« Notre société continue de buter sur quelques chiffres particulièrement têtus : seuls 30% des enfants d’ouvriers accèdent à l’enseignement supérieur, contre près de 80 % pour les enfants de cadres. Cette difficulté touche plus encore les élèves issus des « quartiers difficiles ». C’est pour cela que je propose une vaste opération que j’ai baptisée : « 100 000 étudiants pour 100 000 jeunes ». L’opération lancée par Gilles de Robien a démarré pour les étudiants en novembre dernier. Nous lui consacrons notre dossier, pour que vous puissiez en être.

 

Tout voir

En deux mots, les principales caractéritiques du dispositif 100 000 étudiants pour 100 000 élèves, et quelques exemples d’actions sympas qui pourront vous donner des idées.

 

Les tuteurs.

Vous êtes des étudiants de troisième année de licence d’universités et au-delà ou de première année de grandes écoles et au-delà, volontaires et prêts à vous engager pour une action tout au long de l’année scolaire. Le tutorat peut prendre diverses formes, par exemple une aide hebdomadaire d’une demi-journée pour faire découvrir le monde de l’enseignement supérieur, pour créer les conditions d’une ouverture culturelle ; un soutien dans la préparation des devoirs, l’approfondissement des cours, l’acquisition des méthodes ; une aide à l’orientation post-bac ; une aide spécifique à la préparation aux concours d’entrée aux grandes écoles…Pour la réussite scolaire l’ouverture est de mise : aménager un jardin pédagogique au sein du collège dans le cadre du développement durable, se rendre dans des musées, aller voir des expos, permettre aux élèves de visiter des entreprises, de mettre un pied dans des universités, des centres d’orientation… en respectant la charte du tuteur fixée par chaque académie. A Nantes, des élèves d’écoles d’ingénieur ont prévu de réaliser avec leurs « filleuls » des maquettes pour illustrer certaines parties du programme scientifique. Si la toile de fond est bien celle de lutter contre l’échec scolaire, les actions possibles s’étalent sur une palette plus large que celle d’une aide aux devoirs : l’ouverture sociale et culturelle offerte à l’élève accompagné est au cœur du tutorat.

 

Les élèves concernés par ce dispositif.

Les élèves visés sont des collégiens ou des lycéens de ZEP, motivés et proposés par leurs enseignants, en concertation avec les familles.

 

Les interlocuteurs.

Le dispositif est complètement déconcentré, c’est-à-dire que tout s’organise localement par Académies, avec pour base le rectorat d’Académie. Les chefs d’établissement (proviseurs de collège ou lycée) font remonter aux recteurs leurs besoins, en précisant le nombre de jeunes concernés et la nature de l’accompagnement envisagé. Aux recteurs de faire le lien entre les universités, grandes écoles ou assos et les établissements scolaires, avec le concours des BDE et associations étudiantes. Vous souhaitez en savoir plus et vous inscrire dans le dispositif ? Par ici.

 

Association d’accompagnement scolaire Et les gosses à Strasbourg
Partager un peu de temps de votre semaine avec un collégien ou un lycéen de ZEP, l’accompagner dans son parcours scolaire et lui permettre de s’ouvrir l’esprit durant un an, ça vous captive ? C’est une action que votre association étudiante met déjà en place ? Le dispositif 100 000 pour 100 000 vous soutient. Suivez le guide.

 

Qui que quoi comment ?

 

Pour connaître les principales caractéritiques du dispositif 100 000 étudiants pour 100 000 élèves, et quelques exemples d’actions sympas qui pourront vous donner des idées, revenez ici : 100 000 pour 100 000, c’est quoi ?

 

Des financements pour les associations

 

Ce soutien à vos initiatives vous intéresse, mais vous craignez d’avoir raté le coche pour cette année ? Que nenni, le dispositif a véritablement démarré en novembre pour les étudiants et est entrain de prendre son essor. Le flou apparent lié à la gestion déconcentrée du dispositif par les rectorats est revendiquée : tout est modulable, il s’agit de ne pas enfermer ce dispositif dans un moule avec une même catégorie d’acteurs et un même type d’action sur tout le territoire, explique-t-on au ministère de l’éducation.
Au niveau national, le dispositif a mobilisé un budget de 3,5 millions d’euros : 2,5 millions financés par le ministère de l’éducation, et 1 million financé par la Délégation interministérielle à la Ville (DIV). Votre association peut bénéficier d’une aide financière pour son action : des financements sont liés aux conventions signées entre rectorat et associations, en fonction du projet. Les associations qui bénéficient des financements devront bien sûr rendre des comptes. Certaines conventions se signent seulement maintenant, les acteurs viennent tout juste d’être identifiés : il n’est donc pas trop tard pour votre association qui peut se rapprocher de l’académie, même si ses ambitions sont modestes. Mieux vaut commencer petit avec une dizaine d’élèves et d’étudiants, que l’expérience de tutorat se passe bien pour tout le monde et soit enrichissante, et continuer sur de bonnes bases le cas échéant l’année suivante, plutôt de se mettre dans une situation délicate par une action trop ambitieuse que les bénévoles ne peuvent porter.
De toute façon, les 100 000 ne seraient pas atteints cette année, il s’agit d’un horizon à rejoindre, temporise-t-on au ministère. Le ministère de l’éducation qui a demandé un bilan fin juin, pour pouvoir juger d’où en est le dispositif au niveau de chaque rectorat.

