Présenter et valoriser ses projets, défendre une cause, se faire entendre… Véritable nerf de la guerre pour les associations étudiantes, la communication y prend souvent de plus en plus de place. Au sein de ce dossier, retrouvez des témoignages d’associatifs, de professionnels et de nombreux conseils et astuces pour vous permettre de réussir la communication de votre association.

 

Même si on ne vous demandera pas de défiler affublé d’un déguisement de hot dog – quoi qu’on ne sait jamais – dans les rues de votre ville pour dénoncer la malbouffe et assurer la promotion de l’AMAP du coin, n’oubliez jamais que votre imagination est votre meilleure alliée ! Entre les partenariats, les appels à création et les différents happenings, les stratégies et les concepts sont légion. A vous de choisir !

 

Une règle d’or reste cependant incontournable : ne jamais partir à l’abordage sans avoir analysé vos besoins, votre cible et les moyens – techniques et financiers – dont vous disposez ! L’idée a peut-être l’air d’aller de soi, mais nombre de structures se lancent sans préparation ; et s’investir dans un projet pour s’apercevoir qu’il est inutile peut s’avérer très crispant. Heureusement, vous n’êtes pas seuls. Des partenaires et des conseillers tels que des agences solidaires ainsi que des entreprises et institutions peuvent vous soutenir ou devenir de précieux partenaires.

 

Découvrez au sein de ce dossier thématique :

 

l’interview de Cathy Mounier, co-fondatrice de l’agence de communication La Face B ;

 

le témoignage d’Oliwia Baran, responsable du concours créatif européen « Design ton blouson » ;

 

– quelques bonnes pratiques d’associations du réseau pour communiquer efficacement ;

 

– et bien sûr, de nombreux conseils et astuces recensés pour vous dans nos fiches pratiques… vraiment pratiques !

Tout voir

Si tout le monde ne peut pas réinventer le LoLCat et l’utiliser à bon escient, les pistes de réflexion et les outils ne manquent pas pour défendre une cause ou valoriser un projet.

 

Petit inventaire des pratiques les plus efficaces et, parfois, les plus surprenantes…

 

Don’t panic, this is a happening !

 

Si certaines mises en scène attestent du culot – voire du grain de folie – de leurs auteurs, elles parviennent à attirer l’attention ! Surprenants, marquants ou hilarants, ces happenings constituent un moyen efficace de faire parler et d’être vu tout en laissant libre cours à son imagination. Initié sur la Côte ouest des Etats-Unis, Carrotmob encourage ainsi commerçants et entreprises à évoluer vers un modèle de gestion plus écologique et responsable. Les enseignes coopérant au projet mènent des actions commanditées par les porteurs du projet. « Il s’agit de l’exact opposé du boycott. Les bénéfices générés par nos opérations nous permettent de soutenir les entreprises qui souhaitent revoir leur gestion et aller vers plus d’éco-responsabilité », selon Alex Gold, responsable des partenariats de Carrotmob.

 

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le concept fait recette. Des rédactions telles que le Times, CNN ou Der Spiegel en parlent tandis que des groupes industriels comme Unilever se prêtent au jeu. Point fort de la démarche, la viralité assure la propagation du happening. Carrotmob n’appartient à personne. Chacun peut s’en saisir, entreprendre une action et la disséminer aux Etats-Unis, en Allemagne, au Royaume-Uni et, bien sûr, en France !

 

Autre initiative détonante, la Greenpride est présentée comme un remède à la morosité ainsi qu’une fête de l’écologie. Battre le pavé d’une grande métropole en arborant costumes et maquillages, mais surtout faire émerger les grandes questions de l’écologie actuelle, tel est le programme concocté par l’Appel de la jeunesse. Et la couleur est annoncée dès le clip d’annonce. L’équipe de BIOmen prête en effet main forte aux porteurs du projet pour vanter ses mérites. Outre la parade, l’association propose de prendre part à des conférences, des rencontres et des concerts.

 

Pour cette seconde édition, la joyeuse troupe se mobilise autour du thème – non moins joyeux – des perturbateurs endocriniens. Mais là encore, la philosophie des organisateurs prend le pas sur la gravité du sujet et chacun s’emploie à porter les valeurs d’une écologie dynamique et dédramatisée dans la bonne humeur. Cette année encore, la nouvelle édition a reçu un accueil très positif. Surpris par le ton donné à l’action, médias et curieux ont de nouveau répondu à l’appel.

