L’argumentaire

L’argumentaire

Dans le cadre des élections présidentielle et législative, Animafac a choisi de porter la parole des jeunes engagé.e.s au cœur du débat public. En collaboration avec nos associations membres, nous avons élaboré un certain nombre d’idées destinées à encourager la construction d’une véritable société de l’engagement.

Pour retrouver notre projet illustré par Cy, rendez-vous sur cette page. Vous souhaitez partager votre expérience de l’engagement ? Cliquez ici et visionnez les témoignages de jeunes engagé.e.s !

 

 

Lever les freins à l'engagement

Malgré des avancées significatives ces dernières années, l’engagement est encore parfois mal compris voire considéré comme concurrentiel aux études. Pour autant, les recherches montrent l’impact particulièrement structurant de l’engagement dans les parcours de vie des individus et ses effets positifs sur la réussite éducative.

Aussi, au coeur de ces propositions se trouve un double enjeu : aller plus loin dans la reconnaissance de l’engagement, mais sans le faire de façon paternaliste ou condescendante. En effet, à l’heure où les politiques de jeunesse cherchent à se saisir des questions d’engagement, il semble nécessaire d’être prudent.e et de faire en sorte que l’engagement reste appréhendé/considéré comme un espace d’expérimentation et d’émancipation.

À l’école

L’école, parce qu’elle réunit toute une génération en un temps et autour des mêmes objectifs, est un levier décisif dans la construction d’une société de l’engagement, notamment parce que la fibre d’engagement se développe durant cette période de la vie de manière durable. Par ailleurs, nous savons que le système éducatif français est connu pour sa rigidité et son injonction à des parcours linéaires, il ne laisse que peu de place aux expériences extra-académiques. Nous avons donc fait des propositions afin de voir ces fameuses expériences non-formelles être mieux reconnues et mieux valorisées.

Permettre aux élèves d’être acteur.trice.s de la vie de leur établissement et de leurs engagements

Nous proposons de :

  • Créer un budget géré par les élèves permettant de financer des projets collectifs. Ce budget équivalent au FSDIE serait mis en place dans les collèges et les lycées afin que soient financés des projets collectifs. Ce fond serait géré par les élèves, ce qui aurait le mérite de les mettre en responsabilité très tôt.
  • Permettre aux élèves de prendre part aux décisions de leur établissement. Consulter les élèves, grâce au numérique par exemple, sur les grandes orientations du projet d’établissement ou sur les décisions liées à la vie de l’établissement. Là encore, il s’agit de placer les élèves au coeur des décisions qui concernent les grandes orientations prises par leur établissement afin, d’une part, qu’ils comprennent comment fonctionne un établissement scolaire et, d’autre part, de placer les élèves en posture d’acteurs et non plus d’usagers.
  • Instaurer des budgets participatifs dans les établissements scolaires. Les budgets participatifs prennent une place de plus en plus importante dans les politiques publiques de certaines villes. L’objectif est de développer des méthodes de démocratie participative très concrètes puisque les citoyen.ne.s peuvent proposer des projets pour leur ville et/ou soutenir les projets proposés par d’autres qui semblent pertinents. Créer des budgets participatifs dans les établissements scolaires permettrait, d’une part, aux élèves de bien comprendre le fonctionnement budgétaire de l’établissement et d’en savoir plus sur les coûts réels de certains projets et, d’autre part, de faire que les élèves se sentent mieux appartenir à leur établissement, capables de proposer des choses concrètes.

« La MDL du lycée regroupe une centaine d’élèves : le bureau s’occupe de la comptabilité et de la trésorerie (avec l’aide de la CPE), et chaque projet est porté par une seule personne. La MDL est très indépendante car la direction de l’établissement fait complètement confiance aux élèves. Parfois on a même l’impression que c’est le lycée qui appartient à la MDL ! C’est une dynamique qui est venue des élèves, mais le soutien de l’établissement incite à s’impliquer toujours plus.

