Mener des expériences scientifiques pour diffuser des savoirs

Fiche pratique

Toutes les fans de « C’est pas sorcier » le savent, le recours à une manipulation ou une expérience scientifique permet de captiver facilement son auditoire et de vulgariser des connaissances. Les sciences ne sont pas austères et il est possible de s’initier à la démarche expérimentale tout en s’amusant. Qu’elles soient réalisées ponctuellement pour proposer des animations étonnantes et divertissantes ou qu’elles s’inscrivent dans un projet plus global d’acquisition de la démarche scientifique, les expériences représentent une manière, souvent plus interactive que la rédaction d’articles, de diffuser les connaissances. 


Mener des expériences lors d'un événement

ATTIRER L’ATTENTION

Proposer la réalisation d’une brève expérience sur un stand est particulièrement adapté à une manifestation événementielle (type Fête de la Science) car elle permet d’attirer l’attention du public. 

Pédagogiquement, l’implication active des participantes leur permettra de s’immerger directement dans le sujet. Les manipulations étonnantes ou amusantes pourront piquer leur curiosité et ilelles chercheront plus facilement à en savoir plus.  L’avantage de cette forme de diffusion fonctionne ainsi pour tous types de publics quel que soit l’âge.

VULGARISER DES SAVOIRS 

La manipulation ou l’expérience scientifique constituent ainsi une bonne porte d’entrée vers les sciences. Elles ne sont pas une fin en soi, surtout si vous souhaitez diffuser des savoirs. Elles doivent être un prétexte pour expliquer des concepts ou des processus scientifiques plus globaux.

Prenons un exemple : si vous réalisez des expériences reposant sur les illusions d’optique, l’intérêt est d’expliquer le « pourquoi ». L’expérience proposée page 37 et 38 du guide « S’engager pour la diffusion des savoirs » permet ainsi d’expliquer le concept de persistance rétinienne et de revenir sur la perception des couleurs. Les cônes situés sur la rétine et sensibles au vert sont fatigués de fixer l’image et, lorsque la personne fixe un fond blanc, ceux-ci sont temporairement hors-service, laissant apparaître une image rouge.

L’expérience permet donc de donner des éléments concrets pour appréhender des concepts scientifiques qui peuvent paraître abstraits.

Par définition, cette forme de diffusion se prête plus aux sciences expérimentales et donne un aperçu de cette composante de la démarche scientifique. 

TOUT EN ASSURANT LA SÉCURITÉ DE VOTRE ÉVÉNEMENT

Tout comme la sécurité prime dans un laboratoire, veillez aussi à celle de votre public. En effet, certaines expériences peuvent représenter un danger (réactions allergiques possibles, produits toxiques, etc.). Pensez donc aux protections nécessaires (lunettes, masque, gants, hotte aspirante, etc.). 

L’idéal, si vous avez souvent recours à ce genre d’expériences est d’assurer votre association contre ces risques.


Mener des expériences sur le long terme

Si vous disposez du temps nécessaire (plusieurs semaines à plusieurs mois), il peut être intéressant de replacer l’expérience dans la globalité de la démarche scientifique. Les possibilités d’action dans ce cas s’adressent surtout à un public scolaire ou d’enfants.

L’ACCOMPAGNEMENT EN SCIENCES ET TECHNOLOGIES À L’ÉCOLE PRIMAIRE (L’ASTEP)

Dans le cadre du dispositif de « La main à la pâte », qui vise à proposer un enseignement des sciences en primaire basé sur une démarche d’investigation scientifique, les professeures des écoles peuvent faire appel à des accompagnateurrices pour sensibiliser leurs élèves à des thématiques scientifiques présentes dans leur programme.

Concrètement, cela consiste à intervenir pour un cycle d’au moins une demi-journée par semaine durant sept semaines, au cours desquelles les élèves sont plongé⋅e⋅s dans une démarche scientifique autour de problématiques telles que « L’air est-il de la matière ? » ; « Que deviennent les aliments que nous mangeons ? » ; ou encore « Le fonctionnement du levier ».

L’accompagnateurrice peut être une étudiante en formation scientifique (certaines universités et écoles proposent des crédits ECTS pour la participation à ce programme) dont le rôle est d’être un appui auà la professeure des écoles. Sa mission « concerne avant tout l’introduction et l’explicitation des savoirs et des savoir-faire scientifiques […] et s’attache à la mise en œuvre de la démarche d’investigation, particulièrement dans son moment expérimental ».

En relation avec un thème du programme, l’idée est donc de permettre aux enfants d’être des acteurrices de la construction des connaissances en leur permettant d’explorer, de discuter et d’expérimenter. 

L’autonomie de l’élève est mise en avant en lui permettant de réfléchir à la mise en place d’expériences pour vérifier ses hypothèses. L’erreur a toute sa place dans le processus puisqu’en cas d’échec, l’enfant est amenée à réfléchir aux raisons de celui-ci et à en tirer des conclusions.

LE CLUB SCIENTIFIQUE

En dehors du milieu scolaire et sans contraintes d’un programme à respecter, vous pouvez vous impliquer dans un club scientifique où il est, entre autres, possible d’accompagner à la création d’une fusée, à la construction d’un robot ou encore à la mise en place d’une expérience sur la qualité de l’eau dans une rivière. Les possibilités sont multiples. Tout dépend de vos envies et de vos moyens.

Le club est un rassemblement de personnes qui poursuivent un objectif commun en appliquant une démarche scientifique. De la définition du projet à sa réalisation, les membres du club sont impliquées tout au long du processus et s’initient ainsi à la démarche expérimentale sur le long terme. Par exemple, la réalisation d’une fusée permettra de couvrir un spectre de connaissances allant de la mécanique à l’aérodynamique en passant par l’informatique.

Si vous êtes accompagnateurrice sur le projet, pensez à adopter une attitude de soutien et de ne pas vous montrer trop dirigiste. Il est important de laisser les membres du club tâtonner, émettre des hypothèses et les tester.

L’expérience ne constitue ainsi pas une fin en soi : qu’elle réussisse ou non, ce sont la démarche qu’elle induit et la réflexion qu’elle pousse à développer qui ont de l’intérêt. 

L’expérience représente en ce sens une médiation, non seulement des connaissances, mais aussi et surtout de la démarche scientifique ayant permis leur construction.

En conclusion, plusieurs façons de mener des expériences scientifiques sont possibles. Et n’oubliez pas qu’elles sont un moyen de diffuser et vulgariser des savoirs, et non pas une fin en soi.


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