Derrière le titre remarquablement administratif de  » Développement de l’engagement associatif et des initiatives étudiantes  » , vous pourrez découvrir une circulaire ministérielle qui représente un véritable aboutissement pour le réseau Animafac. Parue au bulletin officiel du 6 septembre 2001, elle affiche un volontarisme très nouveau, qui doit maintenant être mis en œuvre établissement par établissement.

Jusqu’à une période très récente, les engagements des étudiants ne faisaient pas l’objet d’une attention très soutenue. Seule la représentation étudiante, qu’elle s’inscrive dans le mouvement syndical ou dans la tradition corporative, trouvait sa place dans la machine universitaire.

Depuis 1996, l’émergence d’Animafac, dont les statuts interdisent la présentation ou le soutien de listes aux élections étudiantes montrait et accompagnait l’essor d’une nouvelle période. Nous ne souhaitions pas prendre en charge la représentation de nos pairs. Nos élus ont une lourde et difficile tâche à accomplir ; ce n’est pas la nôtre.
L’objet d’Animafac est de faire valoir la richesse et l’intérêt des projets associatifs étudiants, qui n’ont d’autre légitimité que celle qu’ils tirent de la pertinence de l’objectif poursuivi, de la capacité à fédérer des énergies, à forger des personnalités et à faire évoluer leur environnement par l’action.

Le chemin choisi pour convaincre le plus grand nombre de cette nécessité a mêlé organisation d’événements, analyses et propositions. C’est ainsi qu’en mars dernier s’est tenu à la grande halle de la Villette un rassemblement inédit où plus de 2000 responsables associatifs étudiants ont pu échanger, se former et montrer leur dynamisme à un large public, parmi lequel Jack Lang, Ministre de l’Education Nationale, Marie-George Buffet, Ministre de la Jeunesse et des Sports et Claude Bartolone, Ministre de la Ville. À l’occasion de ce forum, 8 propositions avaient été rendues publiques pour développer la vie associative étudiante.

Valoriser les engagements étudiants

À partir de ces « 8 mesures », le cabinet du Ministre de l’Education Nationale et la Direction de l’Enseignement Supérieur ont mis en place une concertation avec les présidents d’Université, les organisations représentatives étudiantes et quelques associations. Elle a abouti à cette circulaire, qui propose tout à la fois la généralisation de  » bureaux de la vie étudiante « , l’encouragement au développement d’un  » volontariat étudiant de solidarité  » et plusieurs pistes de valorisation des engagements étudiants.
Last but not least, une réforme du fonctionnement du Fonds d’amélioration de la vie étudiante (FAVE) est actée, qui devient le Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE).

Les bureaux de la vie étudiante auront pour mission d’être des centres de ressources pour aider la conduite des initiatives, ainsi que des interfaces entre l’administration et les porteurs de projets.

Le  » volontariat étudiant de solidarité  » consiste en la participation d’étudiants à des activités bénévoles comme l’accompagnement scolaire ou l’aide aux personnes handicapées, S’il concerne déjà plusieurs milliers d’étudiants en France, gageons que l’offre qui est aujourd’hui faite aux étudiants de s’engager dans du bénévolat est insuffisante.

La réforme du FAVE devenu le FSDIE permet à chaque université de mettre en place deux commissions distinctes, l’une chargée de l’aide sociale d’urgence, l’autre du financement et plus généralement du soutien aux initiatives étudiantes, chacune dotée d’un budget spécifique.

Il reste que chaque établissement est autonome et que la mise en place de cette circulaire demande non seulement une volonté réelle des acteurs locaux, mais encore une adaptation à chaque environnement. Il nous faudra convaincre encore beaucoup pour que toutes les promesses de ce texte exemplaire deviennent sur tout le territoire des habitudes…

 

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