N’y en aurait-il que pour Turin et ses XXe Jeux Olympiques d’hiver ? Que nenni ! Les associations étudiantes, non contentes de partager le goût de la performance et de l’effort, réinventent le sport à leur sauce. Vous connaissiez le ski de fond, le biathlon, le ski alpin, mais quid de la joëlette, de la triplette ou du monopousseur ? Sur l’eau, dans les airs, à Brest ou à Bamako, les étudiants font usage avec brio de leur tête et de leurs jambes pour véhiculer les valeurs qui leur sont chères.

 


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Portrait de Romain Riboud, champion du monde de ski handisports et président du Raid Hannibal.


Slalom géant, Molines (2000)En 1984, il chausse ses premiers skis. Nous sommes à Tignes et Romain vient de souffler ses trois bougies. Le ski, une seconde nature quand on vit à l’année au pied des pistes. à un détail près : Romain souffre d’une hémiplégie légère qui lui paralyse toute une partie du corps. Cela ne facilite pas les premiers virages mais ne l’empêche en rien de progresser très rapidement. Au point que sa kiné se décide un jour à lui parler du « team handisports » de Tignes. Une équipe au palmarès impressionnant, qui totalise plusieurs victoires dans les compétitions les plus prestigieuses.

Tout s’enchaîne très vite pour Romain. à douze ans, il découvre le quotidien des entraînements et les douleurs qui en résultent. Mais peu importent les crampes, il s’accroche et rêve déjà de médailles. En 1995, seulement âgé de quatorze ans et déjà doué d’un esprit de compétition hors normes, le Tignard participe à ses premiers championnats de France. Quelques mois plus tard, c’est au tour de l’équipe de France de lui ouvrir les bras. L’heure des premières grandes compétitions, avant le triomphe de l’année 2000 et un premier titre de champion du monde handisports en slalom géant. La machine Riboud est lancée. S’ensuivront deux médailles d’argent aux Jeux de Salt Lake City en 2002 et une victoire en Coupe du monde en 2004.

Réaliste. Fait citoyen d’honneur par la ville de Tignes, Romain garde la tête froide : « Même si les sponsors sont un peu plus nombreux qu’avant dans le handisport, ça n’est pas le ski qui paiera ma retraite ! ». D’où un souci permanent de conjuguer son agenda sportif et de solides études à l’école de management (EM) de Lyon.

Insatiable, le Tignard se paye même le luxe d’une activité associative soutenue. Président du Raid Hannibal, association organisatrice d’une course de 160 km à travers les Alpes, il coordonne une équipe de vingt étudiants. Un mélange des genres qui lui réussit bien :  » La présidence de l’association est une expérience grisante (…) elle m’a révélé mon goût pour le travail en équipe et le management « .

Le sport, les études, l’associatif : « Trois temps pleins » selon Romain, difficiles à faire tenir dans un seul agenda. Mais lorsqu’on demande à ce touche-à- tout ce qu’on peut lui souhaiter pour la suite, la réponse ne se fait pas attendre : « Une médaille d’or aux prochains JO… » Verdict en février 2006 à Turin.

En savoir plus : http://www.raidhannibal.com

 

Le 18 juin, l’association Espoir fera rimer sport avec solidarité, à l’occasion des premières Haies de l’Espoir. Un événement au service de la cause des réfugiés, deux jours seulement avant la journée internationale des personnes déplacées.

Un événement sportif pour venir en aide aux réfugiés : si l’idée a de quoi surprendre, Florence Rizzo, coordinatrice des Haies de l’Espoir, nous livre ses explications : « Avec cette journée, nous comptons mettre à profit les valeurs du sport afin de contribuer au développement des connaissances autour de la problématique des réfugiés ». Symbole de l’évé-nement : les haies. « En signe des obstacles qui jalonnent la route des exilés ». Parrainées par Stéphane Diagana, champion du monde du 400 mètres haies, ces premières Haies de l’Espoir devraient attirer plusieurs centaines d’étudiants, collégiens et primaires au centre sportif d’Eaubonne (95). Un groupe d’enfants issus des Centres d’accueil des demandeurs d’asile (Cada) se joindra également à la fête. « Un tel événement prend tout son sens dans le Val d’Oise », explique Florence. Le département héberge en effet l’aéroport de Roissy – Charles de Gaulle, premier aéroport international mais également première frontière de France.

