En partenariat avec le Conseil régional d’Ile-de-France, Animafac présente aujourd’hui « Regards de jeunes sur les discriminations 2007 ».


Autour de la journée mondiale contre le racisme du 21 mars, associatifs et associatives d’Ile-de-France mettent en débat, à leur façon, les discriminations. Après l’état des lieux-feuilleton de l’été réalisé en 2006, voici non plus seulement des reportages écrits, mais des courts-métrages, des enregistrements sonores, des concerts, des chansons, des micro-trottoirs et documentaires vidéo. Des productions vivantes qui se sont données à voir lors de soirées projection débat en mars-avril autour d’un verre.
Découvrez le programme de chacune des soirées, les productions disponibles en ligne, les making-of et les associatifs qui les ont faites.

 

Tout voir

La palme de la débrouille revient à cette soirée, montée de but en blanc en une semaine. Test du matériel avant que tout le monde arrive, ça fonctionne. Camille peut boire une coupe :

 

Bande son et courts-métrages projetés

 

Ecouter les jeunes comédiens de Tamèrantong (âgés de 6 à 12 ans) :

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Voir « La danse des brutes » :

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Voir « Mesnil Amelot » :

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Voir le micro-trottoir vidéo spécial chanson de Contrepoint :

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Des dessins animés pour petits et grands, des documentaires amateurs sur une zone de rétention, un diaporama sonore sur une compagnie de théâtre où la moyenne d’âge est de 9 ans, un film de propagande revisité, une pêche aux discriminations dans la chanson française, depuis Claude Barzotti jusq’au rap : les associatifs vous invitent à découvrir tout cela, et ils vous expliquent pourquoi.

 

Débat

 

La salle bien échauffée par ces joutes chantées, Julie et Robin ont lancé l’arbre à palabres, affrontant d’abord leurs arguments puis laissant la parole à la salle.

Le débat s’est penché sur « Les stigmates de l’histoire de la colonisation en France dans les mentalités d’aujourd’hui » : faut-il, oui ou non, faire table rase du passé pour mieux avancer aujourd’hui sans s’alourdir des erreurs de nos aînés ? Ou faut-il au contraire, pour vivre dans une société apaisée et claire avec son histoire, accomplir un travail de mémoire qui n’a que trop peu été fait jusqu’ici ?

Et l’on finit autour d’un verre :

 

Le pourquoi par Rémy Besson

 

« Dans le cadre de la semaine de lutte contre les discriminations et les inégalités sociales, l’association Paroles d’images a souhaité proposer un programme de films ainsi qu’organiser un débat. Le questionnement de départ était de savoir : comment traiter ce sujet mille fois abordé sans présenter un discours bien pensant ? Comment ne pas tomber dans le stéréotype et une défense convenue d’idéaux partagés d’avance ? Le choix s’est porté sur trois films, trois démarches avec trois énonciateurs différents (institution, Etat, individus) ».

 

Au programme

 

La danse des brutes

« Le premier film est un dessin animé, La danse des brutes, destiné à un public d’enfants. Au premier abord on saisit rapidement qu’un petit enfant est maltraité par un autre qui sera finalement puni. La morale est sauve ? Pas si sûr, car personne ne vient aider le petit garçon qui a maltraité son camarade. On avait compris que ce dernier était battu par ses parents, qu’il était mal dans sa peau et pourtant, à la fin, personne ne lui vient lui tendre la main… Pourquoi ? »

 

Troubadours et ménestrels noirs

« Le second film muet, sur lequel nous avons ajouté une bande sonore, est beaucoup plus ancien (années 30). Il s’agit de filmer Les troubadours et ménestrels d’une tribu de Madagascar pendant la colonisation française. Ces documentaires étaient ensuite montrés dans les écoles parisiennes. Le discours est clairement colonialiste, les cartons parfois proche du racisme et pourtant le sujet pose question. Le film est-il vraiment raciste ou ne fait-il que véhiculer les stéréotypes propres à une époque ? Lors de la médiation avec le public nous avons présenté les deux points de vue, afin de faire naître un débat qui fut riche et parfois mouvementé. »


Mesnil- Amelot

« Enfin, le dernier film a été tourné, il y a moins d’un an, en banlieue parisienne par quelques jeunes dans le cadre d’un projet d’Actualités démocratiques. Le sujet est simple : pourquoi ne connaît-on pas le centre de rétention du Mesnil- Amelot ? Au formatage du film colonialiste répondent les hésitations stylistiques des apprentis réalisateurs. A la volonté d’imposer son regard sur les colonisés répond la main tendue de cette micro- étude de société. Au plus proche de chez eux, au plus proche de leurs préoccupations, ces jeunes sont allés interroger les habitants du village qui abrite ce centre et qui n’en connaissent parfois même pas l’existence. « 

 

« Pour conclure, il est clair que les sujets de ces films sont différents et pourtant ils traitent tous des discriminations, de l’incompréhension, de la difficulté de vivre avec les autres, dans le respect des autres et de leurs différences. Une telle séance permet d’ouvrir des pistes de réflexions, pas plus, mais c’est déjà beaucoup. Car au fait : qu’est-ce qu’un centre de rétention ? A quoi rime la morale des films pédagogiques d’aujourd’hui ? Saviez-vous que dans les années trente les écoliers français étaient conduits voir de petits films colonialistes ? »

 

Médiateurs

Rémy Besson est président de l’association Paroles d’images. Il a assuré la programmation et la médiation lors des deux séances sur ce sujet.

Gilles Pradeau est intervenu principalement sur le thème de la colonisation sur lequel il avait déjà assuré la réalisation un programme pour l’association (http://www.paroles-dimages.fr/pages…)

 

Paroles d’images

L’association Paroles d’images a pour objet la réflexion collective autour de l’image en mouvement. Parce qu’un film ne s’arrête pas à son générique de fin, nous souhaitons prolonger l’expérience en développant des échanges entre spectateurs. Selon nous, ce que l’on appelle aujourd’hui  » éducation à l’image  » ne se limite pas aux ateliers de création et au jeune public. Ainsi, l’idée de médiation de l’image, de spect-acteur et tout simple la parole sont au centre de notre projet. Suite à la projection d’une série de film un débat est toujours organisé, car il permet d’aller au-delà des images et de leur signification première. Pour résumer : le partage de connaissances et d’expériences nous semblent essentiels car personne ne voit le même film.

 

LES ACTIVITÉS EN 2007

Cinéchanges à l’hôpital

En partenariat avec l’association Tournesol deux Cinéchanges sur le thème de la mer auront lieu, les 22 mai et 3 juillet 2007, à l’hôpital du Vésinet. La seconde projection sera même un ciné-concert organisé avec un accordéoniste et qui poursuivra ainsi en actes nos questionnements sur la bande sonore.

 

Ce projet, qui nous tient particulièrement à cœur, a pour vocation d’aller au devant des publics empêchés : personnes âgées malades, individus en rééducation, etc. Car si une hospitalisation est toujours une période difficile de la vie, l’hôpital n’en demeure pas moins un lieu de vie où l’écoute, les échanges et les rires sont possibles.

 

Cinéchanges à la Sorbonne

Le premier projet de l’association a été un cycle de cinq séances de ciné-débats, qui se sont déroulés de février à avril 2007. Pour cette première édition, nous avons choisi la thématique des rapports entre bande sonore et image .

 

Ces séances ont poursuivi deux objectifs principaux. D’une part, il s’est agi de donner la parole aux étudiant-e-s intéressés par l’idée de partager un questionnement autour de courts métrages, et de donner l’occasion à cinq d’entre eux de réaliser une programmation et une intervention. D’autre part, ces séances ont permis de valoriser le fond de la Cinémathèque Robert Lynen de la ville de Paris, dont les collections sont riches de près de 4 000 courts métrages datant des années 1900 à nos jours.

 

Ces deux heures mensuelles de projection et de débat ont ainsi constitué l’occasion de parler de cinéma et d’échanger connaissances et points de vue, autour d’un format aujourd’hui peu usité, le 16 mm.

www.paroles-dimages.fr

Qu’est-ce qu’elle a, mais qu’est-ce qu’elle a donc, maaaaaaa p’tite chansoooooooooon…

 

Interrogés par Julie et Robin, tous ces gens vous disent ce qu’ils pensent des discriminations vues par… la chanson ! Voir le micro-trottoir (vidéo) :

 

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Pour continuer un apéro musical qui avait bien commencé, Julie et Robin nous ont fait découvrir, avec une dizaine d’extraits musicaux qu’ils ont commentés, 30 ans de chanson française sous l’angle de l’histoire de l’immigration en france.

Ecouter les extraits musicaux :

 

Bouchées Doubles – Contraste (2006)

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Cette chanson met en scène un dialogue entre un noir et un blanc :

 

– Dans ce pays ma couleur est le sexe faible

Devine ma mere taffe dans quel domaine ?

Elle est aux HLMs ( ?)

Pour un salaire que les blancs refuseraient

– Regarde plutot de mon coté

Etre né blanc dans un quartier

C’est une lutte perdue d’avance comme combattre

avec un point de coté

C’est dur autant pour toi que pour moi

Pour toi l’histoire a été noire pour moi blanche mais m’a trompée

– Dès qu’elle me voit, ta race flippe et a son sac s’agrippe

Dis-leur que mon pere il m’a élevé au fil électrique

Des postes, loin du poste des flics

Pendant que t’etais privé de dessert, il me fritte

C’etait comme ca qu’on communiquait

– J’me suis fait fritter aussi

Crois pas que le daron fait mine

Quand il me tabasse de la main durcie par les années de marine

Je sais que c’est la vie mais pas de pot

Qui aime bien chatie bien, moi le paternel m’aimait trop

– A l’école ils veulent qu’j’oublie qu’on était esclaves

Dans « cohabite » j’ai pas confiance en la derniere syllabe

C’est grave être blanc, c’est un diplôme d’Etat, maintenant

Mes gars n’ont plus que la drogue pour faire de l’argent

– Arrête de croire que les noirs ont le monopole des galères (…)

 

[Refrain]

Si tes atouts sont mes handicaps

Tes handicaps sont mes atouts

Ce contraste nous complete et nous handicape

J’te reproche que j’ai rien, tu me reproches que j’ai tout

La vie en noir et blanc, c’est difficile c’est tout

Ce contraste nous handicape

Ces handicaps sont des atouts

Pas de vie en rose c’est noir et blanc pour nous

J’te reproche que j’ai rien, tu me reproches que j’ai tout

Le groupe en noir et blanc c’est Bouchées Doubles

 

Et un deuxième pour la route :

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Souad Massi et Ismaël Lô – Noir et blanc – 2001

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La chanteuse-auteure-compositeure algérienne Souad Massi a enregistré avec Ismaël Lô une reprise de « Noir et Blanc » de Bernard Lavilliers en 2001 : « c’était par rapport aux événements du 11 septembre. On voulait réagir au racisme contre les Arabes qui est né à l’époque ».

 

C’est une ville que je connais

Une chanson que je chantais.

Y a du sang sur le trottoir

C’est sa voix, poussière brûlée

C’est ses ongles sur le blindé.

Ils l’ont battu à mort, il a froid, il a peur.

De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur (…)

 

Sefyu – En noir et blanc (2006)

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Mes origines sont en panique,

J’ai fouillé dans toutes les poches du monde, ya’ que du trafic.

Ben vas-y oh !

Mon coeur a suivi sa logique,

Il faut se mélanger, dans la mixité ya’ rien de tragique.

Ben vas-y oh

 

Befa Jerems 31 – Prélude au racisme (2006)

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Médine – 17 octobre (2006)

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Médine, de son vrai nom Méhdi Zaouiche est un rappeur havrais de 23 ans d’origine algérienne (kabyle), membre du label indépendant DIN Records et du collectif la Boussole. Il est considéré comme le porte-voix de toute une génération de jeunes issus de l’immigration en dénonçant des amalgames à propos de l’Islam. Cette chanson raconte le massacre du 17 octobre 1961, où des centaines d’Algériens furent massacrés par la police française et jetés dans la Seine.

 

17ème jour du mois d’octobre, le FLN a décidé de mettre fin a l’eau propre

En effet, le journal de la veille titrait :

« Couvre-feu recommandé pour les immigrés »

Non ! La réaction ne s’est pas fait attendre

Algériens de France dans les rues nous allons descendre

Protester contre leurs lois discriminatoires

Investissons leurs ponts et leurs centres giratoires

Embarqués dans un cortège pacifique, nous réclamons justice pour nos droits civiques

Mais la police ne l’entend pas de cette oreille

En cette période nous sommes un tas de rats rebelles

Marchons en direction du pont Saint-michel

Nous verrons bien quelle sera l’issue de cette querelle

Une fois sur la berge j’aperçois le cortège d’accueil

Qui souhaite faire de ce pont notre cercueil

Les camps s’observent et se dévisagent

Un silence de mort s’installe entre les deux rivages

Puis une voix se lève, scande  » A bas le couvre-feu  » et ouvre le feu

La première ligne s’écroule et commence la chasse à l’homme

Je prends mes jambes à mon cou, comme un pur-sang je galope

Mais le pont est cerné, nous sommes bernés

Dans une prison sur pilotis nous sommes enfermés

Pas une, pas deux mais une dizaine de matraques viennent me défoncer le crâne

Et mes os craquent sous mon anorak

Ma bouche s’éclate bien sur le trottoir

Leurs bouches s’esclaffent bien grandes de nous voir

 » Nous allons voir si les rats savent nager

Au fond de la Seine vous ne pourrez plus vous venger « 

Inconscient, gisant dans mon propre sang

Les brigadiers en chef par tous les membres me saisissant

Amorce ma descente là où passent les péniches

S’assurent de ma mort frappant ma tête sur la corniche

Je tombe comme un déchet au vide-ordure

Dans la chute violemment ma nuque a touché la bordure

Liquide poignardant tout mes orifices, le fleuve glacial un bûcher chaud pour mon sacrifice

Monsieur Papon a jugé bon de nous noyer

Aucun pompier pour étouffer le foyer

On n’éteint pas des braises avec un verre de GASOLE

Sans penser aux tirailleurs et combattants zouaves

Mon cadavre emporté par le courant

Sera repêché dans les environs de Rouen. (…)

 

Débat

 

La salle bien échauffée par ces joutes chantées, Julie et Robin ont lancé l’arbre à palabres, affrontant d’abord leurs arguments puis laissant la parole à la salle.

