Samedi matin

Intervenants:

Alaa Homsi (Club international des Jeunes à Paris)

La séance a commencé par un tour de table afin de présenter chaque association participante, et faciliter ensuite l’échange de pratiques et d’expériences.

 

Attirer les étudiants français


La premier point sur lequel les associations ont discuté est la nécessité d’attirer des étudiants français au sein des associations qui gèrent l’accueil des étudiants étrangers. Diverses propositions ont été émises par les associations présentes : la possibilité de pratiquer une langue étrangère et l’attrait de l’interculturel sont des atouts de ces associations à mieux exploiter et mettre en avant.

Les bonnes pratiques :
– Les « Café polyglottes » par l’association Autour de Monde
– Les Tandems linguistiques par l’association MéliMélo. La difficulté à trouver un local pour cette activité peut poser problème.
– Solliciter le SRI (Service des relations internationales) de l’université. Il s’agit de récupérer des listes de mails des étudiants français qui veulent partir à l’étranger ou de ceux qui en reviennent et qui veulent rester dans l’ambiance « Erasmus » afin de leur communiquer le programme des activités. Beaucoup de SRI refusent cependant de donner les listes de mails aux associations : une meilleure collaboration entre les associations et les SRI devrait être mise en place. Cela se fait déjà à Angers.

 

La participation des habitants dans le fonctionnement de l’association :

Les bonnes pratiques :
– Solliciter des personnes âgées qui peuvent accueillir et loger des étudiants car elles recherchent de la compagnie.
– Des projets d’animation dans les quartiers ont été proposés afin de permettre aux étudiants de rencontrer des familles et vice-versa.
– Des soirées « interculturelles » (sur le Togo par exemple) ont eu lieu à Poitiers mais le problème est ensuite de rester en contact avec les personnes intéressés.
– Organiser des rencontres thématiques dans un « bar philosophique ». Une association l’a menée avec succès sur la question de l’Algérie.
– Des soirées gastronomiques sont aussi un bon moyen d’attirer du monde : chacun apporte un ou plusieurs plats de son pays afin de faire découvrir des spécialités culinaires.

Nouer des partenariats :

La nécessité de partenariats avec les autres associations locales a été mise en avant : on peut ouvrir son association à d’autres qui proposent des actions dans des secteurs d’activité différents. Par exemple, l’association Echanges d’Avignon est en relation avec une association des étudiants en histoire qui proposent des visites de la ville à des prix très réduits aux étudiants. Les partenariats avec les mairies sont possibles à condition que les dossiers de présentation des projets soient soignés.
La mairie de la ville peut aussi organiser, à la demande des associations, un pot d’accueil où les étudiants venant d’arriver peuvent rencontrer des familles françaises (cela a été fait à Paris et fut un succès) : on y parle des problèmes de logement par exemple et on tente de trouver des solutions.
Deux points essentiels permettent de mieux faire connaître l’association : des stands aux début de l’année dans l’enceinte de l’université et des partenariats avec d’autres association pour se faire connaître des acteurs locaux.

 

Les problèmes de logement :

Toutes les associations d’accueil des étudiants étrangers ne se préoccupent pas de la question du logement et les associations qui se concentrent sur les actions interculturelles n’ont dès lors pas les mêmes points de vue.
– Certains étudiants ont été logés dans des HLM mais cette expérience a été un échec à Nantes : la cohabitation entre étudiants étrangers et habitants résidants n’a pas fonctionné. Il y a eu un problème de compréhension des différentes cultures et cela a mené au racisme, voire même à des agression (vitres cassées…) et les étudiants ne trouvaient personne à qui s’adresser.
– A Strasbourg, l’association des guinéens s’est engagée financièrement en avançant de l’argent à une famille qui se porte caution pour assurer un logement. La confiance que demande ce dispositif par l’engagement financier qu’il implique rend difficile son élargissement.

Les bonnes pratiques :
– Pour assurer un logement aux étudiants étrangers, l’association des Guinéens de Grenoble a une convention avec le CROUS pour avoir la garantie de quelques « chambres-relais » pour les étudiants de premier cycle.
– Il est aussi intéressant de récupérer les adresses des logements des étudiants qui partent afin de donner ces adresses aux étudiants qui arrivent. L’association des étudiants africains d’Avignon l’a expérimenté avec succès, d’autant plus la liste des étudiants qui allaient arriver fournie par le SRI leur a permis de s’organiser en amont. De même, l’association a des accords avec des résidences privées qui s’engagent à ne pas demander de garants contre un contrôle très strict de la part de l’association.

Les relations avec le SRI

Le problème ici reste encore celui des relations avec le SRI de l’université afin de gérer à l’avance l’arrivée des étudiants : à Avignon, la taille modeste de l’université facilite la communication avec le SRI. Dans les cas contraires, les associations peuvent écrire au président de l’université pour lui faire la demande des listes des étudiants arrivants.
Les solutions pour le logement sont donc des partenariats avec les résidences privées, avec des familles d’accueil, avec le CROUS. L’association peut se porter garante mais cela comporte des risques. A Perpignan, l’université elle-même a été caution des étudiants contre l’engagement de l’étudiant à payer son loyer sous peine de ne pas lui délivrer son diplôme. A Besançon, c’est le Conseil Régional qui se porte garant pour l’étudiant étranger qui doit alors signer un engagement de payer régulièrement ses loyers.

Le financement et les rapports avec les collectivités locales.

Il est important de faire connaître son association par divers moyens : presse (faire de la publicité dans les journaux locaux), sites internet qui listent les associations accueillant des étudiants étrangers, passer par les secrétariats des universités et des SRI, dans les réunions de rentrée universitaire, etc.

En ce qui concerne le poids des associations pour faciliter les financements, un collectif d’associations permet de mieux se faire entendre auprès des institution.
– Cela existe à l’université d’Avignon où les associations étudiantes qui le désiraient se sont regroupées au sein d’une entente : Avignon Inter Associatif Etudiant (AIAE).
– La même initiative est en train de naître à Grenoble pour résoudre les problèmes communs aux associations.
– A Bordeaux, l’association AFRICAPAC est une association fédérale influente, surtout auprès du CROUS. L’association s’occupe des problèmes importants tels ceux liés à la carte de séjour, au logement, ou trop complexe pour être pris en charge par les petites structures. Les associations fédérées restent cependant indépendantes et gèrent comme elles le veulent leurs activités et leurs finances.
Différents moyens de financements ont été proposés :
– le projet de l’association doit être très bien présenté et concret, il est important de faire des demandes à tous les organismes qui peuvent financer.
– Les collectivités territoriales répondent plus favorablement à des projets qui sont basés sur la mixité des cultures.
– Les organismes à contacter pour des demandes d’aides au financement sont le CROUS, le Conseil Régional, le Conseil Général, la mairie, le fond de solidarité. Certaines associations tentent d’avoir des élus au sein du Conseil des Etudiants de l’université mais cela les dévie de leur projet initial qui n’est pas de siéger dans ce type d’instance représentative. Le problème pour les associations gérant l’accueil des étudiants étrangers est que les subventions sont pour des projets précis et qu’il est plus difficile de se faire financer pour une activité récurrente comme l’accueil. Les associations peuvent essayer aussi de s’autofinancer en mettant en place des activités payantes ou en organisant des évènements : tombola, concert, etc.

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