La tête et les jambes. Course de haies, sprint, saut en longueur, mais également tournoi de football et jeu Défiexil seront quelques unes des activités proposées tout au long de la journée.  » Les épreuves sportives ne seront qu’une part des festivités « , précise Florence. Afin qu’ils en retirent un peu plus que de simples crampes, un grand parcours de sensibilisation à destination des plus jeunes sera installé sur le site. Un préalable indispensable pour pouvoir se présenter au départ des épreuves sportives. Une fois dans les starting blocks, l’essentiel sera évidemment de participer. En effet, si certains se feront un devoir de viser le podium, chacun des « athlètes » collectera un jeton après chaque épreuve. Ceci quel que soit son résultat. à la fin de la journée, ces jetons seront convertis en une somme d’argent, remise intégralement à l’association France Terre d’Asile.

D’autres manifestations seront organisées en faveur des réfugiés autour du 20 juin. Mais demandez à Florence si elle envisage de s’y joindre, sa réponse ne se fera pas attendre : « Je ne suis pas de celles qui vont s’enchaîner sur le parvis des droits de l’Homme pour faire avancer leur cause ». Symbole ou action ? Florence a choisi : ce sera l’action.

En savoir plus : www.esseclive.com

 

« Au départ, c’est l’histoire de potes qui ont un stage à faire au Sénégal », explique Augustin. « Plutôt que d’y aller en avion, ils y vont en vélo. Et comme ils sont trois, ils y vont en triplette. »

La triplette ? Comprenez la cousine du tandem : un vélo, mais pour trois. Les doux dingues en achètent une, d’occasion.  » Vous n’y arriverez jamais ! «  , leur rabâche-t-on : c’est que le véhicule fait vraiment office de vieux coucou. Ils cèdent donc et… s’en font construire une ! « La Rolls Royce des triplettes », jubile Augustin. Les conditions sont désormais réunies pour qu’ils mènent à bien leur périple : Paris-Dakar à coups de pédale, soit 5500 km en vélo. Pardon, en triplette.
Un beau jour, les trois jeunes hommes arrivent à Dakar, puis en reviennent. Tous trois sont étudiants à l’Ecole internationale de commerce et de développement dite « 3A » (Asie, Afrique, Amérique Latine) basée à Lyon, et cherchent à passer le relais de leur association créée pour l’occasion, Cabine 13. Augustin le prend. Ce sera Lomé Dakar avec la même triplette l’année suivante, soit l’été 2003. Une fille fait désormais partie de l’équipe. Aux côtés de Géraldine et d’Augustin, Rémi est le troisième pédaleur. Objectif de leur voyage : faire la promotion de leur école 3A qui ouvre à Dakar. Ce but, qui leur permet d’être financés par leur école, les conduit à être interviewés dans des des radios et journaux locaux tout au long de leur parcours. Et quel parcours : Togo, Bénin, Burkina Faso, Mali, Sénégal. 100km par jour en moyenne.

