Agir pour réduire les risques auditifs

Fiche pratique

La prévention des risques auditifs ? Pas certain que vous vous soyez forcément penché sur la question en préparant votre prochain événement… Remisez vos idées reçues au placard : vos grands-parents ne sont pas les seuls concernés par les lésions auditives !


1. Mieux connaître les risques auditifs

Si on ne ménage pas son capital auditif, aussi précieux que fragile, ces problèmes peuvent arriver à tout âge, progressivement ou brutalement, et s’avérer irréversibles. Le véritable danger pour votre système auditif (qui vous permet bien sûr d’entendre, mais aussi de communiquer, de détecter le danger et de garder l’équilibre : plutôt utile, donc !) ne vient pas tant du volume sonore que de la dose de son, c’est-à-dire du volume associé à un temps d’écoute.

Les réactions provoquées par des expositions prolongées à de forts volumes sonores sont variées, d’autant plus que nous ne sommes pas tous égaux face au son : certaines personnes se révèlent en effet beaucoup plus sensibles que d’autres.

Les conséquences peuvent donc être sans gravité (troubles temporaires qui disparaîtront après une bonne nuit de sommeil, au calme) ou irrémédiablement handicapantes : surdité totale ou partielle, développement d’acouphènes (bourdonnements ou sifflements entendus sans interruption) ou encore hyperacousie (intolérance au moindre bruit).

Pas de panique pour autant : en respectant quelques règles simples et en informant correctement les personnes qui prennent part aux événements de votre association, vous contribuerez largement à prévenir ces risques !


2. Organisateur d’événement : quelques règles à respecter

Lorsque votre association organise une soirée étudiante, un concert ou un festival, vous êtes responsable de la « sécurité auditive » de votre public. Vous devez donc respecter la réglementation en vigueur pour les lieux musicaux : le décret du 15 décembre 1998 limite le niveau sonore à 105 décibels (dB(a)) en tout point accessible au public. Si certaines salles sont équipées d’un limiteur acoustique, qui maintient le niveau sonore sous un seuil préétabli, vous devrez, dans le cas contraire, vous assurer du respect de cette norme.

PLUSIEURS HYPOTHÈSES

Vous embauchez un technicien du spectacle pour gérer la sonorisation de la soirée : les professionnels connaissent parfaitement la réglementation, et se doivent de la respecter. Il reste toutefois essentiel d’échanger avec votre prestataire sur ce sujet, et de lui rappeler l’importance qu’attache votre association au respect de ce point de la législation. Le contrat de travail que vous rédigerez doit de plus mentionner que le salarié s’engage à respecter la réglementation en termes de volume sonore.

Très souvent, c’est un bénévole de l’association qui arbore la double casquette de DJ / sonorisateur. Pas de négligence pour autant ! Si votre association n’organise que ponctuellement des soirées, commencez par faire jouer le système D et essayez de vous faire prêter un sonomètre auprès d’une association culturelle amie. Si vous avez vocation à réitérer régulièrement ce type d’événements, direction le magasin de sono le plus proche : les premiers prix, pour un sonomètre, débutent à 80 euros. De plus, pourquoi ne pas proposer à d’autres associations de votre campus de mutualiser cet achat ?

Au-delà du réglage du volume sonore, pensez également à respecter une autre règle de base : entourer de barrières les enceintes de la sono, afin que personne ne puisse s’y coller tout ou partie de la soirée ! Enfin, en tant qu’organisateur d’événements, votre responsabilité ne s’arrête pas au seul public : vous devez également protéger l’audition de vos bénévoles et éventuels salariés. Il est donc indispensable de mettre à leur disposition des protections auditives adaptées (type bouchons d’oreille) et de vous assurer qu’elles soient utilisées !


3. Le jour J : sensibiliser les participants !

Acteur éthique et responsable (oui, oui, c’est de vous dont il s’agit !), pourquoi ne pas mener, sur le lieu de votre manifestation, une action de sensibilisation aux risques auditifs ? Une petite équipe de bénévoles peut ainsi distribuer aux participants des flyers prodiguant quelques conseils de base en la matière : s’éloigner des sources sonores, faire des pauses régulières (30 mn toutes les 2h ou 10 mn toutes les 45 mn, à l’extérieur ou dans une zone calme), porter des bouchons d’oreilles en cas d’inconfort et de douleur, consulter rapidement un médecin en cas de troubles auditifs persistants…

Vous pouvez également mettre ces bouchons à disposition de ceux qui le souhaitent durant la soirée. Évitez alors la formule du libre service : par expérience, les gens ont tendance à se servir par poignées, et vos stocks sont dévalisés en quelques minutes ! Indiquez plutôt, via quelques affiches placées en évidence, qu’il est possible d’en retirer une paire au bar. Si l’initiative vous intéresse, plusieurs associations peuvent vous accompagner dans sa réalisation :

AGI-SON, qui mobilise le secteur professionnel des musiques actuelles et amplifiées dans le cadre de la réflexion et de la mise en oeuvre de moyens de prévention, de formation, d’éducation et d’information en matière de gestion sonore, organise chaque année une campagne nationale de prévention des risques sonores. L’association édite à cette occasion des affiches et des flyers, qui peuvent être mis gracieusement à disposition de votre association, ou encore être téléchargés pour être imprimés par vos soins ici : www.agi-son.org/spip.php?article174

Agi-Son se procure également des stocks de bouchons en mousse dont vous pourrez bénéficier. Besoin d’un approvisionnement plus important ? AGI-SON a négocié des tarifs préférentiels pour les bouchons d’oreille, dont vous pouvez profiter même sans être adhérent.

Enfin, les relais de l’association peuvent également organiser, à votre demande, une courte formation à l’attention des bénévoles de votre asso, afin qu’ils aient toutes les billes pour mener une action de prévention pertinente et efficace ! Vous trouverez le contact du relais AGI-SON de votre région sur le site www.agi-son.org.

Sur le site de Techno +, une association de santé, vous pouvez télécharger gratuitement des flyers de sensibilisation relatifs à différents risques, parmi lesquels les risques auditifs : www.technoplus.org/bibliotheque/documents/246.pdf. Vous pouvez également faire le choix de commander ces flyers à l’association, pour une somme raisonnable.

Enfin, la Mutuelle Des Étudiants se mobilise également autour de la prévention de l’audition. N’hésitez pas à les contacter afin de savoir s’ils peuvent vous faire parvenir du matériel de campagne, ou même animer un stand de prévention sur votre événement.