La mission d’engagement civique, proposée hier par le secrétaire d’État aux Sports Bernard Laporte, ne saurait être assimilée à un service civique.

D’abord parce que leurs objectifs diffèrent :

Le dispositif présenté par Bernard Laporte sera validé par Sciences-Po Paris comme un « stage de terrain ». Son objectif est donc avant tout l’acquisition de compétences, dans une visée de formation professionnelle. Ce qui est en soi tout à fait louable et envisageable, la participation à des activités associatives au sein du monde sportif pouvant représenter une voie de découverte de la vie professionnelle, de mise en pratique et d’acquisition de compétences valant bien l’immersion dans une entreprise. Mais attention à la confusion des genres ! L’objectif du service civique est tout autre : il vise avant tout à encourager la participation civique des jeunes. Ceux qui s’y engagent choisissent de consacrer une période de leur vie à un projet d ‘intérêt général : on est donc dans le registre de l’engagement, de la citoyenneté, ce qui n’est évidemment plus le cas si le but premier devient l’acquisition d’un diplôme.

Ensuite parce qu’une mission de 100 heures ne permet pas de répondre aux objectifs du service civique :

Les missions proposées aux jeunes dans le cadre d’un service civique doivent être conçues avec la plus grande exigence. Elles doivent donner à chacun le sentiment d’être utile et de mieux comprendre le monde en contribuant à le transformer. Pour y parvenir, les associations doivent pouvoir associer pleinement les jeunes à leurs projets et échanger avec eux sur l’importance d’être acteurs de la société et d’agir pour le vivre ensemble ; ce qui n’est pas possible dans un laps de temps aussi court. Une mission de 100 heures aura donc un impact beaucoup plus réduit sur les jeunes qu’une véritable « étape citoyenne » de plusieurs mois.

S’il est tout à fait pertinent de considérer les associations comme des lieux de stages, il ne faut en aucun cas faire d’amalgame entre un stage et un service civique. Le service civique constitue une forme particulière d’engagement. L’engagement ne s’évalue pas et ne se récompense pas : il s’encourage.

 

Contact presse :

Mélanie Gratacos,

Tél : 01 42 22 15 15

mgratacos@animafac.net

 

A lire :

– le communiqué en PDF.

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