Animafac vous propose un zoom sur des initiatives portées par différentes associations étudiantes investies dans le domaine de la solidarité internationale. Entre projets de développement local et démarches de sensibilisation, découvrez la richesse et l’innovation d’un secteur en constante évolution.

 

Construction d’infrastructures, éducation au développement, coopération et partenariats internationaux, la solidarité internationale évolue au rythme de l’actualité et des besoins locaux. Face à ces évolutions, les associations étudiantes conçoivent sans cesse de nouveaux projets.

 

Dans ce dossier, vous pourrez découvrir des projets développés par de nombreuses structures, quelques exemples de programmes de sensibilisation, mais aussi Le Carrefour des projets d’Etudiants et Développement, un outil précieux en vue de l’édification d’un partenariat international. 

 

 

 

Découvrez dans ce dossier : 

 

– Le Carrefour des projets : nouveau programme de mise en relation et d’établissement de partenariats internationaux

 

– Quelques projets se démarquant par leur pertinence et leur originalité

 

– L’interview d’Antoine Mathieu : Les assos de Solidarité internationale doivent imaginer de nouvelles formes de partenariats

 

– Quelques outils pratiques pour mener votre projet à bien

Tout voir

Monter un projet de solidarité internationale, vouloir s’investir dans l’éducation au développement dans les pays du sud, est une démarche complexe mettant en oeuvre des compétences et des connexions variées. De nombreuses associations se lancent dans l’aventure. Parmi celles-ci, certaines développent des concepts originaux et pertinents…

 

Sensibiliser son public, garder une trace d’un projet

 

Jeune, Cosmopolite et engagé est une association picarde oeuvrant dans le domaine des solidarités locales et transversales. Faisant de la lutte contre l’illettrisme l’une de ses premières batailles, la structure fonde notamment une bibliothèque au Togo et développe des ateliers pédagogiques pour les 250 élèves d’un centre scolaire de la région de Lomé, sa capitale. Le projet étant pérenne et générateur d’emplois, l’équipe se lance dans un programme de sensibilisation destiné à un tout autre public : les étudiants de Picardie. Des jeux et des animations sont proposées et des stands animés dans les facs de la région. Marie Libbrecht, la présidente de l’association, voit dans cette méthode « un moyen efficace et cohérent de surprendre et sensibiliser le public étudiant ». Après avoir essuyé quelques refus, s’entendant prétexter un manque de temps ou un cours qui débute, l’équipe arrive finalement à capter l’attention des passants et à transmettre son message. « Le jeu écrit que nous proposons permet aux étudiants de se mettre dans la peau d’une personne illettrée et d’appréhender la complexité de sa situation. Nous leurs présentons des statistiques concernant la Picardie, la France et le monde pour accroitre l’impact du message » Effet garanti !

 


 

Dans un tout autre style, les Cré’Alters se sont mobilisés au travers du reportage et la prospective. C’est en 2011 que deux membres de l’asso s’engagent dans un road movie alternatif. Lancés durant trois mois dans une traversée des Etats-Unis, Florian Jehanno et Pauline Olivier partent à la rencontre d’une autre Amérique, locale, à l’échelle humaine. De ce périple, l’association extrait images et histoires qu’elle rassemble dans un documentaire écrit. Pour Florian, le projet est également l’occasion de présenter au public français « ceux qui se cachent derrière un territoire d’innovation et d’initiatives, de tenter de comprendre les raisons d’une démarche, les difficultés rencontrées par ses promoteurs, son impact local et transversal ». Ouvrir une fenêtre originale sur un « pays-monde », mutualiser des pratiques, tels sont les objectifs mis en avant par les Cré’Alters. Somme de récits, de rencontres et d’explorations, le reportage est à la disposition de tous. Esprits curieux, étudiants et citoyens engagés peuvent s’en emparer sur le site de l’association.

 

Il existe de nombreux autres exemples de projets de sensibilisation. Qu’elles s’appuient sur l’approche ludique d’un jeu interactif ou d’une production multimédia, ces démarches visent toutes à permettre à un public de non-initiés d’appréhender les problématiques et les enjeux d’une action concrète. L’Organisation socio-culturelle de Bordeaux IV présente actuellement un documentaire sur la situation du Rwanda, sa reconstruction et la place des femmes dans ce long processus. Enfin, certaines structures telles que Curioz’World tentent une approche transversale. Avec le projet Récuper’Acteurs l’association propose au public de découvrir une approche différente de l’écologie, du recyclage et de la consommation par l’intermédiaire de reportages, de jeux et de débats.