 

Zou, prenez contact avec le rectorat de votre Académie

 

Premier pas : prendre contact avec le rectorat de votre Académie pour lui parler de votre projet. Sur le site du ministère de l’éducation, une jolie carte de France vous permet de cliquer sur le site web de l’académie qui vous concerne : http://www.education.gouv.fr/cid405…
Mais nous vous avons facilité la tâche en tentant d’identifier directement les relais dans chacune des académies, listés plus bas.
Don’t worry : selon les sites web des rectorats, l’accès aux informations varie du tout au tout. Si parfois la page d’accueil est très renseignée, il s’agit pour d’autres de guetter le petit bouton avec le logo du dispositif 100 mille, ou même un simple intitulé. De même certains sites web indiquent des personnes relais pour chaque établissement et leur numéro de téléphone, évoquant les projets mis en place et le budget alloué, tandis que d’autres restent plus laconiques. Mais la solide ténacité d’associatif que vous vous êtes forgé ne se laissera pas intimider par un brin d’opacité, que diable ! Une fois que vous vous serez mis en rapport avec le relais de votre académie, vous pourrez mettre en place vos binômes.

 

Vous n’êtes pas seuls : Animafac accompagne votre association

Une aide aux démarches. Présenter votre association au rectorat pour obtenir son soutien peut être un peu impressionnant. Jetez un coup d’oeil aux propos de Jérémie de Rapp à Lyon : voià qui devrait vous rassurer. Et pour vous revigorer tout à fait, nous vous proposons de vous aider dans vos démarches auprès du rectorat, notamment en vous aidant à remplir vos dossiers. Nous pensons qu’il est important que les associations étudiantes puissent être partie prenante du dispositif, et qu’elles bénéficient du soutien de l’état. Si vous souhaitez donc vous inscrire dans le dispositif, faîtes-le nous savoir : vous pouvez nous envoyer un mail à info@animafac.net.

 

Des formations régionales pour vos bénévoles. Ces formations vous permettront d’une part d’échanger sur vos pratiques entre associations d’accompagnement scolaire. L’idée est aussi de vous permettre d’acquérir des notions en matière de pédagogie, de psychologie de l’enfant, de fontionnement de l’école, pour résoudre vos difficultés récurrentes à travailler en partenariat avec les établissements scolaires, à gérer les comportements difficiles des enfants en difficultés et à établir des relations stables et satisfaisantes avec les familles (absence manifeste des parents, soutien à la parentalité devant lequel les étudiants se trouvent relativement démunis, …). Enfin, parce que vous agissez sur le terrain en ignorant parfois que des dispositifs existent pour vous soutenir, ces formations seront aussi l’occasion de dresser un panorama des dispositifs institutionnels de soutien aux initiatives en matière d’accompagnement à la scolarité (dispositif Réussite éducative, dispositif 100 000) et des outils existants (Guide de l’accompagnement à la scolarité, …).

 

Les deux premières formations à l’accompagnement à la scolarité, menées en partenariat avec la Ligue de l’enseignement, auront lieu le 28 février à Paris et le 3 mars à Lyon. Si vous souhaitez y participer, inscrivez vous au 01 49 96 49 96.

 

Les contacts que nous avons identifié dans les rectorats

 

Lille
Sandrine Bétrancourt 03 20 15 67 71

 

Amiens
Gildas Griffon gildas.griffon@ac-amiens.fr
03 22 82 39 44
 

 

Caen
Alain Hennebicque 02 31 30 15 35

 

Rennes
Jean-Louis Planel, proviseur vie scolaire, 02 23 21 73 62/63

 

Nantes
Mr Jaunet 02 40 37 38 52


Orléans-Tours
Daniel Fromentaud 02 38 79 38 71 daniel.fromentaud@ac-orleans-tours.fr

 

Poitiers
Evelyne Azihari
Directrice de cabinet
05.49.54.70.04

 

Lyon
Bruno Marchand 04 72 80 64 39


Montpellier
Olivier Brunel 04 67 91 48 70

 

Limoges
Christiane MOREL, 05 55 11 43 51

 

Besançon
Robert Mairot, inspecteur pédagogique régional d’académie
Robert.mairot@ac-besancon.fr

 

Nice
Geneviève GAUDET Tél : 04.93.53.72.33

 

Grenoble
Martine Fiodorov, Chargée de mission Pédagogie à Grenoble Universités, contact :
martine.fiodorov@grenoble-universites.fr (tel : 04 76 82 61 80)

