Organiser une exposition

Fiche pratique

Depuis toujours passionné⋅e⋅s d’art, vous avez peut-être même déjà organisé des ateliers artistiques. Les restitutions vous plaisent et en plus vous aimez depuis toujours les expositions : de peinture, de photo, de sculptures, etc. Vous avez maintenant envie d’en organiser une vous-même mais vous ne savez pas par où commencer. On vous donne ici quelques conseils pour organiser une exposition. 


Définir le contenu et la forme de l'exposition

CHOISIR LE THÈME 

Avant de se lancer dans l’organisation d’une exposition, il convient de décider du thème que vous souhaitez traiter. En effet, toute exposition a un fil conducteur. Vous pouvez décider par exemple de raconter des parcours de personne en situation de migration.

DÉFINIR L’AXE 

En plus du thème, vous devez décider de l’axe ou de l’approche selon laquelle vous souhaitez traiter du thème (ou ce que vous connaissez peut-être aussi sous le nom de problématique). Ainsi, votre exposition doit être conçue de manière à ce que le message que vous souhaitez faire passer soit aisément compréhensible.

Il est donc important que vous vous interrogiez non seulement sur ce que signifient les œuvres que vous voudrez exposer mais également sur la manière de les agencer. Par exemple, sur les parcours personnes en situation de migration vous pouvez vous concentrer sur des parcours migratoires liés aux guerres ou à une oppression spécifique (en raison de la religion, de l’orientation sexuelle…).

Comme pour une composition écrite, fixez un angle puis déroulez votre sujet selon une logique définie. Le but : que tous les objets exposés soient liés. Si le fil conducteur ne vous paraît pas facilement identifiable, vous pouvez choisir de commenter vos œuvres grâce à de courts écrits explicatifs. 

TROUVER LE TITRE

Ce choix du thème va vous permettre ensuite de définir un titre a votre exposition qui aura pour but de donner envie aux personnes extérieures d’y venir. 

CHOISIR LE FORMAT 

Une fois ce choix fait à vous de décider quelle forme et quel format vous souhaitez pour votre exposition : souhaitez-vous une exposition exclusivement de photos ? Ou un mélange entre récits, photos, dessins ? Y aura-t-il des vidéos de témoignages ? etc. Il est important de savoir quel seront les supports exposés pour ensuite définir la salle, etc. 

De nombreux musées et artistes tentent de mettre le⋅la visiteur⋅se en situation (en immersion) afin de lui faire mieux ressentir le propos de l’exposition : parcours du réfugié reconstitué façon « l’expo dont vous êtes le héros », cellules en tailles réelles pour sensibiliser à l’univers carcéral, intégration de films ou parcours sonores au milieu d’ œuvres figées…Il s’agit là bien sûr d’une option à laquelle vous pouvez, ou non, adhérer.  Laissez donc cours à votre imagination pour réinventer les expositions afin de les rendre dynamiques, ludiques et éventuellement interactives. 

CHOISIR LES OEUVRES 

Par ce qu’elles expriment, les œuvres exposées auront vocation à sensibiliser les publics autour des questions qui vous sont chères, qu’elles font sens pour vous.

Il n’est donc pas nécessaire que vous choisissiez un⋅e artiste professionnel⋅le pour cela. Si des dessins exposés ont été réalisés par une catégorie de population en particulier lors d’ateliers artistiques que vous organisez par exemple, et dont votre exposition veut parler, cela est tout à fait envisageable. Cela peut même s’avérer plus pertinent puisque vous ne passerez par aucun intermédiaire pour faire entendre leurs voix. 

RECONTEXTUALISER 

Il existe de très nombreuses expositions ajoutant une part d’écrit au visuel. Elles se présentent souvent sous forme de panneaux alliant des photos ou dessins et des éléments écrits donnant des axes de débat et de réflexion plus concrets. Très pédagogique, cela peut permettre de guider et d’accompagner le public qui ne connaissent parfois par le contexte, l’histoire, les enjeux du thème abordé. En effet : une photo seule parfois ne permet pas de rendre compte de tout cela. 