Le journal du lycée, Le Zeugma, a aussi carte blanche au sein de l’établissement. On ne paie pas l’impression du journal, et les adultes n’ont aucun droit de regard avant publication, ce qui permet une vraie indépendance. La MDL et Le Zeugma travaillent ensemble sur certains projets : par exemple la MDL organise un concert de solidarité, sur lequel les rédacteurs du journal se charge d’écrire des articles. Parfois nous co-organisons des projets, comme pour la campagne contre les clichés sur les jeunes que nous lancerons en février.

Cela montre à tous les élèves – et notamment aux collégiens de la cité scolaire – que même si on a moins de 18 ans on peut déjà monter des projets qui nous tiennent à cœur et en assumer la responsabilité. La différence avec d’autres établissements c’est peut-être qu’ici, on ose proposer des projets : plus on est impliqués dans l’établissement, plus on nous écoute.

Personnellement, j’ai acquis une vraie méthode de travail et d’organisation. J’ai compris l’importance d’organiser le projet dans sa tête avant de vouloir organiser les autres. Cela a également eu un impact sur mes centres d’intérêt : depuis que je suis au journal je sais que je vais être journaliste, et je me suis découvert une passion pour la politique. Les projets humanitaires de la MDL m’ont montré mon envie d’aider les autres avec les moyens que je peux avoir. Enfin, en entrant au journal je me suis aussi engagée à Jets d’encre [l’association nationale pour la défense et la promotion de la presse d’initiative jeune], ce qui m’a fait comprendre à quel point la liberté d’expression était un droit qui était à prendre. Toutes ces expériences m’ont donné envie d’élaborer ces projets à plus grande échelle. »

Depuis la Loi Égalité et citoyenneté de janvier 2017, tout mineur peut assumer la responsabilité de publication dès 16 ans. Ce droit n’était auparavant reconnu qu’au sein du cadre lycéen, favorisant la participation des jeunes et facilitant leur engagement.

 

Mieux articuler éducation académique et expériences extra-académiques

Nous proposons de :

  • Rendre possible un vrai droit d’association des mineurs. L’article 2bis ajouté à la Loi 1901 en 2011 restreint le droit d’association des mineurs en renforçant un contrôle parental qui existait déjà de fait et en empêchant les mineurs de moins de 16 ans de créer leur association. Si la Loi Égalité & Citoyenneté assouplit l’article 2bis, elle ne remet pas complètement en cause son existence. Pour cette raison, en soutien au Réseau National des Juniors Associations (RNJA), il semble nécessaire de revenir sur l’existence de cet article afin d’affirmer la confiance des élus vis à vis des plus jeunes.
  • Consacrer un certain nombre d’heures de cours à des projets collectifs. A l’image des actions menées par le Parlement Européens des Jeunes qui co-construit régulièrement avec des lycéens des projets variés sur des questions de démocratie, d’Europe et de citoyenneté.
  • Faire évoluer les cours d’éducation morale et civique vers des formations d’éducation active. Cette démarche permettra de croiser les expertises de l’éducation nationale et de l’éducation populaire
  • Proposer une valorisation académique aux élèves qui participent à un projet associatif ou citoyen. A ce titre, le livret citoyen annoncé par François Hollande peut être un outil d’accompagnement des élèves dans l’identification et la valorisation des compétences et savoirs acquis durant leurs expériences non formelles.

En 2009, une étude menée sur les associations de jeunes dirigées par des jeunes a mis en avant les très nombreuses compétences acquises dans le cadre d’une expérience associative. En effet, les associations étudiantes sont de véritables viviers de compétences ainsi que des espaces de formation, qui permettent d’acquérir des savoir-faire et savoir-être valorisables sur un CV, dans un lettre de motivation ou lors d’un entretien.
Le programme Bénévolat et compétences part du postulat suivant : l’expérience associative est un moment d’apprentissage,complémentaire des études. En tant que telle, elle constitue, pour les jeunes porteurs de projets, une première expérience pré-professionnalisante, qu’il est possible de valoriser. L’enthousiasme pour un projet, l’envie de le porter et la mise en oeuvre de moyens pour le réaliser permettent d’acquérir des compétences qui peuvent être un atout pour la poursuite de son parcours individuel, et notamment pour réussir son insertion professionnelle. Le premier objectif de Bénévolat et compétences est donc d’offrir aux jeunes associatifs des outils pour mettre en mot leur parcours associatif, être à même de l’exprimer en termes de compétences puis de le valoriser, notamment sur un CV, une lettre de motivation ou au cours d’un entretien.
Bénévolat et compétences est aussi un outil qui permet à chaque individu engagé de clarifier les différentes étapes de son parcours en vue de bien identifier le chemin parcouru.