 

Corse
SIO Service d’Information et Orientation de l’Université de Corse au 04 95 45 00 21


Clermont Ferrand
Domminique Vaysse 04 73 99 32 90

 

Aix-Marseille
Valérie Guidarini
Valerie.guidarini@ac-aix-marseille.fr
04 42 91 70 83

 

Bordeaux
Philippe DEL MEDICO Téléphone 05.57.57.38.09 Télécopie 05.57.57.87.78
Courriel Philippe.Del-Medico@acbordeaux.fr

 

Dijon
Maryse Strohl
51 rue Monge
21 000 Dijon
03 60 44 85 70
Fax : 03 60 44 85 71
daceric@ac-dijon.fr

 

Convaincu ? Il n’est pas trop tard pour vous lancer.
En savoir plus sur le site du ministère de l’éducation nationale

 

Entre « aide aux devoirs », « soutien scolaire’, « étude », « accompagnement à la scolarité », « accompagnement scolaire », les libellés abondent et l’on ne sait pas toujours de quoi on parle lorsqu’on tente d’évoquer l’aide aux élèves dans leur apprentissage, après la classe. D’autant que soutien scolaire gratuit et soutien scolaire marchand, aux antipodes, mêlent allègrement leurs désignations dans le champ lexical de la remédiation. Deux termes au sein du soutien non-marchand semblent néanmoins faire consensus. Le « soutien scolaire » au sens strict désigne l’aide dispensée à l’école, sur le temps scolaire, par les équipes éducatives. « L’accompagnement à la scolarité », lui, désigne une aide dispensée dans un cadre partenarial, hors temps scolaire, par des intervenants variés. Le tutorat du dispositif « 100 000 étudiants pour 100 000 élèves » relève donc de ce dernier qualificatif. Visite guidée dans les méandres des dispositifs existants, où la confusion de vocabulaire illustre la diversité des acteurs.

 

Tour d’horizon du secteur non marchand

 

L’Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages de l’Insee de 2003 nous livre quelques chiffres sur le soutien gratuit au sens large, regroupant soutien au sens strict, dispensé par l’Éducation nationale sur le temps scolaire, et accompagnement. Ce soutien concerne une population minoritaire et socialement défavorisée. Parmi les élèves, 7% en primaire, 13% au collège, 8% au lycée général ou technologique (LGT) et 3% au lycée professionnel (LP) ont recours à des cours de soutien gratuits.
Si les parents justifient le soutien par le niveau faible ou très faible de leur enfant dans la matière, l’initiative des cours revient davantage à l’enseignant (2/3) qu’à eux-mêmes (1/4). Ces parents appartiennent à une catégorie  » moins favorisée socialement, culturellement et économiquement «  et leur enfant est plus souvent scolarisé en Zep. On observe également une plus grande proportion de familles monoparentales.
Les cours de soutien gratuits se déroulent généralement au sein de l’établissement scolaire. Seuls 20% sont dispensés dans une autre structure (collectivité locale, par exemple).

 

Apparu dans les années 80, l’accompagnement à la scolarité, donc hors temps scolaire comme le dispositif « 100 000 », fait l’objet d’orientations arrêtées au niveau national. Impliqué successivement dans divers dispositifs en faveur de la réussite scolaire et de la lutte contre l’exclusion – Programme de réussite éducative et Réseaux ambitions réussite, pour ne citer que les plus récents -, l’accompagnement scolaire s’inscrit dans un cadre réglementaire et structurel complexe. Une complexité qui tient en partie à la diversité des partenaires en présence : quatre ministères de tutelle (Éducation nationale, Emploi, Santé et Sécurité sociale), divers acteurs : enseignants, associations, éducateurs, étudiants…, et divers réseaux de financement : État, collectivités territoriales, Caisse d’allocation familiale, Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, etc.

 

L’essor des cours particuliers

 

Le marché du soutien scolaire payant, lui, ne relève pas des mêmes catégories sociales de populations : les familles recourant au cours privés payants ont un certain pouvoir d’achat, même si de plus en plus de classes moyennes aujourd’hui en font usage. Le marché des cours particuliers a en effet explosé ces dernières années, d’une part sous le poids de parents qui angoissés par le chômage et la course au diplôme pregnante en France tentent d’assurer l’avenir de leurs enfants en mettant le paquet sur la réussite scolaire, mais aussi grâce à des mesures fiscales incitatives.

