ANIMATEUR
Emmanuel Lemoine :
secrétaire national à Animafac


Après un tour de table de présentation des associations présentes, plusieurs sujets de discussions sont engagés, selon les préoccupations des participants.

 

L’INDEPENDANCE DES MEDIAS
Selon certains, elle est illusoire. Un média n’est jamais totalement indépendant, il est toujours orienté. Mode de financement, situation politique du territoire, lecteurs visés, histoire du media… Les choix éditoriaux d’un journal sont toujours liées à des conditions spécifiques.
Beucoup estiment qu’il existe une différence forte entre les médias gratuits et payants.
Des associatifs présents insistent par ailleurs sur le fait que, au niveau local, l’influence des sources de financement sur l’indépendance du média est primordiale. La question de l’origine des fonds, privés ou publics, se pose alors avec acuité. Au niveau national, les grands médias sont reçus avec un regard plus critique lorsqu’ils sont privés (journal télévisé de TF1 par rapport à France 2, par exemple). Au local, au contraire, on considère que ce sont les financements publics qui porteraient plus atteinte au discours. Un journal étudiant pourra-t-il véritablement critiquer l’université si c’est cette dernière qui lui permet d’être édité ?
La question reste en suspens. Les associations présentes semblent, en tout cas, plutôt libres d’écrire comme elles le désirent, même si les sensibilités sont différentes en fonction des particularités locales.

 

SUBVENTIONS ET AUTONOMIE
Une association explique que trop s’appuyer sur les subventions peut devenir un danger pour le média, car celles-ci ne sont pas forcément reconduites à niveau équivalent chaque année. C’est pour cela que la recherche de financement doit être continue tout au long de l’année. Elle doit aussi être multiple et chercher à doversifier les partenaires afin de péréniser l’action associative dans le temps. Établir un plan financier est nécessaire. Il doit au maximum privilégier ce qui favorise l’autonomie, que ce soit projet par projet ou pour le budget de fonctionnement global.
Pour remédier au non renouvellement des subventions, une association évoque la possibilité d’offrir aux partenaires institutionnels d’acheter directement des espaces publicitaires. Ne subventionnant plus directement le journal, l’université ne pourra plus apposer son logo en gros sur la dernière page. Un espace publicitaire lui sera en revanche réservé chaque mois, afin qu’elle puisse promouvoir ses évènements à venir.

 

JOURNAUX GRATUITS
Le mode de diffusion d’un journal gratuit est important. La distribution à la main semble être une bonne source d’échange.
La principale difficulté pour un journal gratuit est de convaincre le lecteur de l’ouvrir. Bien travailler la présentation, avoir un habillage clair qui fasse envie, est un « détail » primordial pour faire face à la concurrence de des journaux payants disposant de plus de moyen pour mettre de la couleur, des photos, etc. Une fois la première page tournée, le lecteur fera son choix en fonction du contenu.
La gratuité n’est pas facteur de bonne ou mauvaise qualité d’un journal, elle rend simplement son lecteur moins intéressé par le sort du papier qu’il n’a pas payé. C’est pourquoi certains journaux présents ont choisi de fixer un prix symbolique : la somme est dérisoire mais permet d’impliquer le lecteur en l’invitant à apporter sa contribution.

 

DES PARTENARIATS AVEC DES MEDIAS INSTITUES
Comment et pourquoi travailler en partenariat avec Ouest France, France Inter, ou Arte ?
Sur l’écriture ou plus largement sur la diffusion d’informations, il est en général difficile de développer un véritable partenariat avec les médias institués. Il semble difficile de coordonner les lignes éditoriales. Les coopérations sont plus faciles quand elles se font sur un projet plus spécifique comme une émission, une thématique ou un événement à suivre en particulier.
Des partenariats publicitaires sont également possibles. La difficulté étant que les groupes institués possèdent souvent leur propre régie. Disposant d’importants moyens de communication, ils n’ont pas réellement besoin d’espaces supplémentairs.
Les médias associatifs sont souvent dépendants des médias locaux (notamment au niveau de l’impression pour les média papiers, mais également de la diffusion pour les émissions TV).

 

LE VOLONTARIAT ASSOCIATIF AU SEIN DES MEDIAS
Pour finir, quelques exemples de missions attribuées aux volontaires associatifs dans la thématique média.
Deux volontaires sont en charge de la coordination de projets au sein de journaux papiers. Ils veillent au respect des délais d’écriture afin que le journal sorte en temps et en heure. L’un de ces volontaires, qui occupe le poste de rédacteur en chef, choisit également les articles à paraître.
Un volontaire est chargé de communication. Il gère le site Internet et le graphisme du journal. Il entretient également les relations institutionnelles engendrées par le projet.
Enfin, un dernier est responsable des programmes dans une radio. Il gère la grille d’antenne, cherche de nouveaux concepts d’émission et s’occupe de l’habillage sonore de la station.

 

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