 

 

L’union fait la force !

 

En croisant les expertises, en mutualisant les moyens, les associations préférant le collectif à l’action individuelle s’ouvrent d’importantes perspectives de développement. Ainsi, certaines structures font le choix d’associer leur communication au savoir-faire d’autres organismes. Que peuvent avoir en commun l’association l’Envolée Bleue et la RATP ? Deux expositions artistiques ! Initiées par l’association culturelle francilienne et portées par la régie de transports publics, « Book in progress » (qui présente les grandes étapes de la conception d’un ouvrage) et « Machina Obscura » investissent, pendant quelques semaines, les stations du métro en donnant aux vitrines et couloirs des lignes 4 et 14 l’aspect inattendu d’une galerie éphémère.

 

 

Le REFEDD, quant à lui, co-anime une Matinale sur les ondes de Radio Campus Paris un vendredi sur deux. François Herpers, son délégué général, voit dans ce partenariat « une formidable opportunité d’ouverture sur un public éloigné du développement durable ». Outre l’élargissement du cercle des personnes directement interpelées par le réseau, les chroniques, reportages et, finalement, la chaleur du support radiophonique confèrent un dynamisme nouveau au discours écologique. Pour François, les associations ont tout intérêt à s’allier avec un média. Selon lui, « l’intérêt du projet ne réside pas que dans la valorisation des assos et de leurs démarches. Ces partenariats permettent également de briser l’isolement, de se rapprocher du public ». Enfin, une telle fenêtre d’exposition n’est pas sans favoriser l’attractivité des structures auprès d’acteurs importants de leurs champs d’action. Une attractivité synonyme d’intervenants prestigieux et d’invités nombreux.

Agence de communication atypique, la Face B entend rendre intelligible les discours intelligents. Défendant une approche éthique et solidaire de son métier, elle propose notamment son expertise aux projets associatifs.

 

Cathy Mounier, co-fondatrice de cette agence, nous en dit plus sur l’importance de la communication dans le développement de projets associatifs.

 

Pouvez-vous présenter la Face B ?

 

Cathy Mounier : La Face B est avant tout une agence de communication engagée dans la mesure où nous mettons à la disposition de causes des outils professionnels afin de permettre l’émergence de discours jusqu’ici inaudibles. Nous nous adaptons en priorité aux thématiques sociales et environnementales. Dans ce cadre, nos principaux interlocuteurs sont issus du monde associatif.

 

Que proposez-vous aux structures qui vous sollicitent ?

 

C.M : Concrètement, la Face B propose aux structures une réflexion stratégique sur leurs prises de parole. Elle se penche donc sur un diagnostic de leur communication face aux grands enjeux auxquels elles sont confrontées. Par ce biais, elle les aide à orienter leur discours et leur positionnement. Elle s’appuie également sur son expérience de la gestion de projets et réalise des campagnes en fonction des objectifs fixés au préalable. Enfin, elle met en oeuvre l’ensemble des techniques à sa disposition pour soutenir une démarche. Relations presse, stratégie web, publicité classique, supports imprimés… Tout est possible.

 

Quels devraient être les réflexes à adopter par une association pour bien communiquer ?

 

C.M : Une association ne devrait pas répondre à une problématique de communication par la production d’outils. Elle devrait impérativement évaluer ses besoins réels, ses contraintes, le contexte et le public visé, avant de se lancer. Nous sommes souvent sollicités par des structures nous demandant un site internet, des flyers, une affiche… Or, en analysant la situation, on se rend compte qu’une production, souvent onéreuse, ne répondra pas aux enjeux du projet. Aucune production ne devrait être envisagée sans que la stratégie de communication ne soit clairement définie. Trop d’associations pensent que la communication se résume à la production de documents. C’est une erreur.

 

Est-ce nécessaire pour une association de réfléchir à sa communication ?

 

C.M : En général, une structure a besoin de recruter des bénévoles venant soutenir sa démarche, valoriser son projet ou sa cause. Il est donc parfaitement inutile de prêcher les convertis. Penser sa communication est absolument nécessaire dans la mesure où l’association doit pouvoir projeter son discours au delà d’un public d’ores et déjà acquis. La communication est nécessaire dans la mesure où l’on veut faire évoluer les pratiques, faire infléchir les représentations, sensibiliser un large public.

