Limiter l’impact écologique du numérique

Fiche pratique

En partenariat avec le REFEDD, nous vous proposons cette fiche pratique afin de vous permettre d’utiliser efficacement le numérique dans votre asso, tout en limitant son impact sur la planète !

Support papier ou support numérique ? C’est quoi le plus écolo ?

Déforestation, encre, transport,… c’est sûr que vu comme ça, le papier, ça fait pas très écologique… surtout par rapport au support « dématérialisé » du numérique. Mais, quand on se penche un peu sur le sujet, tout n’est pas si évident !

Un document papier, de par sa production et son transport (qui nécessitent bois, eau, pétrole, tonner, etc…), est, a priori, moins écologique que ce même document en version numérique. Pourtant, si on a besoin de conserver, de stocker ce document sur le long terme, la tendance s’inverse : le stockage d’un document papier ne représente aucune empreinte écologique, alors que le stockage numérique, parce qu’il nécessite des serveurs, des data centers…, a une empreinte écologique plutôt élevée (pas de panique, on vous explique tout ça plus bas).

Alors le numérique, pas forcément plus écolo que le papier ? C’est difficile à dire ; tout dépend de notre utilisation de ces outils et de leur cycle de vie. C’est pourquoi il est important d’adopter de bonnes pratiques au quotidien, pour réduire l’impact écologique du numérique !

Comment faire ?

Dans cette fiche, nous vous donnerons quelques astuces et conseils pour acheter du matériel informatique plus écologique, réduire sa consommation d’énergie mais aussi  choisir des services numériques qui polluent moins.


Comment s’équiper plus responsable ?


De nos jours, la plupart des associations utilisent des ordinateurs pour travailler sur leurs projets. Si vous êtes une petite association, il est probable que chaque bénévole utilise son propre matériel, mais si votre association se développe (et notamment si elle accueille des stagiaires ou des salarié.e.s), il faudra vous équiper en ordinateurs.
Pas toujours évident de se repérer dans la jungle des produits informatiques et de faire coïncider efficacité du matériel, limitation budgétaire et écologie. Pour vous accompagner, voici quelques éléments à avoir en tête pour choisir du matériel plus écologique.

Première chose à savoir : tous les équipements n’ont pas le même impact environnemental et certains fabricants sont plus attentifs que d’autres à ces questions.

Alors que faut-il prendre en compte lors qu’on choisit son matériel informatique ?

  • La consommation électrique
    Quand il est allumé, votre appareil consomme de l’électricité (même en veille). Heureusement certains modèles ne consomment pas trop d’énergie ! L’information n’est pas toujours communiquée mais certains fabricants commencent à fournir la consommation moyenne en marche en veille.
  • Le processus de fabrication
    Même si la plupart des composants électroniques sont assemblés en Chine ou dans d’autres pays d’Asie, certains fabricants font maintenant l’effort de ne plus utiliser des produits toxiques comme le PVC ou des phtalates qui sont dangereux pour les ouvriers et pour l’environnement.
  • La réparabilité
    Veiller à la réparabilité des appareils c’est s’assurer de pouvoir remplacer et/ou trouver des pièces détachées qui permettront de ne pas avoir à racheter un nouvel appareil dès la première panne ! Cela limitera grandement l’impact de votre appareil.
  • La recyclabilité
    Les composants électroniques contenus dans nos appareils contiennent de nombreux métaux comme le cuivre ou l’argent qui peuvent être recyclés pour créer de nouveaux produits. Certains appareils sont d’ailleurs conçus pour qu’on puisse facilement séparer ses composants.

Comment se renseigner sur la réparabilité, la recyclabilité et les processus de fabrication alors que les marques communiquent assez peu sur ces sujets ?

Pas de panique : Greenpeace a récemment publié le Guide to Greener Electronics qui comparent plusieurs marques sur ces différents critères.
Vous pouvez aussi utiliser l’EcoGuide IT pour vérifier l’impact écologique d’un appareil et comparer avec la concurrence.

Une autre solution également : la production d’un nouvel appareil consomme de l’énergie et génère de la pollution, pourquoi ne pas se tourner vers du matériel reconditionné ?
En effet, fabriquer un ordinateur consomme 100 fois plus d’énergie que de l’utiliser ensuite pendant un an. Autant prolonger sa durée de vie au maximum du coup plutôt que d’en fabriquer un neuf !

