Réunie le 1er juillet, la Conférence des présidents d’université (CPU) a fait part de ses grandes inquiétudes quant à l’avancée de la programmation du 12ème contrat de plan Etat – régions. Malgré de nombreuses déclarations officielles sur l’importance de l’enseignement supérieur et la recherche, les crédits ne sont pas débloqués, les travaux traînent et les universités sont mises aux limites de la cessation de paiement.

Plusieurs éléments conduisent à rendre possibles des tensions très fortes à la rentrée. En premier lieu, la situation réelle est très difficile. Certains travaux engagés réclament que soient débloqués les crédits de l’Etat, sous peine d’être interrompus au milieu du guet, faute de financement. Dans son communiqué, la CPU mentionne la possibilité que de nombreux locaux soient fermés à la rentrée, rendant celle-ci très inconfortable, tant en termes d’enseignement que de recherche.

Des éléments plus généraux sont également à prendre en compte. Le mouvement « Sauvons la recherche » lancé durant l’hiver dernier devrait certainement être relancé à la rentrée. C’est au mois de novembre que doivent ainsi être rendues publiques les conclusions des états généraux en cours. Au lendemain de sa défaite lors des élections régionales, le gouvernement a certes annulé ses toutes dernières décisions d’économie, mais sans aucunement donner les moyens d’un nouvel essor de la recherche française. Les universités souhaitent quant à elles prendre part au rapport de force qui sera à construire, d’autant que la rivalité avec les organismes de recherche (CNRS, INSERM, etc.) n’est pas du tout dissipée.

En outre, les universités sont engagées dans des évolutions très lourdes, liées d’une part à l’approfondissement de leurs liens avec leur territoire, notamment au travers des partenariats avec les Régions, et d’autre part au passage au nouveau système pédagogique européen LMD, qui bouleverse les habitudes, sans que de nouveaux financements ne viennent faciliter ces changements en profondeur. Face aux tensions internes qui indisposent les établissements, face aux résistances qui se font jour contre des présidents d’université avançant à marche forcée, ces derniers haussent le ton, réclamant à très juste titre les moyens pour faire fonctionner leur établissement. Une situation qui permet, au-delà de la rallonge budgétaire espérée, de rassembler toute la communauté universitaire contre l’avarice et les incohérences gouvernementales.

Souhaitant couper court au mouvement annoncé, François Fillon vient de promettre 60 millions d’euros pour faire face aux besoins les plus urgents.

 

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