Le MEDEF et l’université de Marne-la-Vallée lancent l’opération Phénix pour diversifier le recrutement des étudiants par les entreprises. (Cette dépêche est diffusée avec l’aimable autorisation de l’Agence Education Formation – AEF)

« Donner une nouvelle perspective professionnelle à des jeunes bien formés dans des filières universitaires prestigieuses (lettres, sciences humaines, sciences), mais qui, parvenus en fin de cursus (bac+5, master 2), sont confrontés à l’insuffisance ou à l’inadéquation des débouchés professionnels », tel est l’objectif de l’opération Phénix. Pour la concrétiser, une charte a été signée, ce vendredi 2 février 2007, par l’université de Marne-la-Vallée, le MEDEF, le syndicat étudiant TNT-Confédération étudiante et sept entreprises fondatrices : PricewaterhouseCoopers, Renault, Axa, Coca-Cola, Siemens, HSBC et Société Générale. La charte précise qu’il ne s’agit pas de « recruter des étudiants en situation d’échec, ni de créer dans les entreprises des collaborateurs à deux vitesses. Bien au contraire, [l’opération Phénix] entend faire de la diversité des parcours de formation une richesse pour l’entreprise et offrir à chaque jeune une carrière à sa mesure ». Cette opération a vocation à s’ouvrir à d’autres universités et à d’autres entreprises.

70 postes ouverts au recrutement

Pour cette première « promotion » 2007, les sept entreprises offrent 70 postes. Les étudiants seront recrutés « dans le cadre d’un contrat de professionnalisation, sous la forme d’un CDI ». La charte précise que les entreprises ne sont pas tenues de pourvoir tous les postes « notamment si une partie des profils présentés ne correspond pas à leurs critères de sélection ». La sélection aura lieu durant le 2ème semestre 2007 et « sera validée après le succès en 1ère session du master 2 ». Une fois recrutés, les étudiants suivent, à l’université, de septembre à novembre, « un enseignement général de mise à niveau en économie, finances, vie des entreprises ».

Diversification des profils

Pour Serge Villepelet, « les étudiants d’université ont de nombreuses qualités : l’autonomie, la curiosité, l’écoute et l’imagination ». « Il ne faut pas opposer les étudiants d’université et ceux des grandes écoles. Il faut prouver, par la pratique, que ces profils sont complémentaires », ajoute-t-il. Yves Lichtenberger assure que l’université « ne peut assumer seule la forte demande sociale d’insertion professionnelle des jeunes. Si l’insertion est bonne pour les formations professionnelles, nous avons plus de mal pour les formations générales où le lien formation-emploi n’est pas très fort. Or, ces formations construisent des compétences originales qui peuvent être mises en valeur dans les entreprises. »

Axa, qui annonce « un programme de recrutement important dans les cinq prochaines années », cherche plus des « talents » que des diplômes. Chez Coca-Cola, qui propose des postes de commerciaux, on assure que « les meilleurs vendeurs ne sont pas forcément diplômés d’école de commerce ». Renault a besoin de compétences nouvelles : « Par exemple, dans le cadre de notre alliance avec Nissan, il nous faut des connaisseurs de l’histoire et de la culture japonaise. » De son côté, la Société Générale veut des « profils atypiques » parce qu’ « un sup de co n’a rien à apprendre à un autre sup de co ». Par ailleurs, Henri Lachmann, président de Schneider Electric, indique à L’AEF que Phénix est une « très bonne opération » et souhaite que son entreprise y participe.

 

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