Il existe de nombreuses boutiques en ligne qui vendent du matériel reconditionné, comme Solidatech ou Back Market.
Vous pouvez également regarder s’il existe une ressourcerie sur votre campus !
Vous ne trouverez pas forcément un ordinateur dernier cri mais si votre usage principal est la bureautique et la navigation sur internet, un ordinateur reconditionné peut tout à fait convenir. En plus cela permettra à votre association de faire des économies !

Vous pouvez ensuite équiper cet ordinateur de logiciels libres comme LibreOffice qui sont souvent conçus pour continuer à fonctionner correctement sur du matériel ancien.

Vous avez acheté un nouveau smartphone flambant neuf et vous ne savez pas quoi faire de votre vieux Nokia 3310 dont aucun de vos amis ne veut ?

Si votre matériel fonctionne toujours, vous pouvez en faire don à une association comme Emmaüs qui pourra le remettre en état et ensuite le revendre à des publics défavorisés ou l’utiliser dans des actions de lutte contre la fracture numérique.

Et si votre équipement informatique ne fonctionne vraiment plus, ne le jetez surtout pas à la poubelle car il contient souvent des métaux fortement toxiques qui doivent être traités correctement. La plupart des déchetteries récupèrent les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) pour ensuite les envoyer vers une filière spécialisée.



Comment réduire la consommation énergétique de son asso ?

S’il est compliqué d’évaluer l’impact global réel du numérique sur l’environnement, il est toutefois assez simple de réduire sa consommation énergétique personnelle en adoptant des bonnes pratiques au quotidien.

En éteignant les appareils électroniques inutilisés

Un appareil en veille continue à consommer de l’énergie ! Un ordinateur laissé en veille consomme par exemple entre 50W et 140W, selon le modèle. Pensez donc à bien éteindre votre ordinateur en partant de chez vous ou du bureau ; pendant vos pauses, mettez votre appareil en veille prolongée.

Idem pour la box internet : selon une étude réalisée en 2015, on estimait que la consommation des box en Europe représentait pas moins de 21 TWh, ce qui équivaut à trois centrales nucléaires fonctionnant en continu ! Quand on quitte son bureau ou le local de son asso, on n’oublie donc pas d’éteindre la box ; certes, ça prend un peu de temps, mais ça laisse le temps de se faire un café !

Évitez de laisser le chargeur branché à la multiprise une fois que l’appareil est chargé. Cela améliorera la durabilité du chargeur et de la batterie.
N’hésitez pas aussi à diminuer la luminosité de votre écran quand c’est possible : vous économiserez de l’énergie et augmenterez la durée de vie de votre écran.

Un mot d’ordre donc : on éteint tout ! (Ces conseils marchent aussi pour la télé et la console de jeux.) Pourquoi pas, si vos appareils le permettent, tout relier à une multiprise : c’est plus simple pour tout débrancher !

En optimisant sa boîte mail

Avant d’arriver dans la boîte mail de votre destinataire, le message envoyé passe par plusieurs data centers (centres de données). À presque chaque étape de la transmission de l’email, un nouvel appareil est sollicité et c’est donc de l’énergie supplémentaire qui est consommée : on estime que, chaque heure, 10 milliards de mails sont envoyés. Cela correspond à 50 gigawatts-heure : c’est l’équivalent de la production électrique de 15 centrales nucléaires pendant une heure, ou de 4000 allers retours Paris/New York en avion ! (Source)

Pour limiter ces impacts, il est possible de prendre quelques bonnes résolutions simples et efficaces !

  • Bien gérer sa boîte mail grâce à des tris réguliers : ne gardez que les mails nécessaires et  supprimez les autres (surtout les spams !). Pensez aussi à vous désabonner des newsletters inutiles ou obsolètes, notamment grâce à des outils comme Cleanfox ou Unsubscriber.
  • Bien cibler ses mails en ne les envoyant qu’aux personnes directement concernées. Il en va de même lorsque vous répondez à un mail : utilisez l’option « répondre à tous » seulement si votre réponse importe tous les destinataires. Multiplier par 10 le nombre des destinataires d’un email multiplie par 4 son impact climatique !
  • Envoyer des mails efficaces afin de réduire le temps de lecture à l’écran, et avec des pièces jointes optimisées (fichiers compressés, PDF, image basse résolution…). Évitez aussi les signatures mails avec des images trop lourdes.

En stockant ses données intelligemment

Pour limiter votre impact environnemental, attaquez-vous au cœur du système : le stockage des données.

