Les étudiants qui se lancent dans la création d’un journal ou qui intègrent une rédaction déjà existante n’ont pas toujours fait l’effort d’expliciter leur démarche. Cet exercice est pourtant loin d’être superflu : il règle les rapports au sein de l’équipe et l’image qu’on renvoie au lectorat et aux institutions.


La ligne éditoriale, qu’est-ce que c’est ?

Il y a deux façons de caractériser la ligne éditoriale : par le projet et par son rendu. Le projet se rattache aux fondateurs du journal, et le rendu se rapporte à l’identité qui se dégage de sa publication.

 

Parmi les journaux qui ont participé à nos rencontres, plusieurs se sont déclarés comme n’ayant pas de ligne éditoriale. En fait, il s’agit d’un non sens, dans la mesure où des choix sont nécessairement à l’origine du projet, notamment ceux des thèmes abordés, et bien entendu celui de publier.

 

Le projet initial


A l’origine de tout projet de publication, il y a cette question : pourquoi faire un journal ? Pour le petit cercle des fondateurs, la réponse semble aller de soi, mais il s’avère que faute d’avoir été clairement formulée, celle-ci comporte une bonne part de malentendu.

Du reste, dès lors que l’on publie, on se trouve investi d’une identité qu’on avait peut-être pas choisie et qui dépasse la simple somme des contributions individuelles.

 

L’adhésion au projet

La ligne éditoriale d’un journal est ce contrat plus ou moins tacite passé entre ces membres. Elle donne une intelligibilité au projet et aide le nouvel adhérent à « s’y retrouver ».

 

Chacun rejoint l’équipe sur une idée qu’il se fait du projet. De profondes divergences peuvent naître d’un flou initial qui nuiront plus tard au bon fonctionnement de l’équipe.

 

D’inévitables règles du jeu

 

En tant qu’œuvre collective, et parce qu’une revue ou qu’un journal comporte un nombre limité de pages, on a régulièrement à prendre la décision de savoir si tel texte peut passer ou pas.

Il y a trois manières de résoudre ce dilemme : en se rapportant à l’autorité d’untel, à celle d’une assemblée ou en se rapportant à des règles préétablies. La dernière issue est celle qui comporte le moins d’arbitraire.


La rétribution symbolique du militantisme

 

Car dans l’associatif, nulle participation n’est définitivement acquise. Si le bénévole donne de son temps, c’est qu’il en attend quelque chose en retour, quand bien même cela ne prend pas la forme d’une rétribution financière.

 

Les motivations de ceux qui concourent à la publication d’un journal sont en général très hétérogènes. Les motivations individuelles sont bien connues mais peu avouées : il s’agit de se faire la plume, d’acquérir de l’expérience ou de s’offrir une tribune.

 

Un journal est une entreprise de sens

Les motivations collectives sont davantage mises en avant. On se base tantôt sur un territoire, tantôt sur une « couleur » idéologique du contenu, tantôt sur une démarche de production de contenu. La gratification personnelle provient de la réussite du projet.

 

Mais informer c’est également former : il n’y a pas d’opinion publique autre que postulée, et le fait de publier contribue à donner corps à une idée, un territoire. C’est ainsi que tout journal édité au sein d’un établissement devient constitutif de son identité.

 

Rencontre avec le public

 

On ne s’investit pas toutefois impunément dans la diffusion d’un média : publier, c’est s’exposer à la critique et prendre le risque d’une assez cinglante déconfiture, qu’elle prenne la forme d’un manque de reconnaissance ou d’une déroute financière.

 

Aussi la ligne éditoriale est-elle un puissant garde-fou pour parer aux aléas de la diffusion. Quand elle est aisément identifiable, elle donne à l’acheteur une assurance sur ce qu’il trouvera à l‘intérieur de son journal et par là même fidélise un certain lectorat.

Synthèse

 

La ligne éditoriale fait souvent partie des tabous qui entourent la publication d’un journal étudiant, parce qu’on s’y investit davantage par opportunité et par impulsion que selon un calcul rationnel, et que par ailleurs l’établissement de certaines règles semble contrarier la libre expression.

Mais le travail de cadrage est un service à rendre à la fois pour l’équipe, afin notamment de dédramatiser le cas des contributions mal venues, mais également au projet, parce qu’une identité forte fait sens et qu’elle est plus aisément appréciable.

 

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