Avec la validation des acquis de l’expérience, émerge la question de l’accès à un diplôme sans avoir à passer par les bancs de l’Education nationale. Si la reconnaissance des expériences citoyennes par l’Etat et par les entreprises est un pas que tous veulent voir franchir, la mise en place de tels dispositifs nécessite une volonté et des moyens.

Créée par la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002, la validation des acquis de l’expérience (VAE) reconnaît le droit à toute personne engagée dans la vie active depuis au moins trois ans de valider les acquis de son expérience en vue de l’obtention de tout ou partie d’un diplôme, d’un titre à finalité professionnelle ou d’un certificat de qualification, enregistrés dans le répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

La VAE vient ainsi compléter le dispositif de 1985, toujours en vigueur, qui permet d’accéder à une formation universitaire sans posséder les titres et diplômes requis (pour s’inscrire en master sans être titulaire d’une licence par exemple). Trois ans après sa création, la VAE rencontre un succès indéniable : 200 000 entretiens individuels réalisés et 17 000 validations totales délivrées. Mais la médaille a son revers.

La place des acquis associatifs

La VAE permet de prendre en compte l’ensemble des compétences professionnelles acquises dans l’exercice d’une activité salariée, non salariée ou bénévole, en rapport direct avec le contenu du diplôme ou du titre visé. L’expérience acquise au sein d’une compagnie théâtrale étudiante pourra ainsi être potentiellement validée pour l’obtention d’un diplôme de médiation culturelle. L’important n’est pas la fonction occupée au sein de l’association mais bien l’expérience personnelle qui aura pu en être dégagée. Le jury est appelé à se prononcer sur la base d’un dossier réalisé par le candidat et, le cas échéant, d’un entretien. Il pourra ensuite attribuer la totalité du diplôme ou du titre demandé ou, dans le cas d’une validation partielle, se prononcera sur la nature des connaissances et des aptitudes devant faire l’objet d’un contrôle complémentaire.

Inégalités et réticences

Malgré tout l’intérêt qu’elle suscite, la démarche de validation de ses acquis relève parfois, pour les candidats, du parcours du combattant. Devant la nouveauté du dispositif et l’ampleur de la demande, les universités ont parfois eu du mal à s’organiser et la simultanéité de la mise en place de la réforme LMD n’a pas non plus contribué à simplifier les choses.

Cette situation a pour principale conséquence d’entraîner une importante diversité dans les moyens d’information et d’accompagnement des candidats à la VAE, ainsi que dans le temps de traitement de leurs dossiers. En outre, une forte hétérogénéité a pu être constatée dans les tarifs pratiqués, notamment par les universités qui sont libres de fixer le prix de l’accompagnement qu’elles proposent au candidat. L’écart peut donc aller de quelques centaines d’euros à plus de 1000 euros. De là à imaginer que de tels tarifs sont là pour décourager les candidats, il n’y a qu’un pas. Ceci, d’autant plus qu’un rapport du Haut comité éducation-économie-emploi (HCEEE) constatait récemment que « chez beaucoup d’universitaires, l’idée d’une validation séparée de la formation ne va pas de soi ».

Quel avenir pour la VAE ? Un rapport de l’Inspection générale de l’action sociale (IGAS), remis cet été, soulève un certain nombre d’interrogations sur le développement du dispositif de la VAE en constatant notamment « que sur le plan opérationnel, aucun des ministères certificateurs n’est encore outillé pour répondre durablement à une forte croissance de la demande ». Le rapport pointe, en outre, qu’ « il est urgent que des dispositions soient prises pour doter le dispositif de moyens et d’une organisation à la hauteur des enjeux, condition préalable à une initiative de l’Etat pour donner un nouveau souffle à cette réforme ambitieuse ».

* Rapport de l’IGAS disponible sur le site de La documentation française

 

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