Le thème ? Les stigmates de l’histoire de la colonisation en France dans les mentalités d’aujourd’hui.

Leur point de désaccord ? Faut-il, oui ou non, faire table rase du passé pour mieux avancer aujourd’hui sans s’alourdir des erreurs de nos aînés ? Ou faut-il au contraire, pour vivre dans une société apaisée et claire avec son histoire, accomplir un travail de mémoire qui n’a que trop peu été fait jusqu’ici ?

 

Le feed-back de Julie Deruy, présidente de La presse 2.0 :

 

« Quand nous avons créé notre association , le but n’était pas seulement de produire un journal mais aussi et surtout de développer une vie associative digne de ce nom. Lorsque nous nous sommes réunis pour parler des soirées organisées sur le thème de la discrimination, nous y vîmes non seulement une occasion de travailler un sujet vaste et compliqué – mais à Contrepoint on aime les défis ;) – mais aussi une occasion pour rencontrer et débattre avec d’autres associations étudiantes.

Et effectivement nous n’avons pas été déçus ! Même si nous aurions aimé que les participants à la soirée soient encore plus nombreux, nous sommes réellement contents de celle-ci. Les différentes productions se complétaient bien et ont amené du contenu au débat suivant les films.

A recommencer régulierement ! »

 

Le journal Contrepoint

 

En novembre 2006, huit Sorbonnards se réunissent pour former l’association « La Presse 2.0 ». Ils sont rejoints une semaine plus tard par huit autres étudiants. L’ambition affichée est d’offrir aux étudiants un média au contenu de qualité, renouvelé régulièrement. Cette ambition se traduit par un site Internet d’information et d’un journal papier mensuel.

Le 1er décembre 2006, le site Internet www.contrepoint.info est mis en ligne. Mélangeant les principes de bases du journalisme (terrain, analyse, recoupement) et les nouvelles voies offertes par la convergence numérique (participation du lectorat, travail collaboratif, …) le site se veut résolument tourné vers le XXIème siècle.

À l’aube de l’année 2007, l’équipe compte une trentaine de personne prêtes à relever le défi de faire de Contrepoint le leader de la presse écrite étudiante parisienne.

Le numéro 4 sort la semaine prochaine, et nous préparons actuellement la rentrée universitaire. A partir de septembre prochain nous nous positions toujours sur la presse écrite et le web mais en plus sur la radio. Bientôt plus de détails ! ;)

Un brin de poésie de la Duchère à Belleville

Le projet « regards de jeunes sur les discriminations » n’a pas de secret pour Camille Lloret-Linares, qui avait déjà participé à l’édition 2006.

Camille avait à l’époque réalisé un poétique reportage auprès des jeunes de la Duchère, dans la banlieue lyonnaise. Aujourd’hui, c’est avec plaisir que nous la retrouvons au bar la Passerelle : désormais étudiante parisienne membre de Radio Sciences-Po, elle est toujours en verve, pour nous faire découvrir cette fois de façon sonore et photographique l’univers de la compagnie Tamèrantong !

Le pitch

« A l’occasion de la semaine contre le racisme, des enfants de la compagnie de théâtre « Tamèrantong ! » nous livrent, sur fond de leur spectacle « Les bons, les brutes et les truands », leur vision des discriminations. Des problèmes de société, ces habitants de Belleville savent quelque chose, surtout depuis qu’ils ont vécu l’arrestation de celui qu’ils appellent « le grand-père chinois ». D’ailleurs, leur directrice d’école s’était interposée face aux policiers. Pour la remercier de son courage, ils lui ont écrit une lettre. Quand les 6-12 ans s’en mêlent, c’est politique… et poétique. »

 

Ecouter la bande son :

 

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Voir le diaporama sonore :

 

Radio Sciences-Po : la radio en 1498 mots

 

RSP est la web radio des étudiants de Sciences Po. Son fonctionnement est assez éloigné des radios traditionnelles et n’a pas vocation à s’en rapprocher : pas de direct, pas de programmes continus, pas de grille fixe. C’est une radio à la carte, un site Internet sur lequel les étudiants peuvent venir écouter ce qui les intéresse, quand ça les intéresse. Les émissions sont également diffusées sous forme de podcasts disponibles sur iTunes.

 

Ce modèle a plusieurs avantages : il permet d’avoir une audience plus large, étalée dans le temps, pour des diffusions qui, en direct, n’auraient pas plus d’une dizaine d’auditeurs (l’interview de Richard Descoings a été écoutée par plus de mille étudiants à ce jour), il donne une grande liberté à l’auditeur qui n’est plus passif mais qui, au contraire, choisit d’écouter ce qu’il a envie d’écouter.

 

L’organisation en est aussi facilitée : les étudiants qui souhaitent animer une émission ne sont tenus à aucune assiduité. S’ils sont trop occupés pour animer leur émission pendant un mois, ils n’enregistrent rien et ça n’a pas grande importance. Evidemment cela n’exclut pas que pour exister, RSP ait besoin de gens qui s’investissent au quotidien dans son fonctionnement, et les responsabilités ne manquent pas pour ceux ou celles qui souhaitent participer à son développement.

 

Les programmes de la radio s’articulent autour de trois axes : politique, vie étudiante et culture/musique. Mais ça, c’est un peu de la littérature car dans les faits, si quelqu’un voulait leur faire partager, démonstration à l’appui, sa passion pour la cuisine, il serait chaleureusement accueilli par les gourmets qui président aux destinées de l’association.

 

En un mot : si vous aimez la radio, n’attendez plus et contactez-les à radio@sciences-po.org

Bouquet final, dans le rez-de-chaussée coloré de la Maison des Initiatives étudiantes. Tout le monde se retrouve. Marion, Ketty et Lancia, animatrices du réseau et organisatrices des jeudis étudiants, reçoivent les associatifs avec l’apéro et le matos.

L’occasion pour Marion d’inventer le caddie-vidéo-projecteur, et pour Jean-Loup de se fendre d’un court-métrage inédit et expérimental sur les traces laissées par la colonisation dans l’imaginaire collectif : God knows how to play drums.

 

Les jeudis étudiants, késaco ?

Les jeudis étudiants sont des activités hebdomadaires organisées à La Maison des Initiatives Etudiantes (MIE) dans le but de dynamiser la vie de la maison et de proposer aux étudiants des conférences, projections, débats sur des sujets d’actualités, et divers ateliers comme la découverte de l’improvisation théâtrale, ou du Yoga. Découvrez le programme des derniers jeudis étudiants :

 

Le prochain jeudi étudiant en vue :

 

Parties prenantes du programme « travail de mémoire, devoir de vérité » organisé par le réseau Animafac et soutenu par la Fondation pour la mémoire de la Shoah, des associatifs étudiants ont souhaité organiser une double exposition artistique et pédagogique au sein de la MIE, afin de rendre compte de ce qu’ils ont vu, entendu, et ressenti.

 

Salle 1

 » Un mur de mots, paroles spontanées sorties de la bouche des participants recueillies après le week-end…. des photos couleur ou de petits soldats de plomb, tels des témoins, se sont glissés sur un paysage de ruines… et des dessins réalisés au fusain où le noir et blanc rappellent l’atmosphère pesante ressentie sur place… »

Ensemble, avec ces trois supports bien différents, nous avons voulu retranscrire ce qu’il y a de plus personnel, enfoui au plus profond des émotions de chacun.

Aurélie Berlet

Aurélie Cenno

Jean Charles Teullier

 

Salle 2

 » Comment filmer Auschwitz aujourd’hui « 

60 ans se sont écoulés depuis la libération des camps d’Auschwitz. 60 ans. Aujourd’hui encore, se rendre sur les ruines d’Auschwitz semble une expérience dont il est impossible de ressortir indemne. Mais une fois de retour, comment en rendre compte à ceux qui ne l’ont pas vu ? Comment raconter ? Comment montrer ? Tout exposer ? Suggérer ? Voiler ? Que choisir ? La question mérite d’être posée. Une série d’extraits de films ou de montages personnels d’une durée de 1h30 seront projetés en continu.

Rémy Besson

Mélanie Gaussorgues

 

Salle 3

Par la diffusion d’extraits de textes à entendre et à lire, nous voulons montrer comment se construit un discours génocidaire et l’écho qu’il peut trouver dans une population.

Des textes comme celui d’Hannah Arendt,des lois de Nuremberg, du protocole de Wannsee où fut « organisé la solution finale » mis en parallèle avec le discours du président du gouvernement intérimaire rwandais, Théodore Sindikubwabo, invitant la population à « se mettre au travail » nous questionnent sur notre nature humaine. Une série de photographies illustrera la mise à mort systématique orchestrée par l’Etat. Sans vouloir mettre sur le même plan les génocides rwandais et juif, nous souhaitons montrer qu’il existe néanmoins des similitudes flagrantes.

Lancia Mafoua

Ketty Valence

 

Salle 4

Les erreurs du passé nous servent-elles réellement de leçon ? Savons-nous tirer les enseignements qu’elles nous donnent ? L’exposition qui aura lieu dans la salle du conseil interpellera les visiteurs sur la situation actuelle au Darfour, en la comparant sans ambiguïté avec certains évènements de la Shoah, afin de montrer l’importance d’une mobilisation internationale contre les exactions commises actuellement. Les séries de photos ramenées d’Auschwitz ou au Darfour permettront une illustration des actes commis, et une meilleure compréhension des évènements. Des textes explicatifs viendront renseigner le public.

Geoffrey Perrichon


Contacter les jeudis étudiants : 01 49 96 49 96 ou mmartane@animafac.net

Le pourquoi par Rémy Besson

 

« Dans le cadre de la semaine de lutte contre les discriminations et les inégalités sociales, l’association Paroles d’images a souhaité proposer un programme de films ainsi qu’organiser un débat. Le questionnement de départ était de savoir : comment traiter ce sujet mille fois abordé sans présenter un discours bien pensant ? Comment ne pas tomber dans le stéréotype et une défense convenue d’idéaux partagés d’avance ? Le choix s’est porté sur trois films, trois démarches avec trois énonciateurs différents (institution, Etat, individus) ».

 

Au programme

 

La danse des brutes

« Le premier film est un dessin animé, La danse des brutes, destiné à un public d’enfants. Au premier abord on saisit rapidement qu’un petit enfant est maltraité par un autre qui sera finalement puni. La morale est sauve ? Pas si sûr, car personne ne vient aider le petit garçon qui a maltraité son camarade. On avait compris que ce dernier était battu par ses parents, qu’il était mal dans sa peau et pourtant, à la fin, personne ne lui vient lui tendre la main… Pourquoi ? »

 

Troubadours et ménestrels noirs

« Le second film muet, sur lequel nous avons ajouté une bande sonore, est beaucoup plus ancien (années 30). Il s’agit de filmer Les troubadours et ménestrels d’une tribu de Madagascar pendant la colonisation française. Ces documentaires étaient ensuite montrés dans les écoles parisiennes. Le discours est clairement colonialiste, les cartons parfois proche du racisme et pourtant le sujet pose question. Le film est-il vraiment raciste ou ne fait-il que véhiculer les stéréotypes propres à une époque ? Lors de la médiation avec le public nous avons présenté les deux points de vue, afin de faire naître un débat qui fut riche et parfois mouvementé. »


Mesnil- Amelot

« Enfin, le dernier film a été tourné, il y a moins d’un an, en banlieue parisienne par quelques jeunes dans le cadre d’un projet d’Actualités démocratiques. Le sujet est simple : pourquoi ne connaît-on pas le centre de rétention du Mesnil- Amelot ? Au formatage du film colonialiste répondent les hésitations stylistiques des apprentis réalisateurs. A la volonté d’imposer son regard sur les colonisés répond la main tendue de cette micro- étude de société. Au plus proche de chez eux, au plus proche de leurs préoccupations, ces jeunes sont allés interroger les habitants du village qui abrite ce centre et qui n’en connaissent parfois même pas l’existence. « 

 

« Pour conclure, il est clair que les sujets de ces films sont différents et pourtant ils traitent tous des discriminations, de l’incompréhension, de la difficulté de vivre avec les autres, dans le respect des autres et de leurs différences. Une telle séance permet d’ouvrir des pistes de réflexions, pas plus, mais c’est déjà beaucoup. Car au fait : qu’est-ce qu’un centre de rétention ? A quoi rime la morale des films pédagogiques d’aujourd’hui ? Saviez-vous que dans les années trente les écoliers français étaient conduits voir de petits films colonialistes ? »

 

Médiateurs

Rémy Besson est président de l’association Paroles d’images. Il a assuré la programmation et la médiation lors des deux séances sur ce sujet.

