Ecrire pour diffuser des savoirs

Fiche pratique

Vous êtes spécialiste de l’Acherontia atropos (également appelé papillon sphinx tête de mort), les trois axiomes de la mécanique quantique n’ont plus de secret pour vous ou vous êtes un∙e amateur∙rice de la pensée stoïcienne ? Si vous pensez que votre centre d’intérêt ne capte pas assez l’attention du grand public, et que vous n’avez pas assez de temps pour organiser des cafés scientifiques par exemple, une des façons les plus simples de diffuser vos connaissances est de le faire par écrit.  Voici quelques conseils pour affûter votre plume et transmettre vos connaissances !


Utiliser et adapter les grandes règles du journalisme

CHOISIR UN ANGLE

Tout article doit avoir un angle d’attaque. En effet, comme il est difficile d’être exhaustifves, l’angle d’attaque, c’est le choix que vous faites pour traiter votre sujet. Cela revient au cadrage dude la photographe, qui ne capture qu’une partie de la scène qu’il⋅elle a devant les yeux et en tire le meilleur parti. 

Il est important de rester fidèle à son angle et de ne pas en changer en cours d’article pour ne pas dérouter lela lecteurrice. Le choix d’un angle vous permettra d’avoir un fil directeur et de construire votre plan. Si vous perdez ce fil, vous perdrez probablement aussi vos lecteurrices. Pensez à l’angle comme étant le point d’entrée dans votre univers, les premiers pas que vous voulez faire faire auà la lecteurrice pour qu’ilelle s’intéresse à votre sujet !

CONSTRUIRE UN PLAN

De la même manière que les articles de recherche commencent par un abstract (autrement dit un résumé), commencez par une accroche qui servira à captiver lela lecteur∙rice et à amorcer votre article. Une mauvaise accroche risquerait de décourager même si la suite est excellente. En effet, avec toutes les informations, articles, vidéos qui circulent sur le net, les internautes décident au bout de quelques secondes si le contenu va les intéresser ou non. 

Soignez ensuite le développement de votre article avec une progression logique et terminez sur la chute. Le premier doit être cohérent, introduire et expliquer chaque notion ou concept simplement. Un bon développement est un développement clair. Les paragraphes doivent être aérés avec une idée par paragraphe. Les phrases plus elles sont courtes plus elles seront compréhensibles. Pas forcément besoin de tournures alambiquées, surtout si vous traitez d’un sujet aussi complexe que la physique quantique. 

La chute doit également être particulièrement travaillée car c’est la dernière impression que laissera votre article. Une technique souvent utilisée est de boucler la boucle en rappelant l’accroche de votre article.

Pour vous aider et vous inspirer dans la rédaction de vos écrits, vous pouvez vous appuyer sur les différents genres journalistiques existants ainsi que les types d’articles de vulgarisation scientifique. Ils sont extrêmement divers : portrait, entrevue, compte-rendu, reportage, critique d’ouvrage, article de nouvelles… 

Chacun possède ses spécificités qui seront plus ou moins adaptées au type d’article que vous souhaitez réaliser. Pour un article de nouvelles, comme par exemple les résultats d’une étude scientifique qui vient de paraître, n’oubliez pas de respecter la règle essentielle des 3QOCP : qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi. 

Dans tous les cas pensez à adopter au maximum une écriture simple pour assurer la vulgarisation des connaissances pointues que vous maîtrisez. 

S’ADAPTER AUX LECTEUR∙RICE∙S

En fonction du public visé, le niveau d’écriture et de technicité de votre article différera. Il vous revient de prendre en compte cette donnée au moment de la rédaction de votre texte. Chaque lecteurrice interprétera et comprendra votre texte, notamment en fonction de son niveau de connaissance du sujet évoqué, d’une manière différente.

Vous avez ainsi plusieurs possibilités : soit vous partez du postulat que toutes les personnes qui vous liront ont une base scientifique minimale et dans ce cas vous simplifiez au maximum votre propos pour être comprises de toute∙s. Soit vous pensez avoir un lectorat ayant des connaissances moyennes voir plus et dans ce cas-là vous pouvez rendre plus technique vos écrits. Mais si vous ne savez pas encore, et que les deux sont possibles, vous pouvez dans ce cas, simplifiez au maximum et réservez des articles « pour aller plus loin » pour les personnes ayant un peu plus d’expertise. Enfin, vous pouvez aussi tout à fait envisager d’écrire pour un profil déterminé au préalable. Par exemple le niveau de la seconde générale en physique-chimie. Ainsi, si vous parlez de CO2, pas la peine de préciser qu’il s’agit de dioxyde de carbone (ou alors brièvement) mais si vous abordez les organomagnésiens mixtes (composés organiques qui présentent une liaison carbone-magnésium ainsi qu’un halogène. Ils sont utiles dans la fabrication d’autres composants chimiques) une explication devient incontournable.