 


 

Agir sur le terrain 


Présentant le sport comme un moyen d’émancipation et de développement, l’association Sport for life soutient et accompagne des jeunes en difficulté en Île-de-France. Outre les stages de basket-ball organisés en Seine-Saint-Denis et parrainés par des joueurs professionnels, l’association a participé à la construction d’un complexe sportif au Sénégal. Réalisé avec l’aide d’une dizaine de bénévoles locaux en août 2011, le projet doit « être synonyme de rêve sportif », selon Guillaume Conraud, le président de l’association. Il y voit notamment « un moyen d’échapper à la dureté quotidienne, mais surtout un espoir d’un futur meilleur ». Un esprit sain dans un corps sain, tel pourrait être le leitmotiv de Sport For Life.

 

Destination Changemakers est un projet de soutien à l’entrepreneuriat social. Pendant neuf mois, de septembre 2012 à juin 2013, les membres de l’association effectuent des missions aux Philippines, en Inde et au Sénégal dans le but détecter des contacts pertinents ainsi que de créer de nouvelles alliances entre des entrepreneurs sociaux et des grandes entreprises. Pierre angulaire de la démarche de Jonas Guyot et son équipe, le projet leur permettra de découvrir des innovations de lutte contre la pauvreté pouvant être adaptées en France ainsi que les outils permettant à chaque citoyen de devenir « un acteur du changement ». les objectifs sont clairs : injecter une part de solidarité et d’innovation sociale dans le monde du travail, se nourrir des exemples locaux pour mieux comprendre les bouleversements sociaux actuels, se nourrir des découvertes faites lors de ce voyage pour les restituer par la suite.

 

Beaucoup d’autres associations s’investissent sur le terrain pour mettre en place des projets porteurs de sens et variés. Ainsi, Avertem développe depuis plusieurs années un projet de soutien d’une médecine traditionnelle et naturelle auprès des populations de Madagascar. Antipode Inde, se mobilise pour permettre la construction de logements décents pour la caste des Intouchables dans la région de Pondichéry. Nantes Eau Brésil, quant à elle, se consacre à un programme d’acheminement d’eau potable dans une région reculée du Brésil ainsi qu’à la mise en place d’un système de traitement des eaux usées.

Président du réseau Etudiants & Développement, vice-président de l’association Cité Solidaire… Antoine Mathieu est un associatif engagé sur tous les fronts. Il revient pour nous sur sa vision de la solidarité internationale, son évolution et distille au passage quelques précieux conseils aux associatifs de demain.

 

Qu’est ce qui t’a conduit à t’investir aux côtés d’Etudiants & Développement, réseau d’associations étudiantes agissant dans la thématique de la solidarité internationale ?

 

Antoine Mathieu : C’est surtout une ouverture vers le monde initiée à la fin du lycée. A cette époque, j’ai vécu pendant deux ans aux Etats-Unis et en Espagne. L’espace associatif se mêlant à cette expérience internationale, j’ai participé à la mise en place d’un premier projet de micro crédit avec l’association Espoir et un partenaire au Bénin. Tout est parti de là.

 

Comment définirais-tu la solidarité internationale ?

 

AM : A mon sens, il n’y a pas de définition précise de la solidarité internationale. C’est surtout la prise en compte de l’autre, dans sa dimension humaine, sociale et mondiale, être à l’écoute de l’autre pour construire des projets communs. A ce titre, elle va à l’encontre d’un système descendant, une vision binaire nord/sud. La solidarité internationale correspond à des valeurs de partage, d’équité et une démarche plus horizontale, un travail en collaboration et une mutualisation des compétences et des moyens.

 

D’après-toi, à quoi ressemblera l’association de solidarité internationale de demain ?

 

AM : Il ne s’agira pas d’associations spécifiquement dédiées à la solidarité internationale au sens actuel du terme, mais de structures associatives travaillant sur des thématiques variées. Les problématiques abordées par des médias alternatifs, des journalistes jeunes, des structures mobilisées en faveur de la réinsertion peuvent paraître très locales, mais on se rend compte qu’elles reposent sur des codes communs et universels. De telles équipes peuvent travailler avec des structures aux projets similaires au delà des frontières. Tout est lié.