Gilles Pradeau est intervenu principalement sur le thème de la colonisation sur lequel il avait déjà assuré la réalisation un programme pour l’association (http://www.paroles-dimages.fr/pages…)

 

Paroles d’images

L’association Paroles d’images a pour objet la réflexion collective autour de l’image en mouvement. Parce qu’un film ne s’arrête pas à son générique de fin, nous souhaitons prolonger l’expérience en développant des échanges entre spectateurs. Selon nous, ce que l’on appelle aujourd’hui  » éducation à l’image  » ne se limite pas aux ateliers de création et au jeune public. Ainsi, l’idée de médiation de l’image, de spect-acteur et tout simple la parole sont au centre de notre projet. Suite à la projection d’une série de film un débat est toujours organisé, car il permet d’aller au-delà des images et de leur signification première. Pour résumer : le partage de connaissances et d’expériences nous semblent essentiels car personne ne voit le même film.

 

LES ACTIVITÉS EN 2007

Cinéchanges à l’hôpital

En partenariat avec l’association Tournesol deux Cinéchanges sur le thème de la mer auront lieu, les 22 mai et 3 juillet 2007, à l’hôpital du Vésinet. La seconde projection sera même un ciné-concert organisé avec un accordéoniste et qui poursuivra ainsi en actes nos questionnements sur la bande sonore.

 

Ce projet, qui nous tient particulièrement à cœur, a pour vocation d’aller au devant des publics empêchés : personnes âgées malades, individus en rééducation, etc. Car si une hospitalisation est toujours une période difficile de la vie, l’hôpital n’en demeure pas moins un lieu de vie où l’écoute, les échanges et les rires sont possibles.

 

Cinéchanges à la Sorbonne

Le premier projet de l’association a été un cycle de cinq séances de ciné-débats, qui se sont déroulés de février à avril 2007. Pour cette première édition, nous avons choisi la thématique des rapports entre bande sonore et image .

 

Ces séances ont poursuivi deux objectifs principaux. D’une part, il s’est agi de donner la parole aux étudiant-e-s intéressés par l’idée de partager un questionnement autour de courts métrages, et de donner l’occasion à cinq d’entre eux de réaliser une programmation et une intervention. D’autre part, ces séances ont permis de valoriser le fond de la Cinémathèque Robert Lynen de la ville de Paris, dont les collections sont riches de près de 4 000 courts métrages datant des années 1900 à nos jours.

 

Ces deux heures mensuelles de projection et de débat ont ainsi constitué l’occasion de parler de cinéma et d’échanger connaissances et points de vue, autour d’un format aujourd’hui peu usité, le 16 mm.

www.paroles-dimages.fr

Qu’est-ce qu’elle a, mais qu’est-ce qu’elle a donc, maaaaaaa p’tite chansoooooooooon…

 

Interrogés par Julie et Robin, tous ces gens vous disent ce qu’ils pensent des discriminations vues par… la chanson ! Voir le micro-trottoir (vidéo) :

 

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Pour continuer un apéro musical qui avait bien commencé, Julie et Robin nous ont fait découvrir, avec une dizaine d’extraits musicaux qu’ils ont commentés, 30 ans de chanson française sous l’angle de l’histoire de l’immigration en france.

Ecouter les extraits musicaux :

 

Bouchées Doubles – Contraste (2006)

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Cette chanson met en scène un dialogue entre un noir et un blanc :

 

– Dans ce pays ma couleur est le sexe faible

Devine ma mere taffe dans quel domaine ?

Elle est aux HLMs ( ?)

Pour un salaire que les blancs refuseraient

– Regarde plutot de mon coté

Etre né blanc dans un quartier

C’est une lutte perdue d’avance comme combattre

avec un point de coté

C’est dur autant pour toi que pour moi

Pour toi l’histoire a été noire pour moi blanche mais m’a trompée

– Dès qu’elle me voit, ta race flippe et a son sac s’agrippe

Dis-leur que mon pere il m’a élevé au fil électrique

Des postes, loin du poste des flics

Pendant que t’etais privé de dessert, il me fritte

C’etait comme ca qu’on communiquait

– J’me suis fait fritter aussi

Crois pas que le daron fait mine

Quand il me tabasse de la main durcie par les années de marine

Je sais que c’est la vie mais pas de pot

Qui aime bien chatie bien, moi le paternel m’aimait trop

– A l’école ils veulent qu’j’oublie qu’on était esclaves

Dans « cohabite » j’ai pas confiance en la derniere syllabe

C’est grave être blanc, c’est un diplôme d’Etat, maintenant

Mes gars n’ont plus que la drogue pour faire de l’argent

– Arrête de croire que les noirs ont le monopole des galères (…)

 

[Refrain]

Si tes atouts sont mes handicaps

Tes handicaps sont mes atouts

Ce contraste nous complete et nous handicape

J’te reproche que j’ai rien, tu me reproches que j’ai tout

La vie en noir et blanc, c’est difficile c’est tout

Ce contraste nous handicape

Ces handicaps sont des atouts

Pas de vie en rose c’est noir et blanc pour nous

J’te reproche que j’ai rien, tu me reproches que j’ai tout

Le groupe en noir et blanc c’est Bouchées Doubles

 

Et un deuxième pour la route :

************** Clic ****************

 

Souad Massi et Ismaël Lô – Noir et blanc – 2001

********** Clic ************

La chanteuse-auteure-compositeure algérienne Souad Massi a enregistré avec Ismaël Lô une reprise de « Noir et Blanc » de Bernard Lavilliers en 2001 : « c’était par rapport aux événements du 11 septembre. On voulait réagir au racisme contre les Arabes qui est né à l’époque ».

 

C’est une ville que je connais

Une chanson que je chantais.

Y a du sang sur le trottoir

C’est sa voix, poussière brûlée

C’est ses ongles sur le blindé.

Ils l’ont battu à mort, il a froid, il a peur.

De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur (…)

 

Sefyu – En noir et blanc (2006)

********** Clic***********

Mes origines sont en panique,

J’ai fouillé dans toutes les poches du monde, ya’ que du trafic.

Ben vas-y oh !

Mon coeur a suivi sa logique,

Il faut se mélanger, dans la mixité ya’ rien de tragique.

Ben vas-y oh

 

Befa Jerems 31 – Prélude au racisme (2006)

********************* Clic ***********************

 

Médine – 17 octobre (2006)

***************** Clic *****************

 

Médine, de son vrai nom Méhdi Zaouiche est un rappeur havrais de 23 ans d’origine algérienne (kabyle), membre du label indépendant DIN Records et du collectif la Boussole. Il est considéré comme le porte-voix de toute une génération de jeunes issus de l’immigration en dénonçant des amalgames à propos de l’Islam. Cette chanson raconte le massacre du 17 octobre 1961, où des centaines d’Algériens furent massacrés par la police française et jetés dans la Seine.

 

17ème jour du mois d’octobre, le FLN a décidé de mettre fin a l’eau propre

En effet, le journal de la veille titrait :

« Couvre-feu recommandé pour les immigrés »

Non ! La réaction ne s’est pas fait attendre

Algériens de France dans les rues nous allons descendre

Protester contre leurs lois discriminatoires

Investissons leurs ponts et leurs centres giratoires

Embarqués dans un cortège pacifique, nous réclamons justice pour nos droits civiques

Mais la police ne l’entend pas de cette oreille

En cette période nous sommes un tas de rats rebelles

Marchons en direction du pont Saint-michel

Nous verrons bien quelle sera l’issue de cette querelle

Une fois sur la berge j’aperçois le cortège d’accueil

Qui souhaite faire de ce pont notre cercueil

Les camps s’observent et se dévisagent

Un silence de mort s’installe entre les deux rivages

Puis une voix se lève, scande  » A bas le couvre-feu  » et ouvre le feu

La première ligne s’écroule et commence la chasse à l’homme

Je prends mes jambes à mon cou, comme un pur-sang je galope

Mais le pont est cerné, nous sommes bernés

Dans une prison sur pilotis nous sommes enfermés

Pas une, pas deux mais une dizaine de matraques viennent me défoncer le crâne

Et mes os craquent sous mon anorak

Ma bouche s’éclate bien sur le trottoir

Leurs bouches s’esclaffent bien grandes de nous voir

 » Nous allons voir si les rats savent nager

Au fond de la Seine vous ne pourrez plus vous venger « 

Inconscient, gisant dans mon propre sang

Les brigadiers en chef par tous les membres me saisissant

Amorce ma descente là où passent les péniches

S’assurent de ma mort frappant ma tête sur la corniche

Je tombe comme un déchet au vide-ordure

Dans la chute violemment ma nuque a touché la bordure

Liquide poignardant tout mes orifices, le fleuve glacial un bûcher chaud pour mon sacrifice

Monsieur Papon a jugé bon de nous noyer

Aucun pompier pour étouffer le foyer

On n’éteint pas des braises avec un verre de GASOLE

Sans penser aux tirailleurs et combattants zouaves

Mon cadavre emporté par le courant

Sera repêché dans les environs de Rouen. (…)

 

Débat

 

La salle bien échauffée par ces joutes chantées, Julie et Robin ont lancé l’arbre à palabres, affrontant d’abord leurs arguments puis laissant la parole à la salle.

Le thème ? Les stigmates de l’histoire de la colonisation en France dans les mentalités d’aujourd’hui.

Leur point de désaccord ? Faut-il, oui ou non, faire table rase du passé pour mieux avancer aujourd’hui sans s’alourdir des erreurs de nos aînés ? Ou faut-il au contraire, pour vivre dans une société apaisée et claire avec son histoire, accomplir un travail de mémoire qui n’a que trop peu été fait jusqu’ici ?

 

Le feed-back de Julie Deruy, présidente de La presse 2.0 :

 

« Quand nous avons créé notre association , le but n’était pas seulement de produire un journal mais aussi et surtout de développer une vie associative digne de ce nom. Lorsque nous nous sommes réunis pour parler des soirées organisées sur le thème de la discrimination, nous y vîmes non seulement une occasion de travailler un sujet vaste et compliqué – mais à Contrepoint on aime les défis ;) – mais aussi une occasion pour rencontrer et débattre avec d’autres associations étudiantes.

Et effectivement nous n’avons pas été déçus ! Même si nous aurions aimé que les participants à la soirée soient encore plus nombreux, nous sommes réellement contents de celle-ci. Les différentes productions se complétaient bien et ont amené du contenu au débat suivant les films.

A recommencer régulierement ! »

 

Le journal Contrepoint

 

En novembre 2006, huit Sorbonnards se réunissent pour former l’association « La Presse 2.0 ». Ils sont rejoints une semaine plus tard par huit autres étudiants. L’ambition affichée est d’offrir aux étudiants un média au contenu de qualité, renouvelé régulièrement. Cette ambition se traduit par un site Internet d’information et d’un journal papier mensuel.

Le 1er décembre 2006, le site Internet www.contrepoint.info est mis en ligne. Mélangeant les principes de bases du journalisme (terrain, analyse, recoupement) et les nouvelles voies offertes par la convergence numérique (participation du lectorat, travail collaboratif, …) le site se veut résolument tourné vers le XXIème siècle.

À l’aube de l’année 2007, l’équipe compte une trentaine de personne prêtes à relever le défi de faire de Contrepoint le leader de la presse écrite étudiante parisienne.

Le numéro 4 sort la semaine prochaine, et nous préparons actuellement la rentrée universitaire. A partir de septembre prochain nous nous positions toujours sur la presse écrite et le web mais en plus sur la radio. Bientôt plus de détails ! ;)

Un brin de poésie de la Duchère à Belleville

Le projet « regards de jeunes sur les discriminations » n’a pas de secret pour Camille Lloret-Linares, qui avait déjà participé à l’édition 2006.

Camille avait à l’époque réalisé un poétique reportage auprès des jeunes de la Duchère, dans la banlieue lyonnaise. Aujourd’hui, c’est avec plaisir que nous la retrouvons au bar la Passerelle : désormais étudiante parisienne membre de Radio Sciences-Po, elle est toujours en verve, pour nous faire découvrir cette fois de façon sonore et photographique l’univers de la compagnie Tamèrantong !

Le pitch

« A l’occasion de la semaine contre le racisme, des enfants de la compagnie de théâtre « Tamèrantong ! » nous livrent, sur fond de leur spectacle « Les bons, les brutes et les truands », leur vision des discriminations. Des problèmes de société, ces habitants de Belleville savent quelque chose, surtout depuis qu’ils ont vécu l’arrestation de celui qu’ils appellent « le grand-père chinois ». D’ailleurs, leur directrice d’école s’était interposée face aux policiers. Pour la remercier de son courage, ils lui ont écrit une lettre. Quand les 6-12 ans s’en mêlent, c’est politique… et poétique. »

 

Ecouter la bande son :

 

*************************** Clic ****************************

 

Voir le diaporama sonore :

 

Radio Sciences-Po : la radio en 1498 mots

 

RSP est la web radio des étudiants de Sciences Po. Son fonctionnement est assez éloigné des radios traditionnelles et n’a pas vocation à s’en rapprocher : pas de direct, pas de programmes continus, pas de grille fixe. C’est une radio à la carte, un site Internet sur lequel les étudiants peuvent venir écouter ce qui les intéresse, quand ça les intéresse. Les émissions sont également diffusées sous forme de podcasts disponibles sur iTunes.

