Le numérique a brouillé les frontières entre médias : les radios peuvent désormais intégrer des images, la presse « écrite » explorer l’audiovisuel… Comment assimiler ces nouvelles technologies ? Quelles place leur donner dans les pratiques de l’association ?


ANIMATEUR : Emmanuel Frochot

 

Le passage au numérique du média radio est déjà une réalité en germe. Mais le choix des organes de décision en matière d’outils inquiètent profondément les radios associatives. Une large introduction technique sur les nouveaux formats rappelle, si besoin était, que le numérique radiophonique en France sera mis en oeuvre à travers un mode quasi inaccessible pour les médias les plus modestes. Tous les détails techniques dans le dossier intitulé « Le passage au numérique inquiète les radios associatives ».

 

Une révolution technologique qui, dans le déploiement choisi, menace la diversité radiophonique à cause des coûts qu’elle impose. Le projet et les modalités de son déploiement restent flous, pour les usagers comme pour les professionnels. Ainsi, les questions soulevées par cet échange reflètent l’inquiétude suscitée par cette transformation de fond du paysage radiophonique.

 

Pour La Compagnie des Ondes à Lorient le projet initial de radio de proximité a ainsi été complètement transformée au profit d’une webradio. Un concept de radio où l’équipe tient à la préservation d’un flux, différent d’une radio à la carte. Une webradio où des échanges avec une web TV sont envisagés, sans volonté de fusionner. Avec son projet La radio des étudiants, Aymeric Gallo cherche quant à lui à profiter de cette évolution dans le monde radiophonique pour repositionner l’auditeur au centre du débat numérique.

 

Mais la question des nouveaux formats multimédias est déjà une réalité assimilée par les différents médias présents. Chacun cherche à intégrer cette donnée dans sa ligne éditoriale. Agglomérant jusqu’alors du contenu multimédia, entre créations et créditations, la radio associative marseillaise Radio Grenouille vient même d’embaucher une journaliste multimédia pour penser Web dès le départ de la création rédactionnelle. D’autres s’accommodent fort bien de cette nouvelle donne en faisant évoluer leur média vers une forme hybride multimédia : des port-folios sonores et légendés pour le webzine Fragil, un journal papier articulé à un site internet pour d’autres…
Plus encore, c’est l’échange de contenus qui est privilégié. Loin de tous chercher à proposer un nouveau média aux formats multiples, certains y voit davantage une occasion de créer des partenariats inter-médias favorisant ainsi les échanges de contenus et la diversité des angles ; entre radio et journal sur le web par exemple. En effet, si le multimédia est un mixage de modes d’information (insert vidéo, insert son…) il demande également une écriture spécifique qu’il n’est pas aisé d’assimiler.

Dans ce débat technique du passage au numérique, il semble à certains que la culture militante associative locale se dilue. Face à cette nouvelle menace, les médias associatifs présents se doivent de maintenir la diversité médiatique en luttant pour leur survie.

 

Soyons sociaux
Réagir c'est agir