L’absence de vie et d’animation sur les campus incite de nombreux étudiants à déserter l’université sitôt leurs cours achevés. Comment alors créer un sentiment d’appartenance à la communauté universitaire ?

 

Les travaux de l’Observatoire de la Vie Etudiante et du sociologue Stéphane Beaud[1] mettent pourtant en évidence l’importance de l’acculturation à l’université. Les étudiants qui ne se créent pas d’habitudes universitaires, restent peu sur les campus en dehors des heures de cours, fréquentent moins que les autres la bibliothèque universitaire, ou même la cafétéria, réussissent moins bien leurs études et tendent à revoir leurs ambitions professionnelles à la baisse. Les étudiants issus des familles populaires, qui conservent un fort ancrage dans leur cercle social antérieur, sont particulièrement pénalisés par ce phénomène.

 

> Il nous semblerait particulièrement intéressant que les universités soutiennent l’existence systématique sur les campus d’une association englobante, instituée, offrant un cadre de socialisation à l’ensemble des étudiants. Cela suppose qu’elle soit hors du jeu électoral. Comme « plus on réussit à être étudiant, mieux on réussit », le but est de faciliter cette transition identitaire. Une telle association pourrait par exemple veiller à ce que chacun s’approprie le « métier d’étudiant », organiser le tutorat, diffuser et produire de l’information… Il s’agirait d’un véritable lieu d’échange et de connaissance, avec une dimension de convivialité importante.

 

> Il nous semble souhaitable d’impliquer davantage les étudiants dans la gestion des Bureaux de vie étudiante (BVE), ce qui permettrait tout à la fois de renforcer les liens entre administrations et étudiants et d’autre part de favoriser l’investissement des étudiants sur leur campus.

 

> Le recours au dispositif du Service Civique par les établissements d’enseignement supérieur peut également être une piste de réflexion, pour peu qu’il s’agisse bien d’une mission d’intérêt général qui se distingue clairement des vacations. Des volontaires, en tant que personnes ressources, pourraient tout à la fois renforcer la communication entre les associations étudiantes, les rendre actrices de leurs campus voire permettre le développement de projets inter-associatifs.

 

> Enfin, il peut être intéressant d’aménager autrement le temps et l’espace dans les campus afin d’y renforcer l’aspect « lieu de vie », en facilitant par exemple l’utilisation des locaux (amphis, salles de cours, RU en lien avec les CROUS) y compris le week-end et en soirée ou en octroyant des locaux de manière éphémère à des projets.

 

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[1] Stéphane Beaud, 80 % au bac… et après ? Les enfants de la démocratisation scolaire, La Découverte, Paris, 2002

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