 

Ce modèle a plusieurs avantages : il permet d’avoir une audience plus large, étalée dans le temps, pour des diffusions qui, en direct, n’auraient pas plus d’une dizaine d’auditeurs (l’interview de Richard Descoings a été écoutée par plus de mille étudiants à ce jour), il donne une grande liberté à l’auditeur qui n’est plus passif mais qui, au contraire, choisit d’écouter ce qu’il a envie d’écouter.

 

L’organisation en est aussi facilitée : les étudiants qui souhaitent animer une émission ne sont tenus à aucune assiduité. S’ils sont trop occupés pour animer leur émission pendant un mois, ils n’enregistrent rien et ça n’a pas grande importance. Evidemment cela n’exclut pas que pour exister, RSP ait besoin de gens qui s’investissent au quotidien dans son fonctionnement, et les responsabilités ne manquent pas pour ceux ou celles qui souhaitent participer à son développement.

 

Les programmes de la radio s’articulent autour de trois axes : politique, vie étudiante et culture/musique. Mais ça, c’est un peu de la littérature car dans les faits, si quelqu’un voulait leur faire partager, démonstration à l’appui, sa passion pour la cuisine, il serait chaleureusement accueilli par les gourmets qui président aux destinées de l’association.

 

En un mot : si vous aimez la radio, n’attendez plus et contactez-les à radio@sciences-po.org

 

Bienvenue dans les couloirs qui résonnent de discussions animées et les cuisines aux effluves de plats partagés. Avec la complicité de tous les résidents, Hervé, Aïssatou, Jean-Loup et Ismaël nous invitent à pénétrer dans les foyers de travailleurs migrants maliens d’Aubervilliers et Epinay sur Seine.

 

Documentaire. Le documentaire « Regards sur les foyers » projeté :

 

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« Nid à clandés », « Cages d’escalier vétustes, murs sales »... : le travail d’Hervé, Aïssatou, Jean-Loup et Ismaël met à distance les préjugés qui entourent les foyers de migrants. Il fait entrer riverains et citoyens au coeur du quotidien des résidents, et permet de rapprocher des mondes qui se croisent sans se rencontrer, partant du principe que le témoignage est une arme contre les discriminations.

 

Débat

Le débat s’est interrogé sur la destinée des travailleurs migrants et sur leur place dans la Cité, en particulier à travers les foyers qui se sont construit en France pour les accueillir.

 

Les intervenants au débat étaient :

Malika Ahmed, élue d’Aubervilliers, Conseillère municipale déléguée à la petite enfance, aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations

Hamedy Diarra, gestionnaire de l’Adoma et Vice Président du Haut Comité des Maliens en France

Abdou Diallo, directeur du foyer Felix Faure à Aubervilliers

Invité surprise :

Carlos Semedo, responsable de la vie associative et des relations internationales à la Mairie d’Aubervilliers . Pensant passer une paisible soirée attablé en spectateur, le pauvre, il s’est très gentiment joint au débat.

 

Musique

Quand les griots sonnent la fin du débat et s’emparent des micros, un boeuf musical surprenant prend place : aux côtés des musiciens maliens, Sekou le sénégalais du Jokko donne de la voix, et un saxophoniste à l’air irlandais, avec sa tignasse blanche et sa casquette de velours, les rejoint. La musique délie les langues et l’on reste discuter tard autour d’un verre.

 

 

 

Le pourquoi par Rémy Besson

 

« Dans le cadre de la semaine de lutte contre les discriminations et les inégalités sociales, l’association Paroles d’images a souhaité proposer un programme de films ainsi qu’organiser un débat. Le questionnement de départ était de savoir : comment traiter ce sujet mille fois abordé sans présenter un discours bien pensant ? Comment ne pas tomber dans le stéréotype et une défense convenue d’idéaux partagés d’avance ? Le choix s’est porté sur trois films, trois démarches avec trois énonciateurs différents (institution, Etat, individus) ».

 

Au programme

 

La danse des brutes

« Le premier film est un dessin animé, La danse des brutes, destiné à un public d’enfants. Au premier abord on saisit rapidement qu’un petit enfant est maltraité par un autre qui sera finalement puni. La morale est sauve ? Pas si sûr, car personne ne vient aider le petit garçon qui a maltraité son camarade. On avait compris que ce dernier était battu par ses parents, qu’il était mal dans sa peau et pourtant, à la fin, personne ne lui vient lui tendre la main… Pourquoi ? »

 

Troubadours et ménestrels noirs

« Le second film muet, sur lequel nous avons ajouté une bande sonore, est beaucoup plus ancien (années 30). Il s’agit de filmer Les troubadours et ménestrels d’une tribu de Madagascar pendant la colonisation française. Ces documentaires étaient ensuite montrés dans les écoles parisiennes. Le discours est clairement colonialiste, les cartons parfois proche du racisme et pourtant le sujet pose question. Le film est-il vraiment raciste ou ne fait-il que véhiculer les stéréotypes propres à une époque ? Lors de la médiation avec le public nous avons présenté les deux points de vue, afin de faire naître un débat qui fut riche et parfois mouvementé. »


Mesnil- Amelot

« Enfin, le dernier film a été tourné, il y a moins d’un an, en banlieue parisienne par quelques jeunes dans le cadre d’un projet d’Actualités démocratiques. Le sujet est simple : pourquoi ne connaît-on pas le centre de rétention du Mesnil- Amelot ? Au formatage du film colonialiste répondent les hésitations stylistiques des apprentis réalisateurs. A la volonté d’imposer son regard sur les colonisés répond la main tendue de cette micro- étude de société. Au plus proche de chez eux, au plus proche de leurs préoccupations, ces jeunes sont allés interroger les habitants du village qui abrite ce centre et qui n’en connaissent parfois même pas l’existence. « 

 

« Pour conclure, il est clair que les sujets de ces films sont différents et pourtant ils traitent tous des discriminations, de l’incompréhension, de la difficulté de vivre avec les autres, dans le respect des autres et de leurs différences. Une telle séance permet d’ouvrir des pistes de réflexions, pas plus, mais c’est déjà beaucoup. Car au fait : qu’est-ce qu’un centre de rétention ? A quoi rime la morale des films pédagogiques d’aujourd’hui ? Saviez-vous que dans les années trente les écoliers français étaient conduits voir de petits films colonialistes ? »

 

Médiateurs

Rémy Besson est président de l’association Paroles d’images. Il a assuré la programmation et la médiation lors des deux séances sur ce sujet.

Gilles Pradeau est intervenu principalement sur le thème de la colonisation sur lequel il avait déjà assuré la réalisation un programme pour l’association (http://www.paroles-dimages.fr/pages…)

 

Paroles d’images

L’association Paroles d’images a pour objet la réflexion collective autour de l’image en mouvement. Parce qu’un film ne s’arrête pas à son générique de fin, nous souhaitons prolonger l’expérience en développant des échanges entre spectateurs. Selon nous, ce que l’on appelle aujourd’hui  » éducation à l’image  » ne se limite pas aux ateliers de création et au jeune public. Ainsi, l’idée de médiation de l’image, de spect-acteur et tout simple la parole sont au centre de notre projet. Suite à la projection d’une série de film un débat est toujours organisé, car il permet d’aller au-delà des images et de leur signification première. Pour résumer : le partage de connaissances et d’expériences nous semblent essentiels car personne ne voit le même film.

 

LES ACTIVITÉS EN 2007

Cinéchanges à l’hôpital

En partenariat avec l’association Tournesol deux Cinéchanges sur le thème de la mer auront lieu, les 22 mai et 3 juillet 2007, à l’hôpital du Vésinet. La seconde projection sera même un ciné-concert organisé avec un accordéoniste et qui poursuivra ainsi en actes nos questionnements sur la bande sonore.

 

Ce projet, qui nous tient particulièrement à cœur, a pour vocation d’aller au devant des publics empêchés : personnes âgées malades, individus en rééducation, etc. Car si une hospitalisation est toujours une période difficile de la vie, l’hôpital n’en demeure pas moins un lieu de vie où l’écoute, les échanges et les rires sont possibles.

 

Cinéchanges à la Sorbonne

Le premier projet de l’association a été un cycle de cinq séances de ciné-débats, qui se sont déroulés de février à avril 2007. Pour cette première édition, nous avons choisi la thématique des rapports entre bande sonore et image .

 

Ces séances ont poursuivi deux objectifs principaux. D’une part, il s’est agi de donner la parole aux étudiant-e-s intéressés par l’idée de partager un questionnement autour de courts métrages, et de donner l’occasion à cinq d’entre eux de réaliser une programmation et une intervention. D’autre part, ces séances ont permis de valoriser le fond de la Cinémathèque Robert Lynen de la ville de Paris, dont les collections sont riches de près de 4 000 courts métrages datant des années 1900 à nos jours.

 

Ces deux heures mensuelles de projection et de débat ont ainsi constitué l’occasion de parler de cinéma et d’échanger connaissances et points de vue, autour d’un format aujourd’hui peu usité, le 16 mm.

www.paroles-dimages.fr

Qu’est-ce qu’elle a, mais qu’est-ce qu’elle a donc, maaaaaaa p’tite chansoooooooooon…

 

Interrogés par Julie et Robin, tous ces gens vous disent ce qu’ils pensent des discriminations vues par… la chanson ! Voir le micro-trottoir (vidéo) :

 

****************************** Clic ***********************

 

Pour continuer un apéro musical qui avait bien commencé, Julie et Robin nous ont fait découvrir, avec une dizaine d’extraits musicaux qu’ils ont commentés, 30 ans de chanson française sous l’angle de l’histoire de l’immigration en france.

Ecouter les extraits musicaux :

 

Bouchées Doubles – Contraste (2006)

************** Clic ***************

 

Cette chanson met en scène un dialogue entre un noir et un blanc :

 

– Dans ce pays ma couleur est le sexe faible

Devine ma mere taffe dans quel domaine ?

Elle est aux HLMs ( ?)

Pour un salaire que les blancs refuseraient

– Regarde plutot de mon coté

Etre né blanc dans un quartier

C’est une lutte perdue d’avance comme combattre

avec un point de coté

C’est dur autant pour toi que pour moi

Pour toi l’histoire a été noire pour moi blanche mais m’a trompée

– Dès qu’elle me voit, ta race flippe et a son sac s’agrippe

Dis-leur que mon pere il m’a élevé au fil électrique

Des postes, loin du poste des flics

Pendant que t’etais privé de dessert, il me fritte

C’etait comme ca qu’on communiquait

– J’me suis fait fritter aussi

Crois pas que le daron fait mine

Quand il me tabasse de la main durcie par les années de marine

Je sais que c’est la vie mais pas de pot

Qui aime bien chatie bien, moi le paternel m’aimait trop

– A l’école ils veulent qu’j’oublie qu’on était esclaves

Dans « cohabite » j’ai pas confiance en la derniere syllabe

C’est grave être blanc, c’est un diplôme d’Etat, maintenant

Mes gars n’ont plus que la drogue pour faire de l’argent

– Arrête de croire que les noirs ont le monopole des galères (…)

 

[Refrain]

Si tes atouts sont mes handicaps

Tes handicaps sont mes atouts

Ce contraste nous complete et nous handicape

J’te reproche que j’ai rien, tu me reproches que j’ai tout

La vie en noir et blanc, c’est difficile c’est tout

Ce contraste nous handicape

Ces handicaps sont des atouts

Pas de vie en rose c’est noir et blanc pour nous

J’te reproche que j’ai rien, tu me reproches que j’ai tout

Le groupe en noir et blanc c’est Bouchées Doubles

 

Et un deuxième pour la route :

************** Clic ****************

 

Souad Massi et Ismaël Lô – Noir et blanc – 2001

********** Clic ************

La chanteuse-auteure-compositeure algérienne Souad Massi a enregistré avec Ismaël Lô une reprise de « Noir et Blanc » de Bernard Lavilliers en 2001 : « c’était par rapport aux événements du 11 septembre. On voulait réagir au racisme contre les Arabes qui est né à l’époque ».

 

C’est une ville que je connais

Une chanson que je chantais.

Y a du sang sur le trottoir

C’est sa voix, poussière brûlée

C’est ses ongles sur le blindé.

Ils l’ont battu à mort, il a froid, il a peur.

De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur (…)

 

Sefyu – En noir et blanc (2006)

********** Clic***********

Mes origines sont en panique,

J’ai fouillé dans toutes les poches du monde, ya’ que du trafic.

Ben vas-y oh !

Mon coeur a suivi sa logique,

Il faut se mélanger, dans la mixité ya’ rien de tragique.

Ben vas-y oh

 

Befa Jerems 31 – Prélude au racisme (2006)

********************* Clic ***********************

 

Médine – 17 octobre (2006)

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Médine, de son vrai nom Méhdi Zaouiche est un rappeur havrais de 23 ans d’origine algérienne (kabyle), membre du label indépendant DIN Records et du collectif la Boussole. Il est considéré comme le porte-voix de toute une génération de jeunes issus de l’immigration en dénonçant des amalgames à propos de l’Islam. Cette chanson raconte le massacre du 17 octobre 1961, où des centaines d’Algériens furent massacrés par la police française et jetés dans la Seine.

