Interviews de David Assouline, adjoint au Maire de Paris chargé de la vie étudiante, Gustave Massiah, président de Nouvelles solidarités face au chômage, Joel Roman, rédacteur en chef de la revue Esprit.

 

David Assouline
Adjoint au Maire de Paris chargé de la vie étudiante.

 

D.A. : De retour du Forum social mondial réuni à Bombay, j’ai pu apprécier toute la vitalité qui se dégage de ces manifestations civiques et solidaires. Les associations captent efficacement les demandes sociales dans leur diversité. Elles dressent des états des lieux qui sont souvent pertinents, et démontrent la force de leurs mobilisations. Elles ne doivent cependant pas être cantonnées à ces seuls rôles. Après Paris-Saint-Denis et Bombay, on perçoit déjà la frustration d’un mouvement qui produit, mais menace de tourner en rond. Elles doivent pouvoir obtenir des victoires concrètes, dans des cadres négociés. C’est pourquoi je souhaite l’intégration d’organisations de la société civile aux processus de prise de décision.

Gustave Massiah

Président du CRID, vice-président d’ATTAC.

 

G.M. : Il est souvent utile de témoigner, participer ou représenter, en fonction des situations ; il s’agit surtout d’être capable de négocier. Ce qui implique l’identification des responsables et la capacité de se faire reconnaître. Pour cela, cinq propositions : articuler la mobilisation et la contestation frontale avec la négociation ; maintenir un débat critique, et public, avec ceux qui, dans les institutions, sont animés par une éthique de conviction ; fonder les propositions sur une expertise citoyenne ; développer le partenariat entre les sociétés ; contribuer à la formation d’une opinion publique mondiale en refusant la fatalité de l’injustice, des guerres et de la domination.

Joel Roman

Rédacteur en chef de la revue Esprit.

 

J.R. : La logique des associations est une logique d’action, qui les conduit naturellement à être une force de proposition. Les associations devraient ainsi pouvoir imposer aux organisations internationales (OI) des thèmes dont l’importance leur paraît décisive. Elles commencent certes à nourrir un débat public planétaire, en particulier lors des forums internationaux. Cependant, elles doivent pour cela disposer de moyens, afin de développer une expertise associative indépendante de celle des Etats et des OI. Enfin, n’oublions pas que la logique des associations est d’abord une logique de mobilisation locale : sans forces sur le terrain, elles ne seraient plus qu’une forme particulière de technocratie.

 

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