Financer un projet étudiant

Fiche pratique

Les associations disposent pour leurs projets de nombreuses sources de financement. Encore faut-il les connaître et les comprendre. En effet, les différents dispositifs manquent parfois de transpa­rence, chercher des finan­cements peut alors s’avérer complexe. Voici quelques pistes pour vous aider à financer votre projet étudiant. 


Présenter clairement son projet

QUELQUES QUESTIONS À SE POSER 

Un projet bien exposé constitue votre premier argument pour convaincre des partenaires potentiel⋅le⋅s. Posez-vous quelques questions simples qui vous permettront d’aborder les princi­paux axes du projet et d’affiner votre idée. Vous pouvez pour cela utiliser un petit outil journalistique, les 3QOCP : qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi ?

Il est important de savoir identifier les besoins auxquels vous allez répondre via votre projet, quel est l’intérêt général ou les effets positifs que pourront avoir votre projet ? Sachez également mettre en avant l’originalité de votre démarche : c’est ce petit « plus » qui fera la différence par rapport à d’autres projets existants (cela peut être le public participant, l’axe d’approche de votre projet, etc.) 

ARGUMENTER SON DOSSIER 

Une fois ces grandes lignes définies, vous pouvez commencer à réaliser un dossier de présentation qui permettra de mettre à l’écrit votre argumentaire, vos objectifs, vos apports, etc.  Ce dossier permettra, en interne, d’harmoniser vos discours et de garder des traces de la conception et de l’élaboration de votre projet, pour les éventuelles prochaines fois. Pour l’extérieur, il pourra être présenté aux partenaires que vous solliciterez et qui pourront ainsi prendre connaissance de votre projet. Par ailleurs, faites attention aux dossiers trop longs. La plupart des ser­vices, publics comme privés, débordent d’activités. Mieux vaut que vos interlocuteur⋅rice⋅s n’aient pas à chercher les arguments eux⋅elles-mêmes. C’est donc à vous de les mettre en évidence. Il s’agit alors, sans évacuer le fond du projet, d’être concis⋅e⋅s et clair⋅e⋅s. Essayez de développer une idée par page et de réaliser une présentation sobre.

DÉFINIR UN BUDGET PRÉVISIONNEL 

Dans ce dossier de présentation, vous aurez également à proposer un budget prévisionnel de votre projet. En matière de budget, gardez en tête que les structures qui financent demandent toujours à être « co-financeuse », c’est-à-dire, qu’elles vous demandent d’avoir d’autres soutiens financiers que le leur. Vous pouvez par exemple montrer que chacun organisme de financement n’apportera qu’une partie du financement et que le dispositif voisin (la ville par rapport à un conseil général par exemple) est supposé accorder une somme équivalente. 

Dans tous les cas, essayez d’être les plus réalistes possibles et basez-vous sur de vrais devis pour avoir une idée assez proche de la réalité. À partir de là, demandez des sommes qui peuvent être données par la structure démarchée.  Pour en savoir plus, consultez la fiche « Réaliser un dossier de présentation ».

Sachez enfin vous adapter aux rythmes des institutions. Ceux-ci ne sont a priori pas les mêmes que ceux des initiatives étudiantes. Il n’y a dans certains cas qu’une seule échéance par an pour l’examen des demandes. Calez donc bien votre calendrier, quitte à devoir faire le pari de soutiens a posteriori, en comptant sur des aides qui ne pourront pas être décidées avant la concrétisation de l’initiative.


Les dispositifs dans l'enseignement supérieur

Pour mener une recherche de financements efficace, l’idéal est mettre en place une veille informative régulière. Allez sur les sites web des institutions ou entreprises que vous souhaitez solliciter, pour chercher des éléments d’actualité ou des indications sur leurs valeurs, leurs objectifs et les mots-clés utilisés par chacune pour traiter d’un sujet. Lorsque vous présenterez votre dossier, essayez ainsi d’utiliser au maximum les termes que ces structures utilisent pour qu’elles trouvent un intérêt à vous soutenir. Si vos objectifs sont les mêmes que les leurs, il y a de fortes chances qu’elles s’intéressent à vous. Il s’agit en effet de parvenir à une convergence des intérêts de chacune des parties.