Dans tous les cas, une phrase qui rappelle la définition de ce dont on parle n’est jamais superflue, quel que soit le niveau du public visé.

UTILISER UN STYLE CLAIR ET CONCIS

Pour augmenter vos chances de diffuser vos connaissances aussi techniques soient-elles, il vous faut faire un travail d’écriture de simplification et de concision. Voici quelques pistes : 

  • Évitez les phrases longues et au style académique. Qui n’a jamais, durant ses études, utilisé de longues phrases aux mots compliqués pour avoir l’air de maîtriser le sujet et surtout arriver à la limite de mots nécessaires ? C’est tout l’opposé qu’il faut faire ici car sinon vous risquez de perdre votre lectorat qui ne comprendra plus rien. 
  • Pensez avec concision. Cela signifie, dans l’idéal, de rédiger des phrases courtes, et dynamiques. Elles rythmeront votre texte et garderont l’attention du lecteur. Tant que possible, privilégiez les formes actives.
  • Appuyez-vous sur des exemples. Cela permet de mieux visualiser et d’appréhender les concepts de manière plus concrète.
  • Ne surchargez pas votre texte de chiffres. Dans la mesure du possible, préférez les ordres de grandeur ou les comparaisons. Par exemple si une puce saute 30 cm en longueur, précisez que cela fait X fois sa taille et que pour un homme cela reviendrait à sauter X mètres.
  • Évitez les poncifs, phrases toutes faites et autres métaphores trop recherchées.
  • Pensez à garder un format court. Si vous n’avez pas de calibrage à respecter, ne dépassez pas 1000 mots. Au-delà, scindez votre article pour en faire une suite ou une série. 

Enfin, si vous vous sentez en panne d’inspiration, n’hésitez pas à lire d’autres articles de vulgarisation scientifique afin de vous familiariser avec les différents styles et ainsi trouver votre propre voie.

Diffuser vos écrits

Une fois que vous avez rédigé vos écrits, vous souhaiterez probablement les diffuser. Dans ce cas-là plusieurs possibilités s’offrent à vous.

UNE PUBLICATION IMPRIMÉE

Accros à l’odeur de l’encre sur le papier, vous pouvez choisir de diffuser vos textes sur des supports imprimés. Cela peut être une publication spécialisée comme le magazine de vulgarisation scientifique. Vous pouvez proposer vos articles à des journaux et magazines plus généralistes qu’ils soient associatifs ou non. Tout dépendra de l’adéquation de vos textes avec le projet éditorial du titre que vous sollicitez. Si vous visez effectivement une revue en particulier, prenez connaissance de ses exigences éditoriales avant de vous lancer dans la rédaction de votre article, car certains journaux ont des recommandations assez strictes en matière de format, de longueur de texte ou de structure d’article.

UNE PUBLICATION ÉLECTRONIQUE

Le support électronique ouvre une plus grande liberté dans les formats et la périodicité à laquelle vous souhaitez vous impliquer. Vous pouvez créer un blog très facilement et gratuitement en quelques clics, et vous deviendrez ainsi votre propre éditeur⋅rice ! Le site du c@fé des sciences agrège et diffuse le contenu des blogs de ses membres. En revanche, l’adhésion (payante) à l’association les c@fetiers des sciences est nécessaire pour voir son blog apparaître sur le site. Vous pouvez aussi vous diriger vers l’association Wax science pour leur soumettre des articles ou des projets.  

Conclusion

Vous voilà avec quelques billes supplémentaires pour vous aider à vous lancer dans la vulgarisation, la diffusion de connaissances scientifiques ou techniques que vous maîtrisez. Bien entendu, il vous revient de décider de la façon dont vous souhaitez procéder ainsi que de la forme que vous voulez donner à vos articles. Libre à vous également d’envisager d’autres supports, des schémas, des vidéos etc. Tout est possible !


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