 

Soutien scolaire et cours à domicile figurent en effet parmi les  » services à la personne  » agréés par le Code du travail qui ont bénéficié de réductions d’impôt ces deux dernières années. Considéré comme un segment à fort potentiel de développement, le secteur des services à la personne fait l’objet du  » plan de cohésion sociale  » lancé en 2005 par le ministre Jean-Louis Borloo, avec comme objectif la création de 500 000 emplois d’ici fin 2008 (dont une part consisterait à faire sortir de l’ombre le travail au noir).  » Les deux ressorts essentiels de cette politique sont une disposition fiscale avantageuse et la mise en place en janvier 2006 du  » chèque emploi service universel « , qui simplifie les démarches et permet de rémunérer les prestations agréées  » services à la personne « . Voici un exemple construit par La lettre d’information de décembre 2006 de l’INRP à partir de chiffres fournis par une fiche d’analyse financière de l’entreprise Acadomia, éditée en 2006 par la société de bourse Oddo. Pour chaque heure de cours à leur enfant, les parents doivent débourser une somme moyenne de 32 €. Les 32 € payés donnent droit aux parents à une réduction d’impôt de 16 €, si bien qu’au final, le cours leur revient à 16 €. Plutôt intéressant.

 

D’où l’engouement que suscitent les cours particuliers, que nous pouvons approcher par le chiffre d’affaires qu’il génère. La part  » visible « , c’est-à-dire déclarée, de l’activité de soutien privé s’élèverait à plus 600 millions d’euros, selon l’étude du Xerfi (2005), ou à 800 millions d’euros, selon Acadomia (chiffres 2004). La part souterraine du marché, constituée par les cours particuliers non déclarés, est estimée dans la lettre d’information de décembre 2006 de l’INRP à une valeur comprise entre 1,1 et 1,3 milliards d’euros.


Un pilotage repris en main par l’Éducation nationale

 

Les inégalités socio-économiques et culturelles que le soutien payant entretient ont poussé l’Education nationale à tenter d’intervenir pour résorber les inégalités et proposer aux élèves défavorisés un soutien scolaire à leur portée.
Selon le rapport établi par l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGEN) et l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche (IGAENR), au moins 275 000 élèves de l’école élémentaire et du collège ont été accueillis en 2003 dans les dispositifs d’accompagnement (donc hors temps scolaire), soit près de 3% de cette population scolaire. La proportion des élèves  » en difficulté ou socio-culturellement démunis  » étant estimée entre 10% et 15%, resteraient encore de 700 000 à un million d’élèves vers lesquels porter l’effort, explique la lettre de l’INRP.
Le budget global consacré au financement public de l’accompagnement s’est dès lors sensiblement élevé, du fait de la récente contribution de fonds provenant du programme de réussite éducative : 60 millions d’euros en 2003, 92 millions d’euros en 2005 et 99 millions d’euros en 2006. Si l’on veut comparer ce budget avec celui du secteur marchand cité plus haut, reste à garder en tête quà financement égal, une heure de cours particulier équivaut au financement de 4 heures de cours dans le secteur non marchand. En effet, compte non tenu des frais liés aux locaux, le coût de revient moyen de l’accompagnement s’établit autour d’un ratio de 6 € par heure et par enfant. Alors que le coût moyen d’une heure de cours particulier est de 28 € (MEN, 2006).

 

Une reprise en main par l’éducation nationale de l’accompagnement scolaire au service des plus défavorisés semble donc se dessiner. A cet égard, les  » recommandations «  finales du rapport du Ministère de l’éducation nationale (2006) sont significatives :

 

redonner une cohérence à la politique nationale interministérielle de l’accompagnement : rendre lisible son suivi budgétaire dans le cadre de la Lolf ; définir des objectifs et des indicateurs spécifiques pour en évaluer les résultats ;

redonner une place centrale à l’Éducation nationale  » dans le pilotage et la gestion, à tous les niveaux, des dispositifs d’accompagnement «  : fixer des orientations aux recteurs, élaborer des  » outils d’aide au diagnostic et à l’évaluation  » et des  » paramètres d’un label qualité « . ;

mieux articuler école et accompagnement au plan pédagogique : constituer des structures de coordination, impliquer les enseignants, associer les accompagnateurs à la vie de l’école ; partager avec eux les informations sur le suivi scolaire des enfants. ;

mieux utiliser le potentiel de l’école : mettre davantage à contribution les locaux et équipements scolaires ;  » recruter des assistants pédagogiques pour la fin du primaire et le début du collège ; restaurer les études du soir ; mettre en place des dispositifs particuliers pour les zones rurales  » ;

associer les familles : rendre l’implication des familles obligatoire pour l’octroi des aides publiques ; développer des dispositifs du type  » école des parents « .

 

Le dispositif « 100 000 étudiants pour 100 000 élèves » s’inscrit à part entière dans cette logique. Une massification souhaitée du tutorat et donc de l’accompagnement scolaire qui répond à l’essor spectaculaire pris ces dernières années par le secteur marchand du soutien scolaire. Un objectif louable, qui permet en premier lieu de rééquilibrer la balance pour ceux qui ont besoin d’être soutenus dans leurs apprentissages scolaires, qui favorise le brassage et vise à résorber les inégalités. Reste à ne pas délaisser derrière l’exigence de quantité celle de qualité, et faire que sous les chiffres, l’accompagnement de chacun au cas par cas soit une belle aventure, menée avec respect et bon sens.