C’est pourquoi des parties textes peuvent s’avérer utiles : à vous ensuite de décider de la taille et des précisions que vous souhaitez apporter. Attention cependant à ce que vous écrivez, lorsque le sujet est pointu. Renseignez-vous bien et faites vous relire au cas où. Si l’aspect écrit ne vous convient pas, vous pouvez tout à fait vous pencher vers d’autres modes de communication : diffusion simultanée d’un documentaire audio, visites guidées assurées par des membres de votre association, etc., toutes les options sont possibles. Aussi, si vous ne sentez pas de faire ce travail vous-même n’hésitez pas à avoir recours à de l’aide extérieure. 

Prévoyez quelques plaquettes expliquant le projet et le contenu de l’exposition pour les visiteur⋅se⋅s qui ne pourraient pas bénéficier de vos explications en direct. Il sera également bienvenu d’organiser des « tours de garde » entre les membres de votre association afin que le public puisse se tourner vers une personne référente en cas de question.


Organiser l'exposition

CHOISIR LE LIEU DE L’EXPOSITION

C’est évidemment la première démarche, primordiale et inévitable. 

L’avantage d’une exposition, c’est qu’elle n’a pas forcément vocation à se dérouler dans une pièce carrée. Des marches d’escalier, un couloir, voire des images habilement réparties sur l’ensemble d’un bâtiment peuvent même parfois permettre de donner plus de vie à votre affichage.

TROUVER LE LIEU 

Pour trouver un lieu adéquat, vous pouvez vous tourner et demander à : 

  • votre université, en premier lieu, dispose certainement de locaux pour de tels projets
  • sortir des murs de la fac pour que votre exposition touche un public plus large. Renseignez-vous auprès des bars, galeries, lieux associatifs, théâtres, médiathèques, mairies de votre région qui pourraient proposer à de jeunes artistes d’afficher leurs compositions.
  • délégations locales des associations et institutions travaillant sur votre thème de prédilection. Si elles-mêmes ne disposent pas de locaux suffisants, elles pourront peut-être vous orienter vers des lieux culturels pouvant accueillir votre exposition
ÊTRE ATTENTIF⋅VE⋅S À CERTAINS ÉLÉMENTS

Au moment de choisir l’endroit où vous exposerez, veillez à quelques détails qui ont leur importance. Car si l’endroit n’a pas forcément à être spacieux, il doit au moins permettre aux visiteur⋅se⋅s de prendre leur temps devant chaque œuvre sans que cela crée des embouteillages jusqu’à la porte d’entrée.

La lumière doit ainsi être suffisante pour que les amateur⋅rice⋅s puissent lire et regarder ce qui est exposé. Si vous envisagez un éclairage spécial, assurez-vous que la salle est à même de vous le fournir (prises électriques, fenêtres…).

Idem pour les attaches : quand vous visitez les lieux de votre future exposition, demandez-vous toujours où et comment vous pourrez installer les différents éléments. Profitez-en pour prévenir la personne qui gère le lieu de comment seront exposées les oeuvres (attaches, scotch, patafix, etc.) 

ASSURER SON EXPOSITION

Dans la plupart des salles, il est obligatoire de souscrire une assurance « responsabilité civile » couvrant les dégâts matériels occasionnés à la salle et les dommages causés aux personnes. Pensez à faire les démarches nécessaires au plus vite : l’attestation peut en effet être une condition sine qua non pour louer une salle ou du matériel. Le délai entre la demande d’affiliation et la réception de l’attestation est d’environ une semaine. Pour en savoir plus, consultez la fiche “les associations et l’assurance”.

Pour les expositions empruntées, il vous sera généralement demandé une caution qui ne sera débitée que si vous endommagez des éléments. S’il s’agit de votre exposition et que certains éléments ont de la valeur (encadrement coûteux, attaches, matériel…), vous pouvez souscrire une extension « tout risque matériel » pour vous couvrir en cas de vol ou de détérioration. Le prix de cette extension dépend de la valeur de votre matériel et de la durée de l’exposition.


Trouver des partenaires

L’organisation d’une exposition comme tout autre évènement engendre des frais. Pour ce type d’évènement, contrairement à un concert, vous pouvez minimiser vos frais au maximum.Il va vous demander quelques dépenses : buffet (solidaire), documents de communication, tirages photos, encadrement, assurance et éventuellement le prix de la location du lieu exposant.

Si votre association ne peut assurer ces frais, passez au système D. De nombreux clubs photos, associations d’artistes, mais aussi magasins spécialisés accepteront peut-être de vous aider gratuitement ou pour des sommes modiques si vous leur expliquer la nature de votre projet.