Le départ. Géraldine, Augustin et Rémi aterrissent à Lomé un jeudi… au beau milieu des élections présidentielles . La triplette n’est pas encore arrivée. Malgré leurs aller-retours à l’aéroport, le précieux véhicule met plusieurs jours à leur parvenir. Dès que ce dernier est sur terre ferme, le dimanche, tous trois prennent leurs pédales à leur coup et se sauvent du Togo, le climat des élections n’étant jamais très prévisible. Au début du parcours, ils zigzaguent sous le poids de l’engin. Une triplette est autrement plus encombrante qu’un vélo : lorsqu’elle entame un virage sur la route, personne ne peut passer. « Celui qui est devant donne le rythme », explique Augustin, qui rythme donc à grands coups de pédale. En 30 ou 35 jours, ils accomplissent 3500 km : 3000 km sur route et 500 km de déplacements en ville. Seul le trajet Bamako-Sénégal est fait en train… « parce qu’il n’y a pas de route ». Les reliefs sont particulièrement difficiles à aborder : être en danseuse sur une triplette relève du funambulisme. « En pente, tu as vraiment l’impression de rouler en marche arrière. Tu es aspiré vers le bas. » Malgré tout, tous trois prennent de l’aisance au fil de parcours. Ils finissent même par slalomer entre les voitures dans les capitales.

Mécanique. Les axes des pédales cassent par deux fois. En sortant de Cotonou d’abord : une pédale de rechange les remet toutefois vite sur pied. Au nord du Bénin ensuite. Par temps humide, sur une pente à 10 degrés, ils s’enfoncent dans la terre, et forcent sur le pédalier. Les pédales fragilisées cassent dans la descente : une fois à droite, puis une fois à gauche. Leur salut vient cette fois sous la forme des camions chargés de l’entretien de routes : armés du matériel adéquoit, ils coupent l’axe de pédalier, mettent une tige puis ressoudent les pédales !
Plus grave : un peu plus loin, le cadre est fendu. Prenant leur mal en patience, les trois désormais piétons croisent un couple en vélo. La discussion s’engage. Parti de France, le couple voyage en vélo pour un an. Son métier à lui est de construire des vélos à Paris. Or, seuls deux endroits sont susceptibles de voir construire une triplette en France : Lyon, et Paris. Quelle n’est pas leur surprise quand ils constatent que l’homme en question avait réparé cette même triplette lorsque leurs prédécesseurs avaient effectué le trajet Paris -Dakar et en avaient cassé la fourche ! L’homme revient le lendemain, utilise le matériel des camions chargés d’entretenir les routes, qui leur avaient déjà sauvé la mise, et ressoude le cadre.
C’est loin d’être leur unique rencontre insolite. Un japonais, qui après avoir fait le trajet Japon-Norvège en vélo s’attelait désormais à rallier l’Afrique du Sud depuis le Nord de l’Europe, reste en particulier dans les mémoires. « Le plus hallucinant, c’est qu’il apprenait la langue au passage » se souvient Augustin. Un seul accident de parcours : alors qu’ils avancent sur les routes étroites et mal entretenues, un camion et une voiture se croisent à leur niveau. Ca passe. Une mobylette s’invite au bal… et leur rentre dedans. Plus de peur que de mal : une roue voilée, le froid, la pluie mais pas de blessures. Plusieurs rayons son cassés. Ils finissent par remonter en selle, se demandant s’ils pourront aller jusqu’au bout du fait du mauvais état de leur bécane.

Obstacles. « Le plus difficile n’était pas le défi physique, c’était de vivre à trois ». Une fille et deux garçons : l’équipe semble plus équilibrée que trois garçons, mais n’est pas moins source de crêpages de guidon. Surtout s’ils ne sont jamais à plus d’un mètre l’un de l’autre. « Tu ne peux pas partir. Tous les jours, tu roules, du dors, tu manges ensemble. » Augustin s’en souvient comme d’une période intense. Il leur faut de plus faire des économies d’espace : avec un porte bagage avant, un arrière, et 5 sacoches pour toute assistance, force est de ne pas transporter trop de nourriture. Ils mangent dans les boui boui sur le bord de la route, en sont parfois malades. Evitent les sauces. « Pouah ! Ce fromage peul ! ». Nourri au scoutisme et à l’endurance, Augustin ne se laisse toutefois pas abattre : durant le voyage, il prend même des kilos ! Géraldine est malade. Elle et Rémi ont le paludisme. Parce qu’il a la peau dure ou se parsème mieux d’antimoustique, Augustin est épargné.
 » Il y a un moment où tes jambes continuent à tourner parce que ta tête le dit. La douleur est toujours présente, mais il faut passer les 3 premiers jours, après tu oublies, ou tu fais avec. » Ils ne souffrent par contre pas des coups de soleil : tous trois ont un casque (« c’était la condition pour que les parents nous laissent partir »), qui les rafraîchit et les isole des rayons. Les shorts  » cyclistes « , en nylon, évitent les frottements, mais ne sont pas des plus hygiéniques.
Malgré ces menus obstacles, tout se déroule bien dans l’ensemble. Une fois au Sénégal, ils sont pressés d’arriver, et lorsqu’ils touchent au but, c’est un peu la délivrance. « Avant de partir les gens te font peur, tu penses que l’ennemi est partout. Pourtant, nous ne nous sommes pas fait agresser sur les routes. Les douaniers trouvaient ça rigolo ».

