Lucile Lafont est maître de conférence en psychologie du sport à Bordeaux-II.


Quelle est la place du sport dans le système universitaire français ?

Si l’offre de pratiques s’est largement diversifiée ces dernières années, avec une progression notable des  » activités de forme  » (aérobic, stretching), la part du sport dans les emplois du temps est encore réduite à la portion congrue. Sans aller jusqu’à un modèle d’intégration totale à l’américaine, où la vie des campus s’articule parfois entièrement autour des terrains de sport, il serait sain de valoriser davantage les pratiques sportives tout au long des cursus, et pas seulement pendant les deux premières années d’études.

Les étudiants ont-ils un rôle moteur dans la vie sportive des campus ou sont-ils de simples consommateurs d’infrastructures ?

Lorsqu’ils pratiquent un sport à haut niveau, les étudiants se placent clairement dans un profil de  » consommateurs « . Les associations étudiantes, qui représentent l’essentiel de la fréquentation des infrastructures de l’université, sont en revanche moteurs de leurs activités. Elles influent sur le quotidien de la vie sportive du campus et se voient même parfois déléguer certaines responsabilités d’encadrement par l’administration.

L’esprit de compétition n’a-t-il pas tendance à l’emporter sur l’éducation aux pratiques sportives au sein des campus ?

La compétition n’est plus aujourd’hui réservée qu’à quelques irréductibles. L’essor ré-cent des activités de forme a fait considérablement reculer l’esprit de compétition. C’est très notable. Difficile en effet d’imaginer un tournoi inter – universitaire d’aérobic ou de body combat. A côté de cela, la réforme du LMD (Licence – Master – Doctorat) a occasionné une densification des enseignements, ce qui ne laisse que peu de plages horaires disponibles pour les entraînements de haut niveau, très consommateurs de temps.

 

 

 

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