Enfin, soyez attentif⋅ve⋅s aux champs de compétences (notam­ment dans le cas des collectivités territoriales) et aux domaines d’action de vos différent⋅e⋅s interlocuteur⋅rice⋅s : vous gagnerez du temps en identifiant les services capables de répondre à votre demande.

LE FSDIE

Le Fond de soutien au développement des initiatives étudiantes existe dans chaque université depuis la circulaire Demichel de 2001. Ce fonds est alimenté par les frais d’inscription au titre de la Contribution de Vie Étudiante et de Campus. Des commissions pluriannuelles sont organisées dans les universités pour subventionner les initiatives étudiantes et associatives. Les sommes données peuvent aller de quelques centaines d’euros à quelques milliers (si la demande est justifiées). 

Par ailleurs, notez que la gestion du FSDIE varie selon les universités car les sommes ne sont pas allouées selon les mêmes critères en fonction des établissements. Pour en savoir plus, consultez le service en charge du FSDIE, souvent il s’agit des bureaux de la vie étudiante. Ils pourront vous renseigner et vous accompagner dans le montage de votre dossier de subvention. Pour en savoir plus, consultez la fiche pratique : « Obtenir des financements du FSDIE ».

D’AUTRES AIDES LIÉES AUX ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR 

Notez aussi que dans les universités, il existe de nombreuses autres aides qui ne sont pas liées aux FSDIE. Les directions d’UFR ou d’instituts (IUT…), les présidences d’université, les services culturels, les associations sportives, les centres d’information ou de communication disposent tous de leur budget propre et il est parfois possible d’obtenir leur soutien. À condition, bien sûr, d’argumenter avec astuce sur le fait que ce partenariat est indis­pensable et que, dans la mesure où votre initiative contribue re­marquablement au projet de l’établissement dans ses dimensions culturelle, sportive, médiatique etc., le soutien du service corres­pondant s’avère une nécessité absolue. Les écoles, enfin, disposent de leurs propres aides aux projets étudiants. Renseignez-vous sur les possibilités offertes au sein de votre établissement.

CULTURE-ACTIONS

Le réseau des CROUS (Centres régionaux des oeuvres universi­taires et scolaires) et du CNOUS (N pour National) est lui aussi doté d’un dispositif de soutien aux projets étudiants, Culture-ActionS. Celui-ci aide les étudiant⋅e⋅s à développer leurs initiatives, quel que soit le type de cursus suivi. N’hésitez donc pas à dépo­ser votre dossier dans le CROUS de votre ville (pour obtenir la liste des différents CROUS : www.cnous.fr)

Sachez en outre qu’un CROUS, qu’il ait ou non décidé de financer votre projet, peut transmettre votre dossier à la commission nationale de Culture-ActionS, qui peut choisir d’accorder des subventions plus conséquentes pour des projets particulièrement intéressants. Huit prix nationaux sont ainsi décernés chaque année. Pour en savoir plus, consultez la fiche « Financer ses projets avec Culture-ActionS ».


Les dispositifs publics

LES COLLECTIVITÉS LOCALES

Les communes, conseils départementaux et conseils régionaux sont parfois susceptibles de financer des projets étudiants. C’est particulièrement le cas en matière de solidarité et, en général, pour tout pro­jet d’animation ayant un impact sur un territoire donné. Pour le cas particulier des actions de solidarité internationale, renseignez-vous sur les pays et zones dans lesquels agit la collectivité dans le cadre de sa coopération décentralisée, et n’oubliez pas de prévoir un volet « valorisation locale » (expo, conférence…) dans votre projet.