 

En savoir plus : Le soutien scolaire entre éducation populaire et industrie de service, lettre de décembre 2006 de l’INRP

 

A Grenoble, c’est du sérieux. Les 4 universités du site réunies au sein de  » Grenoble Universités « , en partenariat avec le rectorat de l’Académie, mettent à disposition des lycées et des collèges de l’éducation prioritaire des tuteurs étudiants du site formés et encadrés. La prudence est de mise : cette première année, le dispositif est expérimenté avec un nombre d’étudiants limité à 250, afin de pouvoir l’évaluer et le généraliser à un nombre plus important de tuteurs étudiants les années suivantes dans de bonnes conditions.

 

Autre preuve du soin qui est accordé à une mise en œuvre réfléchie du dispositif, respectueuse des réalités particulières à chaque classe d’âge, les objectifs assignés au tutorat de collégiens et à celui des lycéens sont différents. Les collégiens bénéficieront d’un soutien direct (aide aux devoirs, méthodologie), et il a semblé indispensable d’assurer un programme de formation aux étudiants qui les accompagneront. Le tutorat de lycéens, lui, apporte en priorité une aide à l’orientation et à la connaissance du monde universitaire, dans une optique d’encouragement à engager des études supérieures. Il s’appuie notamment sur l’organisation du dispositif académique ASUR ( » Articulation Second Degré Universités « ) qui bénéfice déjà de personnes ressources dans les établissements, susceptibles d’informer correctement les étudiants-tuteurs sur l’orientation post-bac et de les encadrer sur place en liaison avec les équipes pédagogiques et les CIO. Dans tous les cas le tuteur doit apporter au cours de l’année scolaire un élément d’  » ouverture «  culturelle ou scientifique.
Autre bonne idée : chaque fois que c’est possible, la venue d’un tuteur ancien élève de l’établissement du second degré demandeur est favorisée.

 

Pour les étudiants, comme partout ailleurs, les frais directement occasionnés par la mission, essentiellement des frais de déplacement, sont remboursés. Leur engagement est de plus reconnu du point de vue pédagogique par des crédits ECTS, ce qui n’est pas systématique dans les autres universités de l’hexagone. Chaque établissement grenoblois dispose dans son offre de formation en licence ou master, d’UE d’ouverture ou transversales du type  » Engagement étudiant «  et permettant aux étudiants qui en feraient la demande de valider cette UE dans leur établissement d’origine, dans le cadre de ce tutorat et obtenir 3 ECTS. Un jury composé des VP CEVU, d’un représentant de l’IUFM, d’un principal de collège et d’un proviseur de lycée, délibère sur présentation d’un rapport de l’étudiant visé par le chef de l’établissement où il est intervenu. Enfin, les étudiants engagés dans ce dispositif et intéressés par les métiers de l’enseignement pourront bénéficier d’un bonus dans le cadre de l’admission à l’IUFM. S’il démarre avec prudence, le dispositif démarre donc à Grenoble sur des bases solides.

 

Pour tous renseignements, vous pouvez vous adresser à Martine Fiodorov, Chargée de mission Pédagogie à Grenoble Universités, contact : martine.fiodorov@grenoble-universites.fr (tel : 04 76 82 61 80)

 

Sur l’académie de Créteil (Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), Serge Nédelec, chargé de mission ZEP, estime à 300 le nombre d’élèves inscrit dans un tutorat du type « 100 000 » à l’heure actuelle. Le dispositif a bénéficié de 180 000 euros, dont 60 000 financés par le ministère de l’éducation et 120 000 financés par la DIV.

 

Le site de l’académie de Créteil est très bien renseigné, et fourmille de bonnes idées pour nourrir l’envie des étudiants de sortir de leur environnement cloisonné les collégiens et lycéens qu’ils suivent , et stimuler leur ambition. Très dynamique sur toute la politique d’éducation prioritaire, Serge Nédelec a activement participé à l’organisation d’une première rencontre académique des partenaires le 7 décembre 2006 à l’IUFM de St Denis. Puis, dans une Grande école d’ingénieurs en informatique à Villejuif (EFREI) à un séminaire ouvert à tous le 1er février 2007 sur le thème de l’entraide en ZEP, au cours duquel le dispositif 100 000 a bien sûr été évoqué. Sous sa houlette, le travail de mobilisation des différents acteurs ne semble pas près de s’arrêter.

 

Les partenariats associatifs


Association Mêtis

 

L’association, qui regroupe des professionnels et des étudiants issus du lycée Jean Vilar de Meaux, propose aux élèves de ce dernier une aide à l’orientation et une information concrète sur les formations de l’enseignement supérieur. Ce tutorat prend également la forme d’une aide à la préparation des examens.