 

17ème jour du mois d’octobre, le FLN a décidé de mettre fin a l’eau propre

En effet, le journal de la veille titrait :

« Couvre-feu recommandé pour les immigrés »

Non ! La réaction ne s’est pas fait attendre

Algériens de France dans les rues nous allons descendre

Protester contre leurs lois discriminatoires

Investissons leurs ponts et leurs centres giratoires

Embarqués dans un cortège pacifique, nous réclamons justice pour nos droits civiques

Mais la police ne l’entend pas de cette oreille

En cette période nous sommes un tas de rats rebelles

Marchons en direction du pont Saint-michel

Nous verrons bien quelle sera l’issue de cette querelle

Une fois sur la berge j’aperçois le cortège d’accueil

Qui souhaite faire de ce pont notre cercueil

Les camps s’observent et se dévisagent

Un silence de mort s’installe entre les deux rivages

Puis une voix se lève, scande  » A bas le couvre-feu  » et ouvre le feu

La première ligne s’écroule et commence la chasse à l’homme

Je prends mes jambes à mon cou, comme un pur-sang je galope

Mais le pont est cerné, nous sommes bernés

Dans une prison sur pilotis nous sommes enfermés

Pas une, pas deux mais une dizaine de matraques viennent me défoncer le crâne

Et mes os craquent sous mon anorak

Ma bouche s’éclate bien sur le trottoir

Leurs bouches s’esclaffent bien grandes de nous voir

 » Nous allons voir si les rats savent nager

Au fond de la Seine vous ne pourrez plus vous venger « 

Inconscient, gisant dans mon propre sang

Les brigadiers en chef par tous les membres me saisissant

Amorce ma descente là où passent les péniches

S’assurent de ma mort frappant ma tête sur la corniche

Je tombe comme un déchet au vide-ordure

Dans la chute violemment ma nuque a touché la bordure

Liquide poignardant tout mes orifices, le fleuve glacial un bûcher chaud pour mon sacrifice

Monsieur Papon a jugé bon de nous noyer

Aucun pompier pour étouffer le foyer

On n’éteint pas des braises avec un verre de GASOLE

Sans penser aux tirailleurs et combattants zouaves

Mon cadavre emporté par le courant

Sera repêché dans les environs de Rouen. (…)

 

Débat

 

La salle bien échauffée par ces joutes chantées, Julie et Robin ont lancé l’arbre à palabres, affrontant d’abord leurs arguments puis laissant la parole à la salle.

Le thème ? Les stigmates de l’histoire de la colonisation en France dans les mentalités d’aujourd’hui.

Leur point de désaccord ? Faut-il, oui ou non, faire table rase du passé pour mieux avancer aujourd’hui sans s’alourdir des erreurs de nos aînés ? Ou faut-il au contraire, pour vivre dans une société apaisée et claire avec son histoire, accomplir un travail de mémoire qui n’a que trop peu été fait jusqu’ici ?

 

Le feed-back de Julie Deruy, présidente de La presse 2.0 :

 

« Quand nous avons créé notre association , le but n’était pas seulement de produire un journal mais aussi et surtout de développer une vie associative digne de ce nom. Lorsque nous nous sommes réunis pour parler des soirées organisées sur le thème de la discrimination, nous y vîmes non seulement une occasion de travailler un sujet vaste et compliqué – mais à Contrepoint on aime les défis ;) – mais aussi une occasion pour rencontrer et débattre avec d’autres associations étudiantes.

Et effectivement nous n’avons pas été déçus ! Même si nous aurions aimé que les participants à la soirée soient encore plus nombreux, nous sommes réellement contents de celle-ci. Les différentes productions se complétaient bien et ont amené du contenu au débat suivant les films.

A recommencer régulierement ! »

 

Le journal Contrepoint

 

En novembre 2006, huit Sorbonnards se réunissent pour former l’association « La Presse 2.0 ». Ils sont rejoints une semaine plus tard par huit autres étudiants. L’ambition affichée est d’offrir aux étudiants un média au contenu de qualité, renouvelé régulièrement. Cette ambition se traduit par un site Internet d’information et d’un journal papier mensuel.

Le 1er décembre 2006, le site Internet www.contrepoint.info est mis en ligne. Mélangeant les principes de bases du journalisme (terrain, analyse, recoupement) et les nouvelles voies offertes par la convergence numérique (participation du lectorat, travail collaboratif, …) le site se veut résolument tourné vers le XXIème siècle.

À l’aube de l’année 2007, l’équipe compte une trentaine de personne prêtes à relever le défi de faire de Contrepoint le leader de la presse écrite étudiante parisienne.

Le numéro 4 sort la semaine prochaine, et nous préparons actuellement la rentrée universitaire. A partir de septembre prochain nous nous positions toujours sur la presse écrite et le web mais en plus sur la radio. Bientôt plus de détails ! ;)

Un brin de poésie de la Duchère à Belleville

Le projet « regards de jeunes sur les discriminations » n’a pas de secret pour Camille Lloret-Linares, qui avait déjà participé à l’édition 2006.

Camille avait à l’époque réalisé un poétique reportage auprès des jeunes de la Duchère, dans la banlieue lyonnaise. Aujourd’hui, c’est avec plaisir que nous la retrouvons au bar la Passerelle : désormais étudiante parisienne membre de Radio Sciences-Po, elle est toujours en verve, pour nous faire découvrir cette fois de façon sonore et photographique l’univers de la compagnie Tamèrantong !

Le pitch

« A l’occasion de la semaine contre le racisme, des enfants de la compagnie de théâtre « Tamèrantong ! » nous livrent, sur fond de leur spectacle « Les bons, les brutes et les truands », leur vision des discriminations. Des problèmes de société, ces habitants de Belleville savent quelque chose, surtout depuis qu’ils ont vécu l’arrestation de celui qu’ils appellent « le grand-père chinois ». D’ailleurs, leur directrice d’école s’était interposée face aux policiers. Pour la remercier de son courage, ils lui ont écrit une lettre. Quand les 6-12 ans s’en mêlent, c’est politique… et poétique. »

 

Ecouter la bande son :

 

*************************** Clic ****************************

 

Voir le diaporama sonore :

 

Radio Sciences-Po : la radio en 1498 mots

 

RSP est la web radio des étudiants de Sciences Po. Son fonctionnement est assez éloigné des radios traditionnelles et n’a pas vocation à s’en rapprocher : pas de direct, pas de programmes continus, pas de grille fixe. C’est une radio à la carte, un site Internet sur lequel les étudiants peuvent venir écouter ce qui les intéresse, quand ça les intéresse. Les émissions sont également diffusées sous forme de podcasts disponibles sur iTunes.

 

Ce modèle a plusieurs avantages : il permet d’avoir une audience plus large, étalée dans le temps, pour des diffusions qui, en direct, n’auraient pas plus d’une dizaine d’auditeurs (l’interview de Richard Descoings a été écoutée par plus de mille étudiants à ce jour), il donne une grande liberté à l’auditeur qui n’est plus passif mais qui, au contraire, choisit d’écouter ce qu’il a envie d’écouter.

 

L’organisation en est aussi facilitée : les étudiants qui souhaitent animer une émission ne sont tenus à aucune assiduité. S’ils sont trop occupés pour animer leur émission pendant un mois, ils n’enregistrent rien et ça n’a pas grande importance. Evidemment cela n’exclut pas que pour exister, RSP ait besoin de gens qui s’investissent au quotidien dans son fonctionnement, et les responsabilités ne manquent pas pour ceux ou celles qui souhaitent participer à son développement.

 

Les programmes de la radio s’articulent autour de trois axes : politique, vie étudiante et culture/musique. Mais ça, c’est un peu de la littérature car dans les faits, si quelqu’un voulait leur faire partager, démonstration à l’appui, sa passion pour la cuisine, il serait chaleureusement accueilli par les gourmets qui président aux destinées de l’association.

 

En un mot : si vous aimez la radio, n’attendez plus et contactez-les à radio@sciences-po.org

EXPO PHOTO par Aïssatou Baldé de Diaph1Kat

« Regards sur les foyers »

Foyer de travailleurs migrants maliens « Felix Faure » géré par l’Adoma à Aubervilliers, mars 2007.

 

Diaph1Kat

Créée en septembre 2004 à l’initiative de deux jeunes artistes, Aïssatou Baldé , photographe, et Jean-Loup Carrénard, réalisateur, l’association Diaph1Kat se veut le creuset d’échanges créatifs et de collaborations diverses qui permet non seulement de promouvoir des projets artistiques en tous genres, mais également d’illustrer les métiers d’art auprès de la jeunesse. Depuis sa création, Diaph1Kat cristallise un réseau, investi de façon ponctuelle et riche, illustrant la volonté de partage qui lui donna naissance. En effet, le nom Diaph1kat est une référence au monde de l’image, où l’ouverture de diaphragme 1.4 est de celles qui laissent passer le plus de lumière dans l’objectif, ce parallèle illustre la volonté d’ouverture d’esprit dont le collectif fait sa ligne de conduite. « Open Your Diaph » (ouvrez votre diaph) étant notre devise, nous invitons notre public à s’ouvrir au monde. L’association Diaph1Kat propose différents services aussi bien dans des domaines artistiques que techniques. Elle se place dans une optique sociale, professionnelle et artistique.

 

Aïssatou Baldé :

 

« Mon travail photographique se place en grande partie dans une recherche sur le thème de l’identité, étant née en France d’un père guinéen et d’une mère franco- vietnamienne, j’ai très tôt eu des questionnements identitaires. Ce projet sur les foyers Sonacotra (nouvellement appelé foyers Adoma), m’a permis de me replonger dans une ambiance que j’ai connu à travers l’expérience de mon père qui était résident dans un foyer à son arrivée en France. Je me souviens qu’enfant, il m’y emmenait régulièrement et organisait des fêtes, l’occasion de partager leur culture avec d’autres et de récolter de l’argent pour le pays. Cette ambiance ne m’était donc pas étrangère et en même temps assez éloignée étant donné que mon père est décédé lorsque j’avais 8 ans et qu’à partir de ce moment j’ai été coupée de cette culture. J’ai dons été très émue de redécouvrir cet univers et c’est cette émotion et cette pudeur que j’ai voulu faire passer à travers les photographies. Ce projet, en s’inscrivant dans la journée de lutte contre les discriminations veut faire passer un message simple. Faire un pas vers l’autre pour apprendre à se connaître et se découvrir et réussir à créer des liens forts. Nous avons choisis de montrer une réalité, de poser un regard simple sur des faits et ses conséquences sans tomber dans le misérabilisme ou la culpabilisation. Notre souhait à travers ce documentaire est tout simplement de vouloir donner envie aux personnes qui ignorent cette réalité, de s’y pencher un instant pour voir et comprendre l’évidence. »

 

Jean-loup Carrénard :

 

« Je connaissais très peu les foyers Sonacotra. J’y avais été quelque fois pour manger pas cher et me plonger dans une ambiance différente, mais je n’avais pas vraiment essayé de percer ce monde à jour, tant il me paraissait fermé : tout les habitants avaient l’air de se connaître, et briser la glace me paraissait impossible. C’est donc pour cela que j’ai sauté sur l’occasion de faire ce mini-docu, car j’avais soif d’en savoir plus, sur eux, leur parcours, les raisons de leur présence et leurs espérances. A la fin du tournage j’étais sur ma faim, car ce fut très bref, mais ma joie fut grande de me rendre compte que le peu que nous avions vécu (en deux jours de rencontre) passait quand même un message fort de tolérance vis-à-vis de ce petit monde si méconnu. »

 

Ismaël Sacko, président de l’Association des diplômés et des étudiants maliens de France.

“Ma satisfaction personnelle a été de donner la parole aux résidents du foyer, de leur permettre d’échanger avec le grand public et de créer un cadre de diffusion de leur message, pour que finalement les préjugés et discriminations cèdent place à l’expérience humaine, la tolérance et l’ouverture d’esprit.”

 

Le projet

Dans le cadre de la semaine de lutte contre les discriminations et les inégalités sociales, Adem France avec Diaph1Kat et l’association radiophonique L’Oeil à l’écoute a souhaité ouvrir les portes des foyers de migrants Félix Faure d’Aubervilliers et celui d’Epinay-Sur-Seine. Lors de ce travail de collaboration, il nous a été donné la possibilité d’entrer en contact avec les résidents de ces deux foyers, de partager un moment de leur quotidien, de filmer leur réalité. Nous avons été agréablement surpris par l’accueil et l’ ouverture d’esprit dont ils ont fait preuve à notre égard. Cette démarche a permis de mettre en valeur la volonté manifeste de la population de ces habitations collectives de s’intégrer dans la société française. Au cours de cet échange interatif entre caméra, radio et témoignages vivants, les résidents nous ont confié leur indignation vis-à-vis des regards stéréotypés qu’on leur porte.

