Comment font les associations pour recruter des nouveaux bénévoles à la rentrée ? Un récapitulatif des prétextes à pousser la porte d’une asso et à s’y investir, par les principaux intéressés.

La préférence thématique

Pour Sabine, le choix était un peu biaisé : à l’Euromed Marseille, école de commerce, »on est obligé de s’investir dans une une association. » Reste à choisir laquelle. Ce sera Interact – International Action, association d’accueil des étudiants internationaux, parce que l’association rejoignait ses centres d’intérêt. Ca marche aussi pour tout thème qui rassemble les passionnés : la vidéo, par exemple. Teddy, qui a fondé l’association de vidéo Tourne autour à Poitiers, n’a pour l’instant pas mis en place de politique de recrutement : « les gens viennent parce qu’ils connaissent quelqu’un qui connaît quelqu’un de l’association, aussi passioné de vidéo qu’eux. »

La cooptation

C’est bête, mais ça fonctionne : « une amie de la fac m’avait parlé de l’association« , raconte Eve. « Au Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées (Genepi, une association nationale de 1300 membres répartis dans 60 groupes locaux et intervenant dans 80 établissements pénitentiaires), l’engagement est spécial« , explique-t-elle. « Les bénévoles agissent contre l’exclusion, ce sont souvent des étudiants qui s’investissent après deux ans d’études, ils ont eu le temps de se dire qu’ils voulaient agir dans le champs du social. C’est un bon compromis entre l’enseignement et l’engagement politique : la prison en apprend beaucoup sur notre société et sur les marges qu’elle laisse, sur les gens qui en sont mis de côté.« 

La curiosité

Au Genepi toujours, Audrey a plutôt été attirée parce qu’elle avait « envie de connaître un autre monde« . Le milieu de la prison, trop peu connu à l’extérieur, mobilise beaucoup de curiosité et ce caractère inconnu agit comme un attractif puissant. « J’ai vu une affiche, et ça a fait tilt« . Au-delà de l’etincelle qui fait faire ce premier pas, l’association nationale se doit néanmoins de préparer ses bénévoles au milieu sans concession qu’est la prison. Au bout du processus de recrutement, qui va de la réunion d’information ouverte à tous à l’entretien en tête à tête de chaque candidat et à la période de formation, une proportion plus ou moins grande de personnes sont refusées sur celles qui souhaitaient s’investir en début d’année, selon les spécifités des centres pénitentiaires.

Des « appâts » sur un stand

« Nous ce qui attire les gens c’est le panier de préservatifs multicolores« , explique Olivier Borel, de la fédération d’associations gays-lesbiennes-bi-trans mOules-FrItes. Un appât qui ne fait pas forcément rester les visiteurs plus d’une demi-seconde, mais permet d’amorcer un échange au beau milieu d’un forum des associations où le stand de lutte contre l’homophobie n’est pas des plus sexy. Un premier pas vers le recrutement de nouveaux bénévoles ! Mouss, association de Sciences-Po Paris, avait une variante : le panier de bonbons multicolores, qui fait qu’on s’attarde.

Autre possibilité : proposer des activités ludiques. Une association se consacrant à la prévention du paludisme en Afrique avait installé un jeu de lancer de balle sur son stand pour que les curieux tentent de tuer le plus de moustiques possibles, diplôme à la clé.

Une association de prévention des risques routiers avait quant à elle installé une voiture tonneau au succès jamais démenti sur les forums. Mais il faut pour ce genre d’installation des moyens conséquents, ou des partenariats. Et puis, gare aux excès contre-productifs : on se lasse vite des stands qui alpaguent le chaland façon fête foraine ou marketing de produits.

Du bruit, beaucoup de bruit

La session de danses libanaises, bollywood ou au son du Djembé ont toujours été une bonne recette des associations d’accueil des étudiants étrangers pour se faire connaître. Les associations de culture ou les BDE préféreront la fanfare itinérante dans les amphis, voir la batucada dans la cour de la fac.

Le bouche à oreille

Du côté des associations communautaires, en particuliers celles qui font du soutien scolaire ou s’engagent plus largement dans les solidarités locales, c’est plutôt le bouche à oreillle qui prime. Ici comme ailleurs, on galère toujours un peu à motiver les troupes en début d’année. Mais le recrutement de bénévoles, axé sur des liens de voisins du quartier, de famille ou d’amis, a des bases plus solides et plus durables. Exemple : l’association des étudiants franco-turcs (AEFT), basée à Aubervilliers, qui a mis en place le projet « Abiler, Ablalar » (grand frères et grandes soeurs en turc) pour la sensibilisation des parents et enfants turcs à l’enseignement. L’exemple d’aînés ayant suivi des études supérieures rassure les parents, et motive les enfants et adolescents. Les bénévoles de l’association ont moins tendance à disparaître dans la nature au cours de l’année. Autre exemple : l’Association des Etudiants Tamouls de France (AETF). L’association mène depuis sept ans ses actions de soutien scolaire et de dialogue, et les bénévoles manquent peu à l’appel, en particulier en cas d’urgence comme lors du tsunami où ils se sont serrés les coudes.

 

L’horreur du vide

Solution pour le Collectif des Etudiants pour une Nouvelle Afrique (CENA), association d’accueil des étudiants étrangers à Lille : occuper le paysage. Dès le début de l’année, une « semaine d’accueil des étudiants étrangers » draîne 300 personnes. Infos sur les démarches admnistratives et la vie quotidienne, conférence /débat « Comprendre et se faire comprendre en France », cérémonie officielle d’accueil avec le lancement du portail Web des étudiants internationaux www.edulille.net et l’expo photo « Lille vue par …les étudiants internationaux », buffet international « Cuisines du Monde » , visite de Lille (aux trésors !) , soirée dansante… Le CENA a mis le paquet, reconnaît Amadou son coordinateur, et son dynamisme attire les vocations.
Par ailleurs, l’association développe d’autres thématiques d’action pour occuper le paysage et agir toute l’année. Elle met ainsi en place un programme sur la prévention des comportements à risques des jeunes, ou réfléchit avec le CROUS à l’animation des résidences universitaires. « Une grosse enquête a montré que 90% des étudiants s’ennuient dans les résidences universitaires, qui sont devenues des dortoirs et non des lieux de vie« , explique Amadou. Le CENA réfléchit donc à instaurer des clubs vidéos et d’autres animations régulières. Une façon de se rendre présent tout au long du calendrier universitaire, et de canaliser sur la durée les nouvelles énergies qui voudraient s’ajouter.

Une information claire

Autre grand classique, toujours selon Amadou du CENA, « une plaquette de comm’ sur laquelle on a bien travaillé pendant les vacances« , « le site web« . Communication, quand tu nous tiens !

Des interlocuteurs visibles

Dernière astuce du CENA : un représentant de l’association aisément identifiable est désigné au début de l’année dans chacune des résidences universitaires. « Les étudiants peuvent s’adresser à lui dès qu’ils en ont besoin« .

 

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