Organiser un événement de sensibilisation à l’environnement

Fiche pratique

La question de la protection de l’environnement est de plus en plus présente dans l’esprit des jeunes. Toutefois, si le problème est dans les têtes, tout le monde n’agit pas toujours de manière éco-responsable dans son quotidien. C’est pourquoi, organiser un événement de sensibilisation à l’environnement de manière ludique et instructive peut être un moyen de leur faire prendre conscience de leur empreinte environnementale et d’agir dessus. Par exemple, vous pouvez organiser des ateliers pour les inviter à limiter l’impact écologique du numérique. On vous livre ici un petit aperçu des actions possibles à adapter selon vos besoins et envies. 


Choisir un angle d'approche

DÉVELOPPEMENT DURABLE OU ENVIRONNEMENT ?

Première question, est-ce que vous souhaitez parler de développement durable ou d’environnement ? Le développement durable est un mode de développement permettant de répondre aux besoins du présent sans compromettre l’avenir. Il regroupe des préoccupations environnementales, sociales et économiques. Cela signifie qu’il invite notamment à penser l’économie de manière écologique. Ce concept peut être un peu flou pour des étudiant⋅e⋅s ou impossible à concevoir dès lors qu’il est peut apparaître difficile de réunir écologie et économie. 

Si votre public n’est pas encore bien sensibilisé à ces questions, vous pouvez ainsi privilégier la notion d’environnement ou d’écologie. En effet, celui-ci peut paraître plus neutre, en tout cas politiquement et économiquement parlant. Ce terme est un terme parapluie pour désigner le fait qu’il faut protéger l’environnement dans lequel on vit. Concrètement, il incite à  limiter ou supprimer l’impact négatif des activités des êtres humains sur son environnement.

APPROCHE THÉMATIQUE OU GÉNÉRALISTE ?

Les problématiques environnementales sont nombreuses et complexes. Le temps limité de votre événement vous contraindra à faire un choix : soit traiter toutes les thématiques en restant superficiel⋅le⋅s, soit vous concentrer sur un sujet que vous explorerez en profondeur. 

Interrogez-vous donc sur les attentes de votre public et sur l’environnement dans lequel il évolue. Par exemple, si votre campus n’est pas écofriendly : il n’y a pas de poubelles recyclables, les mégots de cigarette sont jetés par terre, etc. Il peut être intéressant pour vous d’avoir en premier lieu une approche globale pour les sensibiliser sur les problèmes que cela cause. En revanche, si cela n’est déjà plus un problème, vous pouvez aborder des questions plus pointues, comme l’impact du numérique. 

QUEL(S) MESSAGE(S) ?

Futur⋅e moussaillon⋅ne du Rainbow Warrior de Green Peace ou éco-citoyen⋅ne ? Votre message peut être plus ou moins militant. À vous de fixer les objectifs de votre évènement : apprendre des éco-gestes à appliquer au quotidien ou impliquer plus activement les étudiant⋅e⋅s dans la lutte pour la préservation de la planète. Ce temps de sensibilisation peut être, par ailleurs, l’occasion de recruter des bénévoles motivé⋅e⋅s pour un projet environnemental sur le campus.


Choisir le moment pour agir

FIXER LA DURÉE DE L’ÉVÉNEMENT 

Souvent, sur ce type de thématiques larges, une semaine de sensibilisation est souvent ce qui a le plus d’impact. 

Toutefois, cela peut être lourd à organiser en temps et en énergie pour votre équipe de jeunes bénévoles. Dans ce cas-là, vous pouvez choisir d’agir sur une ou plusieurs demi-journées ou un week-end, ou encore quelques heures pendant 5 jours. À vous d’adapter la durée à vos capacités, vos moyens et envies selon la nature de votre intervention. 

FIXER LA DATE EN FONCTION DU CALENDRIER ENVIRONNEMENTAL

Votre événement peut se tenir à une date quelconque, qui vous arrange vous et votre équipe, par rapport à vos agendas respectifs (études, boulots étudiants, etc. ) 

Si vous n’arrivez pas à vous décider ou que vous souhaitez donner du sens à votre action et de la visibilité, vous pouvez aussi choisir de vous associer à l’une des grandes dates de mobilisation pro environnement et profiter de leur couverture médiatique. 