En outre, avec la décentralisation, les collectivités locales prennent de plus en plus d’importance et leur fonctionnement devient de plus en plus complexe. Pensez donc à repérer des services et interlocuteur⋅rice⋅s précis⋅es, comme un service culturel ou des relations internationales, plutôt que d’envoyer le courrier au maire ou au président du conseil départemental. Il y a la plupart du temps un⋅e interlocuteur⋅rice prévu⋅e par la collectivité sur le champ thématique ou géographique qui vous intéresse. C’est d’abord vers lui⋅elle que vous devez vous tourner, quitte à essayer une autre entrée si vous essuyez un premier refus.

LES SERVICES PRÉFECTORAUX

L’État est un acteur majeur des actions locales. En particulier, les Directions départementales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DDJSCS) ont à la fois le rôle d’appui des initiatives jeunes et d’expert du monde associatif au sein des préfectures. Par exemple, elles délivrent l’agrément jeunesse et éducation populaire qui peut vous permettre de faire des demandes de subventions spécifiques. Pour en savoir plus, consultez la fiche « Demander un agrément jeunesse et éducation populaire ».


Les partenaires privés

LES ENTREPRISES 

Faire appel à des organismes privés, que ce soient de petites ou grandes entreprises ou encore des fondations d’entreprise, s’avère aujourd’hui aussi indispensable que de solliciter les institutions. Vous devez en effet chercher à diversifier vos financements, pour montrer à chacun⋅e de vos partenaires qu’il⋅elle⋅s ne sont pas seul⋅e⋅s à s’engager et que d’autres vous soutiennent. De plus, les structures privées peuvent parfois vous apporter précisément ce dont vous avez besoin. Par exemple, les prestations professionnelles ou les biens de consommation sont parfois fort onéreux. Or, une entreprise pourra être encline à vous fournir une aide en nature plu­tôt qu’une aide financière, et vous pourrez ainsi négocier le prêt de matériel pour votre sono et le don de nourriture et boissons pour alimenter vos équipes. Les possibilités sont donc nombreuses, ne les négligez pas. 

LES FONDATIONS ET LES MÉCÈNES 

De plus en plus d’entreprises créent en parallèle de leurs activités des fondations dédiées au soutien de certaines causes. Il en existe ainsi de nombreuses que vous pouvez retrouver sur les sites dédiés : le portail du mécénat, le site de mécénova qui recense les actualités des mécènes, un site listant les fondations mécènes, le Centre Français des Fonds et Fondations, et l’AFF (Association Française des Fundraisers). Toutefois, n’envoyez pas les dossiers au hasard. La plupart des fonda­tions ont défini des critères très précis. Il vous faut donc cibler très précisément les meilleurs contacts et les plus à mêmes d’être intéressées par votre projet. Pour en savoir plus, consultez la fiche : « Rechercher et gérer des partenariats privés ».


Les dispositifs de l'Union Européenne

L’Union Européenne lance de nombreux appels à projets et confère des subventions très larges et les sommes allouées peuvent être très importantes. Il est d’ailleurs parfois compliqué de s’y retrouver. Il faut donc bien chercher pour trouver le programme correspondant précisément à votre projet, qui doit avoir une réelle valeur ajoutée européenne. Ainsi, certains pro­grammes requièrent des conditions de transnationalité ou un partenariat avec d’autres associations de pays membres de l’Union. Soyez aussi vigilant⋅e⋅s aux délais des appels à projets. Si votre projet est uniquement national, évaluez sa pertinence au regard des objectifs communautaires et lan­cez-vous. Pour en savoir plus, consultez la fiche « Monter un projet européen ».

Dans tous les cas, vous l’aurez compris, il faut identifier précisément les destinataires de vos demandes de financements. N’hésitez pas à multiplier vos sources d’information, en particulier dans le monde associatif, où l’on trouve certain⋅e⋅s expert⋅e⋅s du montage de projet.


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