En 1993, au cœur de l’EICD (École Internationale de Commerce et de Développement) 3A de Lyon, est née une association étudiante baptisée Horizons partagés . Un nom qui en dit long sur l’envergure internationale de la structure ! La plupart de ses membres suivant le cursus de l’EICD, nombre d’entre eux partagent leur temps de formation entre les rives du Rhône et celles de l’Amazone, du Niger ou du Gange ! Eh oui, les trois  » A  » c’est pour ça ! (Afrique, Amérique, Asie). Et nos jeunes professionnels baroudeurs sont donc largement tournés vers les pays en voie de développement.

 

Héritière de nombreux micro-projets initiés par les aînés, l’association avait pris du corps pendant toutes ces années… Bananeraie au Sénégal, bibliothèque au Togo, réfectoire à Madagascar…, autant d’initiatives qui avaient marqué par leur dynamisme et leur efficacité. Eh oui ! Ces étudiants de l’EICD 3A sont rapidement et concrètement propulsés sur le terrain d’actions de développement.

2004, un tournant. Sylvain Dumas, diplômé de l’EICD 3A arrive à la présidence d’ Horizons Partagés . Un temps choisi pour reconsidérer le projet associatif de l’association. Parce qu’il est parfois nécessaire de poser les marteaux et de réfléchir à l’action menée. Les bénévoles actifs d’alors ont ainsi identifié 2 axes principaux d’action vers lesquels ils souhaitaient mener les actions d’ Horizons partagés . Deux maître-mots émergent des discussions : la microfinance et la formation professionnelle.  » Parce que ce sont pour nous de véritables leviers pour le développement «  confirme Kadiatou Konaré, actuelle volontaire pour ces nouveaux horizons. Avec ce nouveau gouvernail, l’asso s’est trouvé une trajectoire précise, tout en gardant le cap de ses débuts : créer un lien entre les institutions du Nord et les acteurs de développement du Sud, tout en permettant aux associations partenaires d’être indépendantes.

 

Dans les locaux de l’université, l’association dispose d’un petit local où se sont installés ces dernières années les volontaires en SCV qui remplissent différentes missions. « Je revenais d’Afrique où j’avais fait quelques expériences professionnelles,explique Kadiatou mais insuffisantes pour être embauchée dans le secteur du développement en Afrique. Ce contrat de volontariat à Horizons Partagés a été une opportunité et j’ai découvert l’action de l’association en débutant ma mission ». Kadiatou n’est pas issue du cursus EICD mais elle s’est reconnue dans ce nouveau projet associatif d’ Horizons partagés .« Nous sommes reconnus au sein de l’école qui nous héberge comme une association solide. Nous voulons vraiment être vus comme de professionnels dans nos actions ».

Comme la plupart des actions qui avaient précédé, c’est par des contacts noués au préalable, que Sylvain était parti faire son stage de terrain au Togo. Il avait alors rencontré l’AMRAD (Appui à la Masse Rurale pour l’Aménagement et le Développement) par l’intermédiaire de son coordinateur, Georges Djakao.Aujourd’hui, c’est en étroite concertation avec cette structure togolaise que les consultants stagiaires d’ Horizons partagés interviennent dans le village de Wahala. « Il y a d’abord un projet d’appui à la microfinance, explique Kadiatou. Suite au premier séjour de Sylvain et à sa rencontre avec Georges, le projet de coopérative d’épargne et de crédit a vu le jour à Wahala. Elle a été baptisée La Vérité« .

 

Les consultants stagiaires d’ Horizons partagés interviennent ainsi régulièrement sur place. Honorine est la deuxième à y effectuer un stage long de 8 mois. Partie en juin, elle met son séjour à profit pour former le personnel de la coopérative et suivre l’avancée de cette institution de microfinance (appelée également IMF pour les professionnels de la microfinance !). Un travail main dans la main avec l’AMRAD qui permet d’offrir des services financiers aux plus exclus des systèmes classiques (tontines, épargne et crédits).

 

Sur le plan de la formation professionnelle, Horizons partagés a mis l’accent sur les jeunes démunis de cette région du Togo ; les orphelins, les enfants de familles pauvres… Des formations en mécanique, soudure, couture et coiffure leur sont ainsi proposées dans le centre de formation de Kpalimé, village fortement touché par la morosité économique et le manque d’alternatives pour s’en sortir « On souhaite diversifier dès que possible cette offre de formation car il y a de réels besoins et une forte demande » précise Kadiatou. « Dans notre mode de recrutement, on essaie de prendre en compte la motivation des jeunes et leur précarité sociale et économique, mais ce n’est pas toujours facile. »

 

Kadiatou poursuit sa mission de volontariat dans le local de Lyon. Si elle a en charge principalement le projet formation professionnelle et la communication ; et c’est Alexandra, nouvelle volontaire qui a la charge du 3ème projet d’ Horizons partagés : la formation en microfinance en France. En effet, l’association peut déjà s’enorgueillir de jolis contrats décrochés auprès de lieux de formation prestigieux :l’EICD 3A, l’Ecole supérieure européenne d’Annecy et l’association X microfinance de Polytechnique. « Ces prestations de formation nous permettent développer notre auto-financement et de promouvoir ces outils de microfinance auxquels on croit »

 

Sans prendre la grosse tête, l’asso aspire à prendre son autonomie. En terme de locaux d’abord, puisqu’elle partage actuellement le bureau avec le BDE, le BDA et le BDS de l’université EICD 3A ! Pas toujours facile alors de recevoir bénévoles et éventuels partenaires ! Car petit à petit, Horizons partagés se forge une réputation de pro et les horizons s’élargissent ! Avec la mobilisation des consultants stagiaires sur le terrain, les bénévoles à Lyon et les volontaires, Horizons partagés prend de l’envergure.

Pour les prochains mois, l’asso invite les professionnels à un forum sur la microfinance le 28 novembre. Un événement organisé conjointement avec l’ECIDEC, association de Rhône-Alpes qui travaille au Bénin et au Sénégal sur la microfinance également. C’est de nouveau avec elle qu’ Horizons partagés organisera le 14 novembre une soirée de projection-débat complétée d’une expo, dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale. « Les bénévoles de l’association préparent également des cafés débats et d’autres événements pour faire connaître l’association et trouver des financements » précise Kadiatou, ravie de la mobilisation de la vingtaine de bénévoles actifs pour Horizons lointains . Un concert est en préparation pour décembre…Restez connectés !

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