Un an après le mouvement qui les avait mobilisés début 2004, des milliers de chercheurs français sont redescendus dans les rues pour dénoncer les insuffisances des efforts du gouvernement.

Le discours officiel en fait ouvertement une priorité nationale. Pour autant, le gouvernement donne aujourd’hui encore le sentiment de négliger le secteur de la recherche publique. Las des promesses non tenues, en proie aux gels de crédits à répétition, les chercheurs sont une nouvelle fois montés au créneau début mars, allongeant un peu plus le long cortège de manifestations entamé à l’automne 2003. Rappel des faits. Dans l’impossibilité d’embaucher de jeunes chercheurs capables de reprendre le flambeau, les patrons de labos se désolent de voir leurs meilleurs éléments, pourtant formés par l’université française, contraints de s’expatrier, souvent aux Etats-Unis. à l’origine de la grogne, le collectif Sauvons la recherche (SLR) réclame des mesures d’urgence pour la recherche et l’enseignement supérieur. Une pétition en ligne, lancée le 7 janvier 2004, a ainsi recueilli plus de 50 000 signatures en un an. Un succès remarquable pour une pétition strictement hexagonale.

2005. Aujourd’hui inquiets après l’annonce d’un nouveau report de la loi d’orientation et de programmation de la recherche, les chercheurs, par la voix de leur porte-parole Alain Trautmann, demandent désormais au gouvernement d’engager rapidement des négociations. La révélation d’une ébauche de texte avait provoqué en janvier une levée de boucliers, les représentants du mouvement estimant que les demandes, exprimées à l’occasion des Etats généraux de la recherche en octobre 2004, n’étaient pas suffisamment prises en compte dans le préprojet de texte. Pour SLR, le projet de loi gouvernemental favoriserait « la recherche appliquée en entreprise, au détriment des laboratoires publics ». Par le haut. Déjà confronté à la colère des syndicats d’enseignants contre sa réforme de l’école, le ministre de l’Education et de la Recherche, François Fillon, évoque la nécessité de construire un dialogue dans les semaines à venir. Le ministre qui se dit convaincu de pouvoir « porter ce pacte devant le Parlement au cours du printemps », « au vu (…) de la qualité du débat national de ces derniers mois ».

 

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