Voici ici quelques dates clés : 

LES SEMAINES INSTITUÉES 
  • La Semaine  européenne du développement durable (SEDD) est pilotée par le Ministère de la transition écologique et solidaire et se déroule souvent durant la dernière semaine de mai et début juin. Elle a “pour objectifs de promouvoir le développement durable, de sensibiliser le plus grand nombre à ses enjeux et de faciliter une mobilisation concrète” Elle fonctionne comme un appel à projets. En effet, vous pouvez organiser  une ou plusieurs actions (conférence, activité associative, visite, escape game…) et les inscrire sur une plateforme d’inscription européenne.
  • La Semaine européenne de la réduction des déchets (SERD) est menée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Elle se déroule début novembre. « C’est est un temps fort de mobilisation au cours de l’année pour mettre en lumière et essaimer les bonnes pratiques de production et de consommation qui vont dans le sens de la prévention des déchets.» Cette semaine thématique fonctionne également sur un système d’appel à projets. Elle est ouverte aux associations, écoles, collectivités territoriales, entreprises… 
  • La Semaine européenne de la mobilité durable se déroule la troisième semaine de septembre. Elle est organisée Ministère de la transition écologique et solidaire en partenariat avec l’ADEME. Son but ? Sensibiliser sur les transports polluants. Elle fonctionne, comme ses consœurs, sur un système d’appel à projets, les initiatives retenues étant recensées selon la région d’intervention sur le site de la campagne.

LES JOURNÉES MONDIALES

Plus militantes que les « Semaines de… », ces journées du calendrier international donnent lieu à de grandes manifestations organisées par les ONG et sont très couvertes médiatiquement.

LA SEMAINE ÉTUDIANTE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Organisée par le REFEDD depuis 2015, la Semaine Étudiante du Développement Durable (SEDD) est la déclinaison, dans les campus, de la Semaine Européenne du Développement Durable.

Nombreuses sont les associations étudiantes organisant des évènements de sensibilisation à l’environnement. On citera particulièrement la semaine organisée, début mars, par l’association Ar Vuez de Rennes. En quelques années, cet évènement alliant débats, moments festifs et militants, s’est propagé à d’autres villes (Tours, Dijon, Pau, Montpellier, Nantes, Toulouse, Perpignan, Avignon, Strasbourg…)


Déterminer les activités de sensibilisation

Voici un aperçu des différentes activités à proposer pour sensibiliser les étudiant⋅e⋅s à l’écologie. 

CONFÉRENCES ET DÉBATS

Moments clés pour réfléchir et informer sur les grands enjeux environnementaux actuels, les conférences permettent aux étudiant⋅e⋅s de rencontrer des spécialistes et de poser, de vive voix, les questions qui les taraudent. Vous pouvez inviter des expert⋅e⋅s ou bien intervenir vous-même si vous maîtriser votre sujet. Essayez de trouver des sujets qui intéressent, questionnent, font polémique, en trouvant par exemple un angle original. 

N’hésitez pas également à croiser les points de vue et les expertises afin de présenter les problématiques dans leur ensemble.
Pour en savoir plus, consultez la fiche :
 « Organiser une conférence ».

LES PROJECTIONS

Plus ludique, la projection a le double mérite d’apporter informations et images poignantes dans un climat décontracté. Afin de ne pas laisser trop de questions non élucidées dans la tête de votre public, faites suivre la projection d’un débat, au mieux avec le⋅la réalisateur⋅rice, sinon avec des intervenant⋅e⋅s maîtrisant bien la thématique.
Pour en savoir plus, consultez la fiche :  « Organiser une projection-débat ».

LES EXPOSITIONS

Conférences et projections attireront les plus motivé⋅e⋅s. L’exposition, quant à elle, peut permettre de retenir l’attention sur le campus lors des allées et venues des étudiant⋅e⋅s. Outre ses qualités décoratives et informatives, cette forme d’animation est assez pratique pour l’organisateur⋅rice, puisqu’une fois installée, il⋅elle n’a plus besoin d’être là, sauf si il⋅elle en a l’envie afin d’apporter des informations complémentaires par exemple. 

Deux types d’expositions peuvent être envisagés : version artistique, vous proposez des photos, peintures ou encore sculptures exprimant ou montrant les menaces subies par la planète. Version didactique, vous exposez des panneaux donnant de grands chiffres ou explicitant techniquement certains phénomènes environnementaux. Pour obtenir du contenu pour votre exposition, vous pouvez également lancer un appel à créations artistiques sur un thème en lien avec l’environnement afin de faire participer les étudiant⋅e⋅s qui seront alors dans une démarche pro-active. Pour en savoir plus, consultez la fiche : « Organiser une exposition ».

LES ANIMATIONS

La bonne animation est celle qui permet de faire passer le public du rôle de spectateur⋅rice à celui d’acteur⋅rice. Son caractère ludique et interactif permet de retenir les informations facilement. 

Quelques exemples : 

Des jeux 

Du Kyogami, où l’on se met dans la peau d’un industriel⋅le⋅ réduisant ses émissions de carbone, au jeu des fruits et légumes permettant d’associer une saison à un végétal, les divertissements à vocation écologique ne manquent pas. Prévoyez des jeux qui se jouent en petits groupes et ne durent pas trop longtemps.

