Obtenir des financements du FSDIE

Fiche pratique

Les cours ont repris depuis quelques mois et vous avez des projets plein les bras. Le problème : vous n’avez pas encore tous les financements nécessaires pour réaliser vos projets. Rassurez-vous, il existe un fonds spécifiquement dédié à vos initiatives : le Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes, communément appelé FSDIE. Depuis 2019, il est alimenté par la Contribution de Vie Étudiante et de Campus (CVEC)


Petit historique

Pour bien comprendre les origines de ce fonds, revenons sur le texte qui a instauré sa mise en place et qui, dans le même temps, consacrait la naissance des Bureaux de la vie étudiante (BVE). En 2001, c’est à travers une circulaire que Francine Demichel, alors directrice de l’Enseignement supérieur au ministère de l’Education nationale, expose les grandes finalités de ce fonds. Il doit notamment permettre d’encourager les initiatives étudiantes, reconnues dans leurs formes multiples comme autant d’occasions de se découvrir et de s’épanouir sur le plan associatif, civique et culturel. Par ce document, le ministère reconnaît (enfin !) l’engagement associatif comme le « gage d’une réussite professionnelle et sociale future ».

Afin d’aider les étudiant·e·s à monter et développer leurs projets, cette circulaire encadre ainsi l’instauration de services (BVE) et de moyens financiers (FSDIE) dédiés à la vie étudiante.

En 2011, le texte devient la circulaire « Développement de la vie associative et des initiatives étudiantes » et s’accompagne d’une charte pour la dynamisation de la vie associative des universités, le développement et la valorisation de l’engagement étudiant, co-signée par la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de l’époque et des organisations représentatives étudiantes. Ces deux textes donnent ainsi une ligne directrice aux universités tout en leur laissant une certaine liberté d’organisation.

Depuis 2019 et la création de la CVEC, quelques changements ont eu lieu et ont affecté le FSDIE. On vous explique tout cela.

Présentation du dispositif

Ce fonds peut être alimenté par :

  • une partie des droits d’inscription acquittés par les étudiant·e·s en début d’année par le biais de la CVEC 
  • d’autres moyens provenant des universités
  • une aide apportée par les collectivités locales

Le FSDIE est aujourd’hui dédié à 2 types de soutiens :

  • Les projets étudiants (associatifs ou individuels)
  • L’aide sociale aux étudiants en difficulté (la circulaire ministérielle prescrit que cette aide ne représente pas plus de 30% du fonds)

Toujours selon la circulaire de 2011, les universités doivent organiser deux commissions différentes selon qu’elle traite de l’aide aux projets ou de l’aide sociale aux étudiants. Les fréquences des commissions dépendent de chaque établissement : si certains convoquent la commission une fois par mois, la majorité opte pour 3 à 4 commissions par an. Aussi, on vous invite à vous renseigner auprès de votre Bureau de la vie étudiante ou de votre service de vie étudiante pour connaître la politique de votre université en la matière.

Le processus d'attribution

Ces crédits si proches de vous, vous êtes en droit de vous demander qui les octroie. Une commission propre à chaque établissement en est chargée. Elle est une émanation du CEVU (Conseil des études et de la vie universitaire) et peut regrouper, selon les universités :

  • le(s) vice-président·e(·s) du CEVU ;
  • le(s) vice-président·e(·s) étudiant·e·(s) ;
  • des représentant·e·s des associations étudiantes ;
  • des représentant·e·s des élu·e·s étudiant·e·s du CA et du CEVU ;
  • le·la responsable du bureau de la vie étudiante ;
  • le·la directeur·rice du Crous ou son·sa représentant·e ;
  • les assistantes sociales ;
  • les représentant·e·s des mutuelles étudiantes ;
  • des personnalités qualifiées, notamment issues des services des collectivités territoriales, des services déconcentrés de l’État – rectorat, direction régionale des affaires culturelles, direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale – ou d’acteur·rice·s associatif·ve·s locaux·les impliqué·e·s dans l’appui aux projets des jeunes.

Les critères d'attribution

DES THÉMATIQUES LARGES 

Il n’existe pas de critères ou de thématiques arrêtés pour élire un projet. Plus précisément, d’une université à l’autre, les critères peuvent être sensiblement différents. Nous vous conseillons donc de vous renseigner sur les critères d’éligibilité du FSDIE auquel vous candidatez. Elles sont en général assez larges. Néanmoins, les commissions d’attribution apprécient, ou exigent parfois, que votre projet s’adresse à un nombre relativement important d’étudiant·e·s de votre université et ait des retombées sur le campus.

Ainsi, les étudiant·e·s qui proposent des projets de solidarité internationale, d’accompagnement à la scolarité ou encore de représentations théâtrales qui ont lieu « en ville », peuvent rencontrer des difficultés dans leur demande de soutien financier auprès de l’université.