 

Le partenariat international doit-il être développé en tant que mode d’action ?

 

AM : Oui, le partenariat doit être développé et défendu. A partir du moment où l’on travaille dans des contextes internationaux, ça n’aurait pas de sens de travailler seul. Les interlocuteurs des assos françaises connaissent le terrain, la culture locale et la donne socio-politique. Les projets se nourrissent des partenariats et des échanges.

 

Un exemple de projet marquant ?

 

AM : Court-circuit Thé ! L’équipe de Sensibiliz’Action est partie en Inde pour se rendre compte des conditions de travail des ouvriers récoltant le thé. A la suite de ce voyage, ils ont imaginé un programme d’éducation au développement dédié au public français, une réflexion sur le circuit du thé. Ca m’a poussé à me questionner sur la légitimité d’une association à agir directement sur place, faire pression sur un système aussi complexe que celui-là. La solution ne vient-elle pas de la sensibilisation du public face à ses pratiques, sa consommation et les produits qu’il achète ? Ce projet d’éducation au développement porté par Sensibiliz’Action répond justement à ces questions.

 

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui souhaite s’engager en SI ?

 

AM : S’il a une idée, un projet, il doit pouvoir la partager et ne pas s’inscrire dans une démarche individualiste. Le domaine de la SI peut-être très technique. A ce titre, je leur conseille de bien s’informer sur la nature et le projet de l’association qu’ils visent, de se poser des questions sur leur motivation réelle, leur définition de l’engagement, d’un projet. Tout simplement prendre du recul sur ces problématiques.

 

Quelles sont les erreurs à éviter ?

 

AM : Lorsqu’on se lance dans un projet associatif, quelle qu’en soit la nature, il ne faut pas perdre de vue le lien social. Le but n’est pas de se laisser submerger par l’asso. Il faut également bien étudier l’impact du projet avant de le mettre en place et surtout ne pas se précipiter dans l’action. Une association de solidarité internationale n’est pas là pour sauver tout le monde, mais si elle peut éviter d’empirer les choses à cause d’un projet mal conçu…

 

Intéressés par le monde des associations étudiantes engagées en solidarité internationale ? Connectez-vous sur le site du réseau Etudiants & Développement : http://www.etudiantsetdeveloppement.org

Mener une action de solidarité internationale, s’investir dans un projet international ou travailler dans un contexte interculturel ne sont pas des démarches anodines. Heureusement, vous pouvez vous appuyer sur les outils pratiques développés par Animafac et Etudiants & Développement. 

 

Avant de se lancer dans un projet sur le terrain, il est important (voire impératif) de définir les problématiques en jeu, de repérer les acteurs et partenaires potentiels mais également de prendre connaissance des réglementations en vigueur… et les projets liés à la santé ne font pas exception. Etudiants & Développement vous propose donc un outil générique de base et d’analyse du système de santé d’un pays. Incontournable et pédagogique, il vous permettra de prendre vos marques et de vérifier la viabilité de votre projet au regard des lois en vigueur. N’hésitez pas à vous munir de la fiche Systèmes de santé des pays du sud : outil d’analyse.

 

Fiche : Système de santé dans les pays du sud : outil d’analyse 

 

 

Le programme Jeunesse Solidarité Internationale a pour objet de promouvoir des activités collectives, solidaires et durables, entre groupes de jeunes du Nord et du Sud, soutenus par des associations de solidarité internationale ou des mouvements de jeunesse. Vous ne savez pas dans quelle mesure une association peut-elle prétendre au soutien de ce programme ? Vous ignorez quelles en sont les règles d’attribution ou comment élaborer le dossier de candidature ? Pas de panique, E&D dresse un panorama complet et vous explique étape par étape les procédures nécessaires pour l’obtention d’une aide du JSI sur la fiche Financement par le JSJ en 2012 : demandez le programme.


Fiche : Financement par le JSJ en 2012 : demandez le programme.