Des spectacles

Concerts, pièces de théâtre ou défilés de mode « recyclée » sont un bon moyen d’attirer les foules et permettent de montrer toute la vitalité des acteur⋅rice⋅s environnementaux⋅ales.

Des ateliers

Apprendre à retaper des meubles, savoir comment isoler ses fenêtres ou cuisiner des menus sans gaz à effet de serre… Autant de gestes utiles pour l’environnement que vous pourrez enseigner à vos pairs sous formes d’ateliers découverte. 

Des moments informels

Ne négligez pas, enfin, tous les moments informels permettant de tisser des liens et de solidariser les étudiant⋅e⋅s autour de la cause environnementale : pique-nique, poster géant sur lequel les étudiant⋅e⋅s inscriront leurs engagements pour l’environnement, etc.

LES STANDS

Outre ces animations, vous pouvez  proposer des stands plus informatifs sur lesquels vous mettrez à disposition des outils et des ressources. Votre équipe d’animateur⋅rice⋅s pourra se relayer pour discuter avec les étudiant⋅e⋅s et répondre à leurs questions.

N’hésitez pas à convier des associations instituées, locales ou encore de votre établissement à tenir leur propre stand. Cela vous permettra de couvrir des thématiques plus spécialisées et ce « village associatif » sera, de plus, l’occasion de montrer aux étudiant⋅e⋅s souhaitant s’engager la variété des structures et thématiques existantes.


Constituer une équipe

Une équipe de bénévoles motivé⋅e⋅s sera nécessaire pour organiser votre(vos) évènement(s). Recrutez-les très en amont, via des passages en amphi, des affiches sur le campus, ou des mails à votre réseau d’associations « amies ». Plus l’équipe sera associée à la constitution du projet, plus elle se sentira investie. Et plus elle sera nombreuse, plus votre programme pourra être ambitieux.

Répartissez les tâches en proposant à chacun⋅e de gérer une partie du programme (conférences, stands, etc.) : à eux⋅elles de rechercher des intervenant⋅e⋅s, de commander le matériel, de réserver les salles… 

Vous pouvez éventuellement créer un pôle pour la gestion de la communication et la recherche de partenariats. Prévoyez, enfin, des bénévoles supplémentaires pour le jour J afin de vous aider à installer et gérer les stands.


Trouver un lieu

Facilement accessibles, les salles de l’université sont très demandées, prenez-y vous à l’avance pour réserver votre salle, ou votre place dans le hall ou le parvis de votre campus. Adressez des demandes pour l’ensemble des espaces, y compris en extérieur 

Vous pouvez également réserver des salles en ville afin d’ouvrir votre événement sur la cité : stand sur le parvis de la mairie, salles de théâtre dans les quartiers commerçants, etc.


Trouver des partenaires

Première piste de partenariat : les fonds publics locaux. Universités, mairies, départements, régions financent les évènements de sensibilisation, surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet actuel tel que l’environnement. 

Renseignez-vous sur les délais pour obtenir ces financements : si vous êtes juste sur le timing, préférez par exemple vous reposer sur les fonds de l’université (FSDIE), plus rapidement débloqués que ceux d’une administration.

Autre piste : les partenaires privés, telles que les Fondations, sont nombreuses à investir dans des projets de défense de l’environnement. Vous pouvez également obtenir des structures privées des soutiens en nature (impressions, écocups, buffet, etc). 

Enfin, pensez à développer des partenariats en nature. L’ADEME et les ONG environnementales pourront vous fournir du matériel, des outils de sensibilisation, des impressions, des écocups, un buffet, etc. 


Communiquer sur votre événement

Comme pour tout événement destiné à accueillir les faveurs du public, il vous faudra travailler attentivement la communication. Auprès des étudiant⋅e⋅s mais aussi auprès des médias et du grand public aussi le cas échéant.

Si votre événement s’inscrit dans une Semaine instituée, la communication autour de la campagne peut servir de point de départ, mais ne saurait être suffisante. Contactez les journalistes qui pourraient être intéressé⋅e⋅s en visant prioritairement la presse quotidienne régionale, plus susceptible de relayer votre événement.

Pour que cette communication soit efficace, prévoyez quelques outils : dossiers et communiqués de presse, programmes, affiches, flyers… Attention cependant : vous organisez un événement écologique, pas question de jeter le papier par les fenêtres.

Pour en savoir plus, consultez la fiche « Communiquer sur son événement auprès des médias et du public ».

Voilà nos conseils pour organiser un événement de sensibilisation à l’environnement, c’est maintenant à vous de jouer !


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