Initier à la programmation informatique

Fiche pratique

La programmation est aujourd’hui une compétence utilisée dans de nombreux métiers, ce qui en fait un facteur d’insertion professionnelle. De plus, de nombreux objets de notre quotidien fonctionnent grâce à l’informatique. Comprendre comment fonctionnent ces objets permet de mieux appréhender le fonctionnement de notre société. C’est pourquoi il peut être intéressant pour les associations de mettre en place des actions afin de former vos publics à la programmation. Comment monter des ateliers d’initiation à la programmation informatique quand on n’est pas un·e professionnel·le de l’informatique ? Comment mobiliser autour de cet atelier ? On vous donne quelques conseils ici.


Choisir son public

Au préalable rappelons ce que veut dire programmer :  c’est écrire du code informatique afin de créer des programmes qui tourneront sur nos ordinateurs et nos smartphones. La programmation peut servir à créer des applications, des sites web ou encore des jeux vidéos.

Les ateliers d’initiation à la programmation peuvent intéresser et être utiles à tous les types de publics. À vous de décider de votre cible : Est-ce que vous souhaitez vous adresser aux étudiant·e·s ? Aux seniors ? Ou bien à un public dit « défavorisé » ?

Quel que soit le public visé, demandez-vous quels sont leurs besoins ? Doivent-ils ou doivent-elles apprendre les bases de l’informatique (apprendre à utiliser un clavier, naviguer et faire une recherche sur internet) ou bien approfondir des connaissances (créer un site web) voire à développer des compétences professionnelles dans ce domaine ? 

A partir de là, il faudra adapter les méthodes d’animation et d’apprentissage pour intéresser votre public et faire en sorte qu’il·elle·s puissent les réutiliser dans leur vie quotidienne ou professionnelle. Pour cela, n’hésitez pas à séparer en plusieurs groupes en fonction des niveaux et des attentes de chacun·e. L’encadrement en sera beaucoup facilité.

Trouver un lieu

Afin d’organiser ce type d’ateliers, il est généralement nécessaire d’avoir une salle équipée d’ordinateurs. De cette manière, vous pourrez proposer aux participant·e·s de réaliser des exercices pratiques. Votre atelier en sera d’autant plus interactif et donc efficace.

Vous pouvez tenter de vous rapprocher de votre université, qui possède probablement des salles informatiques. Certaines universités mettent même en place des espaces dédiés à la formation aux usages du numérique et peuvent les mettre à disposition si vous leur présentez votre projet.

Une autre possibilité est de contacter les médiathèques de votre ville. La plupart possède des ordinateurs et cela pourrait les intéresser de former leurs publics à la programmation.

Enfin vous pouvez regarder si votre ville possède des tiers-lieux numériques (fab-labs, espaces de coworking, hackerspace), ces lieux ont souvent des ordinateurs à disposition et peuvent prêter ou louer leur espace à des associations. Par ailleurs, il y a sûrement dans votre ville ou à proximité des Groupes d’Utilisateur·rice·s du Libre ou des membres du réseau Point d’Appui au Numérique Associatif (PANA) qui pourront vous conseiller et/ou vous accueillir.

Préparer le matériel

Une fois le lieu trouvé, pensez aussi à tester le matériel et la connexion internet en avance. Assurez-vous que les logiciels dont vous aurez besoin sont présents sur les machines ou qu’ils peuvent être installés avant votre atelier.

Testez le vidéoprojecteur et vérifiez la nécessité d’un adaptateur (HDMI/VGA) ou non.

Si la connexion n’est pas suffisamment bonne vous pouvez utiliser, un branchement ethernet à l’aide de câbles rj45, une clé 4G, le partage de connexion de votre smartphone ou un répétiteur wifi par exemple.

Il n’y a rien de plus frustrant pour les participant·e·s que de perdre 30 minutes en début d’atelier à cause d’un souci technique, et ce type de souci arrive toujours au mauvais moment !

Recruter des personnes pour intervenir

Même s’il est possible que vous ayez déjà des formateur·rice·s dans votre équipe, il est probable que vous ayez besoin de recruter des intervenant·e·s extérieur·e·s de votre association, spécialistes sur une question en particulier. 