Tout d’abord, pour limiter votre impact personnel,  utilisez des logiciels de nettoyage de disque pour supprimer les dossiers inutiles et rendre votre ordinateur moins gourmand en énergie, plus performant et durable. Videz aussi régulièrement votre corbeille.

Le stockage des données se fait à la fois dans les équipements personnels (ordinateur, disque dur externe…) et de plus en plus en externe, en particulier sur les « Clouds ». Les Clouds (nuages) sont des unités de stockage (réseaux, serveurs…) auxquelles les usagers se connectent via internet. Il permet le stockage de données en ligne.

Même si le Cloud paraît virtuel, il est en réalité très réel et matériel : pour assurer son fonctionnement, il faut des câbles, des équipements informatiques, des serveurs et des locaux, qui consomment beaucoup d’énergie. C’est pourquoi il vaut mieux privilégier, pour ses documents personnels et non partagés, le stockage local au stockage dans le Cloud : cela évite des allers-retours en ligne entre serveurs, fournisseurs d’accès, data centers etc. Et, même s’il y a parfois moins d’espace de stockage dans l’ordinateur, cela nous force à trier et à nettoyer régulièrement la mémoire de son appareil, ce qui, encore une fois, améliore sa durabilité !

Pour des documents que l’on doit garder à vie, posez-vous  la question de l’impression. Comme nous l’avons vu en introduction, il est a priori plus écologique d’imprimer un document à conserver à vie (dans ce cas-ci, le bulletin de salaire) plutôt que de le stocker sur un appareil électronique.

Mais alors, stockage papier, en ligne ou hors ligne ?

La question réside en fait dans l’analyse du cycle de vie (ACV) des outils utilisés : production, transport, distribution, utilisation, fin de vie.
Si on détaille l’exemple du procès verbal (PV) d’Assemblée Générale : la production et le transport d’un PV papier sont moins écologiques que dans le cas d’un PV numérique, parce qu’ils utilisent des quantités non négligeables d’arbres, d’eau, de pétrole, de tonner, etc…

Néanmoins, si on considère l’utilisation qui est faite de ce document, qui doit être conservé par l’association, est-ce que le support papier ne devient pas plus écologique ? En effet, son stockage sur le long terme ne représente aucune émission de CO2, contrairement à sa version électronique.


Quels services numériques choisir ?

Comme on ne peut pas se passer complètement de services en ligne (partage de fichiers, discussion instantanée, etc.) pour les activités de son association, pourquoi ne pas essayer de choisir un hébergeur plus écologique ?

Il n’est pas toujours facile d’obtenir des informations sur l’impact des services qu’on utilise mais certains hébergeurs de services communiquent sur leur politique écologique.

Vous pouvez par exemple regarder si les services que vous utilisez ont publié un bilan écologique afin de savoir s’ils tentent de réduire leur consommation d’énergie et leur pollution. Les hébergeurs ont bien compris que consommer moins était un avantage pour eux et certains comme Infomaniak publient une charte environnementale détaillant leurs engagements.

Il existe également le rapport Votre Cloud est-il net ? publié par Greenpeace qui note les principaux hébergeurs de données en fonction de leur politique écologique.

L’emplacement géographique de vos données a également son importance. Si vous êtes en France utilisez un service hébergé sur un serveur aux États-Unis, chaque texte, image ou vidéo transférée devra traverser plusieurs dizaines milliers de kilomètres pour vous atteindre. Il faudra donc alimenter en électricité tous les équipements intermédiaires présents sur le trajet.

Il peut donc être intéressant de faire héberger les mails, les fichiers ou encore le site web de votre association par un hébergeur près de chez vous.
Il existe notamment le collectif CHATONS qui regroupe des hébergeurs de services en ligne un peu partout en France.


Conclusion

Avec quelques astuces et bonnes pratiques, on peut donc réduire l’empreinte écologique numérique de son asso ! L’important, c’est de bien avoir conscience et connaissance de l’impact des outils que l’on utilise, et de faire de son mieux pour le minimiser !

Pour aller plus loin, vous pouvez organiser des actions dans votre asso, comme des collectes d’anciens objets électroniques (smartphones, ordinateurs…) pour les envoyer dans des ressourceries, par exemple. Pensez aussi à former les nouveaux et nouvelles arrivant.e.s de votre asso (salariés, volontaires, bénévoles) aux bonnes pratiques du numérique. Pourquoi ne pas imprimer cette liste de bonnes pratiques et l’afficher dans votre local (si elle reste affichée pour longtemps, c’est plus écolo que de l’envoyer par mail !) ?

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