Il faut en franchir des portes, en gravir des montagnes pour faire sa place dans l’enseignement supérieur. Ce n’est déjà pas simple pour une personne valide ; se répérer dans les bâtiments, s’adresser au bon bureau, remplir le bon formulaire, avoir les codes d’accès. Alors imaginez ce que peux vivre un étudiant mal voyant, une personne sourde, une personne invalide, pour atteindre tous ces services indispensables et accéder aux enseignements.
Les étudiants n’ont pas attendu pour réagir et ici et là, sur la plupart des campus, des associations d’étudiantes ont vu le jour pour appuyer leurs camarades, leur faciliter la vie dans les dédales universitaires etc.
Les formalités accomplies, finalement inscrits, il faut ensuite se rendre en cours. Pas une mince affaire que de rentrer dans les amphis, d’accéder à l’enseignement dispensé ; bref, pas toujours simple d’étudier pour les étudiants handicapés.


La loi de 2005. Une incontestable avancée, de l’avis de tous. Grâce à elle, les étudiants handicapés peuvent à présent exiger des établissements universitaires un aménagement des bâtiments et des cours pour leur permettre l’accès au savoir.L’intégration des personnes handicapées, définie comme obligation nationale par la loi d’orientation du 30 juin 1975 trouve avec ces nouvelles mesures de 2005 un vrai bond en avant. Il était temps ! La France avait pris du retard en matière d’intégration des personnes handicapées, même si beaucoup reste à faire.
Le droit à compensation des conséquences des handicaps devient l’expression de l’égalité de droit pour l’exercice d’une citoyenneté pleine et entière. Il constitue l’innovation principale de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
A partir de ces nouveaux acquis, les acteurs sociaux et notamment les associations trouvent de nouveaux outils pour appuyer les personnes handicapées dans leur vie de tous les jours.

L’enseignement supérieur. Longtemps inaccessible pour beaucoup de jeunes handicapés, les portes s’ouvrent pour les lycéens qui désirent poursuivre un cycle supérieur. Avec ce nouveau dispositif législatif, les Présidents d’universités sont donc tenus de leur permettre l’accès aux cours.

Rentrée 2007. Depuis 2005, les gouvernements successifs s’appuient sur cet instrument législatif. Ainsi, la rentrée universitaire 2007-08 a-t-elle vu l’arrivée d’une nouvelle loi (celle du 11 août 2007) qui donne aux Présidents d’universités la responsabilité de veiller personnellement à la mise en accessibilité des locaux mais aussi des enseignements pour toute personne handicapées. Plus que de réelles avancées, la Charte Université / Handicap qui l’accompagne offre de nouvelles attributions financières (4 millions d’euros prévus à la rentrée 2007) pour l’aménagement des universités en faveur des étudiants handicapés.Un comité de pilotage du dispositif a été mis en place pour s’assurer de l’efficience de ces mesures.

Lire la Charte Université / Handicap 2007

 

Déclinaisons. A nouvelle rentrée, nouvelle mesure semble-t-il… Ainsi, alors que la Charte de 2007 ne traitait que de l’enseignement supérieur public, la Charte 2008 s’adresse aux Grandes Ecoles. Là aussi, elle prévoit, dans chaque grande école, la création d’un véritable service d’accueil pour les étudiants handicapés, disposant d’un responsable formé et dédié, ainsi que la mise en œuvre de tous les moyens logistiques nécessaires. Elle engage également les grandes écoles à participer à une évaluation des besoins de l’étudiant et à la mise en place d’un plan d’aide et d’adaptation pour assurer l’égalité des chances

Lire la Charte Université / Grandes Ecoles

 

Des outils, toujours des outils. Pour garantir une bonne compréhension des enjeux de la Charte et une meilleure appropriation, un Guide l’accueil de l’étudiant handicapé à l’université a été réalisé, à destination des acteurs universitaires (administration, service dédié…)Un guide pratique pour s’assurer que chacun, sur le terrain, puisse la mettre en pratique. Pour autant, si une loi oblige, une Charte n’est pas un outil législatif contraignant. Et on l’absence de dotation financière, qui peut obliger une institution privée à mettre en place les mesures nécessaires à l’accueil d’étudiants étrangers ?

Lire le Guide de l’accueil de l’étudiant handicapé à l’université

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