Vous n’êtes pas obligé·e·s de vous limiter à des développeur·euse·s. La création d’un programme ou d’un site web mobilise également des designers, des chef·fe·s de projet ou des référenceur·euse·s par exemple. Ces profils peuvent également transmettre des compétences à vos apprenant·e·s.

Comment trouver la perle rare ? N’hésitez pas à vous tourner vers les étudiant·e·s qui suivent des filières en rapport avec les thématiques que vous souhaitez aborder (informatique, communication web, etc.). Il·elle·s ont des compétences à partager et certain·e·s seront probablement ravi·e·s d’intervenir bénévolement lors de vos ateliers.

De la même manière, vous avez tout intérêt à vous constituer un réseau de professionnel·e·s du domaine que vous pourrez mobiliser ponctuellement sur vos formations. Attention tout de même, il·elle·s acceptent généralement d’intervenir bénévolement lorsqu’il s’agit de séances ponctuelles mais pour des séances régulières il faudra peut-être envisager une rémunération

Pour finir, certain·e·s enseignant·e·s acceptent d’intervenir sur ce type d’ateliers, notamment si le format est différent de ce qu’il·elle·s font en cours et leur permet de toucher un public différent.

Construire le parcours de formation

Avant de vous lancer et pour vous aider, vous pouvez définir par avance votre parcours de formation, c’est-à-dire le contenu des différents ateliers que vous allez mettre en place.

Pour cela vous allez devoir faire plusieurs choix :

LA DURÉE DES ATELIERS

  • Des ateliers courts (2h par exemple) permettent à un maximum de personnes de se libérer pour y participer (surtout s’ils ont lieu le midi ou en soirée).
  • Des ateliers longs (une journée ou une demi-journée) permettent de mieux approfondir les notions abordées et de faire des exercices pratiques individuels ou en petits groupes.

LES PRÉ-REQUIS

Les pré-requis en terme de compétences en programmation doivent être énoncés clairement afin d’éviter toute frustration et incompréhension. En effet, comme dans tout autre domaine, il est possible de réaliser des ateliers de tous niveaux :

  • Un programme de formation intégralement ouvert aux débutant·e·s vous permettra de toucher le plus large public.
  • Des ateliers d’une difficulté plus avancée sont envisageables, à condition de bien indiquer les pré-requis sur les formations suivies ou les logiciels maîtrisés par exemple, afin d’éviter que des personnes s’inscrivent et n’arrivent pas à suivre le contenu de l’atelier.
  • Un système de niveaux (HTML niveau 1, HTML niveau 2, etc.) vous permettra d’accompagner la montée en compétences des participant·e·s sur plusieurs séances. Cela peut notamment être l’occasion de reprendre le même programme et de l’améliorer à chaque séance. Ce format permet également aux participant·e·s régulier·e·s de pratiquer chez eux·elles entre chaque séance et de venir avec de nouvelles questions.

LES THÉMATIQUES ABORDÉES

  • Vous pouvez décider de vous concentrer sur un langage de programmation ou un métier en particulier (l’intégration web, la programmation en Perl, etc.). Si votre public cherche à se professionnaliser, il sera à la recherche de compétences techniques directement applicables.
  • Il peut aussi être motivant pour vos participant·e·s de voir avec eux·elles toutes les étapes de la création d’un programme ou d’un site web afin d’aborder un ensemble de compétences complémentaires (programmation, design, ergonomie, etc.).
  • Mais il peut également être intéressant d’aborder des enjeux plus larges liés à l’informatique (droit d’auteur, protection des données, etc.) afin d’élargir la culture numérique des participant·e·s.

Pour construire votre parcours de formation, vous pouvez vous baser sur des ressources existantes. Citons notamment D-clics numériques qui propose 7 parcours éducatifs clés en main (correspondant à 70 heures d’activités, avec un focus sur les enfants et les jeunes de 7 à 14 ans) autour de la programmation, de la robotique, de la vidéo et la photo numérique ou encore des usages sociaux d’internet.

Enfin, le programme Voyageurs du numérique propose également de nombreuses ressources, comme des fiches pratiques pour identifier son public ou les lieux ressources de sa région, ou encore des trames d’ateliers réutilisables. Pour vous aider à vous lancer L’interview de Brieuc Le Bars, fondateur de Code Phenix


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