 

À l’université

Depuis quelques années, l’université reconnaît et valorise mieux les engagements des étudiants. Pour autant, de nombreux freins peuvent être encore levés. En effet, nous savons que l’engagement a un impact extrêmement positif sur les parcours de vie des individus et, de façon plus concrète, impacte positivement le sentiment d’intégration des étudiant.e.s à leur établissement mais aussi leur réussite éducative. Par ailleurs, si la loi Egalité et Citoyenneté envoie un signal positif en matière de reconnaissance de l’engagement en contraignant les établissements d’enseignement supérieur à valoriser, par le biais de crédits ECTS, les expériences extra académiques des étudiants, cela est loin d’être suffisant.

Faciliter et reconnaître les expériences d’engagement

Nous proposons de :

  • Généraliser le statut de responsable associatif.ve étudiant.e. En effet, Animafac a expérimenté avec succès la création d’un statut de responsable associatif étudiant à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et à l’Université de Clermont-Ferrand, statut qui permet, outre une reconnaissance institutionnelle de l’engagement, un aménagement de scolarité afin de rendre compatible formation académique et expériences d’engagement. L’évaluation de l’expérimentation, très positive, met en exergue un besoin de reconnaissance de la part de l’institution des étudiant.e.s exerçant des responsabilités associatives.
  • Intégrer aux classements des universités des critères liés à leurs politiques de vie étudiante et de vie de campus. Les classements des universités reposent principalement sur des critères de recherche, parfois de formation. Afin de faire de la vie de campus un sujet central, il semble pertinent qu’elle soit un des éléments de classement des universités françaises. Le sentiment d’intégration des étudiant.e.s, le bien être, les équipements et événements proposés, la reconnaissance de l’engagement, pourraient être des indicateurs d’une vie de campus dynamique. Ce n’est que par une prise en compte au sein des classements incitatif que des changements culturels de grande ampleur se produiront.

Le CNAM, l’Université de Haute Alsace et l’Agence du Service civique proposent un diplôme universitaire (DU) intitulé “Formation, Projet, Orientation, Solidarité” .
Le principe de ce DU est de permettre à de jeunes bachelier.e.s de moins de 25 ans, en quête d’orientation ou de réorientation, d’être accompagné.e.s pendant 1 an dans la définition de leur projet. Cette formation, qui accueille 20 personnes chaque année permet aux jeunes d’avoir le statut d’étudiant – puisqu’ils sont inscrits à l’Université de Haute Alsace – cumulé à celui de volontaire en Service civique puisque le second semestre est consacré à une mission de service civique.
L’accompagnement offert se veut individualisé afin d’aider ces étudiant.e.s à mûrir un projet de formation professionnelle, à valoriser des savoir-être et des savoir-faire et à vivre une expérience d’engagement structurante.

 

Mieux articuler formations académiques et expériences non formelles

Nous proposons de :

  • Créer des diplômes mixtes voire blancs (voir encadré). Nombreux sont les espaces d’apprentissage qui pourraient mener à une diplomation, le tout associé à quelques enseignements obligatoires et à une logique de mentorat pour accompagner les étudiant.e.s dans la construction de leur parcours.
  • Renforcer le lien entre universités et associations dans l’élaboration des diplômes. Créer des diplômes co-gérés par une université et une association afin de mieux articuler les compétences académiques nécessaires à l’obtention d’un diplôme et les compétences extra académiques acquises grâce à de la pédagogie par projet. La co-construction de maquette de diplôme entre des structure de la société civile et le monde académique permettrait de mieux faire dialoguer des univers qui se côtoient assez peu. Mais cette rencontre permettrait de mieux appréhender l’articulation entre les savoirs académiques et les compétences acquises par des expériences extra-académiques.