 

Quel est l’intérêt pour une association de passer par une agence de communication comme la vôtre ?

 

C.M : Passer par une agence induit un certain coût. Cela signifie également s’entourer de compétences dont on ne dispose pas en interne, une valeur ajoutée à la réflexion commune. Par conséquent, un tel choix paraît pertinent pour une structure nationale dans l’optique de travailler un discours global et d’élaborer de nouveaux supports. Concernant les entités plus restreintes, la dimension locale est plus propice aux expérimentations directes. De plus, l’association locale peut également faire appel aux compétences d’étudiants en communication qui seront sans doute disposés à donner un coup de main.

 

Quelques exemples de projets que vous avez réalisés pour des associations ?

 

C.M : Typiquement, Starting Block est une association à laquelle nous avons apporté un conseil vraiment utile. L’équipe nous a interpellée pour réfléchir à sa stratégie de communication. Forte de son succès auprès du monde étudiant, la structure a grandi très rapidement et s’est vite retrouvée face à de nouveaux besoins en terme de formulation de programmes et de discours. Nous avons donc entamé une réflexion d’un an basée sur l’histoire, les valeurs, les forces et les faiblesses de Starting Block. Finalement, nous avons travaillé à la refonte de l’identité visuelle de l’association, son logo, son site web.

 

Autre exemple, le CNAJEP, qui est confronté à un problème de notoriété de son thème d’action, l’éducation populaire. Il nous a donc sollicité pour lancer une campagne de sensibilisation portant sur l’identité et les valeurs de ce domaine. Nous avons ainsi développé un site (educ-pop.org) permettant à l’ensemble des structures de se référencer et de s’identifier sur une grande cartographie. L’outil ainsi constitué donne la possibilité aux internautes de trouver les structures d’éducation populaire conformes à leur recherche et les plus proches géographiquement.

 

La Face B est bien entendu sur le web : www.lafaceb.com

Créer ou optimiser un site web, communiquer et partir à la rencontre de ses interlocuteurs… Autant de défis que les associations doivent relever afin de valoriser leurs projets. Mais pas de panique ! Vous trouverez une multitude de conseils dans les fiches pratiques d’Animafac.

 

Communiquer sur son événement auprès des médias et du public 

 

Festivals, événements, parution d’une revue, concerts… Les associations ont toutes besoin, à un moment ou à un autre, d’aller à la rencontre de leur public. Pour cela, un seul mot d’ordre : communiquer ! Cette tâche peut au premier abord se révéler facile mais elle nécessite en réalité une bonne préparation. Voici quelques conseils pour mieux se démarquer et faire connaître son projet.

 

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Créer un blog pour son asso (sans redevenir un adolescent boutonneux)

 

A priori, vous ne voyez pas ce que gagnerait votre asso à créer un blog qui viendrait se glisser aux côtés du récit de vie d’un lycéen au lendemain de sa première cuite… Pourtant, la fréquentation exponentielle de ces plateformes simplissimes a suscité l’intérêt d’un public bien plus large. De nombreux hommes politiques mais aussi de grandes entreprises ont ainsi décidé de faire une cure de popularité participative via la création et l’aniamtion d’un blog. Une bonne idée pour votre asso ? Pour le savoir, embarquez avec nous pour un voyage en blogosphère…

 

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Créer et optimiser son site web

 

Aujourd’hui incontournable, le web est un instrument formidable de communication, de diffusion et d’échange d’informations. Encore faut-il savoir l’utiliser sans se perdre dans l’étendue de ses potentialités. Référencement, serveur, nom de domaine… Comment s’y retrouver lorsque l’on est peu familier du jargon informatique ? Quelques conseils pour gérer au mieux votre site web.

 

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Faire connaître son asso sur internet… sans passer pour un troll

 

Ca y est, vous venez de finaliser le site ou le blog le plus funky. Vous lui avez aussi bichonné une page sur Facebook, c’est dire. Frénétiques, vous filez, conquérants, direction « statistiques » dans les entrailles du site de votre asso. Combien de personnes se sont connectées sur le site ? Ben… Pas grand monde ! En fait, personne (à part vous, et les bénévoles les plus sacrifiés à la cause) ! Et bien entendu, pas de messages…

 

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Construire son fichier presse

 

