Animation : Amadou Sondé, Collectif des étudiants pour une nouvelle Afrique (CENA)

 

La démarche de la plateforme de propositions est née de la réunion de responsables d’associations d’AEI qui ont identifié des problématiques communes dans leurs actions d’aide aux arrivants et de facilitation de leurs démarches.

Elle a été réalisée lors des RNC de février 2009 (http://animafac.net/plate-forme-de-propositions/#) et, par la suite, au niveau d’Animafac, au sein d’un comité thématique.

 

Elle se structure autour de trois thèmes directeurs :

– l’importance pour les associations d’AEI d’obtenir de l’information en amont, avant l’arrivée de l’étudiant, afin de préparer au mieux son arrivée et d’anticiper les problèmes qu’il va rencontrer

– à l’arrivée de l’étudiant, le traitement des questions du quotidien

– la question de l’insertion professionnelle, une fois les études terminées.

 

Au cours des discussions et des débats, plusieurs propositions sont apparues.

Pour permettre une meilleure préparation de l’arrivée des étudiants internationaux, il a été proposé de rendre visibles les coordonnées des associations d’AEI dans les agences CampusFrance, via un annuaire qui recenserait les coordonnées des associations. Une démarche dans ce sens a été accomplie, puisqu’une liste a été envoyée, mais il faut veiller à ce que des mises à jour soient effectuées.

Il faudrait également généraliser le poste de délégué à l’AEI, qui existe dans certaines universités, dont le rôle est de faire remonter les difficultés au niveau administratif.

 

Pour résoudre au mieux les problèmes rencontrés à l’arrivée, il a été proposé que les délais d’obtention de carte de séjour soient uniformisés dans toutes les villes. Concernant le logement, pour remédier aux difficultés que beaucoup rencontrent à trouver un garant, il a été proposé l’adoption d’un locapass pour tous les primo-arrivants ou la mise en place d’une caution solidaire. Enfin, concernant le Dossier social étudiant (DSE), il conviendrait de l’adapter aux étudiants internationaux arrivants. Par exemple, dans certains cas, ceux-ci croient que remplir ce dossier suffit pour obtenir une chambre alors que d’autres démarches sont nécessaires.

 

Pour faciliter la transition entre emploi et fin des études, la proposition que soit mise en place une carte de séjour permettant une libre circulation a été émise. La France investit pour former des étudiants qui, leurs études terminées, doivent partir sans pouvoir avoir de passerelles. Les étudiants internationaux ayant achevé leurs études sont face à deux choix : le retour ou la clandestinité. Il est regrettable de voir des docteurs réduits à la clandestinité et à des petits boulots sans lien avec leurs études. La plateforme de propositions porte donc l’idée qu’un étudiant puisse, pendant cinq années après ses études, circuler librement entre son pays d’origine et le pays d’accueil afin de monter des choses, créer des passerelles.

Il serait également positif de diminuer le niveau de rémunération pour changer de statut – passer d’étudiant à salarié – de 1,6 le SMIC à une fois le SMIC. Pour les étudiants internationaux, passer au statut de salarié implique d’avoir une position de cadre. Enfin, il faudrait également tenir compte du délai d’obtention du diplôme pour l’obtention du titre de séjour de six mois accordé pour chercher un emploi.

 

Au terme de cette présentation quelques idées et perspectives ont été proposées :

– ajouter des initiations aux jobs étudiants sur place ; expliquer comment faire un CV, une lettre de motivation selon ce qui est attendu en France

– créer une base de CV

– créer un annuaire des anciens qui ont ou qui travaillent pour qu’ils puissent partager leurs expériences

– proposer aux universités des structures de suivi semblables à ce que l’on peut trouver dans les écoles

– mettre en place des bureaux d’insertion professionnelle destinés aux étudiants internationaux

– il faudrait plus de préparation dans les pays d’origine, plus de communication pour préparer l’étudiant, lui parler du pays d’accueil

– mettre en place un système de famille d’accueil, de parrainage.

 

 

Exemple d’actions

 

Mise en place d’une caution solidaire par Africapac à Amiens

 

La région Picardie s’est engagée à cautionner les étudiants internationaux primo-arrivants. La région cautionne directement l’étudiant et renouvelle sa caution sous conditions que l’étudiant ait régulièrement payé son loyer.

Pour engager ces démarches, Africapac est passé par les élus étudiants qui siègent au sein du CROUS. Le projet a été débattu au sein du CA du CROUS, qui l’a ensuite porté auprès de la région.

 

Guide de l’étudiant de Lyon, en collaboration avec Cosmolyon

 

Le guide des étudiants de Lyon est édité depuis 4-5 ans par la ville, au format papier (la prochaine édition sera numérique). Ce guide est adapté aux étudiants internationaux, qui rencontrent les mêmes problématiques que les étudiants nationaux. Il est réalisé par le service culturel de la ville, l’association Cosmolyon intervenant à différents niveaux dans l’aide à la rédaction. L’association propose également sur son site des informations complémentaires.

 

Un guide demande de cinq à six mois de préparation (plus la première année). Au niveau du coût, il faut avoir à l’esprit la mise en page, la traduction et l’impression (coût d’environ 1€ par guide).

 

Le guide apporte des précisions sur la ville, les structures clefs pour les démarches administratives, les services, les transports, etc. Cosmolyon ajoute sur son site des informations sur comment se loger, se soigner, se nourrir, trouver du travail. Une partie est également consacrée à la culture et aux sorties. Les informations spécifiques pour les étudiants internationaux concernent les moyens de perfectionner son français, les associations qui aident à l’intégration et les centres culturels.

 

Le guide va se muer en un site web, qui permettra une meilleure diffusion, en passant par le relais des associations. Les deux principaux avantages sont que cela permet des modifications rapides et d’être visible avant l’arrivée des étudiants dans la ville.

 

Cosmolyon songe à mettre en place un système de parrainage et le guide pourrait fonctionner comme un support de formation pour les parrains.

 

 

Guide pratique réalisé par l’Association des étudiants internationaux de Besançon (AEIB)

 

Le but de ce guide, édité par l’AEIB, n’est pas parfaitement identique à celui présenté ci-dessus. Il ne s’agit pas de rassembler toutes les informations, mais de synthétiser les choses et de donner des astuces en répondant au besoin de savoir où il faut aller et comment il faut procéder pour résoudre les problèmes du quotidien. Le guide livre l’essentiel et donne les bons contacts.

 

Il est structuré en plusieurs sections :

– présentation de la ville

– présentation de l’AEIB

– présentation de l’université

– présentation du CROUS et du guichet unique pour les démarches administratives

– questions de vie quotidienne (téléphonie, ouverture de compte, contrat pour l’électricité et le gaz etc.)

 

Le but est que l’étudiant sache quoi faire pour s’y retrouver.

 

AEIB a également mis en place un système de parrainage. L’association obtient les coordonnées des étudiants avant leur arrivée, vient les chercher à la gare et les accompagne dans leur démarche.

 

Un participant à l’atelier, membre de l’association Autour du monde à Nantes, précise que son association organise également des activités de parrainage, mais sur une base différente. Deux soirées sont organisées dans l’année, où les gens peuvent discuter et où il revient à chacun de trouver son parrain. Ceux qui n’y parviennent pas à cette occasion s’inscrivent sur une liste et l’association tente de faire des recoupements à partir de sa base de données, ce qui n’est pas toujours facile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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