 

Le retour des résidents

Après notre passage dans les foyers et peu après le débat organisé dans le bar Jokko, où la mairie d’Aubervilliers s’est d’ailleurs fortement mobilisée, nous avons reccueilli un sentiment de satisfaction auprès de certains résidents qui espèrent être davantage compris par leur société d’accueil. A l’occasion de cette soirée au Jokko, un des anciens résident du Foyer Félix-Faure-Aubervillier a d’ailleurs pu entrer en contact avec deux responsables de la Mairie d’Aubervilliers et trouver une solution à ses problèmes de logement. Il bénéficie aujourd’hui d’un appartement pour y accueillir sa famille, et la rencontre avec les élus lui a permis de se sentir partie prenante de la société française, citoyen à part entière du pays dans lequel il travaille et dans la République où ses enfants iront à l’école.

Le retour des participants au débat et des élus

Les élus locaux chargés des relations internationales ont trouvé la démarche initiée intéressante dans la mesure où elle consiste à rapprocher les résidents migrants et les riverains. Ils sont prêts à soutenir une telle initative et souhaiteraient organiser un débat pour valoriser les images vidéo reccueillies pendant cette semaine de lutte contre les discriminations.

 

L’ASSOCIATION ADEM

Ses orientations pour 2006- 2008

 

– Réalisation de projet d’alphabétisation de femmes primo-arrivantes et aide aux devoirs des enfants en difficultés scolaires dans la ville de Stains (partenariat avec la mairie de Stains),

– Mise en place d’une charte pour les associations d’intellectuels et d’étudiants maliens de France,

– Projet de promotion de restauration africaine à la cité internationale de Paris et avec les CROUS d’Ile-De-France,

– Organisation d’ateliers de formation avec les intellectuels (cadres, diplômés et étudiants) maliens, africains et occidentaux sur notre rôle auprès de la diaspora en France,

– Forum de rencontre et de discussion entre entreprises et diplômés et étudiants maliens en France,

– Projet de solidarité internationale « colonie de vacances » pour les enfants maliens issus de l’immigration,

– Projet de jumelage entre un collège de la commune II de Bamako et un collège de la ville de Stains (partenariat ville de Stains),

– Création de projets de développement socio-économique de migrants en direction du Mali,

– Célébration de la journée de l’Afrique avec au moins 5 ambassades africaines de France,

– Participation aux initiatives d’intégration des villes françaises partenaires de Adem-France.

 

Pour les contacter :

 

ADEM France S/C M. BAGAYOKO

15, rue André Lurçat 93240 STAINS

 

Président : Ismaila SACKO

06 50 85 34 64 – i.sacko@voilà.fr

Relations extérieures : Sinaly DIAKITE

06 24 55 04 45

Volontaire : Charlotte GARCIA – 06 62 25 19 76

ademfrance@yahoo.fr

 

Charlotte Garcia, Volontaire d’Adem France

L’oeil à l’écoute

Souriez, vous êtes enregistré ! L’oeil à l’écoute est une association qui développe un espace de création sonore et d’information sur le média radio à destination des habitants du 93. Le parti pris de la promotion de la parole se définit autour de l’idée que le témoignage est une manière d’agir.

Toutes les semaines, Hervé Bouchet et Guillaume Mahé animent un atelier radio avec des ados de la ville de Stains. L’image des quartiers populaires dans les médias étant souvent fabriquée par des personnes autres que celles qui y habitent, l’association contribue à permettre aux riverains de se réapproprier la parole sur leur lieu de vie, et d’en montrer une réalité riche et vivante.

 

« Dans les coulisses des foyers de travailleurs migrants »

Le projet de déambulation sonore dans les coulisses des foyers de travailleurs migrants permet de rendre la parole à des résidents qu’on entend peu, et de découvrir leur quotidien. Ce projet a été réalisé par Hervé et Guillaume, les ados étant pris par une émission dédiées aux papilles dont nous vous touchons deux mots plus bas.

Hervé a vadrouillé dans les foyers avec son micro, accompagné par Aïssatou, Jean-Loup, et Ismaël. Le résultat : une émission de 50 minutes diffusée le 17 mars sur les ondes de Radio Campus Paris.

Un détail que vous n’auriez pas pu deviner : lors du reportage, Hervé a récolté auprès des résidents une foules d’extraits musicaux qui font partie de leur univers et qu’ils lui ont confié. Il en a passé une sélection tout au long de l’émission. Ce sont aussi ces extraits musicaux que l’on retrouve en partie dans le documentaire de Jean-Loup.

Hervé et Guillaume ont réalisé une deuxième émission sur l’ensemble des associations qui ont participé au projet « Regards sur les discriminations », diffusée le 24 mars.

 

Les Stanois vous invitent à leur table

Parmi les émissions passées, celle-ci vous explique un peu mieux pourquoi Hervé s’est si facilement glissé dans les cuisines collectives du foyer d’Aubervilliers !

*Clic* sur play et laissez-vous porter. Des sons qui crissent sous l’oreille, la gouaille des gamins, de la poissonière, du « vendeur de steacks et de poulets »… Une pulsation urbaine sur les recettes de poule au pot, des grains de voix qui nous emmènent loin, au creux d’une vie de quartier où le parmesan fond sur les pommes de terre mouillées de guinguette. C’est sublime d’instants à croquer, c’est plein d’énergie, on en sort revigoré, confiant. Une mise en bouche qui est aussi l’occasion de faire le tour des multiples cultures et origines des habitants de Stains, par le ventre.

 

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Passé le témoin

Cette semaine : Second volet de « Passé le témoin ». Cette émission proposée par Ivan Gros s’articule autour du voyage de mémoire réalisé chaque année par des anciennes déportées de Ravensbrück. Elles ont fait l’expérience des camps. Certaines d’entre elles, soutenues par la conviction qu’il est possible de transmettre une part de cette expérience, ont pris le parti de témoigner. Le 1er volet était consacré au voyage, le second est un débat organisé dans les studios de Radio Campus Paris le 09 juin à 18h.


Neuf cube

En juin, troisième volet de « Neuf cube ». Chaque mois une ville du 93 sera sous le feu des projecteurs. Rencontre avec ses habitants, ses acteurs associatifs et culturels. Après Stains et Aubervilliers, en juin ils s’attaquent à Pantin. Diffusion le 23 juin à 18h.

 

Phonomaton

Toujours en juin, une émission « Phonomaton ». C’est un est un exercice très simple : des bouts de paroles, des chutes de bandes et les invendables à monter sur un thème imposé. A savoir : le parcours.

Diffusion le 17 juin à 18h.

 

Contacter l’association :

Association l’œil à l’écoute

Guillaume Mahé

Hervé Bouchet

01 74 61 34 10

lole93@noos.fr

www.lole.fr

Ici, c’est plutôt ambiance les pieds dans le plat. Des personnages de tous les milieux et de toutes les origines qui se croisent, parlent fort, crient, se disputent, s’aiment, et surtout, ne s’embarassent pas de politiquement correct. Bienvenue dans les courts-métrages sans concession de Uda de 1000 visages, et dans l’univers photographique de James de Citoyen international.

 

Voir les courts métrages qui ont été projetés à la soirée ( cliquez sur les vidéos SDF, Taxiphone Francaoui , et Où va la terre ) :

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Débat

Le débat s’est interrogé sur  » Les discriminations dans l’accès au logement en France « .

 

Les intervenants au débat étaient :

Gabrielle Gramont, chargée de développement social à Paris

Emmanuel Dommergue, du Jeudi Noir

Jean-Pierre de RESF

Invité surprise :

Michael Hoare, d’Avenir vivable est aussi passé dire un mot.

 

Autres surprises :

– On a le plaisir de voir un public d’auditeurs d’ Africa numéro 1 participer au débat. Ces derniers avaient écouté une émission à laquelle avaient participé Ismaël et Uda le matin même. L’émission avait pour thème les discriminations et les récentes violences à gare du Nord, et la soirée avait été annoncée en fin d’émission.

 

Dernier verre

Jean-Pierre de RESF doit nous quitter peu après son intervention pour une urgence. Après les projections, nous continuons la discussion sur les discriminations dans l’accès au logement en France dans un cercle plus intime, autour d’un verre.

 

Le pourquoi par Rémy Besson

 

« Dans le cadre de la semaine de lutte contre les discriminations et les inégalités sociales, l’association Paroles d’images a souhaité proposer un programme de films ainsi qu’organiser un débat. Le questionnement de départ était de savoir : comment traiter ce sujet mille fois abordé sans présenter un discours bien pensant ? Comment ne pas tomber dans le stéréotype et une défense convenue d’idéaux partagés d’avance ? Le choix s’est porté sur trois films, trois démarches avec trois énonciateurs différents (institution, Etat, individus) ».

 

Au programme

 

La danse des brutes

« Le premier film est un dessin animé, La danse des brutes, destiné à un public d’enfants. Au premier abord on saisit rapidement qu’un petit enfant est maltraité par un autre qui sera finalement puni. La morale est sauve ? Pas si sûr, car personne ne vient aider le petit garçon qui a maltraité son camarade. On avait compris que ce dernier était battu par ses parents, qu’il était mal dans sa peau et pourtant, à la fin, personne ne lui vient lui tendre la main… Pourquoi ? »

 

Troubadours et ménestrels noirs

« Le second film muet, sur lequel nous avons ajouté une bande sonore, est beaucoup plus ancien (années 30). Il s’agit de filmer Les troubadours et ménestrels d’une tribu de Madagascar pendant la colonisation française. Ces documentaires étaient ensuite montrés dans les écoles parisiennes. Le discours est clairement colonialiste, les cartons parfois proche du racisme et pourtant le sujet pose question. Le film est-il vraiment raciste ou ne fait-il que véhiculer les stéréotypes propres à une époque ? Lors de la médiation avec le public nous avons présenté les deux points de vue, afin de faire naître un débat qui fut riche et parfois mouvementé. »


Mesnil- Amelot

« Enfin, le dernier film a été tourné, il y a moins d’un an, en banlieue parisienne par quelques jeunes dans le cadre d’un projet d’Actualités démocratiques. Le sujet est simple : pourquoi ne connaît-on pas le centre de rétention du Mesnil- Amelot ? Au formatage du film colonialiste répondent les hésitations stylistiques des apprentis réalisateurs. A la volonté d’imposer son regard sur les colonisés répond la main tendue de cette micro- étude de société. Au plus proche de chez eux, au plus proche de leurs préoccupations, ces jeunes sont allés interroger les habitants du village qui abrite ce centre et qui n’en connaissent parfois même pas l’existence. « 

 

« Pour conclure, il est clair que les sujets de ces films sont différents et pourtant ils traitent tous des discriminations, de l’incompréhension, de la difficulté de vivre avec les autres, dans le respect des autres et de leurs différences. Une telle séance permet d’ouvrir des pistes de réflexions, pas plus, mais c’est déjà beaucoup. Car au fait : qu’est-ce qu’un centre de rétention ? A quoi rime la morale des films pédagogiques d’aujourd’hui ? Saviez-vous que dans les années trente les écoliers français étaient conduits voir de petits films colonialistes ? »

 

Médiateurs

Rémy Besson est président de l’association Paroles d’images. Il a assuré la programmation et la médiation lors des deux séances sur ce sujet.

Gilles Pradeau est intervenu principalement sur le thème de la colonisation sur lequel il avait déjà assuré la réalisation un programme pour l’association (http://www.paroles-dimages.fr/pages…)

 

Paroles d’images

L’association Paroles d’images a pour objet la réflexion collective autour de l’image en mouvement. Parce qu’un film ne s’arrête pas à son générique de fin, nous souhaitons prolonger l’expérience en développant des échanges entre spectateurs. Selon nous, ce que l’on appelle aujourd’hui  » éducation à l’image  » ne se limite pas aux ateliers de création et au jeune public. Ainsi, l’idée de médiation de l’image, de spect-acteur et tout simple la parole sont au centre de notre projet. Suite à la projection d’une série de film un débat est toujours organisé, car il permet d’aller au-delà des images et de leur signification première. Pour résumer : le partage de connaissances et d’expériences nous semblent essentiels car personne ne voit le même film.

 

LES ACTIVITÉS EN 2007

Cinéchanges à l’hôpital

En partenariat avec l’association Tournesol deux Cinéchanges sur le thème de la mer auront lieu, les 22 mai et 3 juillet 2007, à l’hôpital du Vésinet. La seconde projection sera même un ciné-concert organisé avec un accordéoniste et qui poursuivra ainsi en actes nos questionnements sur la bande sonore.

 

Ce projet, qui nous tient particulièrement à cœur, a pour vocation d’aller au devant des publics empêchés : personnes âgées malades, individus en rééducation, etc. Car si une hospitalisation est toujours une période difficile de la vie, l’hôpital n’en demeure pas moins un lieu de vie où l’écoute, les échanges et les rires sont possibles.

 

Cinéchanges à la Sorbonne

Le premier projet de l’association a été un cycle de cinq séances de ciné-débats, qui se sont déroulés de février à avril 2007. Pour cette première édition, nous avons choisi la thématique des rapports entre bande sonore et image .

 

Ces séances ont poursuivi deux objectifs principaux. D’une part, il s’est agi de donner la parole aux étudiant-e-s intéressés par l’idée de partager un questionnement autour de courts métrages, et de donner l’occasion à cinq d’entre eux de réaliser une programmation et une intervention. D’autre part, ces séances ont permis de valoriser le fond de la Cinémathèque Robert Lynen de la ville de Paris, dont les collections sont riches de près de 4 000 courts métrages datant des années 1900 à nos jours.

