A la lecture du rapport remis par Bernard Kouchner à Ségolène Royal le 22 février, nous souhaitons réaffirmer nos principes sur ce que devrait être un service civique, dont nous savons pour l’expérimenter combien il peut favoriser la citoyenneté des jeunes.

Nous approuvons le choix de la dénomination service « civique » et non « civil ». La priorité consiste bien à « raffermir la citoyenneté », à offrir un outil de participation civique aux jeunes qui, massivement, font part de leur désir d’action solidaire.

Mais dès lors, deux résolutions s’imposent :

– Il faut tout d’abord tordre le cou à l’illusion couramment répandue selon laquelle on trouverait dans ce service toutes les réponses aux maux de notre société. Non, le service civique ne répondra pas, d’un seul mouvement, au décrochage scolaire, au chômage des jeunes, aux inégalités territoriales, aux déséquilibres entre le Nord et le Sud, aux risques environnementaux, à l’inquiétude d’une distance entre les générations… A lui assigner toutes les missions avec la même intensité, il est à craindre qu’il n’en accomplisse aucune.

– S’il s’agit bien d’un service civique, le fait d’intéresser les jeunes est essentiel. Convaincre vaut mieux que contraindre. Face au piège du paternalisme caporalisant, il importe d’examiner les missions proposées avec la plus grande exigence. Elles devront donner à chacun le sentiment d’être utile et de mieux comprendre le monde en contribuant à le transformer.

Concevoir comme universel le service civique en le proposant à tous est une bonne idée. Mais l’imposer obligatoirement sans le rendre intéressant serait le pire des contresens. Si la France parie sur sa jeunesse, elle ne lui infligera pas six mois de travaux d’intérêt général.

Pour tout contact :

Mélanie Gratacos, déléguée générale d’Animafac, 01 42 22 15 15, mgratacos@animafac.net

A lire :

– le communiqué de presse en PDF.

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