 

 

Au delà de la mise en place d’un projet et de son efficacité, les associatifs engagés dans une démarche de solidarité internationale sont souvent confrontés à une question cruciale : qu’en est-il de la pérennisation et de la durabilité du projet ? Comment l’ancrer dans la durer ? E&D vous propose de répondre à cette interrogation au travers d’une fiche pratique intitulée Comment assurer la pérennité de votre projet de SI. Contraintes financières, transmission du concept aux acteurs et partenaires locaux, incorporation du projet dans les politiques publiques, impact auprès du public français… Autant de points soulevés dans ce document.

 

Fiche : Comment assurer la pérennité de votre projet de SI

 

Depuis toujours, vous êtes révolté par les images tragiques des camps de réfugiés en Afrique et vous avez envie d’agir pour « aider ces populations démunies » (sic). Vous partez donc pour le Sénégal, où vous passez un mois dans une structure d’accueil d’enfants des rues. Sur place, la situation n’est pas (forcément) telle que vous l’imaginiez et, au retour, les questions se bousculent et l’envie de témoigner se fait pressante… Pourquoi ne pas monter une action d’éducation au développement ? Fiche pratique concoctée par Animafac, Monter une action d’éducation au développement vous apportera des éléments fondamentaux tout en revenant sur la définition-même de ce mode d’action. Exemples concrets, conseils pratiques, liens et contacts sont à votre disposition.

 

 

Co-édité par Étudiants & Développement, Animafac et Radio Campus France, le guide Agir dans un contexte interculturel vous fournira conseils, contacts et références. Un document précieux, donc, si vous souhaitez monter un projet dans un contexte multiculturel, en France, en Europe ou dans le monde? Vous ne savez pas trop par où commencer, ni comment appréhender les différences culturelles auxquelles vous devrez faire face ?Véritable condensé d’expériences décliné en cinq fiches pratiques, ce guide vous donnera des pistes pour identifier votre partenaire, préparer votre rencontre ou encore faire financer votre projet.

 

Guide : Agir dans un contexte interculturel

 

Le site d’E&D recèle bien d’autres documents de références, mais également des jeux, des vidéos et des liens divers pour mener à bien un projet de solidarité internationale. N’hésitez pas à vous en emparer en vous connectant sur : www.etudiantsetdeveloppement.org/rubriques/centre-de-ressources

 

 

Porté par Etudiants & Développement, le Carrefour des projets permet aux associations de mettre en place des partenariats internationaux. Déployé en France, il entend jeter les bases d’une nouvelle perception de la solidarité : abolir le « concevoir ici, réaliser là-bas » pour mieux concevoir « ensemble ».

 

A l’origine de la démarche, un constat s’impose à Etudiants & Développement (E&D) et ses partenaires : porteurs d’idées et d’innovations, les jeunes s’engagent de plus en plus dans des démarches solidaires mais finissent par se retrouver isolés car peu préparés au travail interculturel. Fruit de l’alliance de cinq grands réseaux associatifs venus de France, du Maroc, de Guinée et du Burkina-Faso représentant plus de 1 800 associations de jeunes, le Carrefour des projets permet de fédérer des structures de tous horizons et de répondre aux besoins des responsables associatifs en terme de soutien et d’accompagnement dans le but de transformer les pratiques en matière de partenariats et de coopération.

 

Concrètement, le projet s’adresse aux porteurs de projet et aux personnes souhaitant s’investir dans une démarche de solidarité internationale. Après avoir trouvé la mission qui lui convient ou déposé une offre sur la plateforme dédiée, chacun peut bénéficier des conseils et des formations prodiguées par E&D en vue de former le partenariat, évaluer la pertinence et la viabilité du projet… Ensuite, le réseau accompagne et soutient les candidats dans leurs démarches. Le Carrefour des projets peut également apporter un coup de pouce pour lancer la communication ou la rencontre entre partenaires grâce à de petites dotations (visites d’échanges, achat de crédits Skype ou de cartes de téléphone etc.). A chaque étape du processus, E&D accompagne les participants au travers d’ateliers et de séances de recherche/action.

 

Point d’orgue du programme, une rencontre sera organisée en février 2013 à Kindia (Guinée) pour permettre aux porteurs de projets d’échanger et de partager expériences et conseils à propos de leurs propres partenariats.

 

Pour plus d’informations, consultez le site d’Etudiants & Développement et la rubrique dédiée au Carrefour des projet : http://www.etudiantsetdeveloppement.org/content/comment-ca-fonctionne

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