Dimanche

10h-13h [Débat]

Intervenants: André Decroix (Président Europe Afrique et l’Art Eclair), Akli Mellouli (président du mouvement national Déclic 21 pour la citoyenneté)

Selon les intervenants il est important de rappeler le contexte des évènements qui ont secoué la plupart des banlieues françaises en novembre 2005 :

 

Premièrement, l’image de la police dans les quartiers dits « sensibles » s’est depuis quelques années détériorée, le respect mutuel est donc loin d’être établi. Dans un climat déjà tendu par une politique de répression et de tolérance zéro, les discours du ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, sont perçus comme une véritable insulte voir comme une provocation par les jeunes de banlieue. Il n’est pas rare que la police nationale lors de simple contrôle de routine se permette des attitudes peu respectueuses. De nos jours l’arrivée de la police dans certaines zones provoque peur et agressivité. On peut effectivement se demander pourquoi deux jeunes, pensant être poursuivis se sont réfugiés dans un transformateur Edf ? Mais la police connaît des problèmes elles aussi, les nouvelles recrus sont très mal formées à l’environnement spécifique des banlieues. Elle à toujours eu la réputation d’être profondément raciste, mais cela reste minoritaire. Le problème global se résume au fait que sa mission est uniquement sécuritaire au lieu d’être de sécurité.

Deuxièmement, on constate un véritable problème d’identité chez les jeunes issu de l’immigration, plus particulièrement chez les jeunes d’Afrique noire et d’Afrique du nord. Ce problème d’identité entre les pays d’origine et la France est souvent récurent chez les jeunes issu de l’immigration qui ne parviennent pas à équilibrer de manière constructive leurs différents bagages identitaires.

Troisièmement, l’héritage politique français n’est pas pleinement assumé., notamment en ce qui concerne l’immigration ou les politiques de la ville. Par exemple, depuis des années les services locaux de la ville dans certains quartiers sont réduits au minimum, la présence de l’état se réduit à celle de la police.
Les médias ont évidement une part de responsabilité en favorisant la surenchère et la compétition entre quartiers pour le nombre de voitures brûlées lors de la nuit de la Saint Valentin. On sait maintenant d’une manière générale que le moyen le plus efficace pour faire venir une caméra de télé dans son quartier est d’y brûler des voitures. De plus les médias ont toujours été très compétents lorsqu’il s’agit de faire l’amalgame entre les délinquants et l’ensemble des jeunes de banlieues.
Il faut distinguer les délinquances, il y a celle qui est de nécessité et l’autre qui provient davantage de l’humiliation. Les conditions sociales évidement sont mises en causes (ouvrage de références : Le ghetto français d’ Eric Morin). Mais les responsabilités sont partagées entre tout le monde alors que chacun se renvoie la faute et cherche un bouc émissaire.

La question des « grand frère » :
Le véritable problème est celui de la formation. Les grands frères ne constituent pas forcément un exemple pour les jeunes (le quartiers de Grigny : certains furent impliqués dans des trafics de drogues en utilisant leurs contacts). Ce statut de grand frère dépossède d’un certain côté l’autorité du père. Les éducateurs n’ont plus la confiance des jeunes, il arrive que les enquêteurs s’adresse à eux pour leurs demander des tuyaux, des renseignements ce contre quoi ils doivent résister.

On note qu’en même que de nombreux quartiers voient leurs conditions s’améliorer (Est parisien par exemple), notamment grâce aux associations.

La participation aux élections dans les banlieues reste un problème même si cette tendance diminue. Pour insuffler une nouvelle dynamique nous devons repenser les quartiers populaires, les associations ont leurs rôles à jouer elles sont porteuses de projets collectifs. Les différentes politiques de la ville n’ont pas échoué mais elles ont montrées leurs limites.

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