L’année 2001 est l’occasion de célébrer le centenaire de la loi de 1901. Une mission a solennellement été confiée par le premier Ministre à l’ancien député Jean-Michel Belorgey pour organiser les festivités. Sondages et tribunes fleurissent, unanimes : les associations sont plébiscitées par les français ; leurs actions sont indispensables au bon fonctionnement de notre société, pour l’éducation, l’environnement, la culture, la solidarité…


Un Éden en trompe-l’œil

Ce concert de louanges n’est il pas superficiel ? La puissance publique a certes compris tout l’intérêt qu’elle a de confier aux associations des champs entiers d’action où elle s’avère impuissante ; les associations peuvent être  » utilisées « , mais le dialogue avec elles n’a pas lieu d’être, selon une culture jacobine encore prégnante.

C’est ignorer qu’au-delà des résultats concrets des activités qu’elles mènent, une richesse essentielle de la vie associative réside dans son mode d’organisation même et dans son apport à la culture démocratique de notre Nation.

Les associations sont évidemment diverses. Sans compter les faux-nez des collectivités publiques ou les entreprises déguisées, de nombreuses associations, même puissantes économiquement, se contentent de conseils d’administrations fantoches et d’adhérents simples consommateurs de services.

L’avenir est-il aux associations ?

Mais, à l’heure où la crise des institutions frappe toutes les formes d’organisations, où partis et syndicats sont désertés, notamment par les plus jeunes, le rôle des associations en matière d’éducation civique n’a jamais été aussi irremplaçable.
De nouveaux enjeux de société ont été portés et popularisés par les associations, comme l’égalité entre les femmes et les hommes ou la protection de l’environnement. Elles expérimentent de nouvelles formes d’engagement, proposant d’autres façons d’agir en société. L’investissement dans des projets concrets prend le pas sur l’affiliation politique, sans signifier pour autant l’indifférence et le repli sur soi.

Ce rôle politique doit être reconnu ; les associations doivent être considérées non comme des instruments mais comme des partenaires de la puissance publique. Deux ans après les Assises nationales de la vie associative, le centenaire de la loi de 1901 peut être l’occasion de la signature d’un accord en ce sens entre l’État et le monde associatif, qui s’est doté d’une instance autonome de concertation : la Conférence Permanente des Coordinations Associatives (CPCA).

Cette année du centenaire doit être aussi mise à profit par les associations pour mieux prendre conscience d’elles-mêmes et de leurs responsabilités. C’est ce que, pour notre part, nous nous proposons de faire à l’occasion d’un forum des associations étudiantes à l’ampleur inédite qui se déroule à la grande Halle de la Villette les 2, 3 et 4 mars 2001.

 

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