L’association Tremplin assure un tutorat dans les lycées de Seine-Saint-Denis

L’Association Tremplin a été fondée en octobre 2000 par quelques élèves de l’École polytechnique soucieux de donner leur chance à de jeunes lycéens. En six ans de fonctionnement, elle a progressivement élargi son champ d’intervention à de nouveaux lycées, dans lesquels elle assure un tutorat auprès d’élèves : – de milieu socio-culturel défavorisé ; – intéressés par des études longues ; – inscrits en première ou en terminale scientifique.

 

Toutes les deux semaines en moyenne, des étudiants de Tremplin se rendent dans les lycées partenaires pour y donner des cours de mathématiques, de physique ou de chimie d’une heure et demie environ à de petit groupe d’élèves. Conçus en étroite collaboration avec l’équipe pédagogique, ils ont pour objectif de familiariser ces derniers avec le raisonnement scientifique en stimulant leur réflexion et leur curiosité intellectuelle. C’est aussi l’occasion de leur ouvrir de nouveaux horizons et, dans le cadre d’un dialogue régulier, de les aider à construire un projet d’orientation personnel.

 

A l’entrée à l’Ecole polytechnique, les élèves français et étrangers francophones peuvent effectuer un stage en association correspondant à un service civil. L’école polytechnique met ainsi deux élèves à la disposition de l’académie de Créteil de la mi-octobre à la fin du mois d’avril. Hébergés au lycée Voillaume (Aulnay-sous-bois), ces stagiaires interviennent dans ce lycée et dans les lycées Alfred Nobel (Clichy-sous-bois), Auguste Blanqui (Saint-Ouen), Jean Renoir (Bondy), Olympe de Gouges (Noisy-le-Sec), Jean Rostand (Villepinte), Blaise Cendrars (Sevran), Marcelin Berthelot (Pantin). Une séance d’une heure et demie à deux heures d’approfondissement scolaire est proposée aux élèves de terminale S et une autre aux élèves de première S dans chacun des lycées. Ces séances aident les élèves à anticiper les difficultés de la première année d’enseignement supérieur. Ce stagiaire est encadré par un « tuteur de tuteur », membre expérimenté de l’association qui le conseille et l’accompagne tout au long du stage. Celui organisé en 2005-06 a permis d’aider plus de 70 élèves volontaires dans quatre lycées de Seine-Saint-Denis. La plupart d’entre eux s’engagent dans des études longues, notamment en classes préparatoires.

 

Voir le site de l’association Tremplin : http://tremplin.polytechnique.org

 

Les partenariats éducatifs

Université Paris 8 Saint-Denis

 

Le département de  » Sciences de l’éducation «  et celui de  » Didactique français-langue étrangère  » valorisent l’engagement des étudiants de Licence impliqués dans l’opération sous la forme de 6 ECTS.

 

Durant le second semestre, deux formations sont proposées aux étudiants :  » les pratiques d’accompagnement scolaires  » et  » les pratiques de parrainage des élèves étrangers allophones « , ces formations ainsi que l’implication des étudiants dans le parrainage d’élèves de l’éducation prioritaire peuvent également être valorisées dans le cadre du module de pré-professionalisation coordonné par le SUFICE (Service Universitaire de Formation Initiale et Continue pour l’Enseignement).

 

Pour tout complément d’information, vous pouvez contacter : – le responsable du projet : M. Stéphane Bonnery. stephane.bonnery@univ-paris8.fr – ou le secrétariat : Danielle Lemeunier danielle.lemeunier@univ-paris8.fr au 01 49 40 66 50

 

Université Paris 12 Val-de-Marne

 

L’université met en place deux actions de formation ciblée pour les étudiants impliqués dans le soutien scolaire en faveur des collégiens et des lycéens en difficulté à partir du 2ème semestre de l’année universitaire 2006-2007. Le service de Formation des maîtres proposera à cet effet aux étudiants de Licence un nouveau module optionnel  » Accompagnement de réussite scolaire «  (ARS) Le Service Culture et Vie de l’Etudiant met en place en partenariat avec l’AFEV une formation au tutorat intitulé  » engagement de solidarité « . Ces formations donneront lieu à la délivrance d’ ECTS comptant dans le cursus universitaire de l’étudiant.

 

Pour tout complément d’information, vous pouvez contacter : – pour l’Université : Françoise Tavernier au 01 45 17 11 51 tavernier@univ-paris12.fr, – pour l’AFEV : Agnès Salvadori, au 01 40 36 01 01 agnes.salvadori@afev.org

 

Université Paris 13

 

Le Conseil des Études et de la Vie Universitaire développe avec les lycées appartenant au bassin de recrutement de l’université un partenariat centré sur l’aide à l’orientation, qui comprend un parrainage individuel assuré par les étudiants de Licence.

 

Université de Marne-la-Vallée

 

L’université propose un accompagnement aux élèves issus de milieux socio-culturels défavorisés de dix lycées de Seine-et-Marne, afin de leur permettre d’accéder aux cursus longs de l’enseignement supérieur grâce à un travail d’information et de familiarisation avec les formations universitaires et leurs débouchés professionnels. Elle comprend un tutorat individuel réalisé par des étudiants confirmés (master ou de doctorat, éventuellement troisième année de licence), qui reçoivent une formation spécifique.