Le Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI) a créé un diplôme universitaire afin d’accompagner la création d’une entreprise, d’une association, d’un projet. Le DU s’adapte aux besoins et attentes de ses étudiant.e.s. Celui-ci est construit de sorte à accompagner les personnes à identifier les compétences nécessaires à la réalisation de ce projet; à prendre du recul sur soi pour “imaginer un futur souhaité et non subi” de sorte que l’étudiant.e soit entrepreneur de sa propre vie; profiter d’un système créatif unique.
Ce diplôme a été créé à partir du postulat que nombreux sont les métiers d’aujourd’hui qui n’existeront plus dans 20 ans et que nombreux sont les métiers dans 20 ans que nous ne parvenons pas à imaginer aujourd’hui. L’idée est donc de placer l’étudiant au coeur de la construction de son parcours, de son projet, et de l’accompagner dans l’acquisition des compétences et connaissances nécessaires. Il s’agit surtout d’une méthode que l’étudiant pourra réutiliser selon les époques et ses envies.

 

Réussir la généralisation du service civique

Le service civique est un outil formidable au service de la société de l’engagement que nous appelons de nos voeux, à condition que celui-ci reste volontaire et de qualité.

Pour cela, nous proposons de :

  • Impliquer davantage les territoires dans la mise en oeuvre du service civique. Mettre en place une gouvernance territoriale pluri-acteurs du dispositif au niveau régional et départemental. Les espaces de co-construction ainsi créés seront autant des lieux d’acculturation que d’évaluation collective de la mise en oeuvre du dispositif sur un territoire.
  • Conforter la distinction entre service civique et emploi. Assumer des choix forts en renforçant les éléments qui distinguent un Service civique d’un emploi (interdire les recours au CV et à la lettre de motivation dans les démarches de recrutement des volontaires ; replacer la formation civique et citoyenne comme un élément central du dispositif ; faire des 24 heures sur l’ensemble de la mission la règle plutôt que l’exception).
  • Renforcer la collaboration de tous les acteur.trice.s pour assurer la qualité des services civiques. Créer un dispositif paritaire qui engage tous les acteurs du Service civique dans une démarche de qualité, en s’inspirant de la philosophie du F3E.

Dans un monde en pleine mutation où le vivre ensemble est un défi pour toutes les sociétés, le développement de la réciprocité des engagements est une nécessité. Elle permet de nourrir des relations plus équilibrées, des liens de coopération et de solidarité entre les pays plus solides et harmonieux. L’agir ensemble, dans la mixité culturelle, sociale et professionnelle, se base sur un enrichissement mutuel, le partage des cultures, l’ouverture d’esprit, le respect de l’autre, l’altérité et la créativité : un cercle vertueux, au profit de la paix entre les peuples.

Depuis plus de 50 ans, les jeunes français.e.s ont la possibilité d’exercer leur solidarité aux côtés des populations des pays partenaires dans le cadre de missions de volontariat, sans que les jeunes de ces pays n’aient la même opportunité en France. C’est devenu possible depuis 2010, avec la loi sur le Service Civique.

Le volontariat de réciprocité permet ainsi à tous les pays accueillant des volontaires Français, d’envoyer en France des jeunes pour effectuer un engagement de service civique. L’enjeu est de permettre à ces jeunes de vivre une expérience interculturelle forte, en terme d’environnement, de mode de vie, de façon de travailler, et de renforcer leur parcours d’engagement, au service d’une citoyenneté mondiale.etc.
Ces missions engagements de plusieurs mois sont des leviers pour les organisations qui les promeuvent afin de déconstruire les clichés, les rapports de dominations Nord-Sud classiques mais aussi un moyen d’œuvrer à des pratiques de solidarité internationale vraiment équilibrées et co-construites.