 

Ces deux heures mensuelles de projection et de débat ont ainsi constitué l’occasion de parler de cinéma et d’échanger connaissances et points de vue, autour d’un format aujourd’hui peu usité, le 16 mm.

www.paroles-dimages.fr

Qu’est-ce qu’elle a, mais qu’est-ce qu’elle a donc, maaaaaaa p’tite chansoooooooooon…

 

Interrogés par Julie et Robin, tous ces gens vous disent ce qu’ils pensent des discriminations vues par… la chanson ! Voir le micro-trottoir (vidéo) :

 

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Pour continuer un apéro musical qui avait bien commencé, Julie et Robin nous ont fait découvrir, avec une dizaine d’extraits musicaux qu’ils ont commentés, 30 ans de chanson française sous l’angle de l’histoire de l’immigration en france.

Ecouter les extraits musicaux :

 

Bouchées Doubles – Contraste (2006)

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Cette chanson met en scène un dialogue entre un noir et un blanc :

 

– Dans ce pays ma couleur est le sexe faible

Devine ma mere taffe dans quel domaine ?

Elle est aux HLMs ( ?)

Pour un salaire que les blancs refuseraient

– Regarde plutot de mon coté

Etre né blanc dans un quartier

C’est une lutte perdue d’avance comme combattre

avec un point de coté

C’est dur autant pour toi que pour moi

Pour toi l’histoire a été noire pour moi blanche mais m’a trompée

– Dès qu’elle me voit, ta race flippe et a son sac s’agrippe

Dis-leur que mon pere il m’a élevé au fil électrique

Des postes, loin du poste des flics

Pendant que t’etais privé de dessert, il me fritte

C’etait comme ca qu’on communiquait

– J’me suis fait fritter aussi

Crois pas que le daron fait mine

Quand il me tabasse de la main durcie par les années de marine

Je sais que c’est la vie mais pas de pot

Qui aime bien chatie bien, moi le paternel m’aimait trop

– A l’école ils veulent qu’j’oublie qu’on était esclaves

Dans « cohabite » j’ai pas confiance en la derniere syllabe

C’est grave être blanc, c’est un diplôme d’Etat, maintenant

Mes gars n’ont plus que la drogue pour faire de l’argent

– Arrête de croire que les noirs ont le monopole des galères (…)

 

[Refrain]

Si tes atouts sont mes handicaps

Tes handicaps sont mes atouts

Ce contraste nous complete et nous handicape

J’te reproche que j’ai rien, tu me reproches que j’ai tout

La vie en noir et blanc, c’est difficile c’est tout

Ce contraste nous handicape

Ces handicaps sont des atouts

Pas de vie en rose c’est noir et blanc pour nous

J’te reproche que j’ai rien, tu me reproches que j’ai tout

Le groupe en noir et blanc c’est Bouchées Doubles

 

Et un deuxième pour la route :

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Souad Massi et Ismaël Lô – Noir et blanc – 2001

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La chanteuse-auteure-compositeure algérienne Souad Massi a enregistré avec Ismaël Lô une reprise de « Noir et Blanc » de Bernard Lavilliers en 2001 : « c’était par rapport aux événements du 11 septembre. On voulait réagir au racisme contre les Arabes qui est né à l’époque ».

 

C’est une ville que je connais

Une chanson que je chantais.

Y a du sang sur le trottoir

C’est sa voix, poussière brûlée

C’est ses ongles sur le blindé.

Ils l’ont battu à mort, il a froid, il a peur.

De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur (…)

 

Sefyu – En noir et blanc (2006)

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Mes origines sont en panique,

J’ai fouillé dans toutes les poches du monde, ya’ que du trafic.

Ben vas-y oh !

Mon coeur a suivi sa logique,

Il faut se mélanger, dans la mixité ya’ rien de tragique.

Ben vas-y oh

 

Befa Jerems 31 – Prélude au racisme (2006)

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Médine – 17 octobre (2006)

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Médine, de son vrai nom Méhdi Zaouiche est un rappeur havrais de 23 ans d’origine algérienne (kabyle), membre du label indépendant DIN Records et du collectif la Boussole. Il est considéré comme le porte-voix de toute une génération de jeunes issus de l’immigration en dénonçant des amalgames à propos de l’Islam. Cette chanson raconte le massacre du 17 octobre 1961, où des centaines d’Algériens furent massacrés par la police française et jetés dans la Seine.

 

17ème jour du mois d’octobre, le FLN a décidé de mettre fin a l’eau propre

En effet, le journal de la veille titrait :

« Couvre-feu recommandé pour les immigrés »

Non ! La réaction ne s’est pas fait attendre

Algériens de France dans les rues nous allons descendre

Protester contre leurs lois discriminatoires

Investissons leurs ponts et leurs centres giratoires

Embarqués dans un cortège pacifique, nous réclamons justice pour nos droits civiques

Mais la police ne l’entend pas de cette oreille

En cette période nous sommes un tas de rats rebelles

Marchons en direction du pont Saint-michel

Nous verrons bien quelle sera l’issue de cette querelle

Une fois sur la berge j’aperçois le cortège d’accueil

Qui souhaite faire de ce pont notre cercueil

Les camps s’observent et se dévisagent

Un silence de mort s’installe entre les deux rivages

Puis une voix se lève, scande  » A bas le couvre-feu  » et ouvre le feu

La première ligne s’écroule et commence la chasse à l’homme

Je prends mes jambes à mon cou, comme un pur-sang je galope

Mais le pont est cerné, nous sommes bernés

Dans une prison sur pilotis nous sommes enfermés

Pas une, pas deux mais une dizaine de matraques viennent me défoncer le crâne

Et mes os craquent sous mon anorak

Ma bouche s’éclate bien sur le trottoir

Leurs bouches s’esclaffent bien grandes de nous voir

 » Nous allons voir si les rats savent nager

Au fond de la Seine vous ne pourrez plus vous venger « 

Inconscient, gisant dans mon propre sang

Les brigadiers en chef par tous les membres me saisissant

Amorce ma descente là où passent les péniches

S’assurent de ma mort frappant ma tête sur la corniche

Je tombe comme un déchet au vide-ordure

Dans la chute violemment ma nuque a touché la bordure

Liquide poignardant tout mes orifices, le fleuve glacial un bûcher chaud pour mon sacrifice

Monsieur Papon a jugé bon de nous noyer

Aucun pompier pour étouffer le foyer

On n’éteint pas des braises avec un verre de GASOLE

Sans penser aux tirailleurs et combattants zouaves

Mon cadavre emporté par le courant

Sera repêché dans les environs de Rouen. (…)

 

Débat

 

La salle bien échauffée par ces joutes chantées, Julie et Robin ont lancé l’arbre à palabres, affrontant d’abord leurs arguments puis laissant la parole à la salle.

Le thème ? Les stigmates de l’histoire de la colonisation en France dans les mentalités d’aujourd’hui.

Leur point de désaccord ? Faut-il, oui ou non, faire table rase du passé pour mieux avancer aujourd’hui sans s’alourdir des erreurs de nos aînés ? Ou faut-il au contraire, pour vivre dans une société apaisée et claire avec son histoire, accomplir un travail de mémoire qui n’a que trop peu été fait jusqu’ici ?

 

Le feed-back de Julie Deruy, présidente de La presse 2.0 :

 

« Quand nous avons créé notre association , le but n’était pas seulement de produire un journal mais aussi et surtout de développer une vie associative digne de ce nom. Lorsque nous nous sommes réunis pour parler des soirées organisées sur le thème de la discrimination, nous y vîmes non seulement une occasion de travailler un sujet vaste et compliqué – mais à Contrepoint on aime les défis ;) – mais aussi une occasion pour rencontrer et débattre avec d’autres associations étudiantes.

Et effectivement nous n’avons pas été déçus ! Même si nous aurions aimé que les participants à la soirée soient encore plus nombreux, nous sommes réellement contents de celle-ci. Les différentes productions se complétaient bien et ont amené du contenu au débat suivant les films.

A recommencer régulierement ! »

 

Le journal Contrepoint

 

En novembre 2006, huit Sorbonnards se réunissent pour former l’association « La Presse 2.0 ». Ils sont rejoints une semaine plus tard par huit autres étudiants. L’ambition affichée est d’offrir aux étudiants un média au contenu de qualité, renouvelé régulièrement. Cette ambition se traduit par un site Internet d’information et d’un journal papier mensuel.

Le 1er décembre 2006, le site Internet www.contrepoint.info est mis en ligne. Mélangeant les principes de bases du journalisme (terrain, analyse, recoupement) et les nouvelles voies offertes par la convergence numérique (participation du lectorat, travail collaboratif, …) le site se veut résolument tourné vers le XXIème siècle.

À l’aube de l’année 2007, l’équipe compte une trentaine de personne prêtes à relever le défi de faire de Contrepoint le leader de la presse écrite étudiante parisienne.

Le numéro 4 sort la semaine prochaine, et nous préparons actuellement la rentrée universitaire. A partir de septembre prochain nous nous positions toujours sur la presse écrite et le web mais en plus sur la radio. Bientôt plus de détails ! ;)

Un brin de poésie de la Duchère à Belleville

Le projet « regards de jeunes sur les discriminations » n’a pas de secret pour Camille Lloret-Linares, qui avait déjà participé à l’édition 2006.

Camille avait à l’époque réalisé un poétique reportage auprès des jeunes de la Duchère, dans la banlieue lyonnaise. Aujourd’hui, c’est avec plaisir que nous la retrouvons au bar la Passerelle : désormais étudiante parisienne membre de Radio Sciences-Po, elle est toujours en verve, pour nous faire découvrir cette fois de façon sonore et photographique l’univers de la compagnie Tamèrantong !

Le pitch

« A l’occasion de la semaine contre le racisme, des enfants de la compagnie de théâtre « Tamèrantong ! » nous livrent, sur fond de leur spectacle « Les bons, les brutes et les truands », leur vision des discriminations. Des problèmes de société, ces habitants de Belleville savent quelque chose, surtout depuis qu’ils ont vécu l’arrestation de celui qu’ils appellent « le grand-père chinois ». D’ailleurs, leur directrice d’école s’était interposée face aux policiers. Pour la remercier de son courage, ils lui ont écrit une lettre. Quand les 6-12 ans s’en mêlent, c’est politique… et poétique. »

 

Ecouter la bande son :

 

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Voir le diaporama sonore :

 

Radio Sciences-Po : la radio en 1498 mots

 

RSP est la web radio des étudiants de Sciences Po. Son fonctionnement est assez éloigné des radios traditionnelles et n’a pas vocation à s’en rapprocher : pas de direct, pas de programmes continus, pas de grille fixe. C’est une radio à la carte, un site Internet sur lequel les étudiants peuvent venir écouter ce qui les intéresse, quand ça les intéresse. Les émissions sont également diffusées sous forme de podcasts disponibles sur iTunes.

 

Ce modèle a plusieurs avantages : il permet d’avoir une audience plus large, étalée dans le temps, pour des diffusions qui, en direct, n’auraient pas plus d’une dizaine d’auditeurs (l’interview de Richard Descoings a été écoutée par plus de mille étudiants à ce jour), il donne une grande liberté à l’auditeur qui n’est plus passif mais qui, au contraire, choisit d’écouter ce qu’il a envie d’écouter.

 

L’organisation en est aussi facilitée : les étudiants qui souhaitent animer une émission ne sont tenus à aucune assiduité. S’ils sont trop occupés pour animer leur émission pendant un mois, ils n’enregistrent rien et ça n’a pas grande importance. Evidemment cela n’exclut pas que pour exister, RSP ait besoin de gens qui s’investissent au quotidien dans son fonctionnement, et les responsabilités ne manquent pas pour ceux ou celles qui souhaitent participer à son développement.

 

Les programmes de la radio s’articulent autour de trois axes : politique, vie étudiante et culture/musique. Mais ça, c’est un peu de la littérature car dans les faits, si quelqu’un voulait leur faire partager, démonstration à l’appui, sa passion pour la cuisine, il serait chaleureusement accueilli par les gourmets qui président aux destinées de l’association.

 

En un mot : si vous aimez la radio, n’attendez plus et contactez-les à radio@sciences-po.org

EXPO PHOTO par Aïssatou Baldé de Diaph1Kat

« Regards sur les foyers »

Foyer de travailleurs migrants maliens « Felix Faure » géré par l’Adoma à Aubervilliers, mars 2007.

 

Diaph1Kat

Créée en septembre 2004 à l’initiative de deux jeunes artistes, Aïssatou Baldé , photographe, et Jean-Loup Carrénard, réalisateur, l’association Diaph1Kat se veut le creuset d’échanges créatifs et de collaborations diverses qui permet non seulement de promouvoir des projets artistiques en tous genres, mais également d’illustrer les métiers d’art auprès de la jeunesse. Depuis sa création, Diaph1Kat cristallise un réseau, investi de façon ponctuelle et riche, illustrant la volonté de partage qui lui donna naissance. En effet, le nom Diaph1kat est une référence au monde de l’image, où l’ouverture de diaphragme 1.4 est de celles qui laissent passer le plus de lumière dans l’objectif, ce parallèle illustre la volonté d’ouverture d’esprit dont le collectif fait sa ligne de conduite. « Open Your Diaph » (ouvrez votre diaph) étant notre devise, nous invitons notre public à s’ouvrir au monde. L’association Diaph1Kat propose différents services aussi bien dans des domaines artistiques que techniques. Elle se place dans une optique sociale, professionnelle et artistique.

