Trois milliards d’êtres humains vivent dans la précarité et la misère. Et depuis 30 ans, l’écart entre les 20% des pays les plus riches et les 20% des pays les plus pauvres a été multiplié par trois. Pour tenter de réduire ce fossé, 40 organisations* se mobilisent depuis cet été pour que l’aide publique au développement soit appliquée au niveau décidé il y a trois décennies.

 

Alors que la taxe Tobin n’en est encore qu’au stade des revendications, il existe, depuis de nombreuses années, un dispositif destiné à réduire les écarts de développement et de richesse entre les pays du Nord et du Sud. Ce dispositif, c’est l’aide publique au développement (l’APD). Dès 1970, les États occidentaux s’étaient en effet engagés à consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut à l’APD.

 

En 1995, les états membres des Nations Unies se sont à nouveau promis de réduire de moitié, d’ici 2015, la proportion de personnes vivant dans une extrême pauvreté. Un objectif réaliste : le coût d’accès universel à l’éducation et aux soins de santé de base, à une nourriture adéquate, à l’eau potable et aux infrastructures sanitaires est évalué à un investissement de 46 milliards d’euros supplémentaires par an pendant 10 ans. Un objectif difficilement réalisable, au rythme où vont les choses. À l’instar d’autres pays de la communauté européenne, la France traîne des pieds : elle figure en tête des pays qui ont le plus réduit leur aide publique au développement depuis 1994.

 

 » Votons pour un monde plus juste  »
Convaincue qu’une augmentation substantielle de l’APD est essentielle si la France veut tenir ses engagements de solidarité et retrouver un rôle moteur dans les politiques de développement sur la scène internationale, une quarantaine d’organisations se sont ralliées au mot d’ordre  » Votons pour un monde plus juste « , campagne à l’initiative du CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement).

 

ONG, syndicats ou associations de collectivités locales, ils ont choisi de profiter des campagnes présidentielles et législatives pour faire passer leur message : l’augmentation de l’APD. Quitte à passer pour des trouble-fête, il désirent, par leur militantisme et leur mobilisation, que l’APD devienne un sujet de débat lors des prochaines élections. Une campagne dans la campagne qui a déjà recueilli plus de 175 000 signatures et qui ne passe pas inaperçue.

 

Sur le site internet qui lui est dédié, on se félicite des premières avancées :  » Le premier objectif de notre campagne sur l’APD semble rempli (même si nous bénéficions d’un contexte favorable) : il s’agissait d’introduire le thème de la coopération internationale et de l’APD dans la campagne présidentielle. Robert Hue s’est rendu au Mali où il s’est prononcé pour l’augmentation de l’aide. Les Verts sortent des affiches électorales que n’auraient reniées certaines ONG (sur l’accès à l’eau en Afrique, etc.)
Le second objectif pour nous est de faire en sorte que les hommes politiques s’engagent sur ce point : après Jacques Chirac qui au sommet du Népal a clairement exprimé la nécessité d’augmenter l’APD et d’atteindre les 0,7%, le gouvernement a réuni un Cicid jeudi dernier (Comité interministériel sur la coopération internationale et le développement). Même modeste, l’engagement de la France de viser les 0,36% pour 2002 (contre 0,32% en 2000 et 0,34 % en 2001) est déjà un premier signe. Charles Josselin (ministre de la coopération, ndlr) affirme viser les 0,44% d’ici 5 ans « .

 

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