Vous pouvez ainsi essayer de trouver des soutiens en nature : fourniture de la nourriture, des encadrements, des attaches, etc. En échange, vous leur promettez d’apposer leur logo sur vos documents de communication et à la fin de l’exposition consacrer un encadré en remerciant vos soutiens et partenaires.

Si vous souhaitez organiser un buffet le jour du vernissage, demandez à la structure qui vous accueille si elle accepte de le prendre en charge. Sollicitez également des contributions en nature de la part de structures travaillant sur votre thématique ou avec le public ciblé (université, lycée, mairie…).

Enfin, si votre public est notamment un public de personnes qui travaillent, vous pouvez demander aux visiteur⋅se⋅s une participation symbolique ou libre : à moins de 5 euros, vous rentrerez dans vos frais sans décourager les spectateurs.


Communiquer sur votre exposition

Il est temps de faire parler de vous et de vanter les mérites de votre exposition auprès du public en communiquant dessus

Dès que vous connaissez la date et le lieu de votre exposition, lancez la communication sur internet en donnant les informations sur votre site et/ou vos comptes sur les réseaux sociaux et sur les murs de l’université. 

Réalisez des affiches qui vous permettront de signaler l’événement. Pas besoin de les imprimer en couleur sur papier glacé, mais pensez à soigner la présentation : une communication attrayante est très importante, surtout lorsqu’il s’agit d’une manifestation artistique. Si vous voulez faire des économies, effectuez votre affichage et votre diffusion dans des endroits stratégiques, afin d’atteindre le public visé : bars et universités s’il s’agit d’étudiant⋅e⋅s, associations culturelles et lieux d’expositions si vous voulez toucher un public amateur d’art. Par ailleurs, faites attention à votre empreinte écologique notamment si votre exposition porte sur ce thème, cela pourrait être mal vu qu’à côté de celle-ci vous imprimiez sans limite vos affiches et flyers. 

Toutefois, plus efficace que des affiches qui seront recouvertes par d’autres évènements : allez à la rencontre de votre public. Tenez un stand dynamique, alertez-les, allez dans les amphis ou les lieux de passage de votre public pour leur parler de votre exposition. 

À cette campagne d’affichage, vous pouvez ajouter un mailing auprès des associations de votre connaissance, mais aussi auprès des structures travaillant sur vos sujets et des médias locaux. 

Une semaine avant le début de votre exposition, rappelez les personnes qui se sont montrées intéressées par votre évènement. 

Pour en savoir plus, consultez la fiche suivante “Communiquer sur son évènement auprès des médias et du public”. 


Organiser un vernissage

S’il est important que le public se déplace tout le temps que durera l’exposition, il est également nécessaire de prévoir un vernissage pour en marquer les débuts. Ce sera l’occasion de rencontrer vos visiteur⋅se⋅s et de leur expliquer votre démarche. Le vernissage permet également de remercier les partenaires qui vous ont soutenu, financièrement et matériellement. 

Enfin, il vous permettra de peaufiner vos relations avec les médias qui auront accepté votre invitation.

Au moment de lancer les invitations, vérifiez bien à qui vous vous adressez afin de n’oublier personne : un manquement envers les partenaires traditionnels de votre association, ou ceux spécifiquement dédiés à ce projet, pourrait être mal perçu et vous pourriez perdre leur soutien futur. 

Qui dit vernissage dit au minimum buffet. Pour les horaires, choisissez de préférence le début de soirée, entre 18h et 19h30, afin de ne pas vous priver de ceux qui travaillent sans pour autant frustrer ceux qui ont des obligations par la suite.


Et après ?

Enfin et surtout, pensez à tirer un bilan de cette expérience. D’abord pour vous et votre association, car un tel projet mérite d’être mis avantageusement en valeur dans votre prochain dossier de présentation. Ensuite pour vos partenaires qui, grâce à l’envoi d’un compte-rendu, seront tenu⋅e⋅s informé⋅e⋅s de l’écho obtenu par votre manifestation. N’oubliez donc pas de prendre des photos, de tenir un livre d’or pendant l’exposition…

En bref, pensez à tout ce qui vous permettra, par la suite, de rendre compte de votre projet.

Pour finir, songez également à informer les centres de ressources et associations que vous aurez pu rencontrer que vous mettez votre exposition à disposition.


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