par l’ouverture ou le développement d’espaces de dialogue et de représentation (CESR, conseils locaux de développement, etc.) ; ils soutiennent l’auto-organisation du monde associatif et les fédérations ou coordinations qui le permettent. Le monde associatif s’engage à populariser les bonnes pratiques qu’il expérimente. Ses structures fédératrices confirment et accroissent une politique d’ouverture pour appuyer le développement de l’ensemble du monde associatif.

Assurer et renforcer un maillage social aujourd’hui trop fragile

– Promouvoir la solidarité :
Les plus défavorisés sont souvent les premières victimes des évolutions des politiques et des mutations de la société. Ensemble, conseils régionaux et associations souhaitent contribuer à une plus grande cohésion sociale et à un recul de l’exclusion, qu’elle touche les plus pauvres, les personnes en situation de handicap, les plus isolés, ceux qui souffrent de discrimination, etc. Ensemble, conseils régionaux et associations s’engagent à considérer comme prioritaire ce combat social, qu’ils lient à leurs efforts pour une démocratie plus vivante et mieux partagée.

– Soutenir l’emploi associatif :
Alors que l’emploi associatif a cru considérablement depuis 20 ans, l’instabilité des politiques nationales met à mal la situation de nombreuses organisations employeuses. Or l’essor du monde associatif nécessite l’implication de professionnels nombreux, talentueux et engagés.

Les conseils régionaux se proposent de mettre en œuvre des politiques spécifiques et ambitieuses de soutien à l’emploi associatif, contribuant à conforter des programmes existants, à expérimenter de nouvelles activités, à accompagner la mobilisation de bénévoles. Le monde associatif confirme sa volonté d’offrir un cadre original et motivant de travail, dans le respect des principes de l’économie sociale et solidaire.

Ensemble, conseils régionaux et associations œuvreront en outre à la programmation de formations adaptées et à la valorisation des compétences bénévoles et professionnelles, pour favoriser le plein développement des parcours personnels.

Evaluer ensemble

Ce partenariat est conçu dans une démarche de transparence et de modestie. Face aux difficultés rencontrées, personne ne dispose de toutes les réponses ni de toutes les compétences. Chacun peut en revanche apporter sa contribution à la cohésion sociale et à la vitalité de la démocratie. Des critères simples méritent d’être mis en avant de façon équilibrée pour permettre une évaluation judicieuse de l’apport de chacun :

– Cohérence avec les objectifs politiques définis ;
– Transparence de la gestion des programmes et des structures ;
– Efficacité opérationnelle.

Avec les associations, les conseils régionaux travailleront à simplifier les démarches administratives tout en permettant une évaluation satisfaisante des activités soutenues. Ils s’appuieront sur les expériences et innovations des associations pour améliorer les politiques publiques.

Partenaire de ces dernières, le monde associatif s’engage à une transparence accrue de son fonctionnement, tant pour rendre compte des soutiens reçus que pour contribuer au débat public.

 

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