Faire un fichier presse ? Facile ! Il suffit de recenser tous les contacts possibles dans les médias… Pas de quoi remplir une fiche pratique. Et pourtant, la tâche peut dérouter plus d’un associatif chevronné. Car un joli tableau avec les coordonnées des journalistes en gras ne suffit pas pour bien communiquer avec les médias. Bien communiquer, c’est donner la bonne information au bon contact, au bon moment et ça, c’est un travail qui demande beaucoup d’attention, de temps, et de savoir-faire…


Bien d’autres pistes et sources de réflexion sont à votre disposition. Certaines structures, à l’image de la Fondation Gloriamundi, vous épauleront volontiers. La Fondation soutient les petites associations à but humanitaire ou social en leur offrant la conception et la réalisation d’outils de communication (sites internet, dépliants, brochures, logos, rapports annuels, reportages photographiques, documentaires, panneaux d’exposition) mis à disposition gratuitement selon les besoins de chaque candidature retenue. 

 

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Depuis trois ans, l’association Voiture & Co organise un appel à création artistique à l’échelle européenne. Initié dans le but de sensibiliser les jeunes aux dangers du deux roues, il les interpelle sur la nécessité de se protéger en portant un équipement de sécurité complet.

 

Oliwia Baran, responsable de la communication de Voiture & Co nous en dit plus sur ce concept ambitieux.

 

Comment est né ce projet de concours européen ?

 

Oliwia Baran : Le concours est né d’une réflexion portée conjointement par Voiture & co et des associations européennes. La problématique dominante étant celle des deux roues motorisés et le dénominateur commun entre toutes les situations étant l’équipement de sécurité, notre structure a décidé de s’emparer du problème des casques et de mettre sur pied un concours de création en partenariat avec des équipementiers. C’est ainsi que la première édition a vu le jour. Afin de soutenir la démarche et son caractère préventif, un site internet a par ailleurs été développé. La plateforme propose des conseils pratiques et certaines règles de sécurité aux internautes. Le projet a rapidement été soutenu par des acteurs locaux, des assureurs, des professionnels du secteur des vêtements de sécurité et des institutions.

 

Pourquoi privilégier l’appel à création parmi tous les modes de sensibilisation existant ?

 

O.B : Cela fait 13 ans que Voiture & Co privilégie l’accompagnement humain dans le cadre de ses projets de sensibilisation, que nous intervenons en soirée… Mais nous nous sommes rendus compte que la créativité et l’imagination des jeunes ne sont que rarement sollicitées. Nous partons du principe que les jeunes s’approprient mieux les concepts défendus lorsqu’ils sont en première ligne et qu’ils sont en position de s’exprimer. Par ailleurs, la création n’est absolument pas vécue comme une contrainte, une obligation.

 

Comment le concours est-il ressenti par le public et les participants ?

 

O.B. Le nombre de contributions reçues atteste d’un accueil positif de la part du public et des participants. Pour la première édition, nous avons reçu 220 projets issus de 24 pays différents. Les lauréats ont, pour leur part, été désignés par plus de 20 000 votants. En Europe, des universités et des écoles se sont manifestées pour intégrer le concours dans le cursus de leurs filières de design. Nous avons, à ce propos, reçu une œuvre conçue par l’ensemble d’une classe d’étudiants de Bucarest. Un partenariat a même été établi entre l’école et notre association !

 

Une petite anecdote concernant une création, un candidat ?

 

O.B. Nous organisons régulièrement des ateliers de création au cours desquels les jeunes peuvent directement dessiner leur maquette avec nos bénévoles. Leurs œuvres sont ensuite versées dans une urne et prises en compte dans le dépouillement final. Lors d’une de ces journées passée dans le nord, un visiteur a proposé un design, disons personnel, des gants – qui étaient l’objet du concours 2011. Alliant prévention routière et risques liés aux MST, il a conçu une paire de gants sur lesquels était dessiné (très explicitement) un pénis associé à un message de prudence. Nous n’avions, jusqu’ici, pas pensé au parallèle entre ces deux causes…!

 

Fort d’un succès grandissant, le concours de Voiture & Co fait la synthèse entre un esprit créatif et une démarche de sensibilisation. L’édition 2012 proposant aux jeunes de s’exprimer sur le concept d’un blouson, le grand lauréat verra sa création intégrer la prochaine collection de la marque Bering.


 

 

 

Retrouvez Voiture & Co sur internet : www.bougezverslemploi.com

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