Question de rythme. Aujourd’hui Augustin repartirait bien. « Le vélo c’est un bon rythme. C’est l’occasion de discuter avec plein de gens. La marche, c’est trop lent, la voiture, tu n’as le temps de rien voir, et puis tu es à l’intérieur ». Les odeurs, le vent, les gens, font partie du voyage. « C’est chouette quand ton physique est en jeu. Ton corps travaille. Les gens disaient : le vélo c’est le moyen de transport du pauvre. Les blancs c’est riche. Pourquoi des blancs sont-ils sur un vélo ? Sont-ils si pauvres qu’il sont à trois sur un même vélo ? »

La grande aventure de la triplette continue : Géraldine, Rémi et Augusin ont à leur tour passé le relais à d’autres, qui ont quant à eux rallié Lyon à Istambul en passant par Athènes (allez comprendre). Les suivants ont fait reconstruire une nouvelle triplette, la précédente étant trop usée, et se sont attaqués au trajet Paris Moscou. On chuchote même que l’année prochaine, trois fous voudraient rejoindre Porto Alegre depuis Ushaïa, mais Augustin est sceptique.

En savoir plus : http://kbine13.free.fr/

 

Qui n’a jamais vu dans les sitcom américaines qui ont bercé notre jeunesse les matches de football américain qui opposent les équipes des universités prestigieuses, avec pour supporters les étudiants du campus rassemblés pour en faire un événement incontournable ?
Quant à Harry Potter, n’a-t-il pas dernièrement défendu la renommée de son école de sorcier lors de la coupe du monde de Quidditch ? Et bien ce n’est plus de la science fiction ! En France aussi il existe un championnat inter-grandes écoles dans la discipline préférée des français : le football. Depuis plusieurs années, les grandes écoles de France telles HEC, Sciences Po, Essec, ISC Lille, Sup de Pub, Inseec se mettent en compétition, de manière ludique mais néanmoins sérieuse, sur le gazon. Du début de l’année scolaire jusqu’au printemps, les licenciés des associations de football respectives s’affrontent à un niveau national et démontrent ainsi l’engouement grandissant des élèves, mais aussi du corps professoral et de la direction des écoles, envers ce championnat.

Et les filles. Vice championne de France 2004-2005, l’équipe de l’Inseec remet ça cette année avec en bonus, l’intégration à l’association Inseec foot d’une équipe féminine qui dispute cette année la Copa Femina, championnat inter-grandes écoles de France version filles !
Mais ce n’est pas tout. L’événementiel s’intéresse de plus en plus à ce championnat et à ces associations footballistiques peu connus du grand public et des futurs étudiants. En effet, le premier salon du football en France,  » Galaxy Foot « , devenu une institution depuis le succès de sa 1ère édition l’an dernier, ouvre une nouvelle thématique pour le printemps 2006 :  » le football et les grandes écoles « . Un vrai tremplin pour développer la notoriété du championnat auprès des visiteurs mais aussi des institutions, des équipementiers et des médias sportifs présents lors du salon. Pour représenter le thème durant les trois jours d’exposition, et impliquer les étudiants dans le contexte de la Coupe du Monde 2006, c’est l’Inseec et les membres de l’association Inseec Foot qui feront partager les résultats 2006 du championnat masculin et féminin.
Leur mission sera également d’attirer un public étudiant et passionné de football via une campagne de communication en amont pour le compte de la société organisatrice aboutissant à une note de projet tutoré.
Moralité : en devenant spécialiste du commerce, de la gestion, de la communication, de la politique,… les membres des associations foot peuvent également dynamiser leur activité extrascolaire et participer à la renommée de leur école, le tout dans un esprit fair-play !