 

École Normale supérieure de Cachan

 

Le bureau des études et de la vie étudiante coordonne le dispositif en partenariat avec le rectorat. L’implication des étudiants, dont la plupart se destinent à l’enseignement et à la recherche, pourra être valorisée dans le cadre de leur formation universitaire ou dans celui du diplôme de l’ENS. Des partenariats sont envisagés avec des établissements situés à proximité du campus de Cachan : L’Hay les Roses, Gentilly… Ces parrainages pourront prendre différentes formes : soutien scolaire et tutorat, information sur les parcours universitaires, visites culturelles, etc…

 

Le lundi 12 février, l’ENS Cachan organise en partenariat avec l’Inspection académique du Val de Marne et le Rectorat, une après-midi Portes Ouvertes à l’attention des élèves du second degré afin de leur permettre de connaître ses voies d’entrées, ses formations et ses débouchés.

 

Efrei

 

Les étudiants de l’école d’ingénieur des technologies de l’information et du management (Efrei) proposent aux élèves du collège Karl Marx de Villejuif (Val-de-Marne) un soutien scolaire individualisé, récompensé en 2006 par un prix au concours SIFE (Students in free entreprise) et une formation au passage du B2i. En partenariat avec l’Inspection académique du Val de Marne et du Rectorat, elle a organisé le jeudi 1er février 2007 une rencontre intitulée  » Zone d’entraide prioritaire «  entre élèves des Grandes Ecoles et les établissements impliqués dans ces formes de tutorat.

 

Supméca

 

L’école supérieure de mécanique de Paris (Supméca) organise un tutorat à destination des élèves du lycée Jacques Feyder d’Épinay-sur-Seine.

 

Collège Jean Jaurès de Montfermeil

 

Le collège s’est impliqué pour mobiliser des anciens élèves de l’établissement aujourd’hui étudiants afin de mettre en place un tutorat individualisé auprès des élèves de 4ème et de 3ème.

 

Jérémie Almosni (à gauche sur la photo, en compagnie de Samy Labeyrie, vice-président de l’association) est président de l’association lyonnaise Rencontres à petits pas (Rapp), qui agit dans le champ de l’accompagnement scolaire. Rapp est jumelée avec des écoles des quartiers populaires et contribue à rapprocher les étudiants et les assos de soutien scolaire notamment par le biais de l’aide à l’alphabétisation.

 

Bonjour Jérémie. Peux-tu nous dire en quelques mots quelles sont les activités de votre association Rapp ?
L’association Rencontre à Petit Pas, RAPP, est une association étudiante située sur le campus de la Doua, à Lyon. Elle est rattachée à l’Institut national des sciences appliquées (INSA) et compte plus de 50 membres. Notre activité est tournée vers l’enfance et l’adolescence par différents moyens d’actions. Notre intervention est à la fois éducative et militante. Elle s’inscrit dans l’envie de participer aux nouveaux souffles des banlieues, au renouveau, à l’envie de faire bouger les choses, à la solidarité qui marche… Et à grands pas. Nous sommes essentiellement actifs au niveau du soutien scolaire et de la promotion de l’enseignement supérieur dans les lycées. Dans le cadre de ses activités de soutien scolaire et d’ateliers scientifiques, RAPP s’est engagé à recevoir des collégiens dans des locaux de l’INSA, et à organiser un suivi de ces élèves, en accord avec leurs professeurs principaux.

 

Avez-vous entendu parler du dispositif « 100 000 étudiants pour 100 000 élèves » ?
Oui, et nous en faisons désormais partie. Mais ça nous est un peu « tombé dessus ». Revenons aux prémisses.
Depuis l’année dernière, nous faisons partie du comité de pilotage de la Commission passeport de l’INSA. Créée pendant l’année scolaire 2005-2006, cette commission est une mesure d’ouverture sociale de l’école d’ingénieurs, qui vise à ouvrir le recrutement à des CSP (catégories socio-professionnelles) peu favorisées par le biais d’une procédure spécifique. Une espèce de juste milieu entre entre l’ESSEC (discrimination positive, avec ses avantages et ses inconvénients), et Sciences-Po. Un jury présent dans des lycées partenaires, se réunit avant la deuxième phase de recrutement pour sélectionner les meilleurs éléments de ces lycées. En 2005-2006, trois lycées étaient partenaires : les lycées Marcel Sembat et Jacques Brel de Vénissieux et le lycée Robert Doisneau de Vaulx-en-Velin. Pour l’année universitaire 2006-2007, l’INSA a ouvert ses partenariats à deux autres lycées, situés à Oyonnax et Pierre Bénite, toujours dans la région lyonnaise.
Impliqués dans la lutte contre les inégalités scolaires et pour l’égalité des chances, forts de notre expérience de terrain, nous avons apporté notre point de vue dans le cadre du comité de pilotage de cette Commission passeport. Notre association s’est alors inscrite dans le programme de soutien financier inscrit dans la circulaire d’Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances, et de François Goulard, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche  » Une prépa, une grande école, pourquoi pas moi ? « .
L’action que nous menons depuis 2 ans est remontée aux oreilles du recteur, qui nous a contactés pour nous proposer de faire partie du dispositif « 100 000 étudiants pour 100 000 élèves. » Nous sommes donc l’une des quatre structures qui s’inscrit dans le dispositif sur l’académie lyonnaise : l’Afev, Le CROUS, et le Pôle universitaire de Lyon sont les trois autres. Nous sommes quelque peu intimidés : l’échelle n’est pas du tout la même !