L’utilité sociale et civique de ces projets, si elle n’a pas d’impact direct sur l’établissement, peine parfois à être reconnue pour ce qu’elle est : il ne faut alors pas baisser les bras et faire entendre son point de vue, expliquer son positionnement. Parfois tout est une question de formulation, et il peut être utile de vous adonner à un exercice d’écriture à la lumière de ces critères. Cela pourrait ainsi faire bouger les lignes. Et si cela ne vous permet pas d’être soutenu·e·s cette année, vous pouvez tout de même espérer que les choses évoluent pour vos successeur·se·s ! 

Petit conseil donc, si vous souhaitez organiser des projets hors les murs, pensez à inclure dans votre projet des phases au sein de votre campus. Par exemple, si vous souhaitez organiser des représentations théâtrales « en ville », vous pouvez proposer des représentations (avant ou après) au sein de votre université pour en faire bénéficier les autres étudiant·e·s. 

De plus, des projets aussi divers que l’accompagnement d’étudiant·e·s en situation de handicap, la création d’une épicerie solidaire pour les étudiant·e·s en situation de précarité ou encore un festival écologique peuvent être financés. La liste n’est évidemment pas exhaustive.

UNE BONNE PRÉSENTATION

La présentation de votre projet est donc importante. Essayez d’être clair·e·s et sobres. Pour vous aider, dans votre introduction répondez aux questions « Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Comment ? Pourquoi ? ». 

La suite de votre présentation doit quant à elle définir les objectifs, les actions, les modalités d’évaluation et présenter un budget équilibré (recettes = dépenses). Vous ne savez pas par où commencer et comment les articuler ? Pas de panique : la plupart des universités mettent en place des dossiers types pour vous guider dans la rédaction de votre projet. Pour vous accompagner, nous vous livrons, ici, quelques conseils pour rédiger une dossier de présentation.

DES SPÉCIFICITÉS PAR ÉTABLISSEMENT

Autre point d’attention : une université sur deux a mis en place une charte des associations ou une charte du FSDIE qui lui permet de définir plus précisément quels projets étudiants sont éligibles au financement. 

Ainsi, les projets festifs (week-ends d’intégration, galas, soirées), les projets notés dans le cadre d’une unité d’enseignement ou les initiatives portées par des associations dont le bureau n’est pas majoritairement composé d’étudiant·e·s de l’université sont parfois écartés du dispositif. 

Là aussi, n’hésitez pas à consulter le site internet de votre université, dans la catégorie « vie étudiante » ou à prendre contact avec le service qui gère ce fonds pour en savoir plus. 

UN CO-FINANCEMENT NÉCESSAIRE

Enfin, sachez que dans tous les cas votre dossier devra présenter un budget prévisionnel pour votre/vos projets dans lequel vous devrez montrer que vous avez/aurez d’autres ressources financières en plus du FSDIE. En effet, ce dispositif agit comme un co-financement à hauteur en moyenne de 80% de votre budget global. 

Le nombre de projets financés

La plupart du temps, une commission FSDIE examine 3 ou 4 fois par an les dossiers déposés par les étudiant·e·s soit pour financer un projet personnel – qui ne doit pas entrer dans le cadre de votre formation qui donnerait lieu à une validation d’ECTS, soit dans leur cadre d’une association.

Les projets étudiants présentant des montants variables, le nombre de projets élus à chaque commission et chaque année n’est pas fixe. Ayez toutefois en tête que, plus vous proposerez votre projet tôt dans l’année, plus vous avez de chances de recevoir un montant proche de ce que vous demandez (si votre dossier est accepté). En effet, à la fin de l’année, l’enveloppe est constituée de ce qui n’a pas été donné lors des précédentes commissions. 

Le budget total du FSDIE n’est pas non plus fixe : son montant émanant en partie des droits d’inscription des étudiant·e·s au titre de la CVEC. Il varie ainsi d’année en année en fonction du nombre d’étudiant·e·s asujetti·e·s.!

Conclusion

Cette fiche a eu pour vocation de vous donner des pistes de compréhension et des informations générales. Pour plus d’informations, n’oubliez pas que vos bureaux de la vie étudiante sont là pour vous aider et vous conseiller dans le cadre de votre demande : dates des commissions, élaboration de votre dossier et suivi. N’hésitez donc pas à vous rapprocher de ces services pour vous lancer ! 

Et enfin, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un cofinancement, par conséquent, veillez bien avant de vous lancer dans ce dispositif à trouver d’autres partenaires ou d’autres fonds de subventions, vous pouvez par exemple vous orientez vers le dispositif Culture-ActionS de votre CNOUS par exemple. 

Notez, cependant, que pour un certain nombre de villes, il existe des commissions communes entre FSDIE et Culture-ActionS (par exemple à Strasbourg, il y a une Commission d’Aide aux Projets Étudiants (CAPE).


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