Infos pratiques:

Salon Galaxy Foot
19, 20, 21 Mai 2006
Parc Floral de Paris
Places : points de vente habituels
www.galaxyfoot.com

INSEEC Grande Ecole
32, quai de la Seine
75019 Paris
www.inseec-france.com

 

 

L’association Orion permet aux déficients visuels la pratique de la voile avec le plus d’autonomie possible, les sensations liées au vent offrant un panel de repères exploitables sans la vue.

 
Jour de Brest, sur les flots. Mathieu, en maîtrise de Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), barre un voilier, les yeux fermés. Non pas qu’il connaisse la mer comme sa poche, mais pour mieux sentir le sens du vent. Soudain, la question : que donneraient des expériences de voile avec des non-voyants dans le cadre de son mémoire ? Sitôt, dit sitôt fait : il rencontre à l’Institut pour l’insertion des personnes déficientes visuelles (Ipdv) Bruno, un ancien motard ayant perdu la vue. Tous deux poursuivent l’aventure et fondent l’association Orion.

Aujourd’hui, ce repaire d’étudiants en Staps et autres voileux accueille des non-voyants venus de toute la France pour y naviguer. Mathieu y cultive son goût des expériences : en doctorat, il cherche désormais à développer des cartes numériques virtuelles tactiles qui permettront d’appréhender le déplacement du voilier en temps réel. Pour l’instant, l’association se contente d’utiliser des cartes dont les traits de côtes sont repassés en relief. Sur le pont, des boutons donnent de façon vocale la position géographique, la vitesse, le cap.

Efficace : Ti Jean, non-voyant, est le premier à informer l’équipage de la nécessité de virer, la digue du port de commerce étant à 500 mètres ! De nuit, Ti Jean barre même mieux que Mathieu. Un atout lors de la Transmanche 2004 qu’ils ont effectuée en double.

Empire des sens. Les gros gilets de sauvetage, avec leurs collerettes à l’arrière, empêchent la sensation utile du vent sur le visage ? Ils sont illico remplacés par des gilets fins, gonflés automatiquement au contact de l’eau.  » Tout est lié : les marins écoutent l’écoulement de l’eau sur laquelle glisse l’engin, les voiles qui fasseyent, sentent les vibrations le long de la coque, la gîte du bateau… « . Des pré-réglages sont définis par des scotchs sur les écoutes de grand voile, pour qu’après un ajustement grossier, les marins affinent, comme sur un instrument de musique. Une équation aux mille variables peu explicables. Ti Jean tente de traduire à Mathieu au plus près les sensations qui le font agir sur l’eau. Mais parfois, la technicité laisse place à l’instinct :  » Je le sens, c’est tout « . Michèle, 41 ans, n’a jamais vu de sa vie. Un jour en mer, elle peine à barrer, et une fois le spi levé, la tâche lui est encore plus laborieuse. Se met alors à discuter avec Ti Jean.  » Elle barrait admirablement bien. Depuis on lui dit : Michèle, ne pense pas aux voiles ! « .

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L’association Cercle Aéronautique se lance cette année dans l’organisation d’un voyage jusqu’à l’équateur. L’occasion de répondre à trois objectifs : la performance technique et sportive, la solidarité internationale et surtout la démocratisation de l’accès aux activités aéronautiques.