Malgré cette possibilité offerte aux associations, le nombre de volontaires accueillis en réciprocité reste très faible : un peu plus de 4000 engagés de service civique étrangers accueillis en France entre 2010 et 2014, soit moins de 5 % de l’effectif total depuis le début du dispositif. Un certain nombre de freins expliquent ces chiffres : méconnaissance du dispositif ou encore des difficultés à trouver des partenaires internationaux. Mais ce sont surtout 3 difficultés majeures qui sont mises en avant par les associations qui portent le dispositif :
– Une politique migratoire contraignante (notamment en termes administratifs) – d’autant plus envers les pays de certaines zones géographiques (comme l’Afrique de l’Ouest) qui pourtant accueillent de nombreux volontaires français
– Un manque d’accompagnement des associations souhaitant développer les dispositif, la montée en charge ne devant pas entraîner une baisse de la qualité des mission
– Une absence importante de moyens financiers complémentaires (hébergement, billets d’avion, etc.) pour ce genre de mission.

Pourtant, comme le montre le rapport d’évaluation des politiques publiques sur l’engagement citoyen international des jeunes, la France, avec son document d’orientation 2015 « L’action extérieure de la France pour la jeunesse » (MAEDI, Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats) entend favoriser l’engagement citoyen de la jeunesse ainsi que le renforcement des capacités des associations des pays en développement, en particulier des mouvements de jeunesse. Nous sommes convaincus que la réciprocité en est un formidable levier.

 

Développer et approfondir le Compte personnel d’activité pour une reconnaissance de l’engagement tout au long de la vie

Le compte personnel d’activité, récemment créé, dessine une nouvelle conception du système social français. Il reconnaît l’activité au sens large et avec son volet compte engagement citoyens (CEC) inscrit la reconnaissance de l’engagement à un niveau équivalent à celui du salariat. Ainsi l’activité bénévole ouvre des droits sociaux au même titre que le travail salarié. Si le compte engagement citoyen se restreint pour le moment à l’octroi de points pour la formation et à la reconnaissance des formations associatives et citoyennes, il institue une logique qui peut être largement approfondie afin de lever les freins à l’engagement tout au long du parcours de vie.

Nous souhaitons donc proposer des pistes pour étendre le dispositif et renforcer sa capacité d’accompagnement de l’engagement, à travers :

  • La conversion des points accumulés au sein du CPA en points CEC
  • L’extension des droits ouverts par l’accumulation des points du CEC :
    • Alimenter un compte “congé – césure engagement rémunéré”
    • Donner droit à des formations associatives au même titre que professionnelles
    • Bénéficier de services associatifs favorisant l’engagement à travers des chèques associatifs (crèches collectives, accompagnement à un projet associatif, participation à des évènements associatifs etc.)
    • Octroyer une aide pour la création et / ou la reprise de projets associatifs
  • L’intégration au CEC d’un référentiel de compétences et un outil de validation d’acquis de compétences (permet de valoriser aussi bien les compétences que le cadre d’apprentissage)

De telles mesures permettraient de faire émerger un nouveau modèle social qui placerait l’engagement bénévole, et le fait associatif au même niveau que le travail salarié. Il s’agit d’une reconnaissance de l’activité au sens large et plus particulièrement une reconnaissance de l’apport “social” des engagements qui passe souvent au second plan par rapport à l’apport du travail marchand.

 

Les campus, acteurs de la société de l'engagement

Les campus sont une brique de cette société de l’engagement que nous souhaitons contribuer à construire. Comment ces derniers peuvent-ils être des lieux d’innovation, ouverts sur le territoire et s’appuyant sur leurs étudiants comme une ressource ?

La gouvernance sur les campus

Les campus sont les espaces d’évolution “naturels” des étudiants. Dès lors, il semble inconcevable que ces derniers ne soient pas davantage partie prenante de la gouvernance de ces campus.
Nous proposons de :

  • Créer un budget participatif étudiant dans chaque établissement. L’enjeu ici, comme pour les établissements scolaires, est de permettre qu’une somme abonde ce fond de sorte à ce que les étudiants puissent proposer des projets d’aménagement pour leur campus mais aussi soutenir les projets proposés qui leur semblent répondre à leurs besoins.
  • Essaimer la logique de consultations étudiantes. En 2015-2016, Animafac et l’Université Sorbonne Paris Cité ont expérimenté une nouvelle méthode de démocratie participative. Ces consultations étudiantes se veulent très qualitatives : des étudiants (entre 15 et 20) travaillent pendant plusieurs jours (2 ou 3 jours) sur une thématique précise à propos de laquelle l’université souhaite connaître l’avis de ses étudiants. Les étudiants sont accompagnés pendant ces quelques jours, se documentent sur l’existant, rencontrent des experts capables de les aider à imaginer de nouvelles choses, etc. A l’issue de ces quelques jours, les propositions sont remises à la présidence de l’Université qui s’engage à y répondre et à justifier les réponses.
  • Développer les démarches multi acteurs. En effet, quand cela est possible et pertinent, il est intéressant de proposer des programmes co-gérés entre un service de l’université et une association étudiantes/les étudiants