 

Aïssatou Baldé :

 

« Mon travail photographique se place en grande partie dans une recherche sur le thème de l’identité, étant née en France d’un père guinéen et d’une mère franco- vietnamienne, j’ai très tôt eu des questionnements identitaires. Ce projet sur les foyers Sonacotra (nouvellement appelé foyers Adoma), m’a permis de me replonger dans une ambiance que j’ai connu à travers l’expérience de mon père qui était résident dans un foyer à son arrivée en France. Je me souviens qu’enfant, il m’y emmenait régulièrement et organisait des fêtes, l’occasion de partager leur culture avec d’autres et de récolter de l’argent pour le pays. Cette ambiance ne m’était donc pas étrangère et en même temps assez éloignée étant donné que mon père est décédé lorsque j’avais 8 ans et qu’à partir de ce moment j’ai été coupée de cette culture. J’ai dons été très émue de redécouvrir cet univers et c’est cette émotion et cette pudeur que j’ai voulu faire passer à travers les photographies. Ce projet, en s’inscrivant dans la journée de lutte contre les discriminations veut faire passer un message simple. Faire un pas vers l’autre pour apprendre à se connaître et se découvrir et réussir à créer des liens forts. Nous avons choisis de montrer une réalité, de poser un regard simple sur des faits et ses conséquences sans tomber dans le misérabilisme ou la culpabilisation. Notre souhait à travers ce documentaire est tout simplement de vouloir donner envie aux personnes qui ignorent cette réalité, de s’y pencher un instant pour voir et comprendre l’évidence. »

 

Jean-loup Carrénard :

 

« Je connaissais très peu les foyers Sonacotra. J’y avais été quelque fois pour manger pas cher et me plonger dans une ambiance différente, mais je n’avais pas vraiment essayé de percer ce monde à jour, tant il me paraissait fermé : tout les habitants avaient l’air de se connaître, et briser la glace me paraissait impossible. C’est donc pour cela que j’ai sauté sur l’occasion de faire ce mini-docu, car j’avais soif d’en savoir plus, sur eux, leur parcours, les raisons de leur présence et leurs espérances. A la fin du tournage j’étais sur ma faim, car ce fut très bref, mais ma joie fut grande de me rendre compte que le peu que nous avions vécu (en deux jours de rencontre) passait quand même un message fort de tolérance vis-à-vis de ce petit monde si méconnu. »

 

Ismaël Sacko, président de l’Association des diplômés et des étudiants maliens de France.

“Ma satisfaction personnelle a été de donner la parole aux résidents du foyer, de leur permettre d’échanger avec le grand public et de créer un cadre de diffusion de leur message, pour que finalement les préjugés et discriminations cèdent place à l’expérience humaine, la tolérance et l’ouverture d’esprit.”

 

Le projet

Dans le cadre de la semaine de lutte contre les discriminations et les inégalités sociales, Adem France avec Diaph1Kat et l’association radiophonique L’Oeil à l’écoute a souhaité ouvrir les portes des foyers de migrants Félix Faure d’Aubervilliers et celui d’Epinay-Sur-Seine. Lors de ce travail de collaboration, il nous a été donné la possibilité d’entrer en contact avec les résidents de ces deux foyers, de partager un moment de leur quotidien, de filmer leur réalité. Nous avons été agréablement surpris par l’accueil et l’ ouverture d’esprit dont ils ont fait preuve à notre égard. Cette démarche a permis de mettre en valeur la volonté manifeste de la population de ces habitations collectives de s’intégrer dans la société française. Au cours de cet échange interatif entre caméra, radio et témoignages vivants, les résidents nous ont confié leur indignation vis-à-vis des regards stéréotypés qu’on leur porte.

 

Le retour des résidents

Après notre passage dans les foyers et peu après le débat organisé dans le bar Jokko, où la mairie d’Aubervilliers s’est d’ailleurs fortement mobilisée, nous avons reccueilli un sentiment de satisfaction auprès de certains résidents qui espèrent être davantage compris par leur société d’accueil. A l’occasion de cette soirée au Jokko, un des anciens résident du Foyer Félix-Faure-Aubervillier a d’ailleurs pu entrer en contact avec deux responsables de la Mairie d’Aubervilliers et trouver une solution à ses problèmes de logement. Il bénéficie aujourd’hui d’un appartement pour y accueillir sa famille, et la rencontre avec les élus lui a permis de se sentir partie prenante de la société française, citoyen à part entière du pays dans lequel il travaille et dans la République où ses enfants iront à l’école.

Le retour des participants au débat et des élus

Les élus locaux chargés des relations internationales ont trouvé la démarche initiée intéressante dans la mesure où elle consiste à rapprocher les résidents migrants et les riverains. Ils sont prêts à soutenir une telle initative et souhaiteraient organiser un débat pour valoriser les images vidéo reccueillies pendant cette semaine de lutte contre les discriminations.

 

L’ASSOCIATION ADEM

Ses orientations pour 2006- 2008

 

– Réalisation de projet d’alphabétisation de femmes primo-arrivantes et aide aux devoirs des enfants en difficultés scolaires dans la ville de Stains (partenariat avec la mairie de Stains),

– Mise en place d’une charte pour les associations d’intellectuels et d’étudiants maliens de France,

– Projet de promotion de restauration africaine à la cité internationale de Paris et avec les CROUS d’Ile-De-France,

– Organisation d’ateliers de formation avec les intellectuels (cadres, diplômés et étudiants) maliens, africains et occidentaux sur notre rôle auprès de la diaspora en France,

– Forum de rencontre et de discussion entre entreprises et diplômés et étudiants maliens en France,

– Projet de solidarité internationale « colonie de vacances » pour les enfants maliens issus de l’immigration,

– Projet de jumelage entre un collège de la commune II de Bamako et un collège de la ville de Stains (partenariat ville de Stains),

– Création de projets de développement socio-économique de migrants en direction du Mali,

– Célébration de la journée de l’Afrique avec au moins 5 ambassades africaines de France,

– Participation aux initiatives d’intégration des villes françaises partenaires de Adem-France.

 

Pour les contacter :

 

ADEM France S/C M. BAGAYOKO

15, rue André Lurçat 93240 STAINS

 

Président : Ismaila SACKO

06 50 85 34 64 – i.sacko@voilà.fr

Relations extérieures : Sinaly DIAKITE

06 24 55 04 45

Volontaire : Charlotte GARCIA – 06 62 25 19 76

ademfrance@yahoo.fr

 

Charlotte Garcia, Volontaire d’Adem France

L’oeil à l’écoute

Souriez, vous êtes enregistré ! L’oeil à l’écoute est une association qui développe un espace de création sonore et d’information sur le média radio à destination des habitants du 93. Le parti pris de la promotion de la parole se définit autour de l’idée que le témoignage est une manière d’agir.

Toutes les semaines, Hervé Bouchet et Guillaume Mahé animent un atelier radio avec des ados de la ville de Stains. L’image des quartiers populaires dans les médias étant souvent fabriquée par des personnes autres que celles qui y habitent, l’association contribue à permettre aux riverains de se réapproprier la parole sur leur lieu de vie, et d’en montrer une réalité riche et vivante.

 

« Dans les coulisses des foyers de travailleurs migrants »

Le projet de déambulation sonore dans les coulisses des foyers de travailleurs migrants permet de rendre la parole à des résidents qu’on entend peu, et de découvrir leur quotidien. Ce projet a été réalisé par Hervé et Guillaume, les ados étant pris par une émission dédiées aux papilles dont nous vous touchons deux mots plus bas.

Hervé a vadrouillé dans les foyers avec son micro, accompagné par Aïssatou, Jean-Loup, et Ismaël. Le résultat : une émission de 50 minutes diffusée le 17 mars sur les ondes de Radio Campus Paris.

Un détail que vous n’auriez pas pu deviner : lors du reportage, Hervé a récolté auprès des résidents une foules d’extraits musicaux qui font partie de leur univers et qu’ils lui ont confié. Il en a passé une sélection tout au long de l’émission. Ce sont aussi ces extraits musicaux que l’on retrouve en partie dans le documentaire de Jean-Loup.

Hervé et Guillaume ont réalisé une deuxième émission sur l’ensemble des associations qui ont participé au projet « Regards sur les discriminations », diffusée le 24 mars.

 

Les Stanois vous invitent à leur table

Parmi les émissions passées, celle-ci vous explique un peu mieux pourquoi Hervé s’est si facilement glissé dans les cuisines collectives du foyer d’Aubervilliers !

*Clic* sur play et laissez-vous porter. Des sons qui crissent sous l’oreille, la gouaille des gamins, de la poissonière, du « vendeur de steacks et de poulets »… Une pulsation urbaine sur les recettes de poule au pot, des grains de voix qui nous emmènent loin, au creux d’une vie de quartier où le parmesan fond sur les pommes de terre mouillées de guinguette. C’est sublime d’instants à croquer, c’est plein d’énergie, on en sort revigoré, confiant. Une mise en bouche qui est aussi l’occasion de faire le tour des multiples cultures et origines des habitants de Stains, par le ventre.

 

****************[ Clic ]****************

 

Passé le témoin

Cette semaine : Second volet de « Passé le témoin ». Cette émission proposée par Ivan Gros s’articule autour du voyage de mémoire réalisé chaque année par des anciennes déportées de Ravensbrück. Elles ont fait l’expérience des camps. Certaines d’entre elles, soutenues par la conviction qu’il est possible de transmettre une part de cette expérience, ont pris le parti de témoigner. Le 1er volet était consacré au voyage, le second est un débat organisé dans les studios de Radio Campus Paris le 09 juin à 18h.


Neuf cube

En juin, troisième volet de « Neuf cube ». Chaque mois une ville du 93 sera sous le feu des projecteurs. Rencontre avec ses habitants, ses acteurs associatifs et culturels. Après Stains et Aubervilliers, en juin ils s’attaquent à Pantin. Diffusion le 23 juin à 18h.

 

Phonomaton

Toujours en juin, une émission « Phonomaton ». C’est un est un exercice très simple : des bouts de paroles, des chutes de bandes et les invendables à monter sur un thème imposé. A savoir : le parcours.

Diffusion le 17 juin à 18h.

 

Contacter l’association :

Association l’œil à l’écoute

Guillaume Mahé

Hervé Bouchet

01 74 61 34 10

lole93@noos.fr

www.lole.fr

L’équipe de choc :

 

De gauche à droite : Stéphanie, Samir, Sarah, James, Camille. Cette photo a été prise lors de leur soirée « Rencontre autour du monde » sur l’Argentine, le 22 mai 2007 à Paris.

 

Le travail de James auprès des expulsés de Cachan

 

Ses photos ayant été tirées en argentique (et en noir et blanc), nous ne pouvons pas vous les faire partager en ligne. Voici à défaut un aperçu numérique :

 

James

« J’avais vu les quelque huit cents immigrés africains expulsés le 17 août dernier du squat de Cachan depuis le Liban, où je faisais un travail photographique. A mon retour, un ami m’a appelé pour que j’aille les voir au gymnase où ils étaient provisoirement regroupés, dans l’attente d’être correctement relogés. J’y suis allé. Comme j’ai toujours mon appareil sur moi, j’ai pris quelques photos. Puis j’en ai pris de moins en moins, et j’ai surtout discuté avec les familles et joué avec les enfants. On vit dans notre petit monde, alors qu’à nos portes, il y a des gens qui dégustent. »

 

Leur documentaire en cours sur le mal-logement

 

Le documentaire étant en cours de réalisation, il n’est pas encore possible de le voir en ligne. James nous dévoile néanmoins les trois destins que leurs caméras suivent depuis maintenants plusieurs mois. Des portrait croisé du mal-logement à Paris et ses environs aujourd’hui.

 

Une famille dans les hôtels du XXe

Premier volet de la trilogie : le père d’une famille d’origine algérienne, régularisée, qui habite les Hôtels Réunis, un hôtel meublé du 20e arrondissement de Paris. Arrivés en France en 2001, les parents de cette famille ont tous deux un CDI, mais ils vivent toujours à cinq dans treize mètres carrés, inscrits sur liste d’attente d’un logement social. La chambre coûte 3000 euros par mois, et depuis 2001, ils ont ainsi changé treize fois d’hôtel.

Youssef était présent lors de la soirée au Café de Paris. Les ateliers du citoyen qu’organise Camille, tous les mercredis à la maison du Xe, permet aux enfants de sortir du cadre de l’hôtel et de s’ouvrir les horizons à travers la culture.

 

Un ouvrier dans le privé

Deuxième volet : un ouvrier français, handicapé depuis qu’il a inhalé des produits toxiques sur son lieu de travail, et en procédure depuis 4 ans contre son propriétaire qui cherche à l’expulser alors qu’il paie son loyer tous les mois. Les caméras suivent son combat de tous les jours, qui aujourd’hui semble lui laisser un peu de répit puisque la fondation Abbé Pierre lui permet enfin de se voir assigner un avocat.

 

Une étudiante en cité U

Troisième et ultime volet : une étudiante résidant à la cité universitaire de Nanterre, réunionnaise. L’occasion de revenir sur les phénomènes de sélection sociale et spatiale à l’oeuvre aujourd’hui, même dans le logement universitaire.

On attend impatiemment la sortie du documentaire !

 

Contacter l’association : http://www.citoyen-international.com/

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