Montrer que « dans le ciel aucun handicap n’est un obstacle » est le but de l’association Cercle Aéronautique. Créée en 1988 par les étudiants de l’école d’ingénieurs de l’Estaca, à Levallois, elle organise depuis trois ans des actions en dehors de l’école.

Le projet Rose des sables

Pour l’été 2005, Cercle Aéronautique met en place un projet, nommé Roses des sables, dont le but est d’aller jusqu’à l’équateur avec des escales au Togo, au Sénégal et au Gabon. Une performance tout d’abord sportive et technique. En effet trois avions long courrier légers et fiables sont prêts à partir. Néanmoins le problème du ravitaillement se pose, les terrains sur lesquels ils atterriront ne disposant pas de pompes à essence avion. Par ailleurs, la situation politique au Nigéria ne permet pas de survoler son espace aérien, l’itinéraire prévu au départ par les membres de l’association doit donc être revu.

Humanitaire. Le but de cette opération est également humanitaire. En effet, les participants apporteront des livres pour les enfants, des vaccins, des médicaments et des préservatifs. Ce matériel sera mis à la disposition de trois associations humanitaires sur place. La première est située à Saint-Louis du Sénégal, la seconde à Lomé au Togo, la dernière à Libreville au Gabon.

L’équipage est composé de sept personnes dont une handicapée. Pour l’association Cercle Aéronautique en effet le handicap ne constitue pas un obstacle aux activités aéronautiques. Depuis trois ans l’association s’attache à faire reconnaître cette vérité.

Le handicap ne sera pas un obstacle

Il y a deux ans, les membres de l’association ont fait participer deux handicapés à un voyage au Sénégal sur les traces des pionniers de l’aéropostale. Durant l’été 2004, soutenus financièrement par Dassault aviation qui promeut l’intégration des handicapés dans l’entreprise à travers sa filiale Cap Avenir, deux handicapés ont de même pu participer à une traversée de l’Atlantique par le cercle polaire. Le but a été de démontrer que l’activité aéronautique est ouverte à tous.

L’exemple de Dorinne Bourneton est éloquent. Première pilote handicapée en France, elle s’est battue pour l’industrialisation de commandes adaptées aux handicapés. Elle fait partie de la commission handicapés de l’aéroclub de France et coopère désormais avec Cercle Aéronautique.

Durant l’année. Cercle Aéronautique mène également des actions avec d’autres associations comme Flying West, basée à Laval, avec laquelle sera animée une journée Handi-Fly. Durant l’année ils organisent des baptêmes de l’air , à des prix raisonnables (50 euros l’aller-retour pour Reims, à trois heures de vol), à destination des étudiants, des enfants et des handicapés.

Cette année encore, Cercle Aéronautique démontre son originalité avec une combinaison étonnante, l’accès à l’aéronautique pour les uns, l’accès au développement pour les autres. Un projet humaniste et humanitaire.

En savoir plus :
Cercle Aéronautique de l’Estaca
34 rue Victor Hugo 92300 Levallois Perret
e-mail : cercleaeronautique@free.fr
Tel : 06.62.40.47.67
http://cercleaeroestaca.free.fr/ros…

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En septembre 1997, alors que je suis au volant d’un tracteur, je bascule dans un ravin… Deux tonneaux après, je suis éjecté. Il me faudra plusieurs jours de coma provoqué et une transfusion sanguine pour réparer mes poumons, qui ont explosé sous le choc… L’année suivante, je commence à faire du vélo pour retrouver mes capacités respiratoires laissées dans le ravin. C’est le début d’une longue remise en forme, ponctuée par des petits périples à vélo, dans le Massif Central notamment. En 2003, je pars affronter les cols des Alpes avec mon meilleur ami Fabien, qui me suivra en moto. De là est né une plus grande aventure, celle des  » Voyageurs au grand Cœur  » !