Les associations ESN ont pour habitude de travailler en étroite collaboration avec les services des relations internationales des universités. L’enjeu est d’accueillir au mieux les étudiants internationaux, l’université étant en mesure de fournir tous les renseignements administratifs nécessaires au bon fonctionnement de l’année universitaire tandis que l’association favorise les échanges entre pairs, l’intégration à la vie de la cité, etc.
De plus, l’université de Besançon a mis en place une UE de valorisation de l’engagement des étudiants internationaux. Ces derniers peuvent s’impliquer dans toute sorte de structures, quelque soit le public cible. Si l’UE est pilotée par l’université, ESN Besançon la co-coordonne en animant des temps avec les étudiants et en les accompagnant dans leurs engagements. L’université reconnaît ainsi ces engagements qui figurent notamment dans les suppléments au diplôme des étudiants.

 

Des campus durables

Nous proposons de :

  • Créer une clause d’impact environnemental. Elle consistera à évaluer systématiquement l’impact sur l’environnement des projets votés en Conseil d’Administration des établissements d’enseignement supérieur. Cette proposition s’inspire de la clause d’impact jeunesse. L’idée ici est de faire en sorte que les décisions soient prises en connaissance de cause, à court, à moyen et à long terme.
  • Créer des tests de connaissances et de compétences sur le développement durable. En effet, s’il semble évident que tout diplômé de l’enseignement supérieur doit posséder un certain nombre de compétences en informatique, le fait d’imaginer qu’il doive aussi posséder des compétences basiques sur le développement durable ne semble pas absurde. En proposant cela, les universités contribuent à proposer des outils aux citoyens que sont leurs étudiants.
  • Instaurer un référent développement durable dans tous les établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

Des campus connectés

Le numérique bouscule le fonctionnement des universités en transformant les lieux et les méthodes d’apprentissage. Cette transition numérique est l’occasion de faire en sorte que les étudiants deviennent véritablement acteurs de leur université.

Nous proposons de :

  • Développer dans les universités des tiers-lieux numériques ouverts sur leur territoire. L’objectif est de permettre aux étudiant.e.s de développer leurs projets pédagogiques, associatifs et entrepreneuriaux mais aussi de favoriser l’apprentissage et le développement d’une culture numérique.
  • Encourager dans les universités des actions d’éducation au numérique par les pairs. L’enjeu est de former les étudiants non seulement aux usages mais aussi aux enjeux du numérique. L’université a d’ailleurs la possibilité de créer des missions de Service civique sur le thème de l’éducation au numérique.
  • Faire du numérique un levier au service d’une gouvernance plus inclusive. Le numérique est un moyen d’intégrer plus largement les étudiants à l’élaboration des projets de l’université, par exemple à travers des consultations étudiantes en ligne.

Ouvert en février 2012, ce Fab Lab est un espace d’innovation et de fabrication ouvert à tou.te.s celles et ceux qui souhaitent créer, développer des projets ou participer à des ateliers. Ce FacLab a pour but d’apporter aux étudiant.e.s de nouvelles manières d’apprendre et de partager la connaissance. Tout est gratuit, en contrepartie, les participant.e.s doivent reverser à la communauté le savoir acquis, notamment en documentant la création de leurs projets. Les étudiant.e.s peuvent par exemple créer des robots téléguidés, des meubles ou encore des automates à cocktails.
Afin d’encourager l’utilisation du lieu, l’Université a également mis en place des diplômes universitaires dont un diplôme d’initiation à la fabrique numérique personnelle. L’enjeu est de permettre aux étudiants de développer des projets originaux et transdisciplinaires.