 

Que pensez-vous du dispositif ?
C’est parti d’une très bonne idée : permettre de créer des ponts entre étudiants et élèves issus de milieux défavorisés grâce à un tutorat est une excellente initiative. Le risque est qu’entre la circulaire d’Azouz Begag et de François Goulard précédemment citée, celle de Robien sur le dispositif « 100 00 », celle de Borloo sur la réussite éducative hors temps scolaire, il y ait une dispersion de la politique d’égalité des chances sur des actions cloisonnées et néanmoins semblables. A notre niveau, on essaie de faire le lien et de jongler pour que l’esprit de ces mesures, qui est celui d’une meilleure égalité de chances, soit le mieux approché de façon pratique, sur le terrain. Par exemple, il nous semble discriminant de nous consacrer uniquement à quelques élèves dans du « un pour un » parce que notre nombre de bénévoles n’est pas suffisant, alors que c’est tout un collège qui est dans une dynamique de relégation sociale et scolaire. L’action que nous avons mise en place est d’ouvrir le CDI du collège le samedi matin à 90 élèves, que nous suivons par petits groupes avec 15 étudiants bénévoles. Selon le moment, le besoin, la demande de l’élève, nous faisons du cas par cas, le tutorat individualisé se fait ainsi de façon naturelle. Une dynamique motivante s’installe entre les élèves, qui se sentent mieux au lycée : on évite que le tutorat isole l’élève.

 

Que vous a apporté le dispositif « 100 000 pour 100 000 » ?
Le soutien engrangé est assez conséquent. Il s’agit d’un dossier assez lourd à monter. Des établissements scolaires peuvent postuler au même titre que notre petite association étudiante, c’est assez impressionnant. Le dispositif nous a d’abord apporté des moyens : nous avons reçu l’équivalent de 10 ans de subventions de l’association ! Mais ce n’est pas seulement un soutien financier. Cette reconnaissance nous permet désormais d’être véritablement écoutés, notre feed-back sur ce qui se passe sur le terrain est réellement pris en compte par les collèges et lycées avec lesquels nous agissons. Nous avons plus de crédibilité cette année et de responsabilités.

 

L’année dernière, vous aviez pointé dans votre enquête-reportage à Lyon Discriminations et reproduction des élites en milieu scolaire les limites de l’ouverture sociale non réfléchie d’une grande école. Vos remarques ont donc été prises en compte ?
L’INSA a tiré les conclusions de son expérience l’année passée, où faute d’accompagnement post-entrée, les élèves recrutés par le biais de la commission passeport avaient été en grande difficulté. Alors que seulement un sur dix s’en sortait l’année dernière, cette année cinq admis sur six s’en sortent bien. C’est une belle victoire. Il est primordial du travailleur sur l’auto-censure des jeunes : les élèves qui sont parachutés d’un quartier populaire dans une école d’ingénieur subissent un choc culturel. Une fois dans les établissements, ils doivent surmonter un certain mal-être.

 

L’aspect « ouverture » du dispositif, qui va au-delà d’une pure aide aux devoirs, vous semble donc primordial ?
Oui, c’est très important de ne pas faire que du soutien scolaire au sens trict du terme : au-delà des révision de français, c’est tout aussi essentiel de lutter contre l’auto-censure par l’ouverture culturelle, l’ouverture d’esprit, la prise d’initiative. On essaie de faire naître chez ces lycéens ces qualités qui leur manquent. Par exemple, nous avons inscrit 88 élèves au concours kangourou des mathématiques, pour approcher les mathématiques sans pression, juste pour le plaisir. Autre exemple : les ateliers sur les énergies renouvelables que nous faisons avec l’association Objectif 21, ou un atelier en projet avec la filière théâtre de l’INSA. L’essentiel c’est qu’une relation de confiance s’installe, que les élèves aussi prennent confiance en eux, et qu’on instaure un moment de partage, d’échange. Ensuite, les questions sur l’orientation ou sur le devoir de maths viennent toutes seules.

 

En savoir plus : jeremie.almosni@insa-lyon.fr

 

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