Nous avons créé cette association en 2004. Notre but, promouvoir le don du sang et le respect des deux roues sur la route. Pour cela, nous effectuerons un premier périple de 5400 km en Europe, en août et septembre 2004. Fabien en moto, moi à vélo, nous aiderons à collecter plus de 100 litres de sang à travers 10 pays européens, bien aidés par les Rotary Club. Ce premier périple des Voyageurs au grand Cœur est une parfaite réussite. Une magnifique aventure faisant la promotion du don de sang à travers les frontières, à la force des mollets ! Un périple qui nous vaudra l’occasion d’être introduit dans le livre des records (Edition Michel Laffont, 2006, p 232). De ce tour est né un livre et un DVD, mais aussi la certitude que oui, le vélo est bien le meilleur moyen de locomotion et de communication que l’on puisse trouver. Voyager à vitesse humaine, découvrir les gens et les paysages avec la sueur de ses efforts, boire une petite gnole locale, récompense bien méritée d’une longue et difficile étape ! Le sourire des gens, les encouragements, les réconforts, les soutiens… Chose que vous n’avez pas autrement que par le vélo…

Le vélo est un fabuleux moyen de locomotion de découverte, d’échange. Le meilleur ami de l’homme dans ses déplacements ! C’est pour cela que lors de mon déplacement en Nouvelle Zélande, il me fallait découvrir ce pays à vélo ! Ainsi, du 2 septembre au 12 octobre 2005, dès la fin de mon stage (en DESS tourisme), je suis parti sur les routes pour découvrir ce magnifique pays du bout du monde, toujours pour l’association  » Les Voyageurs au grand Cœur « . Un périple de 2750 kilomètres, effectué en étroite relation avec la banque de sang locale. Ces derniers ont fait appel à une agence de communication pour promouvoir ce nouveau périple. Un français venu à vélo demander aux Kiwis de donner leur sang ! Il en résultera une communication nationale, avec plus de 30 interviews tout au long du parcours. Lors d’une étape, alors que je roulais au milieu de nul part, je me fait interpeller par un groupe de cyclotouristes armés d’appareils photos :  » Vous êtes l’homme de sang ?  » Trois jours plus tard, c’est une voiture de la banque de sang qui me suivra sur 70 kilomètres avec un énorme panneau rouge où était écrit en grosses lettres  » Julien Leblay, roulant pour le don de sang « .

Le message est très bien passé. De nombreuses personnes se sont déplacées lors des cinq collectes de sang organisées pour l’occasion. Derrière mon vélo flottait, au grès des vents violents, un drapeau signé par les donneurs de sang. Il reviendra au port d’Auckland noir de signatures ! A chaque étape, j’ai été accueilli d’une manière fabuleuse, ce qui me vaudra la chance de ne pas devoir planter trop souvent ma tente sur le sol parfois détrempé des campings, trop arrosés par des journées fort pluvieuses. Sur la route, ce sont des volées d’encouragements que je recevais, des coups de klaxons chaleureux, des gestes de la main stimulants. Sans hésitation, l’accueil que m’ont fait les néo-zélandais dans leur pays a été au delà de ce que je pouvais imaginer, bien différent de celui qu’on avait reçu de la France lors de notre Tour d’Europe de l’an passé…

Mais la communication s’est également faite en France, grâce au site Internet http://voyage-grand-coeur.org que j’actualisais chaque soir avec récits et photos. Ainsi, jusqu’à 140 personnes se connectaient chaque jour pour suivre ce périple, étape après étape, collecte de sang après collecte de sang. Ce fut le cas de deux classes du collège Albert Camus à Clermont-Ferrand. Ils suivirent ce Tour pas à pas pour écrire un carnet de voyage de ce qu’ils avaient vu à travers ce site. Un magnifique moyen de voyager pour ces enfants.
Pour parler de la Nouvelle Zélande en elle même, j’ai été séduit. Séduit par un vert lumineux, contrastant souvent avec un bleu parfait du ciel ou de l’océan. Séduit aussi par les animaux : des milliers de brebis, des dauphins, des oiseaux (parfois un peu trop agressifs d’ailleurs…). Mais aussi très déçu par leur conscience environnementale peu développée. Mes yeux se sont portés de trop nombreuses fois sur des déchets jetés en bord de route… Physiquement, ce périple a été très dur. Alors qu’en Europe (sans chargement), je pédalais parfois jusqu’à 282 km par jour, en Nouvelle Zélande (avec 25 kilos de bagages), la plus grosse étape était de 150 kilomètres. Ce pays est vallonné, pluvieux (mais la peau est étanche, alors pas de problème !) et très venté (je tomberai de vélo un jour de vent de face à 100km/h…)

Ce périple en Nouvelle Zélande a donc été une merveilleuse expérience, tant sur le plan de la solidarité, de l’échange, de la communication, mais aussi de la découverte. L’aventure continue avec l’écriture d’un livre (le deuxième des Voyageurs au grand Cœur !) et la participation à des festivals et conférences en France. Enfin, cela m’aura permis de donner pour la première fois de ma vie mon sang. Ancien transfusé, je suis interdit de don en France. Ce n’est pas le cas en Nouvelle Zélande, où la loi est un peu différente. C’est le lendemain de la fin du tour que j’irai donner mon sang, le sourire jusqu’aux oreilles. J’ai enfin pu donner mon sang et dire  » je l’ai fait, pourquoi pas vous ?

 

Trois cents kilomètres pour une longue marche à travers le Sénégal, dans le but de lutter contre le paludisme et le sida. C’est le projet « 300 km contre le Ndiambogne », qui a lieu tous les ans depuis 3 ans sur un circuit différent chaque année. A son origine, 3 associations complémentaires.

Passant par plusieurs villages, le but de cette marche est de mobiliser les populations à la prévention du Sida et du paludisme. Des animations sont organisées dans chaque village : échange sportif, rugby, lutte sénégalaise (photo), et veillées de prévention santé. Elles permettent de sensibiliser les jeunes en particulier, et de leur parler de santé de façon festive. L’enjeu est ainsi, à travers cet échange culturel, de donner une place à ces derniers par rapport aux aînés, souvent conservateurs vis-à-vis des méthodes de protection face aux MST, et de faire évoluer les mentalités.

Comités. L’idée des organisateurs, au-delà de l’évènement circonscrit à l’été, est que la marche débouche sur un réseau d’acteurs de prévention. Suite aux animations sportives et aux veillées santé dans chaque village, un comité de 4-5 personnes (médecin du village, sage-femmes…) est réuni. Ses membres sont alors formés pour continuer la prévention une fois que l’équipe de marcheurs est partie.
A plus long terme, le but est alors de travailler avec les communautés sur le fond : il s’agit de leur trouver des partenaires au Sénégal et en France, puis de constituer un réseau de ces comités.

Cette initiative est le résultat d’une collaboration entre 3 acteurs qui se partagent les rôles :

l’association Sankana, d’étudiants en médecine et sciences humaines, met en particulier en place les veilllées de prévention santé, les formations. Elle vise à sensibiliser les populations françaises comme étrangères à des thèmes comme l’hygiène, l’environnement, et cherche à favoriser les échanges Nord-Sud.

l’association Altern’active, de jeunes travailleurs et de développement local, prépare les évènements sportifs : la marche, les moments de lutte sénégalaise et de rugby dans les villages… Festive et dynamique, elle vise l’épanouissement de l’individu et la création de liens sociaux par le biais du sport, du jeu, de la musique et du voyage.

– l‘ONG sénégalaise Agriculteurs Sénégalais et Développement International (ASDI) assure le suivi sur place. Elle est composée de leaders paysans, d’intellectuels, de techniciens, d’hommes et de femmes qui ont décidé de s’associer librement pour mettre en commun leurs visions, ambitions et ressources en vue de participer au développement économique et social du Sénégal.

L’intiative vous a séduits ? Les associations cherchent 20 bénévoles pour l’année prochaine. Préparez vos mollets pour 300 km d’échanges et de prévention.

Altern’active
161 rue St Maur
75011 Paris
www.alternactive.org

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